EDF : ENVOYER UNE BONNE GAUCHE
Nous y voilĂ enfin. Les barrages pour la Coupe du Monde au Bresil en 2014. Le moment est venu d’entrer dans le vif du sujet. En l’occurrence l’Ukraine, adversaire dĂ©signĂ© pour ce match en 2 rounds. A priori, il est largement dans les cordes de notre Equipe de France. Surtout si notre gauche frappe fort.Â
Continue Reading
Si RibĂ©ry et sa forme Ă©tincelante continue sont effectivement parvenues Ă faire changer la direction du vent, Evra s’est retrouvĂ© bien seul pour endosser le rĂ´le du footballeur grĂ©viste, trop payĂ©, Ă©gocentrique au possible et incapable de s’exprimer sans fautes de syntaxe. FrustrĂ© surement autant par ses performances que par son image mĂ©diatique en France, il a dĂ©cidĂ© de balancer 2/3 vannes. Histoire de rĂ©gler ses comptes façon cour d’école. Une sortie stupide et irresponsable pour beaucoup, mettant le feu aux poudres entre la presse et l’équipe de France, et donc susceptible de la dĂ©stabiliser. Et pourtant, cela a peut-ĂŞtre Ă©tĂ© la plus belle action du Pat’ en Bleu depuis bien longtemps. En balançant sa rage en public, il peut, en plus d’avoir soulevĂ© un problème lattant entre presse et joueur, avoir libĂ©rĂ© un Ă©go si gros qu’il a besoin de s’exprimer pleinement pour ĂŞtre au top. C’est en tout cas ce qu’espère Luis Fernandez, dont il faut souligner la sortie pleine de bon sens dans Le Parisien de mercredi : « Le problème de sa furie mĂ©diatique de l’autre jour, c’est qu’on voit qu’il bouillait depuis des annĂ©es. Alors, pour l’équipe de France, j’espère que lĂ , il est libĂ©rĂ© ! Et contre l’Ukraine, j’ai envie de le voir manger Yarmolenko ! Et lĂ , je dirais « C’est beau ». Si se soulager sur moi et les autres lui permet ça, tant mieux » Pour le reste, cette « crise diplomatique » aura surtout créé une polĂ©mique regrettĂ©e et pourtant alimentĂ©e essentiellement par la presse. Didier Deschamps de son cĂ´tĂ© a clairement fait front avec son joueur, se refusant Ă participer Ă un « dĂ©bat tout sauf sportif ». Une attitude intelligente qui a fait retomber le soufflĂ© autant qu’il a certainement soudĂ© avec lui un vestiaire, qu’il n’y a pas si longtemps, louait en cĹ“ur le rĂ´le mental jouĂ© par Evra pour aller chercher la victoire en BiĂ©lorussie. On peut lĂ©gitimement penser qu’avec un groupe qui a peu Ă©voluĂ© depuis cet Ă©pisode, l’esprit de corps saura s’installer autour du latĂ©ral de Manchester United. Un club oĂą, rappelons-le, Evra est très clairement un leader respectĂ©, Ă©coutĂ©, et mĂŞme aimĂ© (vice captain by the way). Ce qui n’aurait pas Ă©tĂ© possible s’il Ă©tait vraiment l’imbĂ©cile dĂ©crit dans la presse française. D’autant qu’il ne faut ĂŞtre dupe, la plupart des joueurs pensent probablement la mĂŞme chose que lui. Certains ont mĂŞme carrĂ©ment dĂ» apprĂ©cier. Quoi qu’il en soit, cela n’enlèvera pas Ă Evra l’obligation de tenir son rang sur le terrain, car c’est la seule vĂ©ritĂ© qui compte. Et il serait temps, surtout avec RibĂ©ry devant lui.Â
Vazi Francki, t’es bon !
Ce bon vieux « Scarface » est le meilleur joueur français. Ça fait un moment que tout le monde le sait, lui compris, mais entre les fautes de céfran, Zahia, le bus et une tendance à se croire trop au-dessus, ça a mis le temps pour s’imposer. Maintenant que c’est chose faite, que son niveau est toujours excellent maillot français ou bavarois sur les épaules (13 buts déjà cette saison soit autant que toute la saison dernière ndlr), et que son rôle est clairement défini sur le pré, c’est le moment de se montrer décisif dans l’impact général. De confirmer quoi. Une putain de confirmation qu’on attend depuis un 1/8ème de finale magique en 2006 contre l’Espagne. Cht’i Franck est devenu Kaiser autant que Kaira depuis. L’occasion est belle de laisser la deuxième casquette de côté. Au moins pour un temps. Et avec ça d’emmener l’équipe de France à Rio en juin prochain. Dans sa course à sa réhabilitation dans le cœur des Français, le combat à venir revêt une importance toute particulière. Un vrai défi pour celui qui a eu une tendance à se chier dessus au moment de se prendre pour le héros de la nation dans le passé (2008 ; 2010). Sans doute est-il plus à même de le relever aujourd’hui, les épreuves passées l’ayant endurci. Toutefois il n’aura pas autour de lui Robben, Muller et ses autres copains du Bayern, ce qui lui facilite grandement la vie d’habitude. On est loin de la même osmose technico-tactique en équipe de France hein. Ainsi devra-t-il encore élever son niveau de jeu pour porter le reste de l’équipe. A commencer par Evra, son compagnon sur l’aile. Offensivement ET défensivement, ce dernier aura besoin de son soutien physique et psychologique, notamment dans son duel direct avec Yarmolenko, peut-être l’atout numéro uno d’une équipe ukrainienne loin d’être le plus redoutable des adversaires, mais certainement à même de faire trébucher les Bleus à domicile. Et notre côté gauche sera primordial pour garder l’équilibre.
Partenaires de galère, de bus, de couloir, Evra et RibĂ©ry sont devenus des symboles incontournables de l’équipe de France chancelante de ces dernières annĂ©es. Ils reprĂ©sentaient pourtant tous les deux des Ă©lĂ©ments de choix du football français, mais cela ne s’est vĂ©rifiĂ© qu’en Angleterre et en Allemagne, oĂą les deux bougres affichent tout le contraire de ce qu’on voit sous le maillot bleu. Charge Ă eux de rĂ©gler la schizophrĂ©nie de leurs carrières respectives entre ce vendredi et mardi soir. Et de prouver qu’en France, une gauche peut bien faire son boulot.Â