Gadin 25 Anatomie d'une phrase
seen from Malaysia

seen from United States
seen from Mexico
seen from South Korea
seen from Singapore
seen from T1
seen from Philippines

seen from China

seen from United States
seen from Australia

seen from Germany

seen from United States
seen from United States

seen from TĂŒrkiye

seen from United States

seen from United States
seen from United States
seen from United States
seen from South Korea

seen from United States
Gadin 25 Anatomie d'une phrase

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch âą No registration required âą HD streaming
Gadin 9 Mappemonde
Gadin 27 Lettres au tribun Ăpisode 1 : Myortxa (ScĂšnes 1-7)
Gadin 26 Prise de contact, escouade Ćempwatfub
1 J2-S3-M4
Alright. Commençons par les formalités.
En ce Jour-matin de Semaine-midi du Mois-crĂ©puscule de lâAn-crĂ©puscule du Lustre-matin du vingtiĂšme Cycle de lâĂre de Syeb, je, le colonel Fen Virada, mâengage par la prĂ©sente Ă renoncer Ă mes obligations envers Helyargotas, Ă prendre le nom de code Rinel et Ă former et commander Ćempwatfub, escouade tactique ne rĂ©pondant quâaux ordres directs de son chef de mission, nom de code KedibaĆ.
Chu pleinement conscient quây sâagit dâune opĂ©ration clandestine pis que, si on vient quâĂ se faire pogner, KedibaĆ va nier toute implication pis les membres de lâescouade vont dire que jâtais le seul derriĂšre lâopĂ©ration pis que chaque move a Ă©tĂ© mon call.
En connaissance de toute ça, jâaccepte, avec honneur, cette mission de sauvetage.
Quin ton serment. Scelle-le, brule-le, encadre-le, enfonce-toi-le dans le cloaque, je mâen crisse. Tu voulais une escouade tactique, te vâlĂ servi. AprĂšs celle-lĂ , on est quittes.
Sous mes ordres : le lĂ©gionnaire qui mâa transmis ta lettre (nom de code Fongus) ; son caporal, promu au rang de la Cible depuis sa capture (nom de code Xunay) ; pis ton agent prĂ©sentement en reconnaissance (nom de code FosomdawĆ).
Deux autres survivants du massacre de Khowxyal, assez mal en point merci, partagent notre tente dâinfirmerie en ce moment. Pis yâa lâincompĂ©tent de mĂ©dic qui mâa recousu tout croche. Mâas nettoyer ça en partant. Un bon vieil incendie accidentel devrait le faire.
En attendant des comms plus safe, tu sais quoi faire avec le messager qui vient de te remettre ma lettre.
Yâest ben mieux dâĂȘtre vrai, câte ragzyum-lĂ .
Rinel
************************************************************************
2 J3-S3-M5, h2-v5
Ici Xunay.
Commandant Rinel, indisposĂ©, mâa temporairement dĂ©lĂ©guĂ© son rĂŽle.
QuittĂ© le camp la nuit passĂ©e. Les officiers nây ont vu que du feu, littĂ©ralement. Les membres de Ćempwatfub sont maintenant officiellement morts au combat, selon les livres du lĂ©gat. Pour notre commandant, câpas tant loin de la vĂ©ritĂ©. Y fait toute pour pas le laisser paraitre, mais je lâai vu sâaffaisser dins roseaux quand quâon a pris un break talleur, le souffle court, Ă chigner entre ses dĂ©fenses. Le mĂ©dic avait clairement pas fini sa job. On aurait peut-ĂȘtre dĂ» lâĂ©pargner.
LouĂ© les services dâun pĂȘcheur local pour traverser Sanarusmar. On fait route de nuitte, mais la visibilitĂ© est limpide Ă cause de la double pleine lune. Le commandant a dĂ©cidĂ© quâon devait tirer vers le nord pour Ă©viter les rampeux-sentinelles, presque Ă contrevent, ce qui nous met en retard, mais on a pas eu le choix. Câtait la seule option safe. Ă espĂ©rer que notre dĂ©lai ait pas raison de la Cible.
