Je veux une bande de meufs.
 Une gerbe de potes
Un faisceau de frangines
Un foutu phare en force.
 Je veux une bande de meufs.
 De celles qui te font lever le menton.
De celles qui t’éclairent les coins sombres.
Qui foutent la fessée aux fautes d’égo.
Qui te mettent le cœur à poil.
Qui t’évite les mauvais virages,
Qui t’amour la maladie.
De celles qui te font voir la vérité en face et te caresse à contre sens quand tu t’es trompé de route.
 Moi, j’suis pas une meuf à bande. J’serais plutôt une butineuse. Du genre mouche à bonheur, cafard à paillette, papillon crasse, abeille bizarre, guêpe flegmatique. Moitié caillou, moitié miel.
Les pieds dans la glue et la gueule dans les fleurs, je rêvasse ambivalent. Un coup à l’ouest, un coup par là . Le monde est trop plein de possibilité d’amour pour s’arrêter au seuil surélever de ce qui est réaliste.
 Alors je rêve de tout faire en même temps. Je goûte à tous les bacs à fleurs. Je me sers un godet à tous les bastringues, je mange à tous les râteliers.
Avec joie, et même avec un peu de fierté.
Après tout,  sans les butineuses, qui sèment à tous vents, y’a rien qui pourrait pousser.
 Poussez-vous que j’m’incruste. Ça a l’air beau chez vous. Ma bande c’est toutes les vôtres.
Je me nourris de vos joies, je me noie dans vos amours, j’épouse vos rages, je jouis de vos ensembles.
 Et j’égraine, et je sème.
 Je butine
Je butine
Je butine.
 Je joue avec les rayons de vos vie et de vos forces, je décuple, je me décale, je prends des raccourcis. Dans ma tête c’est de la dentelle des phrases des autres.
C’est de la lutte en lucarne, par petits morceaux. Parait que le bonheur, c’est comme ça que ça se mange.
Mais j’voulais dire quand même, à moitié parce que ça sonne, à moitié pour que l’univers m’entende :
 Je veux une bande de meufs.
Une gerbe de potes
Un faisceau de frangines
Un foutu phare en force.
 Je veux une bande de meufs.
 De celles qui te font lever le menton.
De celles qui t’éclairent les coins sombres.
Qui foutent la fessée aux fautes d’égo.
Qui te mettent le cœur à poil.
Qui te sauve les mondes.













