Un week-end Ă Dijon
HĂ©! Salut toi! ça fait longtemps quâon ne sâest pas vu. Tu dois te dire que je ne devais rien avoir Ă raconter, et tu nâes pas loin de la vĂ©ritĂ©. Faut pas croire quâau Caviar il nây a pas eu dâactualitĂ© ou quâon a arrĂȘtĂ© le vĂ©lo, mais câest plutĂŽt que celle-ci sâaccĂ©lĂšre un peu en septembre. Faut il y voir un lien de causalitĂ© avec la rentrĂ©e scolaire? Je te laisse faire ton opinion sur cette question.
Mais bon passons aux choses sĂ©rieuses, quoique parler de sĂ©rieux avec le Caviar, câest un peu comme de parler de moutarde Ă un amĂ©ricain ou de Ketchup Ă un dijonnais, câest un peu Ă contre courant.
Ăa tombe bien quâon parle de moutarde, et tu apprĂ©cieras cette transition pleine de piquant et de second degrĂ©, car ce week-end nous Ă©tions Ă Dijon. Pourquoi Dijon? Parce que comme chaque annĂ©e depuis maintenant 3 ans, la ville est devenue le lieu de la plus grande manifestation de pignon fixe en France, avec son National Moutard Crit, alors il ne fallait pas rater ça.
Et puis y avait du beau monde, et nous  voulions voir de plus prĂšs Ă quoi ressemblent des vrais fixistes, et ben finalement ils sont exactement comme nous, en plus fort, en plus beau, en plus rapide, mais en beaucoup moins dâexcĂšs en tout genre.Â
Mais remontons un peu le temps, car aprĂšs tout il ne sâagissait pas seulement du NMC, mais bien dâun week-end entier, ou chistole et vĂ©lo sont allĂ©s de paires, enfin pas pour tout le monde, mais au moins pour une partie dâentre nous.Â
De notre cĂŽtĂ©, nous sommes partis Ă 3 samedi matin de Paris  avec Dine et Eko, 3h30 de route, entre les ronflements dâEko, ma playlist prĂ©fĂ©rĂ©e Ă bas volume, et en respectant scrupuleusement les limitations de vitesse, nous voilĂ fraĂźchement accueillis sous la pluie mais dans la bonne humeur par ClĂ©a, rĂ©gionale de lâĂ©tape. Au dĂ©part nous avions prĂ©vu dâen profiter pour nous entrainer un peu et prendre un avantage certain sur Thibault Lhenry et le reste de la team Cinelli, mais un ou deux carambars et la pluie sans interruption eurent vite raison de notre motivation. ConsĂ©quence de ces excĂšs de âranafout de la courseâ, lâaprĂšs-midi se passe dans une ambiance de grand dĂ©lire en petit comitĂ© ou piano et pĂ©dales feront partie des sujets de conversation principaux, AprĂšs un repas lĂ©ger (Pizza biĂšres), notre petite troupe se rend Ă la ferronnerie Ă Dijon afin de finaliser nos inscriptions pour le lendemain, et de profiter de la soirĂ©e offerte par lâorganisation avec le concours des âAnimauxâ  et de son Goldsprint du week-end.
Eko et moi-mĂȘme nous retrouvons un peu surpris par notre Ă©tat lĂ©thargique inexpliquĂ©, sans doute les excĂšs de sucreries et de boissons gazeuses, toujours est-il que nous profitons du peu dâĂ©lan quâils nous restent pour nous inscrire au Goldsprint sans ambition aucune. Les premiers coups de pĂ©dales sont donnĂ©s et les duels sont lancĂ©s, force est de constater que les meilleurs choisissent globalement le vĂ©lo bleu, ce qui fait dire Ă âceux qui ignorentâ que le jeu est truquĂ©, heureusement un ou deux courageux du vĂ©lo rouge viendront prouver le contraire.
Au moment oĂč Eko et moi mĂȘme sommes appelĂ©s sur le ring, il nous faut quelques temps pour assimiler lâinformation, mais nous dĂ©cidons avec gaietĂ© de relever ce dĂ©fi, consistant Ă tenir en Ă©quilibre sur ces drĂŽles de machine. Nos supporter dĂ©cident alors de donner de la voix, ce qui pousse Eko Ă retirer son t-shirt sous le regard coquin de Mario. De mon cĂŽtĂ©, voulant dĂ©montrer aux yeux du monde entier (en commençant par celui des dijonnais) que la rĂ©putation me prĂȘtant des excĂšs de gras est erronĂ©, jâen fais de mĂȘme, sous le regard Ă©tonnĂ© cette fois du mĂȘme Mario. Câest Ă cet instant que tous deux dĂ©cidĂąmes de pĂ©daler le plus vite possible en fermant les yeux. Aux cris du public nous comprenons vite que mon temps doit ĂȘtre intĂ©ressant, mais jâĂ©tais loin de me douter alors quâil me pousserait sur la 3e marche du podium, me permettant de rendre au public ce quâil mâavait donnĂ© en lui offrant lâensemble de mes lots.
La soirĂ©e se poursuit dans une forme dâeuphorie, quand le reste de la troupe du Caviar parvient enfin Ă nous rejoindre vers minuit. Le temps de boire quelques sodas supplĂ©mentaires et de partager nos confiseries afin de faire le plein de sucre pour le lendemain,nous nous dĂ©cidĂąmes enfin Ă aller nous coucher sur les coups de 2h du matin.
