Plongée dans la plate-forme technique du portail Open Data
ZDnet a publié ce jour une interview au sujet de l'architecture technique de la premiÚre plateforme d'open data de l'Etat, data.gouv.fr
Hébergement et infrastructure matérielle
Chez Atos, l'hĂ©bergement du portail data.gouv.fr (au budget de 2 millions d'euros) est mutualisĂ© avec service-public.fr et legifrance.gouv.fr, les deux principaux sites de lâEtat en termes dâaudience, Ă©ditĂ©s par la DILA (Direction de l'information lĂ©gale et administrative).
« DĂšs la crĂ©ation de la mission, nous avons choisi de travailler en collaboration avec la DILA que ce soit au niveau hĂ©bergement ou applicatif avec eZ Publish, Exalead et Mondeca. Cela permet,de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, dâharmoniser les outils que nous dĂ©ployons et donc de rationaliser les coĂ»ts, mais aussi de monter en compĂ©tences et de capitaliser au niveau du dĂ©veloppement et de la maintenance » dĂ©clare le directeur technique dâEtalab, Charles Ruelle.
TrÚs classiquement, le portail comprend trois environnements (qualification, pré-production et production), intégralement redondés, et une répartition sur deux datacenters distincts. Un site de backup a été prévu et permet le téléchargement des jeux de données les plus demandés. Les différentes briques applicatives du site sont exécutées depuis une dizaine de serveurs virtuels en production (VMWare ESX).
Montée en charge et cache
La problĂ©matique de la montĂ©e en charge est gĂ©rĂ©e notamment grĂące au recours Ă la virtualisation, qui permet en cas de pic de trafic, dâajouter de nouveaux serveurs. La montĂ©e en charge a Ă©tĂ© anticipĂ©e au lancement afin de garantir la disponibilitĂ© du site lors de la mise en ligne et la capacitĂ© du back-office producteurs Ă accueillir un grand nombre dâutilisateurs (800 Ă 1000, contre 200 actuellement).
« Câest tout lâintĂ©rĂȘt dâune architecture Ă base de machines virtuelles qui permet de sâadapter aux pics de trafic. Par ailleurs, lâarchitecture est trĂšs NoSQL en frontal. Par rapport au CMS, le fait de faire des modules dâextension qui ne sâappuient pas sur des modĂšles gĂ©nĂ©riques de stockage mais plutĂŽt des approches traditionnelles SGBD permet dâavoir un meilleur temps de rĂ©ponse du CMS et plus globalement du systĂšme » dĂ©taille Jean-Christophe Renou, spĂ©cialiste de lâECM chez Logica, prestataire technique de data.gouv.fr.
Pour le cache, Etalab a prĂ©vu une architecture asymĂ©trique entre la contribution en « mode CMS » et une publication en cache avec prĂ©-gĂ©nĂ©ration dâun certain nombre de pages (rĂ©fĂ©rencĂ©es par le moteur de recherche). Â
CMS : eZ Publish
Le choix dâun socle CMS eZ Publish est dictĂ© par une volontĂ© de mutualisation avec la DILA.
« Tous les aspects transactionnels sont construits au-dessus du CMF - Content Management Framework â et toutes les interactions comme le forum sont le plus souvent des extensions greffĂ©es Ă lâintĂ©rieur dâeZ Publish [âŠ] Les contributions peuvent rapidement devenir nombreuses et afin de maintenir de bonnes performances, nous avons créé pour cela des extensions spĂ©cifiques » prĂ©cise Jean-Christophe Renou.
Back-office producteurs et description des jeux de données
Pour publier leurs jeux de données, les administrations disposent de leur propre outil de publication, accessible en mode Web.
« On retrouve les concepts dâun CMS. Nous avons créé un modĂšle dâorganisation gĂ©nĂ©rique Ă lâensemble des producteurs de donnĂ©es, et souple, Ă travers lequel il est possible de dĂ©finir les workflows. Les fonctions dâadministration sont elles dĂ©portĂ©es vers les coordinateurs » dĂ©crit le responsable de Logica.
La description des jeux de donnĂ©es est gĂ©rĂ©e quant Ă elle par lâintermĂ©diaire de lâoutil de gestion de base de connaissances sĂ©mantiques de la sociĂ©tĂ© Mondeca. « Chaque descriptif dâun jeu de donnĂ©es est harmonisĂ© avec des thĂ©saurus [âŠ] Cela permet dĂ©jĂ dâapporter une premiĂšre Ă©tape de qualification harmonisĂ©e au niveau de lâEtat » commente Charles Ruelle.
Plate-forme dâĂ©change de donnĂ©es
Chacun des 200 contributeurs de la plateforme peut recenser, qualifier et diffuser des donnĂ©es publiques depuis son interface.Â
La publication automatisĂ©e des jeux de donnĂ©es sur data.gouv.fr sâeffectue quant Ă elle grĂące Ă une plate-forme dâĂ©changes (des Ă©changes FTP sĂ©curisĂ©s). Celle-ci supporte les flux automatiques entre les bases de donnĂ©es des SI de lâEtat et la plate-forme.
« Nous avons tiré des liens permanents entre les bases de données des administrations et Etalab pour que la mise à jour de centaine de milliers de jeux de données puisse se faire dans un souci de productivité » détaille Jean-Christophe Renou.
« Nous envisageons un mode en pull basĂ© sur le moissonnage. Nous avons mis en place un prototype avec une syntaxe XML/RDF avec lâInsee et le MEDETEL [Ndlr : ministĂšre de lâĂ©cologie]. Pour nous câest un enjeu extrĂȘmement fort puisque cela permet de mettre Ă disposition toujours plus de donnĂ©es, mieux qualifiĂ©es et mieux mises Ă jour et dâindustrialiser cette Ă©tape de diffusion » ajoute Charles Ruelle.
Moteur de recherche : Exalead
Le moteur interne du portail est basĂ© sur la technologie dâExalead - propriĂ©tĂ© dĂ©sormais de Dassault SystĂšmes. La dĂ©marche itĂ©rative est Ă©galement appliquĂ©e au moteur afin donc dâamĂ©liorer la pertinence des rĂ©sultats et de proposer de nouvelles fonctionnalitĂ©s de recherche.
« Nous avons commencĂ© sur quelque chose dâassez simple avant dâapporter progressivement des amĂ©liorations pour faciliter encore lâaccĂšs aux donnĂ©es, en structurant ou ajoutant par exemple des facettes [âŠ] A ce stade du dĂ©veloppement, nous avions priorisĂ© lâapproche simple et lâappropriation rapide. Nous avons travaillĂ© autour de lâexpĂ©rience Google en termes dâusages. En complĂ©ment de cette recherche accessible Ă tous et qui permet dĂ©jĂ de faire 80% du travail, nous travaillons sur des facettes de recherche spĂ©cialisĂ©es sur certains axes, par exemple en privilĂ©giant dans une requĂȘte lâaxe gĂ©ographique » prĂ©sente Jean-Christophe Renou.












