La mode aux Etats-Unis : Mon royaume pour un ourlet !
Attention, article fortement subjectif. Mauvaises langues, régalez-vous.
Avant de mây installer, je faisais lâamalgame entre Etats-Unis et style, mode, avant-garde. Petite ignorante que j'Ă©tais ! Les gens ne sâhabillent pas comme dans les films, hĂ© non. Ici, câest tout ou rien. Câest trop ou pas assez. Et surtout, ça manque souvent de logique.
NâĂ©tant pas une fashion addict, jâĂ©tais au dĂ©but bien trop occupĂ©e Ă river mes yeux sur Ă©cureuils que je croisais partout pour faire attention au look des passants. Petit Ă petit jâai Ă©largi mon champ de vision. Je ne suis pas du genre picky, et encore moins observatrice, mais maintenant que vous me le dĂźtes⊠câest vrai quâil est trop long / large / dĂ©trendu ce pantalon. A lâinverse, qui sont ces filles que les 35°F nâempĂȘchent pas de porter une jupe parfaitement ajustĂ©e pour tomber juste au dessus des cuisses ? Ici, la juste mesure est un concept abstrait et le chic une notion toute relative. Que Boston soit une ville Ă©tudiante nâexcuse pas tout. Cintrez-moi cette chemise, bon sang !
Un matin j'ai vu mon host descendre dans son costume, prĂȘt Ă partir travailler. Comme dâhabitude, nĆud de cravate et pocket square sont ajustĂ©s Ă la perfection. Il enfile un long trench coat beige, attrape sa sacoche, Ă©lĂ©gante mais masculine, et, prĂȘt Ă partir, ouvre la porte. Stupeur, dehors câest la tempĂȘte ! Ni une ni deux, il fait demi-tour jusquâau porte-manteau et attrape une casquette des Red Sox quâil met sur sa tĂȘte d'un geste assurĂ©. En voyant mes yeux ronds devant cette injure vestimentaire, il dĂ©clare dâun air souverain : « This is how we do in Boston. » Ah ben dans ce casâŠ
Aux Etats-Unis, quand on rentre du boulot, la premiĂšre chose Ă faire câest se changer. Ben oui, les vĂȘtements Ă©lĂ©gants câest pas fait pour la maison. Dâune tenue distinguĂ©e on passe au jogging lĂąche ou au pantalon de pyjama (vous savez, celui avec un imprimĂ© cerises). Je ne suis pas la seule Ă qui on a demandĂ© un jour : « Tiens, tu sors ce soir ? » Pourquoi, la robe pull câest overdressed pour rester Ă la maison ?
Pour ĂȘtre honnĂȘte, et malgrĂ© mes critiques, jâavoue me laisser aller certaines fois au style amĂ©ricain. AprĂšs tout, pourquoi ne pas se fondre dans la culture locale et privilĂ©gier le confort Ă lâesthĂ©tique ? MalgrĂ© mes fantasmes en termes de shopping, câest dĂ©cidĂ©, la piĂšce maitresse de ma garde robe sera en polaire ou ne sera pas. Pour cela, je travaille dur chaque weekend Ă prospecter les bonnes affaires, Ă traquer les rĂ©ductions, Ă me mettre Ă jour dans les nouveaux arrivages des grandes enseignes de dĂ©stockage.
En termes de shopping, la Washington Street impose sa suprĂ©matie en rassemblant dans un mĂȘme bĂątiment TJ Max, H&M et Marshall. A un bloc du Macyâs qui plus est ! Les puristes du lĂšche-vitrine lui prĂ©fĂ©reront toutefois la Newburry Street. Celle-lĂ , je lâai adorĂ©e au premier regard. Au bout de cinq minutes Ă essayer de slalomer entre les gens et Ă entendre parler français Ă tous les coins de rues, jâai compris que je me trouvais sur les Champs ElysĂ©es locaux. Depuis, comme avec lâavenue parisienne, je nourris une relation passionnelle dâamour et de haine avec cette rue bien trop frĂ©quentĂ©e mais probablement la plus belle de Boston. (Biatch)
Et puis bien sĂ»r, il y a les outlets. Un Village Disney pour l'allure de ses bĂątiments, ses touristes et lâodeur du pop corn au caramel dans ses rues proprettes. On y trouve des bonnes affaires qui enthousiasment et rayonnent sur d'autres qui le sont moins : -30$ sur un article Ă 400, ils ne mâauront pas comme ça.Â
De toute façon, je suis raisonnable. La plus part de mes achats étaient indispensables, des choses que je n'ai pas pu apporter de Paris parce que vous comprenez, une valise, 23 kg, tout ça... Et puis avec le froid, il faut bien s'équiper. Par contre ce weekend je pars à New-York, je ne réponds plus de rien.
(En fait je n'y vais pas pour le shopping, je voulais juste le placer pour vous faire enrager.)













