Contes et merveilles
Les chaussures à bascules Lacets ? Défaits ! Chaussures ? Ouvertes ! Chaussettes ? Dépareillées ! L’équilibre est une chose vraiment étrange, pour peu qu’on l’apprivoise. Je suis de ceux qui, sans le faire exprès, le fuit. Ou peut-être est ce lui qui fuit mes semelles. Je me casse la figure au moins trois fois par jour, je connais le sol par coeur : nous sommes de très bon amis. Mon adhérence fluctue selon les souliers : en chaussures jaune enfantine, je me galoche souvent. En chaussures à talons, dame des salons, je trébuche systématiquement. En grosse pompe de cuir, adolescente attardée, je me casse la gueule tout le temps. La fée gravité n’a pas dénié se pencher sur mon berceau, au quotidien je la défie, elle est ses lois qui refusent de s’appliquer à mes racines. C’est tout un art, la chute : il faut pas se faire mal, mais les bleus apportent de jolies touches de couleurs à mes genoux pointus. Je me prend pour un tableau impressionniste : bleu, violet, jaune, mauve, galaxie sur épiderme. On peut tomber à bien des endroits... Moi je préfère choir dans, les pommes. Par expérience là ou il est moins agréable de tomber c’est, dans le panneau. Et les plus téméraires tomberont, amoureux. De là , les chaussures sont à la guimauves, et il devient très très dur de se retrouver à nouveau, debout. Je tombe souvent des nues, et de temps en temps sous le sens. Sûrement pour ça, que je ne comprends rien, à rien. La faute aux chaussures à bascules Il vaut mieux, se balader la plante des pieds à l’air Enterrer ses orteils Et tenter de faire  pousser La stabilité.