DĂ©barquement dansâ baie dâAsphazi estimĂ© pour jour-soir, vote-aube heure-midi. Plus une heure pour dissimuler notre lift, pis une heure de marche pour rejoindre le rendez-vous avec FosomdawĆ. Heure dâarrivĂ©e estimĂ©e : vote-matin.
Le Fongus se plogue suâl mycĂ©lium dĂšs quâon arrive. AprĂšs ça, fini les traces Ă©crites, fini les messagers.
Gardez votre gars de comms Ă lâĂ©coute. Jâattendrai vos ordres.
Xunay
************************************************************************
3 ââââââââââ
â vvvvvvjzzzzzzjkrrrrrr-krrrrr-FffosomdawĆ ici KedibaĆ. FosomdawĆ ici KedibaĆ. Vous me recevez? Ă vous. â Ici FosomdawĆ. Je te reçois comme dins cieux, KedibaĆ. â Pas de spĂ©cificitĂ©s, FosomdawĆ! Ăvite les expressions locales. Pis termine avec « à vous ». Ă vous. â Ah oui, au cas oĂč on serait sous Ă©coute. Tu mâexcuseras, je pense ben que jâtais encore sous opercule quand le mycĂ©lium postal a Ă©tĂ© dĂ©saffectĂ©. ⊠⊠Allo? KedibaĆ, tâes encore lĂ ? â Affirmatif, mais tâas pas dit « à vous », pis tâas encore lĂąchĂ© une spĂ©cificitĂ©... Anyway, mieux vaut pas sâĂ©terniser sâes comms, nos fongiens vont finir par manquer de stamina. Restons brefs. Compte rendu? â Oui oui. Donc, pour faire une histoire courte, la situation est sous-optimale. Votre escouade est arrivĂ©e quatre heures en retard. Le Proboscidien Ă©tait pas capable de marcher. Câest lourd un Ă©lĂ©phant, tsĂ©. Le MustĂ©lien pis le Fongien ont dĂ» le transporter Ă bras sur une civiĂšre de fortune, une planche quâyâont dĂ©wrenchĂ©e du pont de leur esquif. Mais bon, ça aurait servi Ă rien quâyâarrivent plus tĂŽt anyway, ça mâa pris trois jours dans le temple juste pour trouver du mycĂ©lium pis le dĂ©nuder. Jây su arrivĂ©e, en excavant sous le mur effrondrĂ© de la salle hypostyle. Astheure on est toute lĂ pis ready to go. Ben, sauf commandant Rinel, qui⊠ouin, je le zieute live pis on dirait ben quâyâest aprĂšs perdre son dard, comme on dit par chez nous. â FosomdawĆ! Pas de spĂ©cificitĂ©s! â Ah ben oui, ga donc ça, perdre son dard câtâassez spĂ©cifique aux Apiens, han? â Passe-moi donc le furet. â Yup. â (Hein? Moi? Euh, OKâŠ) Xunay aux lamelles. Ă vous. â Bon! Caporal Xunay, Ă partir de maintenant, câtâavec toi que je parle. Tu prends le lead de lâescouade. Donc, Rinel est pas en Ă©tat de continuer? Ă vous. â Le commandant est dins pommes, mais y respire encore. On fait quoi avec lui ? Ă vous. â Si câtâun fardeau, faut nettoyer. Ă vous. â Mais⊠Vous savez câest qui? Câpas un soldat quelconque, câtâun colonel dĂ©corĂ©, un hĂ©ros de la LibĂ©ration. Yâa pratiquement mis lâEmpereur suâl trĂŽne. Dix-huit boucles martiales⊠â Est-ce que son Ă©tat risque de compromettre la mission? Ă vous. â Ben oui, mais⊠â Yâa-tu quĂšquâun dans vous autres qui peut le remettre sur pied? Ă vous. â Non, mais... â Ben tâas ta rĂ©ponse, caporal. Un fardeau, avec des ben belles boucles dâoreilles. Nettoyage. Ă vous. â Mais⊠câest lui le commandant. Moi chu yinque un lĂ©gionnaire bumpĂ© dâun rang. Les autres vont jamais respecter mon authorité⊠â Eille, tough luck. Câest la guerre, ti-gars. Tâes au front. Deale avec. Vous ĂȘtes dĂ©jĂ quatre heures en retard Ă cause de Rinel. Si vous partez maintenant, vous allez arriver lĂ -bas juste Ă temps pour exĂ©cuter la phase deux avant le lever dâAyanif. Nettoie, marche sâes braises, ramĂšne la Cible au Nid, pis y va y avoir un beau gros fruit en mĂ©tal pour toi, mon chum. Ăchoue, pis tâes aussi ben de refaire ta vie en Misitel. Pendant ce temps-lĂ , tes scrupules, tu peux te les enfouir dans lâarriĂšre-terrier â ah pis je mâen torche raide que ça soit une spĂ©cificitĂ©, si ça peut te faire catcher câest qui qui tient le gros boutte du bĂąton icitte. Est-ce quâon se comprend? Ă vous. â ⊠A-- affirmatif. Ă vous. â OK ben active. Phase deux. TerminĂ©.
