đïžDredd (2012) đ„Pete Travis đ·Anthony Dod Mantle
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đïžDredd (2012) đ„Pete Travis đ·Anthony Dod Mantle

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#Dredd, first released in cinemas #OnThisDay in 2012â â â â â â â â â â â â â â â â â â #TitleScreen #OTD #PeteTravis #AlexGarland #JudgeDredd #MegaCityOne #KarlUrban #OliviaThirlby #LenaHeadey https://www.instagram.com/p/CTh5rLuPjnC/?utm_medium=tumblr
Dredd
#Dredd, first released in cinemas #OnThisDay in 2012 Art by #GregStaples (@gregstaplesart) #CoolArt #Art #JudgeDredd #MegaCityOne #KarlUrban #PeteTravis #AlexGarland https://www.instagram.com/p/CE2DkhKA5qp/?igshid=t3dwaeoymnhx
#Dredd, first released in cinemas #OnThisDay in 2012 Art by #Jock (@jock4twenty) #CoolArt #Art #JudgeDredd #KarlUrban #PeteTravis #AlexGarland https://www.instagram.com/p/B2G2AXTgqZp/?igshid=y6y4b50cjiu0

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DREDD (2012) Au dĂ©but de cette dĂ©cennie, la norme cinĂ©matographique mise en place fut celle du reboot: entre le malheureux CONAN (2011) et le triste ROBOCOP (2014), une franchise eut elle aussi droit Ă ce traitement, et pas des moindres. On se souvient tous de JUDGE DREDD (1995), long-mĂ©trage de comĂ©die/action/S-F basĂ©e sur le comic Ă©ponyme: marrant mais pas vraiment respectueux du matĂ©riau de base, et ce malgrĂ© un costume inoubliable portĂ© par lâacteur en tĂȘte dâaffiche, un certain Sylvester Stallone. ForcĂ©ment, le retour Ă lâĂ©cran du lĂ©gendaire Juge faisait fantasmer: le projet Ă©tait devenu concret et aboutit Ă une rĂ©alitĂ© financĂ©e Ă hauteur de 45 millions de dollars, de surcroĂźt pourvu de promesses tenues, le top de la classification, le Saint-Graal RATED-R. Les motivations du rĂ©alisateur Peter Travis Ă©taient donc de rendre justice Ă Dredd en se montrant plus proche du comic, tout dâabord en adoptant un point de vue sĂ©rieux et rĂ©aliste sur lâunivers de la franchise: un soulagement de visionnage, qui nous montre un Dredd moins guignol que celui de Stallone, la gravitĂ© de la situation scĂ©naristique ne se prĂȘtant pas DU TOUT Ă la comĂ©die. Attardons-nous sur le choix du nouveau visage de Dredd, lâacteur Karl Urban: il faut mettre en avant un choix incroyablement couillu que celui de lâavoir condamnĂ© Ă porter constamment son casque durant tout le film. En effet, lĂ oĂč DREDD aurait pu sesaisir de lâoccasion pour se vendre grĂące Ă la belle gueule de lâacteur -favorisant forcĂ©ment lâintĂ©rĂȘt dâune partie du public-, il se contente de nous montrer un faciĂšs peu commode mal rasĂ©, dissimulĂ© sous une visiĂšre noire: encore un plus pour les fans du comic, et pour les vrais cinĂ©philes, Ă qui lâon prĂ©sente un produit tangible, presque palpable, lâoeuvre passant avant son intĂ©rĂȘt commercial. Dâailleurs, mention honorable pour Urban, qui force son expression faciale en adoptant une moue calquĂ©e sur celle du Juge version papier: encore un parti pris de fidĂ©litĂ©, et je dirai mĂȘme plus, dâauthenticitĂ© pure et dure. Les grandes lignes sont respectĂ©es, on retrouve donc ce contexte de storyline post-apocalyptique, la Terre transformĂ©e en dĂ©sert irradiĂ©, Ă lâexception de la gigantesque mĂ©tropole Mega City One, dernier refuge dâune humanitĂ© sans espoir. Cet univers sombre et rude est rĂ©gi par les Juges, reprĂ©sentants de lâautoritĂ© en place et exerçant plusieurs fonctions, policier, juge, jury... et exĂ©cuteur: Mega City One atteignant le quota journalier de 17000 crimes, ce futur âno-futureâ impitoyable explique la prĂ©sence de ces personnages effrayants. Parmi eux, le Juge Dredd, fortement rĂ©putĂ©, que lâon dĂ©couvre dĂšs le dĂ©but du film en pleine action, une course-poursuite urbaine permettant de dĂ©voiler Mega City One sous nos yeux Ă©bahis: grise, sale et polluĂ©e, lâĂ©norme ville nâest ni belle ni tendre. Sur sa moto -au design acĂ©rĂ© et sombre