"LâĂ©puration est un fait beaucoup plus important et beaucoup plus significatif que vous ne croyez. Car elle est le commencement dâune Ă©puration permanente."
Maurice BardÚche, Lettre à François Mauriac (1947)
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"LâĂ©puration est un fait beaucoup plus important et beaucoup plus significatif que vous ne croyez. Car elle est le commencement dâune Ă©puration permanente."
Maurice BardÚche, Lettre à François Mauriac (1947)

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Je suis Charlie
Ăpuration : ProcĂšs de Sacha GuitryÂ
Ce que je paie aujourd'hui, ce n'est pas mon activitĂ© pendant quatre ans mais bien quarante annĂ©es de rĂ©ussite et de bonheur qu'on ne me pardonne pas. Si on me demandait mon avis, je dirais que le bien que j'ai fait pendant ces quatre annĂ©es est la cause initiale du singulier malheur qui me frappe.Â
« Jean Paul Sartre en1943, dans l'annĂ©e la plus noire de l'Occupation, fit jouer Ă Paris Les Mouches. C'est-Ă -dire qu'il fit trĂšs exactement ce que fit Sacha Guitry, donner ses piĂšces en reprĂ©sentation devant un parterre d'officiers allemands, Ă cette diffĂ©rence qu'Ă la LibĂ©ration, Guitry fut arrĂȘtĂ© alors que Sartre fit partie du ComitĂ© d'Ă©puration, qui dĂ©cidait quel Ă©crivain avait encore le droit de publier et quel autre devait ĂȘtre banni. AndrĂ© Malraux qui, lui, avait risquĂ© sa vie dans la RĂ©sistance, ne se crut pas autorisĂ© pour autant Ă faire partie de ce tribunal autoproclamĂ©. » (Jean Amadou)
Nous autres, enfants du quatorziĂšme arrondissement, on peut dire quâon a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© avant tous les autres de la capitale, cela en raison dâune position gĂ©ographique privilĂ©giĂ©e. On nâa mĂȘme pas de mĂ©rite. Les Ricains sont arrivĂ©s par la porte dâOrlĂ©ans, on est allĂ© au-devant dâeux sur la route de la Croix-de-Berny, Ă cĂŽtĂ© de chez nous. On Ă©tait bien content quâils arrivent, oui, oui, mais pas tant, remarquez bien, pour que dĂ©canillent les ultimes fridolins, que pour mettre fin Ă lâenthousiasme des « rĂ©sistants » qui commençaient Ă avoir le coup de tondeuse un peu facile, lequel pouvait â Ă mon avis â prĂ©figurer le coup de flingue. Cette Ă©quipe de coiffeurs exaltĂ©s me faisait, en vĂ©ritĂ©, assez peur. La mode avait dĂ©marrĂ© dâun coup. Plusieurs dames du quartier avaient Ă©tĂ© tondues le matin mĂȘme, des personnes plutĂŽt gentilles quâon connaissait bien, avec qui on bavardait souvent sur le pas de la porte les soirs dâĂ©tĂ©, et voilĂ quâon apprenait â dites-donc â quâelles avaient couchĂ© avec des soldats allemands ! Rien que ça ! On a peine Ă croire des choses pareilles ! Des mĂšres de famille, des Ă©pouses de prisonnier, qui forniquaient avec des boches pour une tablette de chocolat ou un litre de lait. En somme pour de la nourriture, mĂȘme pas pour le plaisir. Faut vraiment ĂȘtre salopes ! Alors comme ça, pour rire, les patriotes leur peinturluraient des croix gammĂ©es sur les seins et leurs rasaient les tifs. Si vous nâĂ©tiez pas de leur avis vous aviez intĂ©rĂȘt Ă ne pas trop le faire savoir, sous peine