Donne Ă qui te donne ; refuse Ă qui te refuse.
Citation de Hésiode
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Donne Ă qui te donne ; refuse Ă qui te refuse.
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DELACROIX : Mariée juive a Tanger, 1832, Notes et croquis pris a Tanger en janv. avril 1832, Autoportrait au gilet vert, vers 1837, Cleopatra et le paysan, 1838, Saint Sebastien secouru par les saintes femmes,1836, Medee furieuse, 1838, Lycurgue et la Muse, entre 1838 -1847, Appolonvainqueur du serpent Python, vers 1850, Panier de fruits dans un jardin fleuri, 1848-1949. #louvre #museedulouvre #delacroix #expodelacroix #marieejuive #tanger #autoportraitaugiletvert #cleopatreetlepaysan #saintsebastien #medeefurieuse #lycurgue #pythie #hesiodeetlamuse #hesiode #appolon #python #panierdefruits #peinture #romantisme (à Musée du Louvre)
Hesiode et la Muse, 1891
Gustave Moreau
Pour commencer, chantons les Muses HĂ©liconniennes, reines de l'HĂ©licon, la grande et divine montagne. Souvent, autour de la source aux eaux sombres et de l'autel du trĂšs puissant fils de Crosnos, elles dansent de leurs pieds dĂ©licats. Souvent aussi, aprĂšs avoir lavĂ© leur tendre corps Ă l'eau du Permesse ou de l'HippocrĂšne ou de l'OlmĂ©e divin, elles ont, au sommet de l'HĂ©licon, formĂ© des choeurs, beaux et charmants, oĂč ont voltigĂ© leurs pas ; puis, elles s'Ă©loignaient, vĂȘtues d'Ă©paisse brume, et, en cheminant dans la nuit, elles faisaient entendre un merveilleux concert, cĂ©lĂ©brant Zeus qui tient l'Ă©gide, et l'auguste HĂ©ra d'Argos, chaussĂ©e de brodequins d'or â et la fille aux yeux pers de Zeus qui tient l'Ă©gide, AthĂ©nĂ© ,â et Phoibos Apollon et l'archĂšre ArtĂ©mis, â et Poseidon, le maĂźtre de la terre et l'Ă©branleur du sol, â ThĂ©mis la vĂ©nĂ©rĂ©e, Aphrodite aux yeux qui pĂ©tillent, â HĂ©bĂ© couronnĂ©e d'or, la belle DionĂ© ,â LĂ©tĂŽ, Japet, Cronos aux pensers fourbes,â Aurore et le grand Soleil et la brillante Lune, â et Terre et le grand OcĂ©an et la noire Nuit, â et toute la race sacrĂ©e des Immortels toujours vivants! Ce sont elles qui Ă HĂ©siode un jour apprirent un beau chant, alors qu'il paissait ses agneaux au pied de l'HĂ©licon divin. Et voici les premiers mots qu'elles m'adressĂšrent, les dĂ©esses, Muses de l'Olympe, filles de Zeus qui tient l'Ă©gide : "PĂątres, gĂźtĂ©s aux champs, tristes opprobres de la terre, qui n'ĂȘtes rien que ventres ! nous savons conter des mensonges tout pareils aux rĂ©alitĂ©s ; mais nous savons aussi lorsque nous le voulons, proclamer des vĂ©ritĂ©s." Ainsi parlĂšrent les filles vĂ©ridiques du grand Zeus et, pour bĂąton, elles m'offrirent un superbe rameau par elles dĂ©tachĂ© d'un olivier florissant ; puis elles m'inspirĂšrent des accents divins, pour que je glorifie ce qui sera et ce qui fut, cependant qu'elles m'ordonnaient de cĂ©lĂ©brer la race des Bienheureux toujours vivants, et d'abord elles-mĂȘmes au commencement ainsi qu'Ă la fin de chacun de mes chants.
Cronos mutila de nouveau avec lâacier le membre quâil avait coupĂ© dĂ©jĂ et le lança du rivage dans les vagues agitĂ©es de Pontus : la mer le soutint longtemps, et de ce dĂ©bris dâun corps immortel jaillit une blanche Ă©cume dâoĂč naquit une jeune fille qui fut dâabord portĂ©e vers la divine CythĂšre et de lĂ parvint jusquâĂ Chypre entourĂ©e de flots. BientĂŽt, dĂ©esse ravissante de beautĂ©, elle sâĂ©lança sur la rive, et le gazon fleurit sous ses pieds dĂ©licats. Les dieux et les hommes appellent cette divinitĂ© Ă la belle couronne Aphrodite, parce quâelle fut nourrie de lâĂ©cume des mers ; CythĂ©rĂ©e, parce quâelle aborda CythĂšre, CyprigĂ©nie, parce quâelle naquit dans Chypre entourĂ©e de flots et PhilomĂ©dĂ©e, parce que câest dâun organe gĂ©nĂ©rateur quâelle reçut la vie. AccompagnĂ©e de lâAmour et du beau DĂ©sir, le mĂȘme jour de sa naissance, elle se rendit Ă la cĂ©leste assemblĂ©e. DĂšs lâorigine, jouissant des honneurs divins, elle obtint du sort lâemploi de prĂ©sider, parmi les hommes et les dieux immortels, aux entretiens des jeunes vierges, aux tendres sourires, aux innocents artifices, aux doux plaisirs, aux caresses de lâamour et de la voluptĂ©.
Hesiode