ââââââââââ
Communications archivĂ©es pour la cour impĂ©riale par Untya Sanagar, ex-assistante du tribun Askeph Naphitis Traduites de lâhiryal par le Jorneau
Gadin 22 Réquisition impériale d'arbitrage
Tribun Naphitis,
Tu devais certainement pas tâattendre Ă recevoir une lettre au sceau dynastique aujourdâhui, mais stresse pas trop, câest juste moi, Fikor Hobo-Syeb. ChĂ© que jâtais yinque un petit fureton la derniĂšre fois quâon sâest vus, mais lĂ jâai cĂ©lĂ©brĂ© ma bilustrale pis chârais en Ăąge de gouverner, mĂȘme si le Grand ĂcomĂštre a pas lâair Ă voir ça de mĂȘme. Y veut pas rĂ©pondre Ă mes questions sâa plĂšbe, le vieux malcommode. Y dit que câpas des affaires dont on devrait se soucier, que câtâindigne de notre statut pis de notre pelage, Ă Ziyozar pis moi. Nous on veut juste que quĂšquâun nous aide Ă trancher sur une copple dâaffaires pas claires, faque on sâest dit que tâaurais des rĂ©ponses pour nous â tâes le tribun de la plĂšbe, aprĂšs tout.
TsĂ©, je le sais, pourquoi y tâont mutĂ© au sĂ©nat. Jâavais peut-ĂȘtre lâair de rien, mais je tâai regardĂ© aller quand tâhabitais au palais. Câtâen observant du monde comme toi que jâai appris comment jouer la game, comment un aiglon de famille moyenne peut finir Ă â table de lâempereur si y met ses piĂ©cettes sâes bonnes cases. TâĂ©tais beau Ă voir, tribun. Tu tricotais de la dentelle, un beau grand rĂ©seau de redevances comme une toile dâarachnassin. Tu te forgeais un avenir au sommet, jusquâĂ ce que tu te fasses cut comme un ostie de pouiche. Ben moi je ferai pas la mĂȘme erreur, pis si tu nous aides Ă dĂ©terminer qui qui a raison pis qui qui est dans le champ, Ziyozar pourrait ben convaincre son pĂšre de te redonner ta place au palais, qui sait?