de vous retrouver devant un tribunal populaire comme il en siĂ©geait sous les prĂ©aux dâĂ©cole, qui vous envoyait devant un peloton Ă©galement populaire. Câest alors quâil prĂ©sidait un tribunal de ce genre que lâon a arrĂȘtĂ© lâillustre docteur Petiot â en uniforme de capitaine â qui avait, comme lâon sait, passĂ© une soixantaine de personnes Ă la casserole. Entre parenthĂšses, puisquâon parle toubib, je ne connais que deux mĂ©decins ayant Ă proprement parler du gĂ©nie, mais ni lâun ni lâautre dans la pratique de la mĂ©decine : Petiot et CĂ©line. Le premier appartient au panthĂ©on de la criminologie, le second trĂŽne sur la plus haute marche de la littĂ©rature. Mais revenons zâau jour de gloire ! Je conserve un souvenir assez particulier de la libĂ©ration de mon quartier, souvenir liĂ© Ă une image entĂ©nĂ©brante : celle dâune fillette martyrisĂ©e le jour mĂȘme de lâentrĂ©e de lâarmĂ©e Patton dans Paris. Depuis lâaube les blindĂ©s sâengouffraient dans la ville. TerrorisĂ© par ce serpent dâacier lui passant au ras des pattes, le lion de Denfert-Rochereau tremblait sur son socle. ĂdentĂ©e, disloquĂ©e, le corps bleu, Ă©clatĂ© par endroits, le regard vitrifiĂ© dans une expression de cheval fou, la fillette avait Ă©tĂ© abandonnĂ©e en travers dâun tas de cailloux au carrefour du boulevard Edgard-Quinet et de la rue de la GaitĂ©, tout prĂšs dâoĂč jâhabitais alors. Il nây avait dĂ©jĂ plus personne autour dâelle, comme sur les places de village quand le cirque est parti. Ce nâest quâun peu plus tard que nous avons appris, par les commerçants du coin, comment sâĂ©tait passĂ©e la fiesta : un escadron de farouches rĂ©sistants, frais du jour, Ă la coque, descendus des maquis de BarbĂšs, avaient surpris un feldwebel cachĂ© chez la jeune personne. Ils avaient â natĂŒrlich ! â flinguĂ© le chleu. Rien Ă redire. AprĂšs quoi ils avaient fĂ©rocement tatanĂ© la gamine avant de la tirer par les cheveux jusquâĂ la petite place oĂč ils lâavaient attachĂ©e au tronc dâun acacia. Câest lĂ quâils lâavaient tuĂ©e. Oh ! Pas mĂ©chant. PlutĂŽt, voyez-vous, Ă la rigolade, comme on dĂ©gringole des boĂźtes de conserve Ă la foire, Ă ceci prĂšs : au lieu des boules de son, ils balançaient des pavĂ©s. Quand ils lâont dĂ©tachĂ©e, elle Ă©tait morte depuis longtemps dĂ©jĂ aux dires des gens. AprĂšs lâavoir balancĂ©e sur le tas de cailloux, ils avaient pissĂ© dessus puis sâen Ă©taient allĂ©s par les rues pavoisĂ©es, sous les ampoules multicolores festonnant les terrasses oĂč sâagitaient des petits drapeaux et oĂč les accordĂ©ons apprivoisaient les airs nouveaux de Glen Miller. CâĂ©tait le dĂ©but de la fĂȘte. Je lâavais imaginĂ©e un peu autrement. AprĂšs ça je suis rentrĂ© chez moi, pour suivre Ă la T.S.F la suite du feuilleton. Ainsi, devais-je apprendre, entre autres choses gaies, que les forces françaises de lâintĂ©rieur avaient Ă elles seules mis lâarmĂ©e allemande en dĂ©route. Le GĂ©nĂ©ral De Gaulle devait, par la suite, accrĂ©diter ce fait dâarmes. On ne lâen remerciera jamais assez. La France venait de passer de la dĂ©faite Ă la victoire, sans passer par la guerre. CâĂ©tait gĂ©nial.
