“He doesn’t know”, the feline purred “he cannot Sorceress, none of our words were clues.”
The riddle couldn’t be easier for Oliver though.
I really love these sentences, they made me laugh when I was reading for the first time my WIP and I wanted to share them! And it allows me to announce that once I would I have read all of it (I have something like 40 pages left), I’m going to post a chapter a week! So I will have time to write new chapters while posting the first ones. I’m really excited to write and finish The Wish of the Masters, and for any one who’s willing to read my words to do so!
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Thank you @we-were-kissing-gods for these questions, I’ve always wanted to do one of these tags and here’s my chance!
1. Favourite album of all time?
This is really hard! But I would say Pure Heroine - Lorde or Zanaka - Jain .
2. What’s your favourite flower?
Orange blossom. I don’t even know if it’s a flower (in French it’s “fleur d’oranger” so let’s say it’s a flower) but gosh it smeels so good I can’t even describe it.
3. Describe your perfect road trip
It would be with my three best-friends, in Canada, for six months. We would leave in February and just visit the all country with a caravan. We wouldn’t stop stargazing and then we would fall asleep outside. We would hike in the woods, stare atthe beautiful lakes and observe the spring slowly invading nature.
4. If you could learn another language, what would it be?
I love learning new languages but if I had to choose one, it would be Arab I think. I love the alphabet and its sounds are beautiful.
5. What is your favourite time of the year?
Winter. Definitely. I love the smell of the wood burning, snow, the cold, having to wear jumpers and blankets, French dishes that you’re only allowed to eat during winter such as La Raclette or La Fondue, having a hot cup of tea warming up your hands, fluffy socks.
But more precisely, the last two weeks of December are the best ones.
6. Do you prefer the city or the country?
The country. I love calm and peaceful places, with not so many people and huge spaces with nothing in it but grass or trees and animals. But I’ve to admit that cities are cool too if you want to live nearby theaters, cinemas, libraries, bookshops, universities...
7. What are your favourite smells.
Cocounut. Orange blossom. Wood. Fire. Snow. The smell of the ground after the rain. Old books. Fresh cut grass.
8. You can live in a diffrent time period for one week; what time period do you choose?
Woah, I love history so this is going to be hard... But I would say ancient Greece, I would love to meet some great scientists and philosophers, see how democracy was, the religion and myths are fascinating and the cities!
9. What does happiness mean to you?
Happiness is so subjective and I honestly don’t know what it means, for me or for anyone. I’ll describe happiness as brief but powerful moments, away from time and space, where I feel calm and shooed, with nothing to worry about and without any invasive thoughts. Just me, in my clear mind, enjoying the fact that I am alive.
10. Use one lyric to desribe yourself.
“The fire in your heart is out” Wonderwall, Oasis
Well, I loved doing this, thank you again!
My questions:
1. Would you prefer to be immortal or to die in exactly five years?
2. What is the song that you listened to when you were younger and now, it brings up so many memories?
3. Can you tell me one of your life goal?
4. What is the place that feels like home?
5. In which show/movie/novel would you like to live?
6. Savory or sweet?
7. What is the next thing you want to learn?
8. One quote that speaks to you
9. Where do you see yourself in thirty years?
10. How do you feel?
@nobloa @squared-notebooks @fucked-beyond-belief (and anyone who wants to), feel free to do it!
i forgot how good it felt to write again, but physically
how the keyboard feels on my fingertips when i write quickly
how i feel a rush of euphoria and excitement because it’s finally happening, my ideas are transforming into words and images
how i can’t notice the time passing because i’ve so many things to write
how tranquillity and contentment fill my body and soothe my sore muscles, stiff from weeks of stress and doubt
with the emotional and psychological benefits writing bring me since years, i’m gald i finally noticed my body reacts to my passion the same way the rest of who i am does
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(préface / personnages / acte I / acte II / acte III / acte IV)
ACTE V
Moi est en milieu de scène, assise sur un canapé. Tous les autres sont derrière le canapé.
Scène
Une personne se lève du public
Personne- Je sais que… Ta vie n’a pas toujours été simple. Que tu as souffert. Que tu souffre. Et que tu souffriras. c’est comme ça, c’est la vie j’ai envie de dire, même si c’est un peu cliché. Mais c’est pas ça le plus important. Parce que cette souffrance, elle touche absolument tout le monde, sans aucun infime exceptions. Alors comment on a fait, en tant qu’espèce, pour survivre malgré cette souffrance permanente et universelle ?
Moi- Et ?
Personne- Je crois que… Je n’ai pas l’exacte réponse. Mais je veux que tu sache que n’importe où que tu ailles, ce que tu fasses, ce que tu ressentes, je serai là avec toi. Je serai là pour toi. Je te soutiendrai. Je t’aimerai.
Moi- Mais-
Personne- Ne me coupe pas, je t’en pris, je n’ai pas fini. Je dois te parler. J’ai eu une peur étrange, quelque chose m’a retenu de te parler. Peut-être parce que j’avais peur de te blesser mais surtout parce que j’avais peur de te perdre. Ce qui devient un peu ironique... Parce que depuis un certain temps, je te vois tomber. Je ne sais pas où, je ne sais pourquoi, je ne sais pas à quelle vitesse. Tout ce que je sais c’est que la chute est terrible, te réduit en pièces mais atterrissage, lui, va être mortel.
Moi- Tu ne sais pas…
Personne- Oui, je ne sais pas. Oui, je ne sais rien pour ça. Tout ce que je sais c’est que tu comptes tellement pour moi. Tu représentes des choses, des espoirs, des rires, des joies, de la vie. Et que cette vie si précieuse qui est la tienne, je ne veux pas te la voir de l’enlever. En atterrissant. En arrivant au plus profond du désespoir. Ne me prend pas pour quelqu’un d’idiot. Effectivement, tu ne m’as rien dit directement. Explicitement. Mais je vois. Je ressens. Je comprend.
Moi- Je n’ai jamais rien fait pour toi…
Personne- Ne crois pas ça, je t’en supplie. Ne me dis pas que tu ne mérites pas d’aide. Je t’en conjure. Parce que tu te mens. Tu as fait tellement, d’infimes et infinies bonnes actions, d’actions humaines pour tes proches, ou pour mêmes des inconnus. Tu vis, tu donnes, tu respires, tu écoutes, tu es là. C’est ça, tu es là, en tant qu’unique humain. Déjà ça, c’est une victoire. Tu es toi. Tu t’offres au monde : c’est ça que tu m’as donné. Alors toi aussi, tu mérites de recevoir cette humanité.
Moi- Je veux me battre, je veux me relever, je veux… Vivre, même si ce n’est pas pour moi. Mais je suis paralysée. De peur. De déception ? Déçue parce qu’encore une fois, je n’ai pas réussi à aller au bout de quelque chose que j’avais prévu ou déçue parce qu’encore une fois, j’ai été faible…
Personne- Je ne veux pas te croire faible. Faible parce que tu te bats contre des démons intérieurs destructeurs ? Faible parce que tu veux réussir ? Faible parce que ton humanité déborde ? Tu es forte. Puissante. Je ne vais pas te sortir le classique « tout va s’arranger » parce que je sais que tu ne vas pas me croire. Que moi-même, je ne crois pas ces mots. C’est un mensonge universel, et on essaye tous désespérément d’y croire. On s’y persuade. Mais est-ce que tout s’arrange réellement, non. Ça je peux y répondre. Par contre, il y a une chose dont j’ai la certitude. Tu sais quoi ?
Moi- Quoi ?
Personne-Tu vas réussir. Tu vas te relever. Tu vas y arriver. Tu vas vivre. Tu vas aimer. Tu vas t’aimer. Tu vas sourire. Et tu vas rire. Et oui, tu vas pleurer encore. Et oui, tu vas avoir peur. Et oui, tu vas être anxieuse. Mais tu sais quoi ? Tu vas survivre.
Moi- Comment ?
Personne sort de sa place, se dirige calmement vers la scène, va vers Moi, s’arrête devant elle un instant avant de lui tendre la main. Moi l’attrape, Personne la fait se lever et la prend dans ses bras
(préface / personnages / acte I / acte II / acte III)
ACTE IV
Scène 1
Anxiété.
