New Post has been published on TalkAfrika.com
New Post has been published on http://talkafrika.com/2014/05/lucien-finette-hsc-pro-les-vertus-du-hsc-en-y-ajoutant-une-composante-professionnelle/
LUCIEN FINETTE : « HSC Pro, les vertus du HSC en y ajoutant une composante professionnelle »
Le HSC Professional (maintenant connu comme le HSC Pro) a été lancé officiellement aujourd’hui dans le cadre des célébrations marquant le 30e anniversaire du Mauritius Examinations Syndicate (MES). Plusieurs hauts cadres de Cambrige International Examinations sont présents au MES ce matin dont Michael O’Sullivan, le CEO. Lucien Finette, directeur du MES, a eu l’idée du HSC Pro en 2007 et depuis, il s’est attelé à la vulgariser parmi les professionnels de l’éducation et à convaincre les décideurs de ses bienfaits tout en discutant avec Cambridge de la meilleure formule à adopter pour la mettre en pratique. Dans l’interview qui suit, il explique les objectifs de ce nouveau diplôme en affirmant qu’il ne sera pas inférieur à celui auquel les Mauriciens sont habitués depuis près d’un siècle. « Le HSC Pro aura la même valeur que le HSC classique que l’on connait déjà », soutient Lucien Finette.
Le HSC Pro, c’est votre bébé et vous devez être heureux de voir aboutir ce projet… Pourquoi y tenez-vous tant ?
Je suis content parce que c’est un projet avant tout dans l’intérêt des jeunes et du pays. L’idée a germé en 2007 à la suite des reproches que j’entendais sur le HSC. Il y a eu d’abord une réflexion en profondeur sur le sujet suivi d’une grande période de gestation. Depuis que je suis au MES, j’ai souvent entendu les employeurs dire que le HSC ne forme pas suffisamment les jeunes au monde du travail d’aujourd’hui. Même si le HSC a évolué vers des matières qui correspondent aux réalités du pays, il faut admettre que ce programme d’études tend surtout à former les jeunes pour la profession libérale et pour les jobs de l’administration. En regardant l’histoire du HSC, on constate que très peu d’étudiants concourent pour les bourses d’État. Sur les 13000 candidats qui ont pris part l’an dernier, seulement 2 500 « compete » pour 31 bourses et les autres ne sont pas intéressés à être lauréats. Ainsi, il y a tout un syllabus qui est orienté vers ces 31 bourses concernant 2 000 candidats et les autres doivent suivre. Mais ce qui est aussi étonnant et triste c’est qu’un grand nombre de jeunes qui réussissent le SC ne poursuivent pas jusqu’au HSC, parce qu’ils savent qu’ils ne vont pas pouvoir aller jusqu’à l’université. Les 25 % de candidats qui ratent le HSC ont en main à la sortie du secondaire le GCE dans une ou deux matières. Tous ces faits me faisaient réfléchir. Deux ans de HSC pour rien. Je suis du monde académique et je me demande ce que j’aurais fait après mon HSC si je n’avais pas eu la possibilité de poursuivre des études universitaires. Les choses ont beaucoup changé aujourd’hui. Travail et études aujourd’hui sont compatibles alors qu’autrefois on devait choisir entre l’un ou l’autre. Les jeunes veulent travailler tout de suite, mais faut-il encore qu’ils soient employables ! Le savoir et les connaissances ont changé de forme et de finalité. Aujourd’hui le savoir universel est appelé à changer quotidiennement si ce n’est pas toutes les heures. On n’a pas besoin d’accumuler tout le savoir, car on est aidé constamment grâce aux nouveaux outils de communication. Nous avons des outils pour nous mettre au courant de tout ça.
Qu’est-ce que vous proposez de nouveau et qui pourrait rendre les jeunes employables immédiatement après l’école ?
Il nous faut garder les vertus du HSC traditionnel parce que le cursus donne un très bon bagage académique qui permet de faire développer certaines compétences. Il ne faut pas ignorer aussi le prestige qui est attaché au diplôme du HSC. On va y ajouter une composante professionnelle qui permet d’aller dans le monde du travail tout en donnant la possibilité de continuer dans les études tertiaires. C’est là qu’intervient le HSC Pro. Ce nouveau diplôme sera de valeur égale avec le HSC classique. Il permettrait aussi aux jeunes de s’adapter à une formation personnelle. On ne pourrait plus à l’avenir compter sur les stages de formation et il va falloir donner les outils nécessaires pour que les jeunes et les moins jeunes arrivent à parfaire leur formation par eux-mêmes. Les jeunes savent où il faut aller pour accéder à ces programmes de formation, mais il faut dès l’école leur donner les outils nécessaires pour y arriver. Le HSC Pro leur ouvre la porte dans cette direction.
