Base de donnĂ©es : Oracle cloue au pilori les solutions dâAWS
Avant de sâattaquer Ă la concurrence supposĂ©e, Larry Ellison prĂ©sente succinctement les principales innovations de la nouvelle version dâOracle 12c.
12c R2 : plus rapide, plus sécurisée, plus multitenant
Le sharding: nouveauté ajoutée à la 12c R2
Comme le rappelle lâĂ©diteur, Oracle Database 12c a Ă©tĂ© conçue pour le cloud. Câest dâailleurs la signification du petit âcâ. Lâune des innovations les plus importantes de la version prĂ©cĂ©dente Ă©tait lâarrivĂ©e du âmultitenantâ, avec la possibilitĂ© dâavoir de multiples bases de donnĂ©es rattachĂ©es (Pluggable Databases ou PDB) Ă un unique container de bases de donnĂ©es. Cette Release 2 augmente le nombre de PDB gĂ©rĂ©es par un unique container de 256 Ă 4096. Une maniĂšre de rĂ©duire les coĂ»ts dâadministration et de maintenance.
Autre nouveautĂ©, le sharding, ou partition horizontale de bases de donnĂ©es, permet de couper horizontalement une grande base de donnĂ©es et de lâĂ©clater sur de multiples serveurs distants. «Le sharding diffĂšre dâOracle RAC,» prĂ©cise Larry Ellison, CTO de la sociĂ©tĂ©. «Avec RAC les bases de donnĂ©es sont rĂ©parties dans des clusters et nous prenons en charge pour vous la synchronisation de la mĂ©moire et la cohĂ©rence de lâensemble. Un gros cluster peut comprendre 32 ou 64 nĆuds. Et câest dĂ©jĂ un trĂšs gros cluster. Avec le sharding, il peut sâagir de plusieurs milliers de nĆuds, contenant tous des fragments de la mĂȘme base de donnĂ©es, et rĂ©partis Ă travers le monde. Câest une technologie populaire pour concevoir de trĂšs importantes bases de donnĂ©es globales. Câest pourquoi il Ă©tait important dâintĂ©grer cette fonctionnalitĂ© dans Oracle Database 12c R2.» Que le leader mondial de la base de donnĂ©es souhaite intĂ©grer cette technologie, pourquoi pas? De lĂ Ă en faire une technologie si populaireâŠ
Cette nouvelle version utiliserait la technologie In-Memory en affichant des performances 60 fois plus rapides selon Oracle. De plus, le stockage en colonne peut-ĂȘtre combinĂ© avec la technologie Active Data Guard dâOracle pour obtenir Ă la fois de meilleures performances et des fonctions Ă©voluĂ©es de haute disponibilitĂ©. Une caractĂ©ristique qui devrait sĂ©duire quelques clients, contrairement au sharding qui semble aujourdâhui plus confidentiel.
Le leader mondial dĂ©limite son territoireâŠ
On se demande ce que va rĂ©pondre Larry EllisonâŠ
AprĂšs une prĂ©sentation rapide des nouveautĂ©s, on sentait une certaine impatience chez le guru de la base de donnĂ©es. Et pour cause ! VoilĂ quâAmazon, le pionnier du Cloud vient le chercher sur son terrain ! AprĂšs avoir expliquĂ© ses ambitions sur le IaaS pour dĂ©trĂŽner AWS, Larry Ellison lĂąche ses missiles sur les bases de donnĂ©es dâAWS (Amazon Web Services).
«Si les bases de donnĂ©es cloud reprĂ©sentent notre futur (comme je le pense), quel cloud est-il le meilleur pour les bases de donnĂ©es?» lance avec provocation Larry Ellison, en affichant cĂŽte Ă cĂŽte un nuage AWS et un nuage Oracle. « Pourquoi pensez-vous que je pose cette question ? Bien entendu, jâai un dĂ©jĂ un avis⊠La base de donnĂ©es Oracle est optimisĂ©e pour le cloud computing. La version 12c a Ă©tĂ© conçue pour le cloud, et ses fonctions sont Ă©crites et optimisĂ©es pour le cloud. Et lâExadata Cloud Service reprĂ©sente le haut de gamme en la matiĂšre. Il inclut toutes les options possibles avec une performance extrĂȘme sur le cloud, et reste 100% compatible avec les versions sur site, vous permettant de tout dĂ©placer vers le cloud ou de tout rapatrier sur site, quand vous le voulez. Vous prĂ©server ainsi votre investissement rĂ©alisĂ© depuis 20 ou 30 ans sur les donnĂ©es et les applications. Vous pouvez aussi choisir Exadata Cloud Machine. Nous installons les mĂȘmes logiciels et matĂ©riels que ceux qui sâexĂ©cutent sur notre cloud public. Câest plus que compatible, câest identique. Et vous payez exactement le mĂȘme prix que sur le cloud public.» Si cette offre (voir notre article) parait sĂ©duisante, il faudra cependant vĂ©rifier les frais de dĂ©ploiement et les conditions contractuelles dans le dĂ©tail.