De toute façon tu lâas facile : mon cousin yâa une conception crissement wack de câest quoi la plĂšbe. ChĂ© pas oĂčsquây va chercher toute ça, mais ça parait quâyâa jamais tenu une conversation avec un garde. Câpas mĂȘlant, jusquâĂ hier y pensait que nos esclaves câtait des plĂ©bĂ©iens. YâĂ©tait toute mĂȘlĂ© aprĂšs la dĂ©claration Ă son pĂšre. YâĂ©tait comme « OK mais pourquoi on offrirait la plĂ©bĂ©itĂ© aux coquerelles. Câest dĂ©jĂ des plĂ©bĂ©iens. » Pis lĂ moi jâai faite genre « Tâes donc ben ortho! Câpas des plĂ©bĂ©iens, câest des esclaves. » Pis lĂ yâa dit que plĂ©bĂ©ien pis esclave câest la mĂȘme affaire, mais moi je le sais que les esclaves câest les coquerelles faque tsĂ© les plĂ©bĂ©iens câest genre les autres lĂ â les Ă©lĂ©phants, les abeillesâŠ
Anyway on sâest ostinĂ© toute lâaprĂšme, jusquâau fouissage crĂ©pusculaire. Cette semaine, câest le mausolĂ©e dâOsfat Syeb-Zemil que le dĂ©pouilleur a dĂ©terrĂ©. Le prince consort de Dindanah IĂšre : un squelette particuliĂšrement maganĂ©, mais un mĂ©chant bon augure pour la prochaine avancĂ©e des troupes! Ziyozar pis moi on sâest ostinĂ©s tout le long quâon paradait la chaise funĂšbre, pis aprĂšs la danse de la guerre, sa fiancĂ©e pis quĂšques amies sont venues nous rejoindre avec une fiole de zyumni, pis on est allĂ©s se pourchasser ben high dans le labyrinthe de fleurs. On a fini par sâeffouĂ©rer tounus dins Ćillets pis les filles nous ont relancĂ©s avec plein dâautres colles sâa plĂšbe. Y nous ont drillĂ©s jusquâĂ pas dâheure, pis ben⊠on sâest rendu compte quâon Ă©tait pas sĂ»rs de grand-chose dans le fond. Mais tsĂ©, comment tu veux quâon rĂšgne si on connait pas notre empire? Câtâun moyen cave, le Grand ĂcomĂštre, de penser que ça nous sera pas utile de mieux connaitre nos sujets.
Me su rĂ©veillĂ© Ă midi, encore un peu dins vapes de mon zyumni, pis sur ma table de chevet yâavait une tite feuille de palmier scribouillĂ©e de nos bets dâhier. Ouin, parce quâon sâest genre montĂ© un pool comme pour les nationaux du jeu de flĂšche, mais avec nos opinions. Je reconnais le coup de roseau de la fiancĂ©e Ă Ziyozar, donc jâestime que câtâun document impartial. Je te le joins avec ma lettre.
Tâas juste Ă marquer les bonnes rĂ©ponses dâun « s » pour « sap », pis redonner la feuille au messager â dâailleurs, un tit-aigle noir comme lui, ça compte-tu comme un plĂ©bĂ©ien? Pas clair.
Fikor Hobo-Syeb,
cinquiĂšme dans lâordre de succession au dail de Syeb, fils hĂ©ritier dâAmbĂșnted Hobo-Syeb, cousin de lâempereur Hastorel Ier, et de Rinta Rag-Zemil, belle-sĆur de lâempereur Hastorel Ier
â
â
CachetĂ© par le Bureau du Tribun, Elurmurd J3-S3-M4-A4-L2-C20, Ăre de Syeb Traduit de lâhiryal par le Jorneau

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch âą No registration required âą HD streaming
Val-Terreur 21 RĂ©ponse dâune dormeuse Ă une question inconnue
«Notre espÚce entretient son obsession pour la mort.
MĂȘme Ă leurs premiers pas, en sâextirpant de leur soupe primordiale marĂ©cageuse, mes ancĂȘtres cultivĂšrent une certaine prĂ©disposition; un engouement marquĂ© pour le trĂ©pas. Plus quâune simple tocade, leur appĂ©tit pour le dĂ©cĂšs se poursuivit bien au-delĂ des premiĂšres migrations et, dans certains cas, littĂ©ralement. Les Trkâtk, face Ă une disette historique, recoururent effectivement au cannibalisme funĂ©raire avant de dĂ©velopper des techniques dâexcarnation extrĂȘmement sophistiquĂ©es. Nous conservons de ce peuple insulaire plusieurs rites et câest dâeux que nous vient le fameux Strhadrâlk â le vin des morts.