La nuit est un peu courte, et le rĂ©veil est donc difficile, par chance les ronflements dâEko me rĂ©veillent Ă la bonne heure. Une prĂ©paration rapide, un dĂ©bat houleux avec Dine sur la nĂ©cessitĂ© de prendre la voiture, et nous voilĂ partis vers le zenith pour enfin aller dĂ©fier ces riders venus du monde entier et leur montrer qui est le caviar.
A peine arrivĂ© sur le parking, nous retrouvons tout le monde, tous les heureux veinards qui ont partagĂ© leurs chambres dans le F1 dâen face, les quelques copains du PCR qui sont lĂ aussi. La piste ouvre assez tĂŽt, nous permettant de nous essayer dessus, assez rapidement je comprends que ce ne sera pas facile pour moi, assez mal Ă lâaise dans les petits virages et dans un virage serrĂ© Ă droite, de son cĂŽtĂ© Lock se montre confiant en assurant quâil adore ce tracĂ©. Ăa fait plaisir de le voir si confiant, car câest rare chez Lock, du coup nous nous mettons Ă rĂȘver pour lui dâune finale A qui parait accessible mĂȘme si il est Ă©vident que les autres riders ne sont pas venus pour faire une promenade.
Les premiĂšres sĂ©ries sont lancĂ©es aprĂšs un repas difficilement avalĂ© (Trop de glutens expliquera-t-on le lendemain en voiture), nous sommes lĂ en tant que spectateur mais la pression monte assez rapidement, le temps semble vouloir rester clĂ©ment, et quand viens 15h, lâexcitation est Ă son comble avant de dĂ©marrer notre sĂ©rie. Les tours sâenchainent, chacun y allant de sa stratĂ©gie, jâai le sentiment de ne pas ĂȘtre le plus rapide, mais pas le plus lent non plus, pourtant les chronos seront sans pitiĂ©, Hugo, Julien, Eko et moi finissons derniers de notre groupe dans cet ordre, et mon chrono personnel nâest pas glorieux, mais peu importe, la surprise vient de Lock qui ne fait pas du tout le chrono attendu, et ne se qualifie pas pour la finale A contrairement Ă son partenaire dâentrainement: Victor.
Rien de grave, tout le monde sera en finale B, et il nây a plus quâĂ regarder les meilleurs concourir dans le goupe 1.
Le temps passe, et les nuages sâamoncellent dangereusement avant de noircir, les premiĂšres averses arrivent et sont de vĂ©ritables dĂ©luges. Câest dans ces conditions dantesques que la finale B est lancĂ©e, certains prĂ©fĂšrent y renoncer comme Hugo, mais la plupart dâentre nous dĂ©cident de jouer le jeu et dâaffronter les Ă©lĂ©ments et les Ă©claires qui illuminent le ciel rĂ©guliĂšrement. DĂšs les premiers coups de pĂ©dales, je sens que je ne vais pas aller loin, je me tĂ©tanise Ă chaque dĂ©passement, et prĂ©fĂšre laisser passer le monde devant moi pour rester entier, consĂ©quence logique je finirai 5e avant dernier mais presque sans regret, Ă©liminĂ© au bout de 3 tours, de leu cĂŽtĂ© Julien, Lock et Eko tournent bien, Lock se positionne mĂȘme rapidement dans le groupe de tĂȘte avant de se faire lĂącher progressivement par les 2 premiers, les tours continuent et câest julien qui est Ă©liminĂ© puis Eko un tour plus tard. Nous voilĂ tous spectateurs dâun Lock enragĂ© qui veut faire un rĂ©sultat dans cette finale. Alexandre Azzoli sâenvole tour aprĂšs tour vers la victoire, et Lock est dans un vĂ©ritable duel pour la troisiĂšme place, dans laquelle nous pensions quâil allait prendre lâavantage, au moment ce dernier  glisse violemment sous nos yeux. Dâune seule voix, nous lâexhortons tous Ă se relever et Ă terminer la course, et câest dans la douleur et en serrant les dents quâil bouclera les 3 derniers tours pour aller chercher courageusement une 5e place.Â
Dans la finale A câest une autre histoire, et mĂȘme si les premiers tours nous laisseront lâespoir de voir Simon de la team Triangle se glisser dans les premiers, les tous meilleurs finiront tout de mĂȘme par sâexpliquer avant la victoire de Tim Ceresa dans le sprint final, de son cĂŽtĂ© Victor finit Ă une trĂšs belle 41e place pour son premier crit.
Le temps dâassister au podium sous un pluie toujours dilluvienne, il est venu le temps de nous sĂ©parer pour chacun repartir de nos cĂŽtĂ©s. Dine, Eko et moi rentons courageusement et avec grand bonheur en vĂ©lo jusque Dijon, quand le reste de la troupe repart directement vers Paris.
Malgré la pluie, cette journée aura été savoureuse, un vrai moment de plaisir partagé autour de nombreuses sucreries et quelques sodas.
Prochaines aventures, le week-end prochain pour une nouvelle ascension du Ventoux.