Anxiété- Qu’est-ce que vous voulez que je vous raconte, en tant qu’Anxiété ? La vérité vraisemblablement ? Je n’ai jamais essayé de la cacher à Moi ou à qui que se soit. J’ai toujours été claire et catégoriquement précise. Moi m’a appelé, dans un sens. Elle était perdue, elle avait peur, elle n’avait plus aucune ressource, elle a paniqué, elle a tellement pleuré. Alors elle a cru que je pouvais l’aider. Alors j’ai pris le contrôle. Ce n’est pas comme si j’étais déjà une étrangère, j’attendais depuis des années son appel à l’aide. Quand mon temps est venu, j’ai tout donné. Du plus petit, au plus grand feu d’artifice. Je l’ai empêché de faire des dizaines de choses. Chaque petite activité devenait de véritables épreuves. Son propre corps lui est devenu un terrain dangereusement inconnu. Je suis devenu son quotidien. Jour et nuit, j’étais par dessus son épaule, à la conseiller, à l’observer, à la juger, à la féliciter. J’influençais tous ses choix, ses décisions, ses envies, sa vie. J’ai dit que je n’allais pas mentir : j’ai aimé ces moments de contrôle. Elle ne voyait plus que moi, moi et moi. Elle n’osait en parler à personne, elle ne voulait pas se faire rejeter en parlant avec son cœur de son esprit. Elle vivait seule, seulement avec moi. Enfin seule, il y avait ma chère amie aussi qui nous accompagnait.
Scène 2
Dépression et Anxiété.
Dépression- J’ai toujours été là. Même si je dormais, j’étais. Parfois je me réveille, j’agis et puis je me rendors tranquillement, sans l’aide de personne. Et c’est comme ça que je peux rester pendant des dizaines d’années. Mais là, avec Moi, c’était autre chose. Je suis arrivée un peu après Anxiété, disons qu’elle m’avait appelée et demandée du support. Alors bon, je n’ai pas hésité et j’ai rejoins le combat. C’était déjà un grand champ de bataille. Quelques unes avaient été gagnées, quelques unes avaient été perdues, mais je dois dire sans aucun prétention que mon arrivée à rapidement régler cette guerre. Avec Anxiété, je dois avouer que nous faisions une très belle équipe et notre pouvoir se voit multiplier quand nous sommes ensembles. Puis le terrain était déjà très avantageux pour nos armées, permettant de lancer des offensives très rapidement et très puissamment. Alors, une fois que nous étions les derniers à restes debout, il fallait garder la terre conquise. C’est la stratégie qui est toujours en vigueur, aujourd’hui. Et maintenant, je dois dire que les choses commencent à changer. La rébellion est encore très faible et facilement écrasée -ce n’est pas la première fois que ça arrive et nous avons réussi dans ces occasions à réprimer toutes attaques adverses- alors je ne m’inquiète pas trop. Moi ne peut pas trouver de l’aide, elle n’a jamais réussi et je ne vois pas ce qui va changer. Tout est détruit. Qui va l’aider, sérieusement ?
Scène 3
Corps Extérieur, Dépression et Anxiété.
Corps Extérieur- Déjà que je n’étais pas aimé. Plus que détesté. Je la dégoûtais. Elle ne pouvait tellement pas m’aimer, moi Corps Extérieur, qu’elle pensait que les autres ne pouvaient pas l’aimer. À cause de moi. Quand Moi se regardait dans un miroir, elle ne percevait pas sa réflexion mais l’image de quelqu’un qui était censée être elle. Enfin donc, je n’ai jamais été pris en compte, si on oublie toutes ses heures de lamentation de haine. Et puis, il y a les deux autres qui sont arrivées. Et qui ont foutu la merde. Tellement que je suis devenu la seule chose réelle qui restait à Moi. Je la prévenais quand Anxiété frappait, je l’aidais à exprimer ses larmes quand Dépression gagnait. Sûrement que j’étais trop présent : un jour, une idée l’a traversé. Vous que tout ce qui anéantissement se passait à l’intérieur, elle voulait se prouver que c’était bien réel. Que cette douleur continuelle qui martelait tout son esprit n’était pas qu’une hallucination ou elle qui exagérait. Elle a pensé tellement de fois à se blesser pour se prouver. Elle a serré souvent les poings jusqu’à que ses ongles transpercent sa peau, elle a serré souvent les dents contres ses joues pour ne plus les sentir. Pour ne plus pleurer. Pour respirer. Pour s’échapper. Elle me faisait souffrir. Pour s’évader. Pour se rassurer.
