Lavanda - Lavender
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Lavanda - Lavender

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payne has horrible taste
Demonte - Part 5
“You are aware that it will be your friends that come out of this worst if it goes wrong, yes?” Mr Hines vocalised for what felt to Ophelia like the hundredth time, though she knew it was actually only the third.
“Funnily enough I had.” She didn’t even bother looking up from the final copy of the plans. Nevertheless, he nodded, finally seeming satisfied.
She knew it probably had left him weary of her motives that she’d agreed to help with planning with little argument. It wasn’t that she had actually wanted to be of use, but she was able to see the bigger picture. Playing along could be valuable, allowing her to see the inner workings of the organisation, maybe even leading to an eventual escape. It had also been pointed out that the attack would go ahead whether she helped or not, so really she was helping her friends escape with their lives more than anything. It was a strong division after all, some of the strongest quirks she’d ever heard of, so they needed a good plan.
Tina-Nicole and Demonte

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Demonte - Part 4
Part 1, Part 2, Part 3
Ophelia’s brain had always been wired to constantly create new strategies and plans, though normally she knew at least one organisations motives. Over thinking - that’s what most would say she did, but right now she needed something to work with. Strategizing could be the only thing that kept her sane in this prison.
The main thing nudging its way into her focus, tearing it away from escaping, was always going to be Hines indication that he knew Claudia. How long had they been at war? Longer than Eternity’s existence, perhaps. Maybe even longer than Demonte had held power over the realm. Of course, they’d have been young when the King was killed but it was still a possibility.
Even with her mind ripping itself apart trying to piece together anything that made sense, she noticed the sound of approaching footsteps. Ophelia could pinpoint the exact second the person got to the door, they’re figure blocking some of the light from the cracks around the edge. The key practically sang as it turned in the lock. The door flew inwards, nearly crashing into her - although she doubted anyone would have cared. A woman, who she was sure she’d seen before, moved decisively towards her.
Demonte
In a dark, cold room, she awoke. Despite the lack of light, it was still tiny enough to see and feel all four walls. Beneath her were the frozen and jagged cobblestones of every cliche villains dungeon. If there were more light, the visible wisps of breaths would be seen attempting an escape through the ceiling. It was then that she noticed the icy metal bracelets rattling on her ankles and wrists as she moved. She recognised the helpless situation she seemed to find herself.
A prisoner of war then - she must assume that’s what she was. She had to hope that she was the only one, that her comrades escaped. They were safely at headquarters - plotting her rescue maybe - or anywhere that wasn’t a dank dungeon like hers.
-o-o-o-o- Florence BRUNETTO -o-o-o-o-
Pour la Mostra de Demonte qui vient de s'achever, j'ai rédigé un panneau à propos de la vie de la grand-mère paternelle de mon mari, Florence BRUNETTO. C'est une personne remarquable, droite, courageuse, qui n'a pas été épargnée par la vie. Mon mari l'aimait beaucoup et, en ce qui me concerne, bien que ne l'ayant pas connue, je me sens beaucoup d'affinités avec elle et nous avons un point commun, celui d'être nées toutes les deux, un premier janvier.
Si vous n'avez pas eu le temps de la voir, la Mostra va se poursuivre au fort de Vinadio du 24 juillet au 24 août.
mon panneau exposé au palais Borelli de Demonte (réalisé par Jeanine PESSIONE)
Florence raconte...
Je m’appelle Maria Fiorenzina BRUNETTO mais je suis connue en France sous le prénom de Florence.
Je suis née le 1° janvier 1892 à Aisone.
Je suis la fille de Giovanni Battista BRUNETTO (1859-1945) et de Giuseppina BAGNIS (1866-1933).
Giovanni Battista BRUNETTO, le père de Florence
Giuseppa BAGNIS, la mère de Florence
J’avais l’habitude de voir mon père partir travailler en France, chaque année, à partir du mois d’octobre car il n’y avait rien à faire dans une ferme, durant l’hiver, à Aisone, à cause de la neige abondante, si ce n’est s’occuper du bétail. Mon père se rendait à pied à Barcelonnette où il était employé comme bûcheron.
