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FALBALAS (1945) | dir. Jacques Becker
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L'Officiel de la Couture et de la Mode de Paris N°582 1971
Paul Bon
Photo Jean-Paul Cadé
falbalas (fr, becker 45)
Falbalas
La vie politique est loin d’être un long fleuve tranquille. Nous en avons la preuve tous les jours dans le monde, en France et jusque dans notre département. D’ailleurs, à plusieurs reprises nous l’avons comparée à une cour de récréation d’école maternelle, avec son bac à sable. Dernièrement, du côté du Château départemental, nous avons eu droit à une comédie dramatique, à la fois sucrée et…
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Oui, il y a une mode des années 40. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la Seconde Guerre Mondiale n'empêcha pas les développements de l'art du vêtement, des accessoires et de la coiffure. Le conflit entrava créateurs et élégantes, il ne put cependant les déposséder de leurs parures. L'irrésistible besoin d'être et de paraître... Les privations et les rationnements stimulèrent les imaginations. Des bouts de bois devinrent semelles compensées, des rebuts de laine devinrent robes d'après-midi, des fleurs devinrent chapeaux. L'on a jeté la pierre à Zaz : elle s'est exprimée à mauvais escient et de manière maladroite. Sur le fond pourtant, elle avait raison : l'Occupation et ses horreurs provoquèrent une réaction humaine, excusable. Les occupés voulurent oublier au moins quelques instants, la pénibilité de leur quotidien, en s'efforçant à l'insouciance. Les femmes s'adonnèrent ainsi aux joies de la toilette. Les jupes se raccourcirent faute de tissu. Certaines adoptèrent le pantalon, par nécessité pratique. Le rouge, teinture inutilisée par l'armée et donc non limitée, devint la couleur en vogue. Les tenues tendirent vers la simplicité la plus extrême, la sophistication glissa en direction des chapeaux et des coiffures. Ceux-ci retrouvèrent une certaine extravagance, crurent en hauteur et en volume. Pour la première fois, l'inspiration militaire envahit la mode : blouses tendues sur la poitrine, tenues par une ceinture à la poitrine, vestes à épaulettes, jupes droites,... La Libération permit enfin la réouverture des maisons de couture, notamment parisiennes. Le 12 février 1947, Christian Dior lança le New-Look. Le cycle éternel de la mode était relancé...
Un film résume admirablement cette époque et ses codes, un film qui d'ailleurs bouleversa le cours profond de la mode : Falbalas, de Jacques Beker, sorti en 1945 et tourné de mars à juin 1944, dans un Paris encore occupé par les Allemands. Le bouleversement vint indirectement, précisons-le. Les robes créées spécialement par Marcel Rochas et les chapeaux de la modiste Gabrielle y retranscrivent un panorama élégant et sophistiqué, mais ne révolutionnent rien. Non, l'impact de Falbalas fut plus subtil : il donna l'envie à un enfant terrible de devenir couturier, nul autre que Jean-Paul Gaultier, qui le cite comme son premier émerveillement artistique. Nous sommes en effet invités dans les coulisses d'une maison de couture fictive, celle de Philippe Clarence, arbitre des élégances. Clarence prépare une nouvelle collection, mais faute d'inspiration, se révèle incapable de dessiner le moindre modèle. Il tombe alors amoureux de la fiancée de son meilleur ami, la jeune et belle Micheline. Il la séduit, triomphe avec ses robes enchanteresses, mais le drame cornélien les guette. Micheline refuse la main de Clarence, ainsi que la robe de mariée qu'il a dessinée spécialement pour elle. Le couturier sombre dans la folie et se défenestre, en serrant dans ses bras le mannequin portant son ultime création...
Raymond Rouleau en Clarence impressionne par son charisme, mais Micheline Presle en Micheline justement, lui vole complètement la vedette. Ses yeux bleus, ses cheveux blonds, son visage de madone, son port altier, sa beauté lumineuse éblouissent la pellicule. Tout Falbalas tourne autour d'elle, bien que Gabrielle Dorziat en assistante et Christiane Barry en modèle, lui donnent son relief, impeccables dans leurs seconds rôles respectifs. Et puis, le film a des aspects documentaires et véristes qui captivent les yeux... Ainsi, vivait-on, s'habillait-on et se coiffait-on sous l'Occupation... Le Paris des années 40 reprend vie, en un spectacle fascinant. Souhaitons à Zaz d'avoir vu ce film... Car justement, l'insouciance domine, ce qui gêne un peu aux entournures... Aucune trace des Allemands, aucun drapeau nazi, aucun signe de l'Occupation et de ses souffrances. Les personnages évoluent dans un Paris utopique, où la Seconde Guerre Mondiale n'a pas lieu. Compréhensible, le réalisateur ayant voulu échapper à la fois à la censure et aux représailles, en signant un film non controversable, un pur divertissement. Questionnable, avec le recul...

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Live from Paris by Dandy Shoe Care. Falbalas- part 2 Bargain prices and Great Choice. Stand 284285 Marché Dauphine 140 Rue Des Rosiers 93400 St. Ouen ( next to the Flea Market of Port De Clignancourt)
Exhibition yesterday #Falbalas #JeanPaulGaultier
Micheline Presle - Falbalas, 1945.