Pourquoi rester avec Cambridge pour offrir un diplôme de fin d’études secondaires à vocation professionnelle ?
Vous avez raison de poser cette question. Je pouvais me tourner vers plusieurs pays, tels le Canada, la France ou même l’Australie. Mais ce que je voulais demandait des changements énormes qu’on ne pourrait faire tout de suite et le système en vigueur dans ces pays n’est pas adaptable au contexte éducatif secondaire mauricien. Par exemple, au Canada, il y a trois ans d’études en y incluant des périodes de stage, mais cela n’est pas possible à Maurice. Je considère que ce que nous avons mis en place finalement à Maurice est le système idéal. Puisque nous voulons garder le niveau du HSC il vaut mieux travailler avec Cambridge que les Mauriciens connaissent bien. Il fallait ensuite convaincre Cambridge de faire ce que je voulais et qui a été une partie gagnée de haute lutte. Ce projet a donné lieu à beaucoup d’années de discussions et de négociations et je suis ravi de son aboutissement. Je voulais que le HSC Pro soit à parité avec le HSC classique et qu’il offre les mêmes avantages, par exemple l’ouverture vers les études universitaires. Pour avoir l’accréditation de l’université britannique, il faut passer par plusieurs étapes. Je souligne que le HSC Pro n’est pas une nouvelle filière d’études, mais un diplôme à part entière. Le HSC Pro est un HSC plus.
Avez-vous sondé les jeunes collégiens et les profs à ce sujet ?
Le MES a terminé une série de consultations avec tous les stakeholders du monde scolaire à Maurice ainsi qu’à Rodrigues et avons organisé plusieurs briefings dans les collèges à l’intention des élèves. Nous avons distribué beaucoup de documents dans les écoles. Le Human Ressource Development Council (HRDC) est partie prenante de ce projet. Nous avons aussi fait un sondage auprès des élèves et je peux vous dire que nous avons eu un très bon response.
Concrètement, comment cela va se passer pour l’élève qui opte pour le HSC pro ?
Actuellement pour obtenir le HSC, l’élève doit obligatoirement étudier trois « main » (trois matières principales), une matière subsidiaire ainsi que le General Paper (GP). Il peut choisir la filière qui lui convient le mieux en fonction des résultats obtenus au SC. Pour le HSC Pro un des trois matières « main » est remplacée par Cambridge Technical qui comprend six modules exclusivement sur un domaine. Nous démarrons avec l’ICT et plus tard nous y ajouterons d’autres groupes de matières. Ensuite le HSC Pro propose un nouveau cursus pour le GP et qui s’appelle « Global Perspective ». Au premier abord ce nouveau GP paraît plus compliqué, mais il est très intéressant. Il y a plusieurs rapports qui disent que le GP classique est démodé et ne concorde pas avec les attentes des examinateurs. Il y a beaucoup de critiques sur les productions des candidats pour le GP. Les scripts des candidats révèlent que les élèves ont une tête bien remplie avec toutes les connaissances encyclopédiques. Il y a des réponses toutes faites que les élèves ont sans aucun doute apprises par cœur. Tandis que le « Global Perspective » met l’accent sur un sujet spécifique, mais les questions portent sur une perspective globale. « Global Perspective » est intéressant à la fois tant pour les sujets qui seront abordés que par la formule par laquelle le candidat sera examiné. En effet, le candidat doit présenter une dissertation écrite dans laquelle l’analyse et la synthèse doivent primer. Il doit prendre part aussi à une discussion orale sur un thème qu’on lui soumettra en avance, mais qui sera en lien avec sa dissertation ainsi qu’avec son stage de formation en entreprise. En effet, le troisième élément important de ce HSC Pro est le placement en entreprises. Le programme d’études prévoit douze à quinze semaines de stage, mais qui seront étalées sur deux ans à partir des premières vacances en Lower VI. Rassurez-vous, ce ne sont pas des stages pour aller faire des photocopies dans les entreprises ! Il y aura un superviseur du stage qui est un employé de l’entreprise et celui-ci travaillera de concert ave les profs de HSC Pro. L’élève doit avoir étudié l’informatique en Form V comme une matière pour pouvoir s’inscrire au HSC Pro. Dans notre démarche nous donnons une nouvelle orientation à l’éducation puisqu’on s’adapte au marché du travail. Mais si à la fin de la Lower VI l’élève constate qu’il ne peut s’adapter au programme il peut retourner vers le HSC traditionnel.
Est-ce que tout le dispositif requis est en place pour bien démarrer le HSC Pro ?
Nous avons beaucoup avancé à ce niveau. Les collèges choisis pour démarrer le programme d’études répondent aux normes. Nous avons un programme de formation pour les profs. Il est bon de savoir qu’il n’y aura pas de text books mais que tout le matériel dont l’élève et le prof auront besoin seront fournis par Cambridge.