Un art de la suggestion (Paul Gadenne, âLa Plage de Scheveningenâ, 1952)
« Il n'y a aucun ĂȘtre, aucun objet sur qui nous puissions poser notre regard sans apercevoir autre chose. Aucune figure n'est arrĂȘtĂ©e, aucune situation n'est nette » Ă©crit Paul Gadenne dans l'une de ses chroniques sur le roman en 1941. On devrait s'en souvenir. Il me semble qu'on juge toujours un peu vite, un peu tĂŽt. D'oĂč vient ce besoin de conclure ? Le romancier ne commet pas cette erreur. Gadenne sait que la quĂȘte est plus importante que son objet, que le voyage compte plus que la destination. Tant pis si Guillaume ne comble pas le fossĂ© qui le sĂ©pare d'IrĂšne. Il finit par le comprendre : on ne se dĂ©lasse jamais deux fois sur la mĂȘme plage (de Scheveningen) comme on ne se baigne jamais deux fois dans le mĂȘme fleuve (Gadenne a-t-il lu HĂ©raclite ?). Ce sont d'autres chemins alors qu'il faut prendre, d'autres bifurcations par lesquelles il faut passer, d'autres lignes qu'il faut suivre.