Michel Audiard Le Figaro-Magazine, 21 juillet 1984
Pendant l'occupation, l'exĂ©cution sommaire pouvait ĂȘtre l'unique moyen de mettre fin, sur ordre, Ă la trahison d'un dĂ©lateur, Ă la carriĂšre d'un tortionnaire, au zĂšle pro-allemand d'un policier. Ce pouvait ĂȘtre Ă©galement l'occasion de prendre sa revanche sur le concurrent heureux, de dĂ©rober l'argent du paysan enrichi par le marchĂ© noir, de supprimer des tĂ©moins gĂȘnants, alors mĂȘme qu'il s'agissait d'enfants au berceau. Mais, aprĂšs la LibĂ©ration, qu'elles soient la consĂ©quence de la dĂ©cision de "tribunaux", baptisĂ©s "tribunal du peuple" ou "cour martiale" pour masquer d'un sceau rĂ©publicain leur impatiente incompĂ©tence ; du choix d'hommes, scandalisĂ©s par les verdicts trop indulgents des cours de justice ou par les grĂąces accordĂ©es par de Gaulle ; du rĂ©flexe du dĂ©portĂ© qui, en 1945, retrouve son dĂ©lateur libre et prospĂšre ; de l'association de quelques voyous qui espĂšrent - il n'ont pas toujours tort - qu'un brassard leur tiendra lieu de passeport face Ă une police culpabilisĂ©e, les exĂ©cutions sommaires, les troubles qu'elles provoquent, les dĂ©bats qu'elles suscitent, marquent profondĂ©ment et durablement l'Ă©poque.
Henri Amouroux, La Grande histoire des français sous lâOccupation, tome IX: Les RĂšglements de comptes.

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epuration /ep-yuh-RAY-shun/ n. Purification, especially removal of officials or politicians believed to be disloyal; purge. origin: From French epuration, epurer, to purify + ation.
EPURATION : "Comprenne qui voudra ! Moi, mon remords ce fut la malheureuse qui resta sur le pavĂ©, la victime raisonnable Ă la robe dĂ©chirĂ©e, dĂ©couronnĂ©e, dĂ©figurĂ©e, au regard d'enfant perdue, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour ĂȘtre aimĂ©s..." - Paul ELUARD.
Nouvel article publié sur Binyen
Nouvel article publié sur http://www.binyen.com/2014/08/la-fissuration-des-bacs-de-la-station-depuration-del-kerma-a-oran-provoque-des-odeurs-nauseabondes/
La fissuration des bacs de la station dâĂ©puration dâEl Kerma Ă Oran provoque des odeurs nausĂ©abondes
La fissuration des bacs de la station dâĂ©puration des eaux usĂ©es dâEl Kerma Ă Oran provoque depuis plusieurs jours des odeurs nausĂ©abondes empreignant lâatmosphĂšre et rendant lâair irrespirable. Le soir surtout oĂč il ne fait pas bon mettre le nez dehors tant lâatmosphĂšre est empestĂ©e.
Le ministre des ressources en eaux, dĂ©pĂȘchĂ© dimanche Ă Oran, pour constater de visu lâampleur de la catastrophe a reconnu quâil y a bien un problĂšme dâodeurs. « Nous avons sollicitĂ© SEAL pour nous fournir des produits dĂ©sodorisants en attendant dâĂ©quiper la station dâEl Kerma (gĂ©rĂ©e par la SEOR) dâun appareil spĂ©cial qui permettra dâĂ©liminer les odeurs nausĂ©abondes », a-t-il annoncĂ© lors de sa confĂ©rence de presse.
Ce nâest pas la moindres des consĂ©quences de ces fissurations puisque les eaux traitĂ©es se dĂ©versent sur la Sebkha et la boue sur lâancienne dĂ©charge. Ce qui suscite des inquiĂ©tudes environnementales chez les riverains surtout quant on sait que ces espaces sont considĂ©rĂ©s comme zone humide Ă dĂ©velopper.
Le ministre de ressources en eaux, dĂ©pĂȘchĂ© par Abdelmalek Sellal, a tentĂ© de rassurer les riverains en assurant que la station va bientĂŽt redĂ©marrer. « Nous avons ordonnĂ© une expertise, et les travaux de rĂ©habilitation du 1er bac fissurĂ© seront achevĂ©s dans un dĂ©lai de trois mois. La consolidation des trois autres se fera ultĂ©rieurement. Certes, le sol nĂ©cessite une consolidation », affirme le ministre avant dâajouter : « tout problĂšme technique a une solution ». Quant aux frais de rĂ©parations, ils seront Ă la charge de lâentreprise rĂ©alisatrice, selon un cahier des charges qui stipule une annĂ©e de garantie et une assurance dâune durĂ©e de dix ans a prĂ©cisĂ© le ministre.