Il rentrait à Aisone, comme beaucoup d’autres, au printemps, c’est pourquoi ils étaient appelés « les hirondelles de printemps » qui reviennent au pays avec les beaux jours.
Plus tard, mon père est resté à la ferme pour traire les vaches et s’occuper du bétail et des plus jeunes enfants tandis que ma mère partait avec ses deux aînés, Lucia et Romano, qui avaient à peine dix ans. Je suis, moi aussi, partie avec eux, pour la première fois, lorsque j’avais neuf ans (en 1901) parce que je ne voulais plus rester tout l’hiver, avec mon père qui était trop sévère avec moi.
J’ai quitté définitivement Aisone lorsque j’ai eu douze ans (en 1904), car la misère était trop difficile à supporter. Je suis partie avec ma sœur Lucia qui avait quatre ans de plus que moi et je tenais par la main ma petite sœur Maria Amalia qui avait presque dix ans.
Nous laissions avec nos parents, notre frère Romano qui avait quatorze ans et qui pouvait les aider dans les tâches agricoles (plus tard, Romano viendra aussi travailler définitivement en France où il sera employé des travaux publics à Salon de Provence) ainsi que deux jeunes bambins : Giuseppa, quatre ans et Giuseppe, deux ans.
Nous sommes parties pour pouvoir gagner un peu d’argent, manger à notre faim et ne plus vivre ces hivers trop rudes.
Nous avons traversé les Alpes pour rejoindre la ville de Nice, en France.
Je ne parlais pas le français mais j’arrivais à me faire comprendre, grâce au piémontais. J’ai ensuite appris le français en lisant le journal et j’ai su l’écrire sans fautes d’orthographe.
A Nice, nous avons trouvé un emploi chez un expéditeur de fleurs. J’allais chercher les fleurs au marché de Nice, à quatre heures du matin, et je les ramenais dans un petit chariot, un charreton. Nous étions logées chez notre patron, on appelle cela « être placées ».
Bien que travaillant sans relâche, nous étions très peu nourries. Souvent, en guise de repas, nous avions juste de l’eau et du pain. Nous avions faim en permanence. L’armoire à provisions était fermée à clé et il nous était impossible de prendre, ne serait-ce qu’un morceau de pain supplémentaire. Nous étions forcées de prendre des œufs fraîchement pondus, dans le poulailler, et de les gober à toute vitesse, pour tenir le coup.
En 1909, nous étions encore à Nice, lors du tremblement de terre. Je peux dire qu’il a créé une grande panique dans la population.
Nous avons quitté Nice lorsque le patron est devenu de plus en plus entreprenant envers moi et puis, nous ne supportions plus nos conditions de vie. Avant de partir, nous avons fait un petit tour dans la cave du patron et nous avons goûté son vin et cassé toutes les bouteilles pour le punir de sa méchanceté.
Nous avons été recensées, à Hyères, en 1911. Mes sœurs et moi, logions chez Auguste FAUTRIER et sa femme. Leur fille Angeline avait à peu près le même âge que ma petite sœur Amalia et nous travaillions tous chez PEDEVILLA, jardinier exploitant (horticulteur) aux Nartettes.
Cette même année, nous avons fêté, à Aisone, le 31 août, le mariage de Lucia avec Giovanni Battista RINAUDO, un italien de Demonte. Ils sont ensuite partis vivre quelques années à Saint-Denis, près de Paris, avant de revenir à Hyères.
Je me suis mariée, à mon tour, avec Andrea LOCCA, un italien originaire de Vinadio. En 1914, à la naissance de notre fille Marie-Jeanne, nous habitions 7 rue de l’hôpital à Hyères et nous étions tous les deux journaliers.
Marie Jeanne LOCCA, la fille de Florence
Durant la Première Guerre Mondiale, mon mari est parti combattre dans l’armée italienne.
En 1918, j’ai attrapé la grippe espagnole. J’avais énormément de fièvre et je me sentais délirer. J’ai eu la volonté de m’accrocher à la vie, pour ma fille tout d’abord et pour mon mari qui n’était pas encore revenu de la guerre. Je me suis fait des grogs pendant toute une nuit. J’ai bu un litre de rhum et le lendemain matin j’étais toujours là et j’allais mieux.
