Je me tiens debout dans le train pour rentrer chez moi, Heather Nova dans les oreilles, et je relis le mot quâelle mâa Ă©crit sur un petit bout de papier pliĂ©. Je nâarrive pas Ă le lĂącher alors je joue avec, le plie et replie, le fait rouler sous mes doigts, comme pour le sentir dans mes mains. Comme pour me prouver quâil est bien rĂ©el. Cela fait quelques jours quâil mâest parvenu, mais je nâarrive pas Ă mâen sĂ©parer, il a Ă©lu domicile au fond de la poche de mon jean dĂ©lavĂ©, parcourant les journĂ©es Ă mes cĂŽtĂ©s. Il commence Ă ĂȘtre usĂ© et lâencre Ă sâeffacer, mais je peux toujours y dĂ©chiffrer ces quelques mots affectueux. Une citation, qui parle des personnes vraies et de leur rayonnement solaire. Je regarde par la fenĂȘtre, tĂ©moin dâune ville qui vit et sâĂ©vanouit Ă cent Ă lâheure, et je pense Ă elle. Je pense aux rues-veines qui font circuler le sang au rythme des vies qui se croisent. Je pense aux belles rencontres que lâon nâattend pas. Et je pense aussi un peu Ă moi et au chemin parcouru. Câest judicieux cette comparaison avec notre Ă©toile lumineuse â si elle savait Ă quel point elle a Ă©tĂ© mon rayon de soleil durant ce drĂŽle dâĂ©tĂ©. Alors que je range le bout de papier au fond de ma poche, je prends le temps de regarder tous ces gens assis autour de moi, tous ces visages, toutes ces vies ; et je suis reconnaissant que ce soit elle qui ait croisĂ© ma route. Mon arrĂȘt approche dĂ©jĂ et jâen viens Ă souhaiter du fond du cĆur que notre route ensemble soit un peu plus longue que ce trajet en train. La pluie a fait un retour fracassant pour calmer les ardeurs dâun mois dâaoĂ»t Ă©touffant. Je suis impatient de revoir son sourire arc-en-ciel.