Ă lâautre extrĂ©mitĂ© du continent, chez les Thodrâtk, la fascination pour le morbide passait plutĂŽt par la mĂ©moire. Les parois des immenses galeries que ce peuple sĂ©dentaire partageait avec son bĂ©tail sont recouvertes de fresques dĂ©crivant les circonstances du dĂ©cĂšs de membres importants de leurs communautĂ©s. Plus tard, ils troquĂšrent leurs pinceaux pour des ciseaux et Ă©rigĂšrent les plus imposants monuments de lâĂ©poque; toujours en lâhonneur des disparus â puis, au bout de quelque siĂšcle, dĂ©veloppĂšrent le premier systĂšme dâĂ©criture. Ils racontĂšrent ainsi de grandes Ă©popĂ©es dans lesquelles leurs hĂ©ros chevauchaient khrajkâvk et thodlâvk jusquâau coeur du soleil en dĂ©fiant la Mort elle-mĂȘme.
Ce sont finalement les Frkstkâtk, desquels nous descendons directement, qui surmontĂšrent cette fascination et entreprirent de vaincre totalement lâentropie. SurnommĂ©s les «nĂ©cromanciens du dĂ©sert» par les autres tribus, nos ancĂȘtres dĂ©couvrirent comment utiliser le sel du Vikshm de maniĂšre Ă ralentir le vieillissement puis, quelque temps plus tard, comment le raffiner et lâadministrer de façon Ă provoquer une cryptobiose. Propre Ă notre espĂšce, cette mort temporaire â cette osmobioseâ permit aux vikshĂ©miens dâĂ©tirer leur vie sur plusieurs centaines de rĂ©volutions au prix de longues pĂ©riodes de dormance. On appelait dâailleurs dormeurs ces vĂ©ritables encyclopĂ©dies vivantes quâĂ©changĂšrent entre eux les diffĂ©rents groupes ethniques Ă©tablis Ă proximitĂ© du dĂ©sert. Les alchimistes des galeries concoctĂšrent un solvant unique ayant pour utilitĂ© de rĂ©veiller les dormeurs pour une courte durĂ©e soit pour les consulter â soit pour stocker de nouvelles donnĂ©es. La plus cĂ©lĂšbre de ces encyclopĂ©dies est sans aucun doute Kltmtrkâshatr; une VikshĂ©mienne dont on estime lâĂąge Ă environ 5000 rĂ©volutions et qui se trouverait, au moment de lâĂ©criture de ce texte, en orbite autour du trou noir primordial Fdkâlr.
LâĂ©quilibre dĂ©licat engendrĂ© par le troc de Sel, de Solvant, de dormeurs et de vin des morts est Ă lâorigine de la Paix des Alchimistes â une relative harmonie quâune soi-disant pĂ©nurie de Solvant troubla, quelques centaines de rĂ©volutions plus tard.
Câest durant cette accalmie que lâesprit scientifique de notre espĂšce sâaffina. Lâobsession que nous entretenions pour la mort se dĂ©tourna graduellement vers une fascination pour la vie et comment la prolonger sans avoir recours Ă lâosmobiose. Lorsque des percĂ©es dans le domaine de la manipulation gĂ©nĂ©tique ouvrirent les portes Ă ce genre dâinnovation, Ă une vie rĂ©ellement Ă©ternelle, une majoritĂ© de dormeurs furent enfouis dans de gigantesques nĂ©cropoles souterraines. Ce nâest que lorsque les guerres tribales furent terminĂ©es que les ĂŠdificiers se heurtĂšrent Ă une problĂ©matique colossale : le cerveau et lâensemble des mĂ©canismes neurocognitifs ne sâadaptĂšrent jamais Ă lâimmortalitĂ©. Avec le temps, plusieurs maladies dĂ©gĂ©nĂ©ratives apparurent sournoisement et lâĂ©tat psychotique dans lequel certains chefs tribaux se trouvĂšrent commença Ă inquiĂ©ter. Le Conseil des Anciens fut fondĂ© et, ironiquement, les dirigeants les plus affectĂ©s furent purgĂ©s. On dĂ©terra hĂątivement une poignĂ©e de dormeurs afin de redĂ©couvrir lâosmobiose dans lâespoir de ralentir la corruption, mais cela ne fit que retarder lâinĂ©vitable.