du plus bel effet-, Dredd prend en chasse des trafiquants de Slo-Mo, LA drogue du moment, Ă lâappellation se rĂ©fĂ©rant Ă son effet psychoactif -une sensation de ralentissement du temps Ă©crasante Ă laquelle sâajoutent des altĂ©rations de la perception des couleurs, enjolivant une rĂ©alitĂ© plus que morne-: la violence expĂ©ditive de Dredd nous cloue sur place, ce dernier nâhĂ©sitant Ă aucun moment dâutiliser son arsenal pour stopper les bad guys. Le point de vue de cette cuvĂ©e 2012 est dâentrĂ©e de jeu incomparable Ă celle de 1995: le ton est plus adulte, plus mature, plus sĂ©rieux dans son traitement. On ne nous a pas menti, et câest avec une curiositĂ© saine quâon suit Dredd rentrer de mission et se voir affiliĂ© Ă une dĂ©butante ayant Ă©chouĂ© -de trĂšs peu- aux tests nĂ©cessaires pour accĂ©der au statut de Juge: sans avoir le choix de refuser cet ordre, il propose Ă la rookie de choisir lâune des affaires sur laquelle intervenir. Le duo part enquĂȘter Ă Peach Trees, un monumental bĂątiment post-guerre nuclĂ©aire -je vous lâavait dit, lâambiance nâest absolument pas Ă se marrer- oĂč trois corps dĂ©pecĂ©s ont Ă©tĂ© dĂ©couverts dans sa cour centrale. TrĂšs rapidement, Dredd et la âbleueâ vont se faire piĂ©ger au cĆur de lâimmeuble, qui sâavĂšre ĂȘtre le repĂšre de Ma-Ma, big boss de la drogue Slo-Mo: ordonnant aux rĂ©sidents de lui ramener la tĂȘte de Dredd, cette antagoniste campĂ©e par lâactrice Lena Headey -une trĂšs bonne reprĂ©sentante de personnages fĂ©minins forts Ă lâĂ©cran-, ici incarnant cette charismatique junkie aux dents pourries et Ă la gueule couverte de cicatrices. Un antagoniste de choix pour Dredd, qui devra composer avec la jeune recrue pour sortir de ce merdier. Ses personnages enfermĂ©s dans Peach Trees -le mode âguerreâ ayant Ă©tĂ© active et transformant le building en vĂ©ritable bunker impĂ©nĂ©trable-, on pourrait redouter un huis-clos: par chance il nâen est rien, le gigantisme du bĂątiment colossal permettant une mobilitĂ© de lâaction incessante, nous montrant divers lieux. Chez le rĂ©sident, dans un labo de fabrication de Slo-Mo, Ă lâintĂ©rieur des locaux des trafiquants de Slo-Mo, ou encore avec une sĂ©quence sur une plate-forme extĂ©rieure de Peach Trees, DREDD nâa rien dâun couloir-movie, et câest tant mieux: une altercation triple Gatling VS Juge Dredd explosive en fait preuve, dĂ©molissant ses dĂ©cors pour agrandir lâespace oĂč se dĂ©roule lâaction. Il faut parler de la classification Ă©galement, ici plus que nĂ©cessaire: les dĂ©gĂąts physiques ne sont pas censurĂ©s, choquants par leur violence brute de dĂ©coffrage. Les tĂȘtes explosent dans des gerbes de sang gĂ©nĂ©reuses, les membres aussi, reflĂ©tant cet univers viciĂ© et sauvage condamnĂ© Ă sâautodĂ©truire: mais rien nâest gratuit, et DREDD explore les possibilitĂ©s en montrant cette horrible ânormalitĂ©â, oĂč de pauvres innocents meurent brutalement: ce SDF Ă©crasĂ© par une massive porte automatique fait juste partie du paysage habituel du film. Ăa faisait combien de temps quâon nâavait pas eu un produit autant solide, Ă cet Ă©tat dâesprit bourrin mais jamais stupide? Parce que lĂ câest les retrouvailles avec une certaine forme de violence physique ET morale similaire Ă ROBOCOP (1987), et quâest-ce que ça fait du bien dâapprĂ©cier cette oeuvre faite avec amour et respect pour le genre! Karl Urban est Ă fond dans son rĂŽle de Juge destructeur et carrĂ©, malgrĂ© un physique plus athlĂ©tique que musculeux: un dĂ©tail minime en comparaison Ă Ă lâimplication de lâacteur, Ă la voix gravissime et au charisme attachant. Car derriĂšre cette violence qui nâest pas gratuite, le rĂ©alisateur Peter Travis construit un background au style percutant, dĂ©peignant un autre monde, certes dramatique mais ultra-cohĂ©rent. Rien Ă redire sur les SFX en CGI, qui sont dĂ©celables mais pas dĂ©sagrĂ©ables pour autant: rassurez-vous, les effets spĂ©ciaux âĂ lâancienneâ seront lĂ©gion, rugueux, granuleux, cradingues mais toujours rĂ©alistes. Y a-t-il du nĂ©gatif dans DREDD? Et bien non, Ă vrai dire: de sa condition de reboot ici plus que pertinente car nĂ©cessaire, Ă celle dâadaptation de toute Ă©vidence plus fidĂšle ou en passant par son statut de film dâaction SF-bourrin burnĂ©, le cahier des charges est rempli et respectĂ©. Peter Travis installe avec classe une approche stylistique en accord avec son long-mĂ©trage: les phases dâinhalation de Slo-Mo donnent lieu Ă des ralentis -ici justifiĂ©s car non utilisĂ©s en tant que simples artifices- qui changent lâimage, comme si nous la percevions avec les effets de la dite drogue. Un concept gĂ©nial, qui crĂ©dibilise le monde de DREDD, la grisaille de Mega City One contrastant avec ces instants de shoots faits pour sâĂ©chapper âvirtuellementâ de cette rĂ©alitĂ© atroce et violente: deux faces dâune mĂȘme piĂšce, unifiant lâoeuvre dâune belle maniĂšre. Peu de temps morts dans DREDD, perpĂ©tuellement confortable en termes de visionnage: de rares travellings pour sublimer une sĂ©quence ou deux, des plans serrĂ©s pour impacter le spectateur, et des contre-plongĂ©es vertigineuses en accord avec la hauteur improbable de Peach Trees. Attention, câest parfois spectaculaire, mais jamais versĂ© dans le grand-spectacle simplement esthĂ©tique. Alors, pourquoi, avec cette plĂ©thore de qualitĂ©s, DREDD nâa pas marchĂ© au box-office mondial? Câest un peu de notre faute, et on se sent coupable aprĂšs avoir vu DREDD de ne pas plus sây ĂȘtre intĂ©ressĂ©: cette situation soulĂšve un Ă©tat de fait consternant, celle de cette frĂ©quence industrielle de productions de reboots Ă la pelle. Ici, les personnages Ă©voluent, sont travaillĂ©s, et on de la consistance: rare cas parmi les autres reboot, ne lâoublions pas. Câest donc dissimulĂ© que DREDD existe, cachĂ© parmi les autres films fades qui nous font regretter dâĂȘtre allĂ© les voir au cinĂ©ma: ça aurait dĂ» ĂȘtre lui, et lui seul. RĂ©pondant Ă lâespoir de cinĂ©philes marginaux et de cinĂ©phages en quĂȘte de sens, DREDD se pose comme un incontournable classique moderne du genre. Retour Ă lâesprit old-school des longs-mĂ©trages bourrins nous immergeant dans un univers badass qui a du cerveau, autant sur les murs que dans sa logique dâĂ©criture: une narration efficace allant Ă lâessentiel et portĂ©e sur une violence non-censurĂ©e sensĂ©e car utile Ă la comprĂ©hension de son propos. Bon, faut avouer que ça charcle pas mal, et que lâaffiche du film ne nous avait pas menti: ça bourrine grave! DREDD enfonce le clou avec son soundtrack totalement adaptĂ©, mĂ©lange savant de trip-hop rugueux et sale aux infrabasses lourdes, accompagnĂ©es de riffs de guitare saturĂ©s -de circonstance-, ou encore dâangĂ©liques vocalises -presque Ă©piques- pour accompagner la chute des victimes du Juge dans le vide: de plus Ă©coutable sĂ©parĂ©ment du film, lâOST du compositeur Ă©cossais Paul-Leonard fait mouche, insufflant une ambiance en adĂ©quation avec le film. Toutes les raisons sont bonnes de voir, et surtout de REVOIR DREDD, qui sâavĂšre meilleur Ă chaque visionnage. Ne cherchez pas plus loin, DREDD est le parpaing que lâon cherchait Ă recevoir dans la face depuis une Ă©poque que lâon croyait rĂ©volue: renouant avec un style cinĂ©matographique que nous affectionnons particuliĂšrement, DREDD est une des pĂ©pites indispensables de la dĂ©cennie, contre-argument de tout imbĂ©cile clamant que âcâĂ©tait mieux avantâ. Car DREDD nâest pas quâun fantasme, il Ă©tait inespĂ©rĂ© et comble toutes nos espĂ©rances: puissant. Ouvert Ă une suite sans en suggĂ©rer une, on se repent de ne pas avoir payĂ© sa place Ă lâĂ©poque, la franchise semblant aujourdâhui au point mort. AprĂšs avoir rapportĂ© trois fois moins que son coĂ»t, ce nâest pas Ă©tonnant... MAIS REGARDE-LE PUTAIN!!! Bon, il est Ă combien le blu-ray sur Amazon? REMIX & REPENT /20