Mon mari n’était plus le même quand il est revenu chez nous. Il avait pris goût à la boisson et il n’était plus motivé pour travailler. Après avoir tant souffert sur le front, il voulait profiter de la vie.
Joseph LOCCA, le fils aîné de Florence
A la naissance de notre fils Joseph, en 1920, nous habitons au quartier des Grès, à Hyères et nous sommes toujours journaliers. Ma sœur Amalia s’étant mariée en 1917, ma plus jeune sœur Giuseppa est venue nous rejoindre pour s’occuper des enfants et du ménage.
Mon mari est mort le 14 juin 1921, à notre domicile. Il avait trente-deux ans. Il me laissait seule à vingt-neuf ans avec une fille de sept ans et un fils d’un an. Giuseppa s’est retrouvée grosse d’on ne sait qui . Elle a mis au monde, le 10 janvier 1922, à Hyères, un petit Giovanni Battista, prénommé comme son grand-père. Ce pauvre garçon a connu un destin tragique puisqu’il est mort le 20 janvier 1943, en Russie.
Florence avec son second mari Antoine SALVETTI, le jour de leur mariage
Malgré tous ces malheurs, il fallait bien que la vie continue. Le 17 mars 1923, j’épousais, à Hyères, un veuf de quarante-quatre ans, Antoine SALVETTI, originaire de Caluso, qui avait trois enfants : Louis, 22 ans, Jean, 19 ans et Marie, 17 ans.
Le 6 juillet 1924, aux Grès, à Hyères, je mettais au monde mon dernier fils, Marius SALVETTI.
Marius SALVETTI, le fils cadet de Florence
C’est sans doute après la crise de 1929 que j’ai acheté une vieille pendule en bois à un noble qui était ruiné et qui parcourait la campagne avec une charrette pour vendre ses meubles.
Mon mari, mon fils et moi-même, avons obtenu la nationalité française par le décret du 18 février 1931.
Quelques années plus tard, nous avons pu acheter un corps de ferme, aux Rougières, à Hyères, avec location de terres aux alentours. Je travaillais enfin pour moi et non plus pour les autres. J’étais mon propre patron.
Ce bonheur n’a duré qu’un temps et l’année 1944 fut horrible pour moi. J’ai perdu mon fils Joseph le 23 septembre. Il souffrait de la tuberculose. Puis mon mari Antoine m’a quittée deux mois plus tard, le 24 novembre. Il se sentait fatigué après une journée de travail et avait souhaité se coucher Je suis allée l’embrasser avant qu’il ne s’endorme et lorsque je suis allée me coucher, il était mort d’un infarctus.
La tombe familiale, au cimetière de Hyères
Heureusement qu’il me restait Marius avec qui nous avons continué à travailler dur. Mais un nouveau coup du sort nous a obligés à quitter la ferme, vers 1952, alors que je venais d’avoir soixante ans. Le bailleur des terres que je louais avait décidé de les reprendre pour les vendre comme terrains à bâtir et en tirer un juteux profit. J’ai donc vendu le corps de ferme et j’ai acheté une maison de quatre étages, en ville. J’ai pu louer un étage pendant quelques années. Je pouvais aussi héberger ma fille Marie-Jeanne quand elle revenait de ses saisons dans les hôtels du Lavandou ou de Megève et mon fils Marius ainsi que la famille qu’il venait de fonder.
Sa vie s’en est trouvée changée. Marius aimait tant travailler la terre. Il lui a fallu trouver un autre métier, c’est ainsi qu’il a travaillé dans le bâtiment. Il lui restait au moins la vie au grand air.
Florence
Pendant vingt-cinq ans, j’ai mené une vie tranquille mais toujours bien active dans mon appartement du troisième étage. En plus des trois volées d’escalier que je montais ou descendais plusieurs fois par jour, je me déplaçais beaucoup en ville pour rendre visite à ma sœur Lucia qui habitait rue Sainte-Catherine, une rue très pentue ou à d’anciennes connaissances demeurant un peu plus loin.
