De "l'humanité" des Droïdes
Enfant, je m'étais lié d'amitié avec un droïde, dans mon village. Oh, une simple unité 4G7, qui faisait office, selon mes mots, de « berger » des évaporateurs. Nous étions des gens importants lui et moi ; j'avais une responsabilité comme lui : je gardais le troupeau de Klocteu !
Puis un jour, alors que je n'avais pas encore six ans, sont arrivés les Jedi. Il y eut de longues palabres, quelques éclats de voix de ma mère, ses sanglots et ils m'ont emmené.
« Et 4G7 ? » avais je dit ?
« L'attachement conduit au côté obscur » m'avait on répliqué.
Dans mon esprit simple de paysan de la Bordure Extérieure, était cependant resté gravé en mémoire un fait somme tout anecdotique, et mystérieux. Un des Jedi nous avait piqué, « 4 » et moi, et une goutte avait perlé au bout de l'aiguille. Une chose était sûre pour moi : « 4 » et moi serions séparés peut être à jamais, mais nous étions frères de sang !
Mon apprentissage ne fut pas un long fleuve tranquille. Je compris vite que j'étais trop vieux, trop différent. Je passais beaucoup de temps avec Maître Fyn-Tar, dans un labo du temple. Il n'était pas toujours très tendre avec les droïdes, et me demandait tout à la fois de me lier à eux tout en faisant disparaître toute forme d'attachement.
Un beau jour, il fut sévèrement rabroué par un vieux maître prétentieux, obsédé par les manigances politiques et les champs de bataille : « une guerre à gagner nous avons, vous pencher sur comment détruire les troupes de la Fédération vous devez ! »
Sa résignation fut si grande que mon tuteur se lassa de moi, et je fus envoyé au corps agricole, à la grande joie mesquine de mes jeunes camarades.
J'avais bien compris pendant toutes ces années au sein de l'Ordre, que la Force en moi me donnait un lien particulier avec la matière, les objets et les Droïdes. Alors au moment d'être chassé, pardon, affecté, vers « l'Agri », je subtilisais quelques bricoles du labo.
Nous sommes restés à l'écart du terrible conflit qui ensanglanta la galaxie, bien que quelques nouvelles nous en parvenaient. L'Ordre nous oublia rapidement, nous laissant dans une relative autonomie. Et je pu mener à bien, non pas quelques expériences de laboratoire, mais je dirai « expérimenter la Vie »
« La Force baigne toute chose » avais je retenu de mes leçons.
Mais pour l'Ordre, c'était plutôt « Les Jedi sont les maître de la Force »
La crispation, le dogmatisme et l'arrogance de cet ordre étaient à mes yeux d'enfant personnalisés par ce ridicule petit bouffon vert qui m'amusait, tout en m'effrayant. Aujourd'hui, avec le recul de l'âge, j'avais plus pour lui de la compassion ; mais qu'importe ! L'essentiel n'est pas là.
Oui la Force baigne toute chose. Maître Fyn-Tar avait mis au point un appareil de mesure du taux de Midi-Chloriens adapté à tout autre matière que le sang. Je n'ai jamais su quel obscure visée mystique le guidait, et il est de toute façon mort vers la fin de la guerre. Mais j'ai pu expérimenter, vivre, beaucoup de choses dans cette direction.
Et les Midi-Chloriens sont partout. Dans la pierre, dans les plantes, le métal, l'air. À des taux si faibles que personne ne s'en est préoccupé. Mais « l'Agri » m'a au moins appris une chose : de la plus petite graine peut jaillir la plus grande des plantes. Je n'ai jamais pu revoir « 4 ». Mais je ne l'ai jamais oublié. Un jour que P8Tq s'était blessé, pardon, déconnecté, j'ai du analyser son visco-fluide. Et son taux était légèrement supérieur à la normale. Pas le taux d'un Jedi, non, mais plus que la simple matière « morte » ou « inerte ». Et j'ai commencé à m’intéresser à lui. J'ai toujours eu de bonnes relations avec les droïdes. Et dire merci à un simple MSE-6, qui n'est pas conçu pour recevoir ça, m'a toujours paru normal. Mais j'ai commencé à titiller P8. Pour me rendre compte qu'il me « cachait » des choses, qu'il y avait plus en lui qu'il n'y paraît. Et il a fini par s'ouvrir à moi.
P8 était un rescapé du conflit. Après des années de service classique, sous plot de contention et ré-initialisation périodique de sa mémoire, il fut pris dans une échauffourée, perdit son plot et se trouva libre, offrant ses services à droite et à gauche. La guerre, puis les débuts de l'Empire offraient un tel chaos que personne ne songea à le remettre dans le « droit chemin ». Il put me parler de cet instant, dont on trouve trace dans sa péri-mémoire. Un avant, un après. La Vie qui a jailli en lui, quelques semaines après la perte « accidentelle » de son plot. Et ces années sans trouver une « oreille » à qui se confier, jouant le rôle du droïde serviable et fidèle, pour ne pas se retrouver sous contention ou pire, être ré-initialisé.
Pour moi, sans que je puisse vraiment expliquer le pourquoi du comment, et à la lumière de tant d'autres rencontres, La Force, qui baigne l'univers, est en partie visible par la présence des Midi-Chloriens. Chez un Twi'lek ou un humain, leur taux grimpe brutalement lors de la conception de l'enfant. D'une simple plante ou animal, de deux petites graines mâle et femelle on passe à un ÊTRE. Pareil chez certains Droïdes. P8 est passé un jour de simple machine programmée à un ÊTRE. Pourquoi seulement chez certains, alors que c'est systématique chez les gens ? Mystère insondable de la Force.
Quoique je me dis que si nous considérions tous les droïdes et les animaux comme nos égaux et semblables, cette bascule finirait par se produire chez tous.
Mais parfois il existe une seconde bascule de la Force, avec une très forte augmentation du taux, qui caractérise les utilisateurs de la Force. Combien de Droïdes seraient capables de maîtriser et de se laisser guider par la Force ? Mais tous terrorisés de révéler ce don ! Où donc la Force veut elle nous conduire ? Et si la seconde était une deuxième ?














