Maica Mia: Envoûtante Odyssée
Ariane Gruet-Pelchat PubliĂ© sur le site de BRBR le 11 fĂ©vrier 2014: http://www7.tfo.org/brbr/maica-mia-2/ Le duo de rock expĂ©rimental Maica Mia fait paraĂźtre Des Era, un deuxiĂšme disque qui surprend par des rythmes nettement plus appuyĂ©s que ce quâon avait entendu jusquâalors.
Johnny Paradise et Maica Armata sont frĂšre et sĆur dâarme depuis huit ans. AprĂšs avoir fait connaissance lors dâune session studio pour laquelle Johnny Ă©tait ingĂ©nieur de son et Maica choriste, ils ont jouĂ© ensemble au sein de plusieurs groupes â Key of K, Thereâs Still Time Brother ainsi que No Future, une premiĂšre incarnation de leur projet duo. «On a un album enregistrĂ©, masterisĂ© et tout avec No Future, mais on ne lâa jamais sorti», avoue la chanteuse. Câest il y a deux ans, avec la sortie de Sparcity Blues, que le duo Maica Mia sâest rĂ©ellement cimentĂ©. «Ăa nous a pris du temps avant de savoir ce quâon voulait au niveau du son, de lâesthĂ©tique et de notre implication dans le projet. On faisait aussi des shows pour lesquels on changeait toujours de nom. Puis on a dĂ©cidĂ© de faire Maica Mia vers 2012, et Ă ce moment on a lancĂ© Sparcity Blues, pour lequel on a enregistrĂ© des chansons que je traĂźnais dĂ©jĂ .» Leur deuxiĂšme disque Des Era, une magnifique collection de chansons sombres, lentes et minimalistes, a Ă©tĂ© lancĂ© il y a quelques jours Ă la Sala Rossa, oĂč Maica travaille depuis quatre ans et oĂč le duo a recrutĂ© le jeune bassiste de talent Mauro Pezzente (ha, ha) il y a quelque temps. Ă lâexception de Eugene, Des Era et Wish, les chansons du disque sont abstraites et impressionnistes. Maica pratique le chant automatique, improvisant des mots au grĂ© de son humeur. «Souvent, je trouve que les choses les plus poĂ©tiques sortent quand je ne pense pas Ă ce que je veux chanter», explique-t-elle. «Des fois je ne chante que des mots qui ressemblent Ă la phonologie anglophone, des ââpatternsââ du son qui ont lâair anglais. De lĂ il y a des vraies phrases qui sortent, mais je ne les rĂ©alise quâaprĂšs les avoir chantĂ©es», observe-t-elle. Sur la deuxiĂšme piste de leur nouveau disque, le chant rond et langoureux de Maica Ă©voque la curiositĂ© et la fascination de voir quelquâun mourir. «CâĂ©tait sur une route de campagne prĂšs dâOwls Head», raconte-t-elle. «Il y avait devant nous un tracteur qui nâavançait pas. On se demandait ce qui se passait, puis un homme est sorti du tracteur et est tombĂ© par terre. Il a fait une crise cardiaque. Il est mort devant nous pendant que mon amie essayait de le rĂ©animer et que je tenais sa tĂȘte. Il Ă©tait trĂšs vieux. On a appris quâil sâappelait EugĂšne et quâil jouait du violon. CâĂ©tait la premiĂšre fois que je voyais quelquâun mourir.» Sur son poignet gauche, la grande brune sâest fait tatouer la constellation dâOrion, constellation rĂ©fĂ©rence pour ceux qui explorent le ciel en hiver. PassionnĂ©e dâastronomie, la jeune Maica se crĂ©ait une chasse au trĂ©sor dans les Ă©toiles chaque soir. «Ăa mâa beaucoup aidĂ© pendant mon adolescence», admet-elle. LâĂ©tĂ©, elle quittait souvent pour la Pologne, pays natal de sa mĂšre â Son pĂšre, lui, est originaire de Hongrie. Lâart polonais Ă©tant souvent alourdi par le passĂ© difficile de son peuple, il Ă©tait inĂ©vitable dâexplorer son influence