BLEEDING STEEL (2017) La lĂ©gendaire superstar chinoise Jackie Chan est de retour, aprĂšs le trĂšs bon THE FOREIGNER (2017), pour ce film dâaction/cyberpunk/S-F assez inattendu: fort dâun budget âstandardâ de 65 millions de dollars, que pouvons-nous attendre dâune telle production? DĂšs le dĂ©but, BLEEDING STEEL nous dĂ©fonce la rĂ©tine avec sa photographie de dingue, lâimage Ă©tant dâune nettetĂ© hallucinante et faite de contrastes colorĂ©s magnifiques: oui, au moins au mĂȘme niveau quâun THE RAID 2 (2014) ou que THE STRANGERS (2016), dont il se rapproche fortement niveau graphique. Est-ce la 4K ou la minutie asiatique? En tout cas, on en prend plein la face, du moins pour tout ce qui est filmĂ© en ârĂ©elâ: câest trĂšs beau, et ça nous fait aussi accessoirement penser Ă CASSHERN (2004) quâil nous faut en blu-ray, bordel! Bref, BLEEDING STEEL dĂ©marre sur un drame, oĂč lâagent spĂ©cial Lin Dong -notre bon vieux Jackie- se rend Ă lâhĂŽpital pour voir sa fille atteinte dâune leucĂ©mie: mais avant mĂȘme dâavoir pu sortir de sa voiture, un appel tĂ©lĂ©phonique le pousse Ă quitter les lieux pour aller dĂ©fendre un tĂ©moin-clĂ©, un certain Dr. James. Lâhomme en question est un scientifique, pionnier dans son domaine, et crĂ©ateur du premier cĆur humain biomĂ©canique: un fois escortĂ© par Jackie et sa sidekick policiĂšre -ainsi quâune Ă©norme division du S.W.A.T.-, le Dr. James subit lâattaque dâun groupe de âcyber-humainsâ ultra stylisĂ©s et non pour le moins puissants et bourrins. Ce moment est lâune des grandes sĂ©quences de BLEEDING STEEL, apothĂ©ose cinĂ©matographique succulente de par sa rĂ©alisation quasiment dĂ©pourvue de VFX: pluie lourde, gunfights, cascades, explosions enflammĂ©es, angles de vue de folie et plans magiques nous accrochent, et quoi quâil en soit, on verra le film jusquâau bout. Pendant cette Ă©chauffourĂ©e monstrueuse oĂč les officiers se font dĂ©molir par la team mi-TRON (1984) mi-GHOST IN THE SHELL (1995), Xixi, la fille de Dong -on ne rit pas- dĂ©cĂšde Ă lâhĂŽpital, alors que ce dernier semble avoir vaincu le leader des bad-guys mystĂ©rieux. Pas mal, hein? BLEEDING STEEL est trĂšs appĂ©tissant certes, mais rassasie-t-il vraiment? Lâ histoire continue, une fois la page â13 ans plus tardâ tournĂ©e, pour un changement total de contexte, oĂč un auteur dâun roman de s-f publie son livre au retentissant succĂšs, BLEEDING STEEL: Ă©trangement, lâhistoire relate les aventures dâun hĂ©ros auquel on aurait greffĂ© un cĆur artificiel. Attirant forcĂ©ment trois entitĂ©s qui seront le cĆur du long-mĂ©trage, lâauteur ne va pas faire long feu: ainsi, nous aurons droit au hacker beau gosse et rigolo Li Sen, le retour de lâagent Lin Dong, et bien sĂ»r aux sous-fifres dâAndrew -le meneur mystĂ©rieux-, tous trĂšs intĂ©ressĂ©s par le rĂ©alisme dâun roman un peu trop proche dâune rĂ©alitĂ© datant de treize ans. On vous laisse dĂ©couvrir la suite... DĂšs lors, BLEEDING STEEL va enchaĂźner les scĂšnes dâaction, dâĂ©motion et dâhumour avec plus ou moins de talent: les allergiques des gimmicks âĂ lâancienneâ des comĂ©dies asiatiques peuvent fuir, bien que ce ton prĂ©cis ne domine pas le film. Mais voilĂ , Jackie Chan est vĂ©nĂ©rĂ© comme un dieu dans son pays, alors autant le montrer dix fois les larmes aux yeux pour booster le capital sympathie de lâacteur: mĂ©ritĂ©, on le pense, le rĂ©alisateur Leo Zhang se faisant un plaisir fou de tourner avec lâicĂŽne vivante... on le comprend, et on lâaccepte, malgrĂ© ce lĂ©ger sentiment de redondance. Course-poursuite, rĂ©vĂ©lations, le dĂ©roulement de BLEEDING STEEL dans ce futur proche high-tech mais pas trop se dĂ©vore comme un blockbuster ricain dâun samedi soir: bien plus personnel que le lissage MARVEL, le film tombe hĂ©las dans un final prĂ©cipitĂ©, aux Ă©crans verts presque transparents, qui annule lâempathie peu Ă peu instaurĂ©e envers Andrew, dont la prestation pourtant impeccable jouĂ©e par Callan Mulvey -renseignez-vous- nâest pas assez bien mise en scĂšne pour lui rendre justice. CĂ©dant Ă la facilitĂ© dans son dernier tiers, on se dĂ©sole du cas BLEEDING STEEL, pourtant incroyable lors de sa premiĂšre moitiĂ©: pourtant, Taipei, Beijing et Sidney et son historique opĂ©ra font preuve dâune exploitation maĂźtrisĂ©e -tout comme les personnages secondaires assez cool, dont la âsorciĂšreâ mystique et surtout Li Sen, mariolle amusant qui rafraĂźchit le propos un peu trop sĂ©rieux du long-mĂ©trage. FormatĂ© pour le public chinois friand de blockbusters ricains tronquĂ©s -coucou la version âasiaâ de IRON MAN 3 (2013)- ou non, le film de Leo Zhang, bien quâinĂ©gal, mĂ©rite visionnage: cette curiositĂ© de 110 minutes sâachĂšve heureusement sur un bĂȘtisier -la prochaine fois, on dira âbloopersâ, promis- soudĂ© au gĂ©nĂ©rique de fin -et Ă son interminable mauvaise chanson-, qui dĂ©montre que le tournage fĂ»t un expĂ©rience gĂ©niale et pleine dâanecdotes auquel nous, public, sommes conviĂ©s, et NOUS AIMONS ça. Increvable Jackie Chan, autant cascadeur quâacteur, tu nous fascineras toujours, et ce mĂȘme si les choix de ton agent artistique laissent parfois Ă dĂ©sirer -pour lâart, hein, pas le portefeuille-: mais voilĂ , une fois de plus, la lĂ©gende nous laisse le choix avec deux de ses gros films de 2017, lâadulte et marquant THE FOREIGNER, et BLEEDING STEEL, en ce qui concerne le divertissement pur et dur. Qui sait, la suite annoncĂ©e par Chan lui-mĂȘme sera peut-ĂȘtre meilleure? Et quitte Ă choisir en termes de comparaison, la Chine a eu BLEEDING STEEL pour NoĂ«l dernier, et nous SANTA & Cie (2017)... VoilĂ voilĂ ... JACKIE SANS MICHEL /20













