Oyez oyez, heureux contribuables,
Je suis Ă©cĆurĂ© de ce climat de mĂ©fiance, oĂč plus personne ne croit personne, et surtout pas dans les hommes politiques, des gens quâon a pourtant choisis, en qui on a placĂ© tout notre espoir dâun monde meilleur. Je ne sais pas si câest la nostalgie de la collaboration mais les dĂ©nonciations se multiplient et ça installe une ambiance pourrie. Les gens nâont plus confiance, ils se referment sur eux-mĂȘmes. Il suffit quâil se passe une bricole montĂ©e de toutes piĂšces par un concurrent jaloux et paf, voilĂ brusquement quâon doute !
Il faut se mettre Ă la place de ces gens dĂ©vouĂ©s, qui consacrent leur vie Ă trouver des solutions Ă nos problĂšmes pour quâon vive mieux et qui se retrouvent soudain accusĂ©s alors quâils nâĂ©taient mĂȘme pas au courant. Regardez ce pauvre Jean-François CopĂ©, discrĂštement dĂ©noncĂ© par JĂ©rĂŽme Lavrilleux. Il a eu beau rĂ©pĂ©ter «âDans cette affaire terrible, je veux vous le dire une nouvelle fois, mon intĂ©gritĂ© est totaleâ» et prĂ©ciser : «âA aucun moment, je nâavais Ă©tĂ© informĂ© dâirrĂ©gularitĂ©s dans les dĂ©penses et les procĂ©dures de lâUMP. Dans le cas contraire, je les aurais Ă©videmment interditesâ», eh bien ses potes lâont virĂ© parce quâils nâavaient plus confiance ! Pire que ça, quand en guise de conclusion, il a lancĂ© : « Ne vous inquiĂ©tez pas, je reviendrai », et bien ils se sont vraiment inquiĂ©tĂ©s !
Comme si Jean-François nâavait pas autre chose Ă faire que de vĂ©rifier les lĂ©gĂšres erreurs toujours possibles dâĂ -peine un peu plus de dix millions dâeuros dans la caisse, alors quâil y a un comptable ! Un comptable mal payĂ©, dâaccord, mais qui nâa pas fait son boulot, le voilĂ , le vrai responsable, mais quand le peuple veut une tĂȘte, il est tĂȘtu, mĂȘme si ça doit faire souffrir un innocent ! Et quâest-ce qui va se passer, si cette suspicion permanente ne cesse pas ? Je vais vous le dire : au lieu de sâoccuper de choses primordiales comme de venir dire Ă la tĂ©lĂ© que les socialistes sont des escrocs, eh bien le prochain (ou les prochains ?) prĂ©sident de lâ « Union pour Mon Pognon » va devoir rester la tĂȘte dans les livres de comptes, Ă vĂ©rifier le moindre petit pot de vin. Comme en voiture oĂč on passe notre temps Ă regarder les panneaux, le GPS, les radars sur les bas-cĂŽtĂ©s, les flics avec des jumelles planquĂ©s dans le moindre bosquet, et oĂč on nâa pas une seconde pour regarder le plus important : la route ! JFC Ă©tait tellement bouleversifiĂ© quâĂ la question des militants : « Que vont devenir les salariĂ©s, qui nâont pas Ă©tĂ© augmentĂ©s depuis longtemps ?", il nâa mĂȘme pas eu la prĂ©sence dâesprit de rĂ©pondre : « Quâils aillent se faire mettre chez les grecs », câest vous dire son Ă©motion.
DĂ©gĂąt collatĂ©ral Bygmalionnesque : en rentrant dâIsraĂ«l oĂč il Ă©tait allĂ© Ă©couter les chansons de sa femme, dont les postillons ont rĂ©ussi Ă dĂ©crĂ©pir le mur des lamentations, Nicolas Sarkozy a Ă peine eu le temps de poser son baise-en-ville quâil en est (dâaprĂšs son entourage) « tombĂ© de l'armoire ! ». Pourquoi son entourage ne dit pas « tombĂ© de sa chaise », comme tout le monde, me direz-vous ? Câest quâen fait, Nicolas a bien fait comme tout le monde : il est bien « tombĂ© de sa chaise » mais vu sa taille, il a eu lâimpression de « tomber de lâarmoire », voilĂ ! Une fois relevĂ©, il a eu beau dĂ©mentir tout magouillage et parler dâune manipulation, et rĂ©pĂ©ter quâil nâa jamais menti ni dĂ©tournĂ© un sou (les dinards libyens, ça compte pour du beur), il y a lĂ encore des gens qui doutent. Mais oh, les rapaces, il Ă©tait au concert de Carla en IsraĂ«l, merde, et ça fait des annĂ©es quâil passe tout son temps Ă Ă©couter sa femme qui hurle comme une chĂšvre quâon Ă©gorge, comment voulez-vous quâil soit au courant ? Lui, il demandait juste des meetings et encore des meetings, et (je re-cite son entourage) : « Personne nâa eu les couilles de lui dire que ça dĂ©passait le plafond ». Cette peur de le contredire, câest bien la preuve que câest un combattant, notre bonzaĂŻ, pas un bureaucrate ! Ils le savent, ses potes, alors ils ferment leur clapet. Je les re-re-cite : « En 2012, il est allĂ© Ă la bataille comme un champion de boxe monte sur le ring. Il ne demandait pas si la serviette Ă©ponge Ă©tait rouge ou noire ! ». Et puis, regardez-le un peu, comment voulez-vous quâil aille vĂ©rifier le plafond, mĂȘme avec des talonnettes ?
Encore un qui souffre de la mĂ©fiance ambiante : Claude GuĂ©ant, qui est victime d'un « scandale d'Ătat ». Eh bien tout le monde sâen fout, il peut crever, quelle honte ! Tout ce pataquĂšs pour quatre cents petits millions dâeuros. Et pourquoi pas dire que Tapie aurait achetĂ© des matchs en liquide du temps oĂč il Ă©tait manageuse Ă Marseille, tant quâon y est ?
   Et la cerise sur le milliard de ce climat des annĂ©es 40, câest que les Ă©trangers se dĂ©noncent entre eux ! Le Sunday Times (donc, les anglais) a dĂ©noncĂ© le Qatar qui aurait versĂ© plus de 3,6 millions d'euros de pots-de-vin pour acheter des soutiens Ă la candidature de son pays pour le Mondial de foot 2022.
Et lĂ je dis : « Stop, trop câest trop ! ». Les gens qui propagent ce genre de calomnies, ça pourrait bien leur retomber sur la gueule, Ă force ! Parce que les Ă©lecteurs ne sây trompent pas. A chaque fois que ces malheureux injustement accusĂ©s, voire condamnĂ©s, se reprĂ©sentent devant eux pour solliciter leurs suffrages, ils nâhĂ©sitent pas une seconde Ă mettre le bon bulletin dans lâurne. Parce que grĂące Ă ces accusations ou â encore mieux - Ă cette condamnation, tout les citoyens retiennent le nom du type en oubliant pourquoi la tĂ©lĂ© lui a consacrĂ© autant de reportages et dâinfos. Cahuzac peut se repointer dâici quelques annĂ©es, il devrait passer au premier tour, comme Mellick, JuppĂ©, Balkany (un couple de victimes !) et plein dâautres honnĂȘtes gens blanchis par lâamnĂ©sie populaire.
Heureusement, lâimportant, pour ĂȘtre Ă©lu, ce nâest pas dâĂȘtre innocent, câest dâĂȘtre connu.
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