Refuge of stones , Faverges, France
TEPHRA Architects (Mathieu Nouhen & Fabrice Henry)

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Refuge of stones , Faverges, France
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Rejoignez nous vendredi après midi !! #TLS #trendlittleshop @benjee_pub #faverges (à Rhône-Alpes, France)
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Faverges

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Holophonics getting ready to perform during the Metalpes Festival.
Slightdown performing during the Metalpes Festival.
Trail Faverges : dans la douleur et l'humilité
Le 10 juin dernier avait lieu la quatrième manche du Trail Tour National (qui s'arrête cette année... c'est donc la dernière opportunité de se classer sur cette épreuve à points).
Avec tous les changements qui ont eu lieu dans ma vie ces dernières semaines... je n'ai pas vraiment eu le temps de m'entraîner. Depuis le trail des forts de Besançon qui a eu lieu le 13 mai (il faut encore que j'en fasse le compte-rendu) je n'ai pu prendre le temps de courir que deux fois ! (et à la limite tant mieux, ça m'aura permis de guérir ma périostite, comme le souligne l'IRM que j'ai passé le 6 juin dernier, bien que la douleur au dessus de la cheville sur la face intérieur du tibia soit encore assez présente dès lors que je cours plus de quelques kilomètres).
C'est donc une nouvelle fois bien mal préparé que j'arrive sur ce trail qui s'annonce sur le papier redoutable ! Une montée unique de treize kilomètres découpée en deux sections : les 4 premiers kilo sec en montée après le départ de la ville sur bitume, une petite descente, et 10km enchainés à flan de colline droit vers le sommet de la course à 1870m un petit 1400D+ d'un coup quoi ! Sympa sur 14km... ça fait de la pente moyenne à 10% ! On affrontera ensuite une descente équivalente, intégralement en flanc droit (donc pied droit dans le bas de la pente) avec tout de même 200D+ a avaler sur les 14km de "descente".
Vendredi soir j'arrive chez Ivan en compagnie de Sébastien, mon "compère de TTN" qui a déjà fait Buis et Besac avec moi, et que je retrouverai sur Cap Aubrac (et probablement sur les autres manches également !). Nous passons la soirée sur Annecy après avoir, pour moi, rencontré Fabien Meyer, guide à la compagnie des guides de chamonix dans l'après-midi (Jettez un coup d'oeil à son blog, ça vaut le coup, et je vous promets, son prochain projet, ça va vraiment valoir le coup aussi !)
Le lever est dur le lendemain matin et je sens que mes guiboles ne sont pas bien prêtes à affronter l'épreuve qui m'attends. Nous arrivons à Faverges et nous plaçons après un bon échauffement dans le sas de départ. Nous sommes loin des premiers et je sais déjà qu'il faudra batailler au début pour se placer. Nous avons de la chance, il a plu toute la semaine sur Annecy, mais ce matin là, le ciel, bien que couvert, commence à se déchirer et on commence à apercevoir un peu de bleu. Le départ est lancé et je prends immédiatement à gauche pour pouvoir accélérer et me placer dans un gros peloton de tête.
Je passe un bonjour à Stéphanie Duc (leader féminin du TTN) et nous nous élançons dans les sous-bois sur la monté. Sébastien passe rapidement devant moi, je le laisse partir et je prends un mauvais rythme de départ, je ne trouve pas ma cadence... Il me faut près de 35 minutes pour me sentir entrer vraiment dans la course. Je mets un premier coup de collier et j'arrive en 55 minutes au ravitaillement. Je vois alors Seb passer, j'ai refais une partie de mon "retard". J'avale une deuxième pâte de fruit Isostar : c'est la première fois que je pars sur une épreuve avec des pâtes de fruits et je peux vous dire : j'ai été conquis ! Je pense qu'en dur et en sucré, c'est ça que je prendrai à l'avenir ! Elles sont bonnes, ferme mais pas trop, sucrées mais pas trop... et le coup de la caféine dedans combiné au sucre, ça donne un bon coup de fouet ! Bref ! J'adore ! Merci Isostar !
Je sais à ce moment qu'il reste environ 45 minutes de montée, tout s'annonce donc bien. Je m'étais fixé un temps d'une heure trente à une heure 45 pour avaler la butte... je suis dans les clous. Seb est en vue à 200 mètres environ. J'enchaine donc ma montée et ça y est, je trouve mon rythme ! Les pas se succèdent enfin sans a priori, et je peux accélérer, tant et si bien que je passe en 1h40 environ au sommet après avoir frôlé la neige et les torrents de montagne. Petite regard de gauche et de droite pour admirer le paysage... c'est quand même grandiose ! Le trail en montagne a ça de bon que ça nous remet à notre place : tout petit sur cette terre... On sent la grandeur du monde. Un peu de plat et la descente commence.