Scène 4
Corps Intérieur, Corps Extérieur, Dépression et Anxiété.
Corps Intérieur- Ce que j’ai toujours entendu quand on ne me répondait pas : qui es-tu ? Et oui, qu’est-ce que je suis ? À quoi je sers ? Parce que personne ne voit la différence entre moi et Corps Extérieur. Malheureusement, Moi n’a pas du tout été différente. Elle ne m’a jamais pris en compte. Alors qu’elle détestait tout à propos d’Extérieur, je n’existais même pas pour elle. En réalité, ce n’était pas tellement un soucis tant que tout allait entre Moi et moi. Mais bon, comme toujours, rien ne dure bien longtemps. C’est comme ça qu’Anxiété a débarqué, avec toutes ses valises, un soir. J’ai cru qu’on allait mourir, sans euphémisme. Alors j’ai tout arrêté pour que Moi prenne conscience de ce qu’il arrivait. Aucune réaction : elle continuait de vivre sa vie comme si de rien n’était. Après avoir enlevé la respiration, je m’en suis pris à la voix. Là, tout de suite, ça a fonctionné. Elle a remarqué la présence d’Anxiété et a commencé à m’écouter. Pour la première fois dans des circonstances… peu recommandables. Enfin bon, depuis cet emménagement, c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour communiquer avec Moi. Parce que on est lié et ça, je crois être le seul à l’avoir remarqué : si je souffre, elle souffre.
Scène 5
Pensées, Corps Intérieur, Corps Extérieur, Dépression et Anxiété.
Pensées- Envahir. C’est notre spécialité. Et ça l’ai pour tout le monde. Nous sommes toujours seules, entre nous et Moi. Toujours avec elle. Sans jamais la quitter. Plus Moi veut nous oublier, plus elle se souvient de nous. Plus on crie. Plus on pleure. Plus on rie. Plus on se souvient. Nous connaissons toutes ses cicatrices, toutes ses déceptions, toutes ses peurs, toutes ses joies, toutes ses hantises, tout. Nous convenons que parfois, il est bien que vital de nous chasser, de nous faire taire, de ne pas nous écouter. Mais quand nous devenons la seule voix familière qu’il reste, obligatoirement, ça devient impossible. Parce que dans ces cas là, nous devenons ses confidents. Elle nous donne tout, nous lui offrons tout : qu’elle en veuille ou non. Ce n’est pas quelque chose qui nous motive, de la faire souffrir. Nous sommes, si vous voulez, comme des miroirs. Nous ne faisons que refléter ce que nous voyons c’est-à-dire Moi. Et Subconscient, qui, parfois, nous alimente bien ! Mais voilà, en définitive, nous ne voulons aucun mal -ou aucun bien- à Moi. Nous sommes juste des journalistes de ses émotions.
Scène 6
Imagination, Pensées, Corps Intérieur, Corps Extérieur, Dépression et Anxiété.
Imagination- J’aimais mieux, il y a quelques temps, quand je ne montrai à Moi que son univers d’enfants, de magie, de monstres, de victoires et de rires. Ça a bien changé. Trop changé. Tout ça a disparu, bien qu’elle ou que j’ai essayé. Aujourd’hui, je suis une marionnette. Influençable, faible mais avec un pouvoir surpuissant sur Moi. Alors, dans ses circonstances, Anxiété m’utilise, sans se poser de questions, sans remords, pour tourmenter Moi dans les pires des situations, qui ne sont mêmes pas réelles. Mais comment je peux me battre, moi, contre ça ? Surtout quand Pensées et Subconscient s’y mettent, je perd tous mes atouts qui semblent attrayant. Je deviens comme un mythomane. Tous ces histoires, toutes ces suppositions, toutes ces hypothèses, toutes ces angoisses, ces peurs, ces envies, ces démons, prennent une forme bien réelles. Grâce à moi ? À cause de moi ? Je me demande qui je suis pour juger alors que je suis comme un messager. Sans moral. Mais je ne peux rien faire. Ce n’est pas de ma faute. Tout vient de Moi. Elle est la source de cette douleur et je suis comme là pour lui montrer son intérieur, ses choses qu’elle ne peut pas encore se cacher.
