Raymond Roussel voyageait dans sa roulotte automobile « à cultiver sa mĂ©lancolie de poĂšte reclus »   . Se tenir Ă lâĂ©cart de la banalitĂ© impersonnelle du voyage en train et de ses arrĂȘts prĂ©visibles, voilĂ qui explique son souci de singularisation. Ce grand lecteur de Jules Verne, amateur de vulgarisation scientifique, dessinera lui-mĂȘme les plans de cette « villa nomade » qui se dĂ©place Ă quarante kilomĂštres heure. Elle lui permet de voyager au coeur de son intimitĂ© au monde, faisant de ce « yacht sur terre » selon lâexpression dâun journaliste, la mĂ©taphore de son travail dâĂ©crivain. Traduction du Nautilus ou encore « mĂ©taphore du bateau et de sa cabine, symbole de clĂŽture et dâenfermement »   , trĂšs vite la « maison roulotte » subit le destin de toute mĂ©taphore. AdmirĂ©e , elle est poursuivie par le public, rompant avec lâintimitĂ© recherchĂ©e. Raymond Roussel lâabandonne sur une voie de garage.
En marge de la création littéraire, dans les coulisses de l'écriture, ou en écho avec elle, nombre d'écrivains ont nourri des passions, des marottes, voire de drÎles de manies. S'y attacher, c'est explorer la part d'intime et les pans d'existence sinon méconnus, du moins souvent cités et regardés "de loin". Thierry Le Rolland se penche avec tendresse sur ces singuliÚres aventures humaines intensément vécues, et nous en révÚle les bizarreries, les plaisirs et les audaces, les promesses tenues ou non, et l'étonnante part de mystÚre qui préside souvent à l'engagement d'une vie.
nonfiction.fr















