JENEXISTEPASJENEXISTEPAS
parler de la dĂ©rĂ©alisation est lâune des choses les plus compliquĂ©es auxquelles ai dĂ» faire face. (dis toi que au moment oĂč jâĂ©cris je suis actuellement en phase)
comment parler du vide ?
quels sont les mots Ă utiliser, Ă assimiler Ă cette sensation dâinconnu ?
qui va comprendre ça ?
je ne sais plus ce qui est rĂ©el, mon cerveau nâest plus lĂ , je ne ressens ni mon corps, ni mon « moi-mĂȘme », câest un rĂ©el questionnement identitaire.
plus rien nâa dâimportance puisque plus rien nâexiste, les consĂ©quences de mes actions nâexistent pas puisque
 JE NâEXISTE PAS.
ni moi, ni le monde qui mâentoure, tout nâest que rĂȘve, un rĂȘve dans lequel je suis bloquĂ©e, ou une somnolence, ou peut-ĂȘtre un jeu vidĂ©o dans lequel je serais devant lâĂ©cran de fin de jeu.
je ne sais plus puisque la rĂ©alitĂ© dans laquelle je suis nâest pas prise en compte par mon cerveau.
et je me questionne sur tout, tout est sujet Ă douter mais en mĂȘme temps mon cerveau est incapable de se sentir concernĂ© par quoi que ce soit.
je me regarde, mes mains, mes jambes, mes bras, je mâapproche du miroir, est-ce que câest moi ? les visages des autres ont un sens, pas le mien. ma logique me dit que oui, câest mon visage, je suis devant un miroir, donc le reflet est le mien. je sais que cette bouche est mienne, ces cicatrices aussi, mais je nâen ai nullement la sensation, jâai en face de moi une coquille vide.
câest violent, câest psychiquement violent.
et jâarrive au bout du texte en me rendant compte que je nâai rien Ă©crit.
« si le sel perd son goût, avec quoi le lui rendra-t-on ? »
ci-joint: Céleste en train de tchécker son existence.


















