Il faut probablement aimer les chevaux dans une certaine mesure pour pouvoir profiter du livre The Suffragette Derby par Michael Tanner. Parce quâils figurent beaucoup dans le livre. En lisant un livre si dĂ©taillĂ© sur la course, je suppose que je me suis senti priĂ© de faire un record pour le terminer en deux jours. Mais jâavoue que mes yeux se sont Ă©chappĂ©s sur certains passages, Ă savoir les lignages et les statistiques de tel ou tel cheval. En fait, lors de la premiĂšre journĂ©e, je devais me concentrer sĂ©rieusement sur la ligne dâarrivĂ©e pour pouvoir surmonter certaines longues pĂ©riodes des chances et des engendres.
Heureusement, lâhistoire environnante et les Ă©tudes approfondies sur les personnages sont stratĂ©giquement placĂ©es de maniĂšre Ă propulser les Ă©vĂ©nements. Tanner fabrique pratiquement des modĂšles en 3-D dâune plĂ©iade de personnes : jockeys, dresseurs, Ă©leveurs et propriĂ©taires ; journalistes, courtiers, joueurs et juges ; suffragettes, francs-tireurs, activistes, prisonniers et geĂŽliers ;  et Ă tous les niveaux de la sociĂ©tĂ© britannique dâavant la PremiĂšre Guerre mondiale, des gitans aux rois. De plus, il couvre non seulement les deux histoires principales, 1) un infĂąme Derby Day (et de nombreuses autres courses) et 2) un infĂąme martyre, il met Ă©galement en lumiĂšre la guerre des Boers, les intrigues de la classe supĂ©rieure, la tragĂ©die du Titanic, les drames familiaux et lâhomosexualitĂ©.
Je trouve que Tanner est un peu plus fan du hĂ©ros Ă©quin, Craganour, que de lâanti-hĂ©roĂŻne condamnĂ©e, Emily Davison. Les deux autres personnages principaux, Bower Ismay et Eustace Loder, tous deux dĂ©ficients tout en gagnant de la sympathie, semblent Ă©galement ĂȘtre traitĂ©s avec plus de dignitĂ©. Est-ce ma perspective fĂ©minine ? Je prĂ©fĂ©rerais pouvoir regarder de maniĂšre objective. Jâadore les chevaux, et lâadoration des livres de Marguerite Henry et de Judy Van Der Veer dans mon enfance mâa sĂ»rement aidĂ©e dans ma dĂ©termination Ă lire un livre Ă moitiĂ© gĂ©nĂ©alogique de chevaux (jâai rappelĂ© Sir Barton du livre King of the Wind !).
Comme je suis reconnaissant aux prĂ©curseurs dâavoir amenĂ© les femmes au vote et Ă de nombreux autres droits naturels, et que les activistes dâaujourdâhui poursuivent la lutte, je suis consternĂ© par la façon dont Tanner gĂšre Davison et le mouvement pour la dĂ©fense des droits des femmes. Plus prĂ©cisĂ©ment, il a maladroitement Ă©voquĂ© la possibilitĂ© quâelle soit lesbienne. Je pense, enfin, que cela visait Ă faire la lumiĂšre sur sa compagne dont les circonstances factuelles sont assombries par des pseudonymes et un mauvais alignement des comptes. Comme souvent avec la sexualitĂ© en rĂ©trospective, on se demande sâil est important de mentionner sa sexualitĂ© ou sâil agit dâun rĂ©cit absolu Ă raconter. Câest un mystĂšre en soi.
Jâai le sentiment que si jâĂ©crivais le livre et que Tanner Ă©crivait cette critique, il se gratterait la tĂȘte pourquoi jâai fait de Davison lâhĂ©roĂŻne et de Craganour lâanti-hĂ©ros. Les chevaux sont de belles crĂ©atures, mais je ne suis plus un enfant et je pense plutĂŽt que les courses de chevaux sont une exploitation et que les droits de lâhomme universels mĂ©ritent nos Ă©nergies.


