J’allais aussi régulièrement à l’église Saint Louis pour me recueillir et prier pour mon Joseph ou je lui apportais des fleurs au cimetière. A chaque fois que quelqu’un me parlait de mon fils, je fondais en larmes. Je n’ai jamais accepté qu’il soit parti si tôt. Il ne le méritait pas. C’était trop injuste.
Quand Marius a eu une voiture, nous sortions souvent le dimanche pour voir des amis à Giens ou rencontrer la famille de ma sœur Amalia à Seillons Source d’Argens ou encore rendre visite à mon petit-fils Christian quand il était en colonie de vacances à Jausiers. Je me suis beaucoup occupé de lui et je l’emmenais partout où j’allais. Il en a fait des kilomètres à pied avec moi quand il était petit.
Florence et son petit-fils Christian, dans les rues de Hyères, vers 1958
J’ai rendu mon dernier soupir, dans ma maison, le 17 janvier 1977. Il était hors de question pour moi de quitter ma maison. C’est vrai que je me sentais bien fatiguée mais je ne voulais pas entendre parler de docteur, d’hôpital. Et puis, j’avais fait mon temps. Je suis allée rejoindre mon cher fils Joseph ainsi que mes maris André et Antoine. Jean SALVETTI, le fils cadet d’Antoine avait été inhumé dans notre concession en 1974. Marius nous a rejoints en 2007 et Marie-Jeanne en 2015, elle avait cent ans et presque neuf mois.
Per la Mostra di Demonte, recentemente conclusa, ho scritto un pannello sulla vita della nonna paterna di mio marito, Florence Brunetto. Era una persona straordinaria, retta e coraggiosa, che la vita non ha risparmiato. Mio marito l'amava moltissimo e, anche se non l'ho mai conosciuta, sento una forte affinità con lei. Abbiamo una cosa in comune: siamo nati entrambi il primo gennaio.
Se non avete avuto tempo di vederla, la Mostra proseguirà al Forte di Vinadio dal 24 luglio al 24 agosto.
il mio pannello esposto al Palazzo Borelli di Demonte (realizzato da Jeanine PESSIONE)
Florence racconta...
Mi chiamo Maria Fiorenzina Brunetto, ma in Francia sono conosciuta come Florence.
Sono nata il 1° gennaio 1892 ad Aisone.
Sono figlia di Giovanni Battista Brunetto (1859-1945) e Giuseppina Bagnis (1866-1933).
Giovanni Battista BRUNETTO, padre di Florence
Giuseppa BAGNIS, madre di Florence
Vedevo mio padre partire per lavorare in Francia ogni anno, a partire da ottobre, perché in inverno non c'era niente da fare in una fattoria ad Aisone a causa delle forti nevicate, se non badare al bestiame. Mio padre andava a piedi fino a Barcelonnette, dove lavorava come boscaiolo.
Tornava ad Aisone, come molti altri, in primavera, ed è per questo che venivano chiamate "rondini di primavera" che tornano a casa con la bella stagione.
In seguito, mio padre rimase alla fattoria a mungere le mucche e a prendersi cura del bestiame e dei bambini più piccoli, mentre mia madre se ne andò con i suoi due figli più grandi, Lucia e Romano, che avevano appena dieci anni. Anch'io partii con loro, per la prima volta, a nove anni (nel 1901), perché non volevo più stare tutto l'inverno con mio padre, che era troppo severo con me.
Lasciai Aisone definitivamente a dodici anni (nel 1904), perché la povertà era troppo difficile da sopportare. Partii con mia sorella Lucia, che aveva quattro anni più di me, e tenevo per mano la mia sorellina Maria Amalia, che ne aveva quasi dieci.
Lasciammo i nostri genitori, nostro fratello Romano, che aveva quattordici anni e che poteva aiutarli nei lavori agricoli (in seguito, Romano sarebbe venuto a lavorare stabilmente anche lui in Francia, dove lavorò per i lavori pubblici a Salon-de-Provence), e due bambini piccoli: Giuseppa, di quattro anni, e Giuseppe, di due.