Scène 7
Subconscient, Imagination, Pensées, Corps Intérieur, Corps Extérieur, Dépression et Anxiété.
Subconscient- C’est d’ici d’où viennent les pires souvenirs, plaisirs, désirs, pensées, rêves et damnés de Moi. Parce qu’étant déjà profondément encré en elle, je suis moi-même profondément infini en temps et en espace. Je collecte tout. C’est mon but, la seule chose pour laquelle je suis faite. Je garde tout, tout ce qui se passent avec Moi ou dans Moi. Sa honte, sa tristesse, sa joie, son amour, tout. Encore une fois, je ne suis pas particulièrement mauvais par nature, je ne demande rien. Je suis juste comme… Un coffre. Et dans ce coffre, Moi trouve ce qu’elle doit, ce qu’elle a envie, ce qu’elle peut trouver. Parfois, elle ne se rend même pas compte qu’elle l’ouvre, ce coffre, et ça la met dans des états. Dans tous les extrêmes. Mais je peux rien faire, je suis un coffre. Vous avez déjà vu vous, un coffre qui se bat pour ne pas qu’on le remplisse de quelque chose ? Ou un coffre qui se débat pour être sûr de ne pas se faire ouvrir ? Je suis contrôlé. Par Anxiété, Dépression. Et Moi. Car même quand elle refuse de m’ouvrir après des temps, j’explose tellement je suis rempli. Les dégâts sont… Incommensurables.
Scène 8
Tous
Moi- (après un long temps marqué) Surpris ? Je le suis aussi. (pause) Qui aurait pu croire que ma caractéristique calomnie ne m’emmènerait pas promptement et sans sérieux sentiments au terrifique trépas ? (silence) Croyez-moi sur parole quand je vous dis cela. Même moi je n’y pensais pas. (pause) Soyons sérieux, si s’emparer de son existence semble si simple, je veux vous promettre que c’est comme se couper la tête. Avez-vous déjà osé vous aventurer dans cette activité ? (silence) Allons, admettons avec une assurance qu’immanquablement, oui. Alors j’ai raison car vous vous trouvez parfaitement et réellement là en face de moi : ça, ce n’est pas facile car vous avez raté. (pause). Quelle belle métaphore pour une réalité si dure. (silence) Et si j’ose le prononcer ce mot censuré. (silence) Suicide. (pause) Qu’est-ce que ça vous fait sentir ? Un peu d’impuissance et beaucoup d’insouciance ? (silence) Parce que la personne qui passe devant vous chaque putain de quelconque matin est quasiment calfeutrée dans son incommensurable malheur malgré tous les encouragements méritants. Vous vous habituez à la voir passer. Des mois plus tard, au milieu de nul part, une pensée prend forme : (silence) où est-elle partie ? (pause)
Moi, Dépression, Anxiété, Corps Extérieur, Pensées, Imagination.
Moi est au sol, Imagination assise sur Moi. Corps Extérieur est à genoux. Dépression est à cour, Anxiété à jardin ; en fond de scène.
Imagination- Alors voilà, je vais t’expliquer ce qu’il va se passer.
Car en plus de ne faire que de ressasser le passé,
J’ai une passion pour prédire le futur ;
Et tu ne peux pas imaginer comme il est dur
Mais ! Je ne veux pas de gâcher l’entière surprise
Alors je ne te dirai que des brides sur cette brise
Qui soufflera sur ton entière existence.
Tu n’en a jamais pris conscience
Mais ta seule et unique présence,
Suffit pour annoncer en avance
De ton heureuse et personnelle absence.
Car où sera toute l’autre souffrance,
De ceux qui disent t’aimer.
Vont-ils pleurer ?
Ceux qui t’adulaient vont-ils regretter,
De ne te l’avoir jamais avoué ?
Tes proches vont-ils à jamais s’en vouloir,
De ne pas avoir voulu plus te voir ?
Est-ce que ce qu’il va rester de toi,
Va être mieux de ce qui est Moi ?
