Qui a les meilleurs tarifs télécoms en Europe ?
Le rĂ©gulateur belge des tĂ©lĂ©coms, l'IBPT (Institut belge des services postaux et des tĂ©lĂ©communications), Ă©quivalent de l'ARCEP en France, a menĂ© une Ă©tude officielle portant sur 5 pays europĂ©ens qui montre l'excellente position de la France en la matiĂšre, mĂȘme face Ă la Grande-Bretagne. C'est un sujet sensible en Belgique, comme ailleurs, oĂč la rĂ©fĂ©rence Ă Free fait chaque fois frĂ©mir alors que les deux opĂ©rateurs principaux, cĂąble et cuivre, se livrent une course Ă la performance plutĂŽt qu'une guerre des prix. C'est dire que la mĂ©thodologie a Ă©tĂ© soigneusement sous-pesĂ©e par l'IBPT vu les enjeux et cela n'en rend les rĂ©sultats de la France, positifs pour le consommateur, que plus intĂ©ressants. Ce ne sont pas moins de 699 forfaits qui ont Ă©tĂ© comparĂ©s entre la France, la Belgique, l'Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas.
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L'Allemagne, le pays oĂč le mobile est le plus cher
Pour les mobiles, l'étude s'est fondée sur des profils d'utilisation (nombre de minutes par mois, de Gigaoctet de téléchargement et de SMS par mois) auquel on a fait correspondre le tarif le plus avantageux pour établir la comparaison. Le tout est pondéré par la part de marché de chaque opérateur dans le pays considéré afin d'aboutir à un prix moyen par pays et par profil. Au total, 263 offres mobiles ont été comparées.
L'Allemagne est le pays le plus cher quel que soit le profil. Tant qu'on n'a pas de gros besoins en Internet mobile, la France est le pays le moins cher, suivi de la Grande-Bretagne. Un Français ne paiera que 8,27 euros par mois en moyenne s'il ne tĂ©lĂ©charge pas plus de 50 mĂ©gaoctets. Si on souscrit un abonnement de l'ordre du Gigaoctet, la France est le deuxiĂšme pays le moins cher, aprĂšs la Grande-Bretagne: pour 2 Gigas Ă tĂ©lĂ©charger dans le mois, le Britannique dĂ©pensera mensuellement 25,43 euros , le Français 26,90 euros, tandis qu'il en coĂ»tera pas moins de 63,95 euros au pauvre Allemand... L'IBPT constate aussi que les opĂ©rateurs y incluent de plus en plus des donnĂ©es et des minutes de « roaming » (itinĂ©rance Ă l'international) au mĂȘme prix que dans son pays, une tendance que le Parlement europĂ©en aurait voulu Ă©riger au rang de principe avec son « Roaming Like at Home » (« en itinĂ©rance comme Ă la maison »).
En revanche, dans le domaine des formules prépayées, la France n'est pas bien positionnée : c'est la Grande-Bretagne qui est la plus attractive et l'écart maximum avec l'Hexagone va jusqu'à 13 euros selon les offres.
Triple-play : la France championne,les Pays-Bas deux fois plus chers !
Concernant le « triple-play » (Internet, TV, Téléphone), la comparaison des 98 offres ne s'est plus fondée sur un profil mais sur des caractéristiques de performance comparable (vitesse de téléchargement), tout en conservant plusieurs profils d'appel pour la partie téléphonie. Aucune exigence n'est imposée en nombre de chaßnes de TV, ce qui serait un peu vain vu la pléthore déjà offerte par défaut. L'étude considÚre trois seuils de débit : inférieur à 30 Mégabits par seconde, entre 30 et 60 Mbits/s et entre 60 et 100 Mbits/s.
La France est championne toute catégorie pour des débits entre 30 et 60 Mbits/s. Un consommateur qui aurait les habitudes d'un Belge - pas trÚs différentes d'un Français - ne paierait que 40 euros/mois dans l'Hexagone contre 67 euros/mois en Belgique s'il utilise fréquemment son téléphone. Aux Pays-Bas, le pays le plus cher, il paierait 82 euros/mois. La France est exclue du classement pour les débits 60 à 100 Mbits/s, peu répandus vu la géographie du pays, mais réapparaßt dans le trÚs haut débit, au-delà de 100 Mbits/s, concentré dans les grands villes...mais orienté vers le futur.