Partimmo per guadagnare un po' di soldi, avere abbastanza da mangiare ed evitare quegli inverni rigidi.
Attraversammo le Alpi per raggiungere la città di Nizza, in Francia.
Non parlavo francese, ma riuscivo a farmi capire grazie al mio piemontese. Poi imparai il francese leggendo il giornale e sapevo scriverlo senza errori di ortografia.
A Nizza trovammo lavoro presso uno spedizioniere di fiori. Andavo a ritirare i fiori al mercato di Nizza alle quattro del mattino e li riportavo indietro con un piccolo carretto, un charreton. Vivevamo con il nostro capo; Lo chiamavamo "essere sistemati".
Sebbene lavorassimo instancabilmente, ricevevamo pochissimo cibo. Spesso, avevamo solo acqua e pane per i pasti. Avevamo sempre fame. La dispensa era chiusa a chiave ed era impossibile per noi procurarci anche solo un pezzo di pane in più. Eravamo costretti a prendere le uova appena deposte dal pollaio e a divorarle in fretta per sopravvivere.
Nel 1909, eravamo ancora a Nizza quando ci fu il terremoto. Posso dire che causò un grande panico tra la popolazione.
Lasciammo Nizza quando il padrone diventò sempre più insistente con me, e a quel punto non riuscimmo più a sopportare le nostre condizioni di vita. Prima di partire, facemmo un rapido giro nella cantina del padrone, assaggiammo il suo vino e ruppiamo tutte le bottiglie per punirlo della sua cattiveria.
Fummo registrati a Hyères nel 1911. Io e le mie sorelle eravamo ospiti di Auguste FAUTRIER e sua moglie. La loro figlia, Angeline, aveva più o meno la stessa età della mia sorellina, Amalia, e lavoravamo tutte per PEDEVILLA, un giardiniere (orticoltore) a Nartettes.
Quello stesso anno, il 31 agosto, celebrammo il matrimonio di Lucia con Giovanni Battista RINAUDO, un italiano di Demonte, ad Aisone. Poi andarono a vivere per alcuni anni a Saint-Denis, vicino a Parigi, prima di tornare a Hyères.
Io, a mia volta, sposai Andrea LOCCA, un italiano di Vinadio. Nel 1914, quando nacque nostra figlia Marie-Jeanne, abitavamo al 7 di rue de l'Hôpital a Hyères ed eravamo entrambe braccianti giornaliere.
Marie Jeanne LOCCA, figlia di Florence
Durante la Prima Guerra Mondiale, mio marito partì per combattere nell'esercito italiano.
Nel 1918, contrassi l'influenza spagnola. Avevo la febbre alta e deliravo. Avevo la forza di aggrapparmi alla vita, prima di tutto per mia figlia e per mio marito, che non era ancora tornato dalla guerra. Mi preparai dei grog caldi per tutta la notte. Bevvi un litro di rum e la mattina dopo ero ancora lì e mi sentivo meglio.
Mio marito non era più lo stesso quando tornò a casa. Aveva preso gusto al bere e non era più motivato a lavorare. Dopo aver sofferto così tanto in prima linea, voleva godersi la vita.
Joseph LOCCA, figlio maggiore di Florence
Quando nacque nostro figlio Joseph, nel 1920, vivevamo nel quartiere Grès di Hyères ed eravamo ancora braccianti giornalieri. Mia sorella Amalia si sposò nel 1917 e la mia sorella minore Giuseppa si unì a noi per prendersi cura dei bambini e delle faccende domestiche.
Mio marito morì il 14 giugno 1921 a casa nostra. Aveva trentadue anni. Mi lasciò sola a ventinove anni con una figlia di sette anni e un figlio di un anno. Giuseppa si ritrovò incinta di uno sconosciuto. Diede alla luce il 10 gennaio 1922 a Hyères un piccolo Giovanni Battista, chiamato come suo nonno. Questo povero bambino incontrò un tragico destino, morendo il 20 gennaio 1943 in Russia.