Ton souvenir va-t-il les faire sourire,
D’une nostalgie à ne jamais abolir ?
Va ! Ici sont trop de questions
Et je pourrais y répondre sans pression,
Mais j’aurai la joie plus monumentale
De te révéler cette vérité implacable.
Tu vas mourir.
Dépression- Demain, tu vas mourir.
Anxiété- Ou peut-être même ce soir, tu vas mourir.
Pensées- Tu choisiras et, tu vas mourir.
Tous- Car assez de remords,
Voici la mort.
Noir.
Scène 2
Moi, Dépression.
Moi est toujours à la même place. Dépression est debout derrière elle. Il y a un papier par terre à côté de Moi.
Dépression- (ramassant et lisant le papier) « Je voudrais tellement vivre, pleurer, chanter, danser, aimer pour moi mais depuis tout ce temps, je n’essaye de le faire que pour vous. Je ne veux pas que vous souffriez pour moi, à cause de moi. Faîtes ce que je n’ai pas réussi : vivez ! Je me sens faible. Je m’autodétruis. Toutes ces pensées, toutes ces idées, tout ce brouhaha incessant me torturent. Je ne le supporte juste plus. Je suis prise dans cette spirale où je me sens emprisonnée, rongée, éloignée de tout. Je veux juste être en paix. Je veux être calme. Je n’ai même plus la force de pleurer, de dormir ou de manger. Je ne sais plus -ou pas- comment être heureuse. Je me sens égoïste. Je me sens honteuse d’être aussi triste alors que j’ai tout pour radier de bonheur. MAIS JE NE SUIS PAS HEUREUSE. Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Je m’oblige à faire ce que j’ai promis de faire, ce qui est censé me rendre heureuse : et je mens. Vous me voyez sourire, rire mais mon esprit, lui, crie de douleur. Je sens que j’explose à chaque micro-seconde. Depuis beaucoup trop longtemps. Toutes mes idées, mes pensées, mon imagination, ma mémoire, mes souvenirs se battent, là-dedans. Ils m’envahissent. Me détruisent. Et aujourd’hui, à ce moment précis, je n’ai tellement plus le contrôle de moi-même que je préfère lâchement partir. Parce que je ne vis pas je ne survis même plus. Je ne sais même plus pourquoi j’écris ces mots ridicules. Ils ne seront jamais assez puissants pour décrire la tornade, l’ouragan, le tremblement de terre, le tsunami, l’éruption, la guerre et la maladie que je me suis infligée. Et tous ces bruits, toutes ces stimulations, tout. J’explose. Et je ne veux blesser personne en me brûlant les ailes en plein vol. Alors que dans quelques minutes, je vais tomber, je veux ajouter une dernière chose : je vous aime. »
Noir.
Scène 3
Moi, Dépression, Anxiété, Pensées, Subconscient, Corps Extérieur, Corps Intérieur, Imagination.
Moi est debout en devant de scène. Dépression a toujours la lettre au milieu de scène. Anxiété à côté de Dépression. Pensées sont côté jardin en devant de scène. Subconscient est côté court en devant de scène. Corps Extérieur est aux pieds du premier rang, debout, et devant Pensées. Corps Intérieur est aux pieds du premier rang, debout, et devant Subconscient. Imagination est aux pieds du premier rang, debout, devant Moi.
Flash.
Moi est prête à tomber. Anxiété arrache des mains de Dépression la lettre. Pensées et Subconscient pleurent. Corps Extérieur, Corps Intérieur et Imagination sont au sol.
Flash.
Scène 4
Moi, Dépression, Anxiété, Pensées, Subconscient, Corps Extérieur, Corps Intérieur, Imagination.
Dépression et Anxiété sont derrière Moi. Les autres n’ont pas bougé.
Flash.
Dépression et Anxiété poussent Moi.
Flash.
Scène 5
Moi, Dépression, Anxiété, Pensées, Subconscient, Corps Extérieur, Corps Intérieur, Imagination.
Imagination a rattrapé de justesse Moi. Les autres n’ont pas bougé.
Flash.
Imagination et Moi vacillent, risquant de tomber. Corps Extérieur et Corps Intérieur accourent pour les aider. Pensées et Subconscient retiennent Dépression et Anxiété qui se débattent.