La France fait décidément figure d'OVNI puisque le prix, là aussi, reste aux alentours de 40euros/mois alors que les pays voisins flirtent avec les 70 à 80 euros/mois !
Un comparateur de prix officiel en Belgique
Pour oser se lancer ainsi dans la comparaison des prix entre opĂ©rateurs, il faut Ă un rĂ©gulateur une mĂ©thodologie au-dessus de tout soupçon ... et une bonne raison. C'est en effet le ministre belge de l'Economie qui en avait fait la demande, voulant savoir si la Belgique Ă©tait vraiment « Ă cĂŽtĂ© de la plaque » en matiĂšre de prix de ses tĂ©lĂ©communications par rĂ©fĂ©rence Ă la France et s'il fallait agir, quitte Ă aller jusqu'Ă un gel de prix. Si on pouvait toujours rĂȘver d'ĂȘtre la France, fut-il dit Ă l'Ă©poque, le pays supporte une bonne comparaison avec les pays limitrophes. Au final, le ministĂšre de l'Economie a lancĂ© un programme national d'information du public sur le thĂšme « Osez comparer » avec un simulateur tarifaire gĂ©rĂ© par le rĂ©gulateur, donc officiel, et alimentĂ© par les opĂ©rateurs, qui y sont tenus lĂ©galement. Un sĂ©rieux coup de fouet a ainsi Ă©tĂ© donnĂ© au marchĂ© pour objectiver les Ă©tudes d'associations diverses aux agendas parfois cachĂ©s.
La méthodologie de l'IBPT met aussi en évidence les bonnes et moins bonnes pratiques des opérateurs européens pour rendre leur offres moins lisibles. On y lit que les opérateurs offrent souvent des services gratuits supplémentaires, tel accÚs à des hotspots Wifi, des chaßnes TV premium, du contenu, tel que Spotify, payant en d'autres circonstances. Les réductions et promotions temporaires ne sont pas prises en compte non plus car elles diminuent l'abonnement mensuel les premiers mois mais ne font que compenser la longueur de l'abonnement, entre 1 et 2 ans. En Belgique, tous les contrats se sont alignés sur 6 mois, une maniÚre de ne plus avoir à comparer des pommes et des poires comme ailleurs.
Inertie des consommateurs, débit ressenti
Bien sûr, comme toute étude comparative, elle a ses limites. C'est un instantané des offres tarifaires en août 2014. Les opérateurs cherchent désormais à se différencier, explique l'étude, non plus uniquement sur la vitesse de téléchargement mais sur d'autres facteurs : Internet mobile gratuit en plus du haut débit, volume de téléchargement illimité, clouds et réseaux sociaux gratuits. Des consommateurs y trouveront leur compte plutÎt que de toujours viser le moins cher des forfaits. Mais comparer ces petits et grands avantages est quasi impossible. Mieux vaut prendre alors, à vitesse de téléchargement égale, l'offre la meilleure marché, pas celle qui donne le plus de petits à -cÎtés. C'est en Allemagne qu'on a le plus de petits avantages inclus (cloud, hotsposts WiFi, etc).
L'étude note aussi l'inertie des consommateurs à rester sur leur ancien abonnement, qui n'est souvent plus commercialisé. Là aussi, en Belgique, une initiative fut prise par le Ministre de l'époque décidément en pointe sur ces questions pour forcer les opérateurs à supprimer les offres tarifaires anciennes.
Enfin, le régulateur belge s'est penché sur la fameuse question de la vitesse de téléchargement annoncée à comparer à celle ressentie par l'internaute. Le résultat, établi grùce à des mesures de volontaires dans toute l'Europe, n'est pas trop mauvais : le rapport de la vitesse réelle sur le débit théorique est de 91,2% pour le cùble, légÚrement meilleur que pour l'ADSL et la fibre (84,6%). Commercialiser une offre internet à 30 Mbits/s qui, techniquement, ne serait capable que de délivrer la moitié serait pour le moins douteux. La France ne fait pas partie de cette comparaison de performance entre pays car la part de marché du cùble et de la fibre est encore petite. En revanche, la France figure bien dans les pays les plus attractifs au niveau des prix.