Les enfants
Les enfants sont vraiment mignons.
Alors là je vous entends déjà remettre en question notre objectivité : « pas tous les enfants quand même », « on voit que vous n’en avez pas à la maison », « le mien est un vrai petit monstre », etc.
D’accord, il faudra donc préciser : les enfants de grandes et moyennes sections de l’école maternelle de Boissy-le-Bois sont vraiment tous mignons. (Notre ami Didier Cousin ferait l’une de ses blagues préférées, il dirait « sauf un », mais cela ferait paniquer les parents, on recevrait des lettres de menaces, et on tient absolument à rester en bon terme avec ces derniers.)
Donc :  les enfants de moyennes et grandes sections  de l’école maternelle de Boissy-le-Bois sont vraiment tous mignons.
Il faut dire déjà qu’ils sont très bien entourés : par Marie, l’ASEM dont on vous a déjà parlé, la championne de gym et par Johanna, une maîtresse comme on rêverait tou.te.s d’en avoir. Et puis il y a aussi Le Loup, un petit loup hyper gentil et très sage. On le réveille le matin en début de classe, il est tout emmitouflé dans son lit remplit de laine. Il est heureux de voir tout le monde, et s’habille toujours de la même couleur selon le jour de la semaine : jeudi c’est bleu. On est un peu déçu.e.s qu’il n’y ait pas école le mercredi, parce que le mercredi est rose, et on est sûr.e.s que ça lui irait très bien le rose.
Avant que tout ça commence, une petite fille a eu la mission d’indiquer la nouvelle date au tableau. Elle change le mardi pour le mercredi, on la félicite à voix basse, c’est malin de faire glisser ainsi les jours l’un après l’autre. Mais Johanna intervient auprès de celle-ci pour lui rappeler que le mercredi c’était hier, qu’il faut sauter une date quand on passe une journée à la maison. Aurore et moi rougissons discrètement de s’être fait avoir aussi.
Donc, on a changé Le Loup, il s’est assis tranquillement pour nous observer, et il est temps de séparer le groupe en deux pour que nous puissions travailler en petit comité. On parle d’abord un peu de ce qu’on entend à la radio et Aurore sort son Zoom H4n Pro sur lequel un petit loup sans œil permet de protéger les micros du vent, il s’entendra très bien avec Le Loup. On fait ensuite écouter aux onze élèves le tout début de l’émission Les pieds sur terre intitulée « Enfants des villes, enfants des champs » (c’est super et c’est par ici). Et puis on leur demande de réagir à ce qu’ils et elles ont entendu. Ici tout le monde ne vit pas à la campagne, il ne faut pas se tromper, certain.e.s vivent à Bachivillers, et vu le bruit des travaux et des motos, on ne peut pas dire que c’est la campagne, les champs autour et les animaux de ferme sont un piège. La campagne semble un concept flou quand on y vit, autant la mer on voit ce que c’est mais la campagne…
Ensuite on pose des questions très compliqués : « ça sent quoi dans ta maison ? », « c’est quoi le goût de ta maison ? », « on entend quoi dans ta maison ? », « c’est quoi ta pièce préférée ? ». Cette dernière question nous vaut un « la pièce de deux euros » qui nous indique que décidément on est mauvais.e.s en consignes ! Un tour de prénom et on en a terminé avec le premier groupe.
Battement de 45 minutes pendant lequel on a : appelé Alex du comité des fêtes pour connaître l’avancée des possibilités techniques de la soirée du 28, appelé et vu Céline pour imprimer des nouveaux flyers parce qu’on rencontre beaucoup de monde et qu’ils partent vite, pris rendez-vous par téléphone avec Nadège le soir-même, déposé des tracts à la gym, pris le soleil sur le banc des adultes judicieusement placé dans la cour de récréation, inventé un mensonge autour du cerf arc-en-ciel de mon sac qui ferait naître une licorne à l’autre bout du monde à chaque fois qu’on le touche, enregistré les jeux d’enfants autour des cailloux,…
On recommence le protocole avec le deuxième groupe en n’oubliant pas cette fois Le Loup de la classe qui avait raté le premier enregistrement. Puis on retourne dans la classe très calme pleine d’enfants studieux.ses. Avant de se quitter on fait le bilan (non la maîtresse ne viendra pas chercher tout le monde pour venir à la fête, il va falloir en parler aux parents, et oui c’est sûr que ta maman même sans GPS trouvera la maison : en face de la mairie d’Hardi avec des volets bleus il n’y a que nous), et on écoute encore deux comptines, dont notre préférée :
« Dans la forêt un grand cerf / Regardait par la fenêtre... »