Finalement, les ĂŠdificiers confrontĂ©s au dĂ©mon intĂ©rieur de lâimmortalitĂ© firent face Ă deux choix: lâexil vers le Vikshm ou lâautodestruction.»
RĂ©ponse de la dormeuse Glkftkâshatr Ă une question inconnue
Gadin 19 Ritxer
Gadin 18 Anecdote d'une promeneuse
Cher tribun,
Jâai ben reçu votre requĂȘte dâaffectation pour un nouveau chĂątelain, mais tant quâĂ vous rĂ©pondre en formalitĂ©s, jâai dĂ©cidĂ© dâen profiter pour vous partager une petite anecdote. Vous mâen pardonnerez la trivialitĂ©âŠ
Alors, figurez-vous quâhier, dans ma promenade du soir sâa colline sĂ©natoriale, jâai Ă©tĂ© tĂ©moin dâune chose des plus Ă©tranges. Absurde, vraiment. Vous voyez, Ă mon Ăąge avancĂ©, on commence Ă devenir dure de la feuille, faque jâai cru, dans mon Ă©vidente sĂ©nilitĂ©, vous entendre pratiquer un discours pour les rostres. On aurait dit une motion au SĂ©nat prĂ©conisant un mandat pour que Helyargotas rapatrie une soldate des crocs de lâennemi. Une caporale sans importance. Une plĂ©bĂ©ienne, mĂȘme.
Va falloir excuser ma mĂ©prise â chu probablement yinque une vieille aiglesse qui a besoin de se curer les oreilles â; mais si â et je dis bien si â vous aviez Ă©tĂ© assez ingrat pour envisager clamer pareille cochonnerie haut et fort, je me retrouverais dansâ fĂącheuse position de devoir vous inculquer un peu de bon sens.
Je commencerais par vous inviter Ă prendre la journĂ©e off pis aller rider la colonne de Swatan jusquâĂ vous frotter aux cumulus dâaprĂšme. Câest le printemps, lâair se rĂ©chauffe. Parfait pour une joyride, Ă planer pis regarder Elurmurd qui grouille. Les piĂ©tons, les charrettes, les bateaux. Elurmurd qui se pense importante avec ses commerçants pis ses militaires, ses ranchs pis ses docks, sa muraille pis son aqueduc. La fiertĂ© de lâEmpire Syeb. Mais dans le fond, toute ça, toute eux autres â du plus dĂ©corĂ© patricien au plus dĂ©chĂ©ant pĂ©rĂ©grin â, sont toute juste des petits points, incapables de se dĂ©coller du sol. Câest de tsa quâest formĂ© lâEmpire : de piĂ©tons qui jousent du coude pour leur peu dâenvergure. Des chameaux qui obĂ©issent sans blatĂ©rer de question, des tortues qui prĂ©fĂšrent sâemprisonner dans leur premiĂšre maison, des champignons aussi isolationnistes que ridicules, des serpents qui risquent la lapidation publique en sortant dins rue, pis des fourmis qui fourmillent, castrĂ©es de la sorcellerie qui a jadis faite leur gloire. Pis Ă leurs cĂŽtĂ©s, des Ă©lĂ©phants pis des furets, captifs du poids de leur corps comme tous les autres. Oui oui, mĂȘme le plus impĂ©rial des Syeb est plaquĂ© au sol.
Sachez une chose, Tribun : le monde est une swamp infecte dansâquelle les non ailĂ©s pataugent. Y sâaccotent lâun sur lâautre pour se propulser Ă â surface pis y se fĂ©licitent quand quâyâarrivent Ă se garder Ă flots, mais peu importe qui est montĂ© sâes Ă©paules de qui, nous, on plane loin au-dessus, avec les cumulus. La seule libertĂ© ici-bas, câest la nĂŽtre ici-haut. Celle des hastĂșrl. Celle qui vient avec vos ailes Ă â naissance. Câest ce qui nous sĂ©pare de la vermine.