Florence con il suo secondo marito Antoine SALVETTI, il giorno delle nozze
Nonostante tutte queste disgrazie, la vita doveva andare avanti. Il 17 marzo 1923, a Hyères, sposai un vedovo di quarantaquattro anni, Antoine SALVETTI, originario di Caluso, che aveva tre figli: Louis, 22 anni, Jean, 19 anni, e Marie, 17 anni.
Il 6 luglio 1924, a Les Grès, a Hyères, diedi alla luce il mio ultimo figlio, Marius SALVETTI.
Marius SALVETTI, Il secondo figlio di Florence
Fu probabilmente dopo la crisi del 1929 che comprai un vecchio orologio di legno da un nobile caduto in rovina che girava per la campagna con un carretto vendendo i suoi mobili.
Mio marito, mio figlio ed io ottenemmo la cittadinanza francese con decreto del 18 febbraio 1931.
Qualche anno dopo, potemmo acquistare una fattoria a Les Rougières, a Hyères, con contratti di locazione di terreni nei dintorni. Finalmente lavoravo per me stessa e non più per altri. Ero padrona di me stessa.
Questa felicità durò solo poco tempo e il 1944 fu un anno orribile per me. Persi mio figlio Joseph il 23 settembre. Soffriva di tubercolosi. Poi mio marito Antoine mi lasciò due mesi dopo, il 24 novembre. Si sentiva stanco dopo una giornata di lavoro e voleva andare a letto. Andai a baciarlo prima che si addormentasse e quando andai a letto, era morto d'infarto.
La tomba di famiglia, nel cimitero di Hyères
Fortunatamente, avevo ancora Marius, con cui continuavamo a lavorare sodo. Ma un altro scherzo del destino ci costrinse ad abbandonare la fattoria intorno al 1952, quando avevo appena compiuto sessant'anni. Il proprietario del terreno che avevo in affitto aveva deciso di pignorarlo e venderlo come terreno edificabile, ricavandone un lauto guadagno. Così vendetti la fattoria e comprai una casa di quattro piani in città. Riuscii ad affittarne uno per qualche anno. Potevo anche ospitare mia figlia Marie-Jeanne al suo ritorno dalle sue vacanze estive negli hotel di Le Lavandou o Megève, e mio figlio Marius con la famiglia che aveva appena formato.
La sua vita era cambiata. Marius amava così tanto lavorare la terra. Dovette trovarsi un altro lavoro, così finì per lavorare nell'edilizia. Almeno aveva ancora la vita all'aria aperta.
Florence
Per venticinque anni ho condotto una vita tranquilla ma sempre attiva nel mio appartamento al terzo piano. Oltre a salire tre rampe di scale più volte al giorno, giravo molto per la città per andare a trovare mia sorella Lucia, che abitava in Rue Sainte-Catherine, una strada molto ripida, o per andare a trovare vecchie conoscenze che abitavano un po' più lontano.
Andavo anche regolarmente alla chiesa di Saint Louis per meditare e pregare per il mio Joseph, oppure gli portavo dei fiori al cimitero. Ogni volta che qualcuno nominava mio figlio, scoppiavo a piangere. Non ho mai accettato che se ne andasse così presto. Non se lo meritava. Era così ingiusto.
Quando Marius prese la macchina, uscivamo spesso la domenica per andare a trovare degli amici a Giens, per incontrare la famiglia di mia sorella Amalia a Seillons-Source-d'Argens o per andare a trovare mio nipote Christian quando era al campo estivo a Jausiers. Mi prendevo cura di lui con grande cura e lo portavo ovunque andassi. Da piccolo ha camminato per chilometri con me.
Florence e suo nipote Christian, per le strade di Hyères, intorno al 1958
Ho esalato l'ultimo respiro in casa mia il 17 gennaio 1977. Lasciare casa mia era fuori questione per me. È vero che mi sentivo molto stanca, ma non volevo sentire parlare di dottori o ospedali. E poi, avevo scontato la mia pena. Sono andata a raggiungere il mio caro figlio Joseph e i miei mariti André e Antoine. Jean SALVETTI, il secondo figlio di Antoine, è stato sepolto nella nostra tomba nel 1974. Marius ci ha raggiunto nel 2007 e Marie-Jeanne nel 2015; aveva cento anni e quasi nove mesi.