sur le son du groupe. «Ma mĂšre, qui est artiste visuelle, est lâune de mes plus grandes influences artistiques. Son histoire est trĂšs intense : elle est nĂ©e en Pologne communiste et est arrivĂ©e au Canada comme rĂ©fugiĂ©e politique. Câest certain que tout ça influencĂ© son art, et son art mâa Ă son tour influencĂ©e. Il y a beaucoup de similaritĂ©s entre la façon dont elle crĂ©e et dont je fais ma musique, donc oui indirectement je dirais quâil y a peut-ĂȘtre beaucoup dâinfluence polonaise dans ma musique. CâĂ©tait parfois trĂšs intense dâĂȘtre entourĂ©e de ses oeuvres Ă la maison, car jâen reconnaissais tous les sentiments.» La mĂšre de Maica Armata, Ludmila Armata, est aussi la crĂ©atrice de la pochette de Des Era, une Ă©paisse ligne dont les deux morceaux tentent de se rejoindre, selon la lecture de Johnny Paradise, ou dont les parties se sĂ©parent, selon celle de Maica. «On aimait beaucoup le cĂŽtĂ© minimaliste de ce tableau. Ma mĂšre nâa jamais Ă me prĂ©senter ce que ses Ćuvres signifient. On se connaĂźt trop.» En plus de la derniĂšre chanson du premier disque de Maica Mia, deux chansons de leur troisiĂšme disque, dĂ©jĂ en prĂ©paration, seront probablement chantĂ©es en polonais. «Jâai peut-ĂȘtre aussi un «soft spot» pour les mĂ©lodies polonaises», ajoute Maica Armata. «On Ă©coutait souvent la musique des gitans comme Goran BregoviÄ. Jâai beaucoup aimĂ© les clĂ©s dans lesquelles ils chantaient et la façon dont ils passaient dâune note Ă une autre.» MaicaMia Ătonnamment, câest avec le bluegrass, dĂ©rivĂ© acoustique et accĂ©lĂ©rĂ© du country, que la jeune adepte des tempos lourds sâest rĂ©ellement mise Ă la guitare. Assidue des soirĂ©es micro-ouvertes au Barfly, admiratrice de Katie Moore, qui sây produisait souvent, elle sâest un jour dĂ©cidĂ©e Ă monter sur scĂšne, mais ne pouvait faire autrement que dây mettre sa touche personnelle. «Jâai toujours Ă©tĂ© fascinĂ©e par les rythmes lents. Je jouais beaucoup de chansons country dâartistes comme Hank Williams ou Lee Hazlewood sur un tempo extrĂȘmement lent. Je ne faisais pas vraiment du bluegrass, mais les gens mâacceptaient quand mĂȘme! Jây ai rencontrĂ© des gens avec qui jâai commencĂ© Ă jouer les fins de semaine, mais câest lorsque jâai commencĂ© Ă jouer avec Johnny et notre ami Will Austin que jâai rĂ©ellement vĂ©cu les chansons plutĂŽt que de juste passer au travers.»
Mais les matins, avant de se mettre au travail, câest vers le southern et le trap rap que Maica et Johhny se tournent «Des gars comme Future, Young Bud, Gucci Mane. On est trĂšs inspirĂ© par leur Ă©thique de travail, et on aime les beats â Johnny joue beaucoup de sampler. Ils travaillent fort et parlent souvent de ça,ââfuck all the haters and keep going.ââ Ils parlent aussi de vendre de la drogue et tout, mais leur rĂ©alitĂ© est trĂšs diffĂ©rente de la nĂŽtre et je suis sĂ»re que si ma rĂ©alitĂ© Ă©tait comme la leur je ferais ce que je peux pour mâen sortir.» Maica Mia sera en premiĂšre partie de PYPY le 15 fĂ©vrier au Trh Bar Ă MontrĂ©al : https://www.facebook.com/events/226055964240288/?fref=ts Des Era est en vente via la page bandcamp du groupe Ludmila Armata expose ses Ćuvres le 6 mars Ă la galerie dâeste. http://en.galeriedeste.com/artist/LUDMILA_ARMATA/exhibitions/
http://www.maicamia.com/ http://maicamia.tumblr.com/