Câest donc dâautant plus important de tracer une ligne entre nous pis les autres ailĂ©s. Câte ligne-lĂ , âest forgĂ©e dans lâinstinct du rapace. La force qui fait quâon vaut mieux quâun bourdon. Les Apiens sont victimes des structures qui les ont placĂ©s au top. Est-ce que les brindilles qui forment le nid royal sont nobles? Non. Sont juchĂ©es sur un sommet, mais yâont pas lâaudace de le revendiquer. Quâyâessaiment le SĂ©nat tant quây veulent, y seront jamais capables de nous Ă©galer. Câest dans leur nature, comme câest dansâ nature dâun corbeau de voler bas, de charogner nos restes pis de croasser que câpas juste.
Pis lĂ câest drĂŽle, parce que selon mes vieilles oreilles niaiseuses, yâaurait vous, Tribun, qui voudriez mobiliser les forces armĂ©es pour libĂ©rer une Corvienne⊠Un impĂ©ratif pour prĂ©server les secrets dâĂtat, comme jâai imaginĂ© vous entendre le dire. Une exception. Yinque uneâŠ
Yâa un autre mot quâexiste pour ça : un prĂ©cĂ©dent.
Vous savez combien de brĂšches yâa fallu dansâ douve du Palais impĂ©rial pour que le Martyr des Sables lâinfiltre? Une. Yinque une.
Pis vous, vous voudriez tendre une branche Ă votre caporale pis la sortir de la swamp? Dans quel but? Pour quâa pogne la colonne dâair chaud pis quâa nous kicke en bas des nuages? Comme le Martyr des Sables a faite aux Syebzemil? Comme une invitĂ©e trop Ă ses aises ferait avec votre villa en votre absence?
Un petit rappel, Tribun : on est toujours à une Corvienne parvenue du chaos.
Mais jâai pas besoin de vous dire ça. Tout Aquilien qui se respecte sait ça. Penser le contraire serait de pas comprendre la game, ou pire, de pas valoriser tout les bassesses, les sacrifices pis les alliances impures qui ont hissĂ© nos familles au-dessus des masses. Pis ça, ça serait indigne du dernier Naphitis.
Câest quand mĂȘme dĂ©plorable, ce qui est arrivĂ© Ă votre famille. Ăa doit pas ĂȘtre facile. Votre mĂšre, vos cousines pis vos tantes qui pĂ©rissent toute de la mĂȘme maladie, comme ça. Pouf. Si je me trompe pas, ça laisse juste votre fille de matriacable â quand a sera en Ăąge ben sĂ»r. Un si mince filon dâespoir pour votre lignĂ©e⊠Ăa serait dâune tristesse innommable si y devait y arriver quĂšque chose. Jâose pas imaginer.
Heureusement, votre maisonnĂ©e va reprendre du mieux sous peu, puisque jâai acceptĂ© de vous envoyer mon neveu Ăpsa pour que vous en fassiez votre nouveau chĂątelain. Je compte sur vous pour le redresser; y vient de passer les deux derniĂšres annĂ©es Ă Kwan pis je pense quâyâaurait besoin dâun peu de discipline. Pas besoin de me remercier, câtâun plaisir pour moi de vous aider Ă remettre de lâordre chez vous.
Transmettez mes salutations Ă tous mes autres neveus,
Dâun sommet Ă un autre,
Madame Itxatis
***
Oh, pis si vous cherchez une motion à passer aux rostres demain, je vous joins un grief de la plÚbe qui serait tout à fait à propos. Le voici :
RĂ©cemment, un groupe dâenfants corviens sâest perdu dins montagnes aquiliennes au nord dâElurmurd. Yâont criĂ© pis criĂ©, mais yâavait pas Ăąme qui vive, pis y sont toute morts de faim. La montagne est benne trop pĂ©rilleuse pour ĂȘtre en accĂšs public. Yâa dĂ©jĂ des gates qui empĂȘchent les marcheurs de se ramasser lĂ -bas, mais faudrait renforcer la sĂ©curitĂ© de la garde aĂ©rienne pour pas que nos corbillats sây perdent.
Signé : des mÚres corviennes inquiÚtes.
â
CachetĂ© par le Bureau du Tribun, Elurmurd J2-S3-M4-A4-L2-C20, Ăre de Syeb Traduit de lâhiryal par le Jorneau