Première partie intégralement en pierrier. Tout va bien, c'est technique, je commence donc à accélérer comme il faut, et je reprends des concurrents. Je me sais en 43ème place, on me l'a soufflé au sommet. Je m'apprête à rattraper Seb, il n'est plus qu'à une centaine de mètres et deux coureurs devant moi. Les virages sont secs et serrés et le pierrier ne pardonne pas l'erreur. On arrive alors au niveau des bois. C'est là que tout bascule.
Je fais une première chute assez violente sur mon flanc droit. Mon mollet gauche se contracte très violemment pour rattraper la chute, et c'est la première alerte crampe. Une seconde suffit à faire passer la sensation de contraction, mais je sens que je ne vais pas l'oublier de si tôt et que cela va m'handicaper pour la suite de la course. Une centaine de mètres plus loin, je glisse et me casse à figure du coté gauche. J'ai la main écorchée, et le mollet droit qui s'est lui aussi contracté dans la chute. Cette fois, c'est douloureux, mais ça passe aussi lorsque je me remets à courir. On dit jamais deux sans trois, j'aurais aimé que ça ne soit pas vrai... La troisième c'est la bonne, mon pied droit glisse, mon genoux flanche, et me voila dans le ravin. Oui, vraiment, le ravin... Celui bien pentu dont le talus n'est retenu que par les arbres. Mes bras en les levant sont à hauteur du chemin que je parcours, je me tracte donc sur le sentier. Un coureur me demande si ça va, et je repars de plus belle en lui répondant que ça va aller. Mais en fait, après 5 mètres, je vois bien que ma hanche gauche a prit un sale coup. Que mes mains sont bien écorchés, et que mes mollets sont aussi durs que du béton armé. Nous avons parcouru environ 1 à 2 km de descente. Il en reste 12. J'étais à moins de 20 secondes de Sébastien qui me servait de référence et mes deux premières chutes m'ont déjà fait perdre 30 secondes. Celle là encore 30 secondes de plus... et les douleurs sont bien présentes. La technicité du parcours descendant ne fait que s'accentuer avec la boue et les torrents qui se mêlent dans une bouillasse parfois pas évidente à survoler. Ma hanche droite me fait bien souffrir et je boite très légèrement. Arrive alors une première petite montée. Je suis incapable de courir. Incapable. Je suis contraint de marcher. Et en plus, lentement, et dans la douleur. Que faire ? Abandonner ? Pff... je suis au milieu de nul part, autant finir. Le chemin est toujours aussi boueux et les coureurs me passent, me passent... le coup au moral est difficile à accepter, autant que la douleur. Avec les places qui défilent, mon classement au TTN s'effondre... J'entends que les premiers sont arrivés dans une des radios des bénévoles. 2h15. Je devrais donc arriver d'ici 20 minutes. Mais c'était sans compter sur mon état et mes chutes en fait ce calcul Bon. Un bénévole m'indique une nouvelle montée. Il m'indique aussi qu'il me reste 6km. On est à 2h25 de course. Il m'annonce 25 minutes de courses... soit beaucoup plus que ce que je m'imaginais ! Les montés me tuent la hanche. Mais les descentes m'achèvent les mollets. On passe sur la dernière partie, celle qu'on a emprunté à la monté. Il reste 2,8km m'annonce-t-on. Les minutes passent, je suis incapable d'accélérer. Les mètres défilent dans la souffrance. J'arrive sur le bitume. Le contact y est dur. Je suis à 400m de l'arrivée, incapable de me ressaisir, simplement capable de boiter. Je fini presque à cloche pied.
Seb est là pour me récupérer... à la petite cuillère. J'entends certain membres du public murmurer que j'ai l'air mal en point... pouah ! c'est bien vrai ! Seb est arrivé 11 minutes avant moi, et mes 2h58. J'ai donc perdu 12 minutes dans les 12 derniers kilomètres... incroyable ! Déplorable. Je n'ai jamais été aussi attaqué par une course. En moins de 3 heures, je suis presque allé au bout de moi-même. Le massage après la douche est de bon augure. Le chemin du retour est salvateur. L'hématome était bien gros : 10cm pour 1,5 d'épaisseur. Heureusement, il s'est rapidement résorbé. Voila un trail que je ne suis pas prêt d'oublier.
Ce que j'en retiens qui peut expliquer ma contre-performance : les manchons de compressions oubliés (pour les crampes ?), l'alimentation : pas de boisson d'attente, pas de pâtes pendant les quelques jours qui précèdent la course (hypo ?), mes chaussures, déjà bien attaquées qui ne tiennent plus en chemin boueux... et mon mental qui a en partie flanché... J'espère que ça se passera mieux pour la prochaine épreuve... on va dire que celle là c'était mon joker !