Inauguré en juin 1981, le Totem (dénommé ainsi par les habitants du quartier) est une sculpture monumentale signée Guy de Rougemont, artiste phare des années 70, spécialisé notamment dans la production de cylindres d’acier. Les premiers, présentés en 1970 dans une galerie parisienne, sont à taille humaine. Ils prennent rapidement une ampleur monumentale et sont disséminés par l’artiste dans le monde entier au cours des années 70. On retrouve ses œuvres à l’Hôpital Saint-Louis, sur le parvis du Musée d’Orsay, à la station du R.E.R. de Marne-la-Vallée, à l’Hakone Open Air Museum au Japon, à l’Hofgarten de Bonn, ou encore dans le Parc Métropolitain de Quito. Le Totem, décrié lors de son installation, s’est imposé dans le paysage urbain, marquant l’entrée de Villeurbanne sur l’axe des cours Lafayette-Tolstoï. C'est une colonne de 10 mètres de haut en métal peint de toutes les couleurs. C’est une référence à une colonne qui avait été placée à cet endroit en 1839 par un bourgeois lyonnais : Pierre Decrussilly. La colonne de Decrussilly était un monument consacré à Napoléon Bonaparte : d’une hauteur totale de 9 mètres, il était constitué d’une colonne en pierres portant une statue de bronze représentant Napoléon debout, habillé de son uniforme et portant son célèbre chapeau. Le quartier prit ensuite tout naturellement le nom de « Cité Napoléon ». Mais après la guerre franco-allemande de 1870-1871, la colonne quitta son socle et fut vendue au poids du métal. C'est Charles Hernu, maire de Villeurbanne de 1977 à 1990, qui passa commande du Totem car il s'était engagé dans une politique pionnière de promotion des arts plastiques. Lors de l'inauguration, le 26 juin 1981, il déclare : « On a voulu marquer par ce monument qu’on entrait dans une ville moderne qui a des préoccupations culturelles. À chaque entrée de ville, des monuments signifieront notre villeurbannité. »
















