“Un jour de grande solitude”, (ahhh, ces mots me bouleversent !), Olive, l’ours, qui vit tout au nord, part vers le sud. Et Léandre, le poulpe, qui vit tout au sud, part vers le nord. “Ils voulaient aller voir ailleurs.” Chacun va chez l’autre, et chacun trouve une lettre de l’autre qui lui est adressée. C’est à partir de là qu’ils ne vont avoir de cesse de vouloir se trouver. Leurs chemins vont à nouveau se croiser, mais toujours pas de rencontre. Ce qui a changé, c’est que leur lettre a chacune une réponse. Il y aura encore bien des kilomètres parcourus avant, enfin, LA rencontre…
A ma première lecture, l’album m’a fait penser à ces mots de Samuel Beckett, "Essayer. Rater. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux."
Persévérer. Recommencer, ne pas se décourager : voilà ce qui est au cœur de l’album. Et l’amour ne connaît pas de frontières, ni de sexe ni d’espèce animale : c’est un autre message fort en filigrane de l’album.
Les couleurs de Janik Coat sont denses et riches, comme le bleu profond de l’océan, comme le noir de la nuit… il n’en fallait pas moins pour représenter l’amour qui lie Olive & Léandre.
Au nord comme au sud, comme ailleurs d’est en ouest, partout les nuits se ressemblent toutes. Elles abritent ceux qui ont besoin de tendresse sous un grand drap étoilé.
Merci Alex Cousseau pour ces mots qui me font immanquablement frissonner. Ou donnent des trémolos à ma voix, c’est selon la situation – si je suis en privé ou "en public" à la librairie. Quoique les deux ensemble, c’est possible aussi… Bref, vive l’amour, la différence, la tolérance et la persévérance !
Olive & Léandre de Alex Cousseau – pour le texte et Janik Coat – pour les illustrations. Les Fourmis rouges, 2018, 18 euros.