Larry Ellison dĂ©terre une fois de plus la hache de guerre pour Ă©gratigner Amazon Web Services. Et cette fois, lâattaque est violente. Il sâagace visiblement de la rĂ©putation (selon lui erronĂ©e) dâouverture, de performance et de âcoolitudeâ dâAWS. Lâassaut est Ă triple dĂ©tente : comparaison des performances, des fonctionnalitĂ©s, et de lâouverture.
En sâappuyant sur des tests (disponibles et que chacun peut exĂ©cuter, selon le CTO), trois scĂ©narios ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©s : Oracle DB sur Oracle Cloud contre Oracle DB sur AWS, puis des opĂ©rations analytiques et transactionnelles face Ă AWS RedShift (base de donnĂ©es analytique), puis face Ă AWS Aurora (base de donnĂ©es OLTP-transactionnelle).
⊠et lance la premiÚre estocade sur RedShift.
En analytique avec Oracle DB installĂ©e sur chacun des clouds (avec le serveur le plus rapide dâAWS), le cloud Oracle se montre 24 fois plus rapide. «Pas 24% plus rapide: 24 fois,» sâamuse Larry Ellison. «Et cela implique que ce que vous rĂ©alisez en une heure avec Oracle, vous y parvenez en 24 heures sous Amazon. Or, 24 heures de services Amazon reviennent beaucoup plus chĂšres quâune heure de services cloud Oracle. Ces diffĂ©rences ne portent donc pas uniquement sur les performances, mais aussi sur les coĂ»ts! Et tous ces benchmark sont publics, donc reproductibles par vous, par Amazon, ou par qui le souhaite.»
En OLTP, Oracle Cloud se montrerait 8 fois plus rapide. « Amazon nâest optimisĂ©e que pour ses propres bases de donnĂ©es. En outre, le pionnier de cloud utilise toujours la premiĂšre gĂ©nĂ©ration de IaaS,» rĂ©pĂšte le CTO. «Ainsi, le stockage en mode bloc dâAWS est 8 fois plus lent que celui dâOracle sur les entrĂ©es/sorties par serveur, et 19 fois plus lent sur le dĂ©bit (limitĂ© Ă 800 Mo/s par serveur). Enfin, AWS ne supporte pas lâĂ©volutivitĂ© en mode Cluster pour Oracle, RAC. Si vous installez un seul serveur de donnĂ©es sur Amazon, il devient le point unique de dĂ©faillance (single point of failure) de vos applications.»
Une fois chez Amazon, point de salut ?
La dĂ©monstration sur RedShift enfonce le clou. Sur environnements Ă©quivalents, lâĂ©diteur annonce quâOracle cloud est 105 fois plus rapide. « Redshift est une base de donnĂ©es analytique sur le cloud. Câest super coolâŠÂ» ironise Larry Ellison. «Mais quâest-ce que câest exactement ? DâoĂč vient Redshift? Cela sonne bien. Un nouveau nom⊠pour un vieux produit. Redshift est un fork de Postgres. RedShift est-il open source? Non! Amazon a rachetĂ© ParAccel en 2011, et câest dĂ©sormais totalement propriĂ©taire. AWS ne contribue pas Ă la communautĂ© Postgres et Redshift nâest pas open source. Les seules compĂ©tences sur RedShift sont dans lâĂ©quipe dâAmazon. Et le seul endroit oĂč tourne RedShift câest sur Amazon. Oracle tourne dans de multiples environnements sur site, dans le cloud Amazon, dans le cloud de Microsoft, etc. Si vous concevez une application sous RedShift, vous ĂȘtes prisonniers.»
Alors, Larry Ellsion met en avant la R&D de leader mondial depuis 30 ans, et Ă©numĂšre toutes les fonctions dont ne dispose pas RedShift, et qui le place «20 ans derriĂšre Oracle sur lâanalytique»: datamining et Olap intĂ©grĂ©s, optimisation Ă©voluĂ©e des requĂȘtes, multiples mesures de haute disponibilitĂ©, pas de locking au niveau des tablesâŠ.
Aurora, fork de MySQL, dans le viseur
Les benchmarks le comparant Aurora en mode transactionnel (OLTP) concluraient quâOracle Cloud est 35 fois plus rapide. «Aurora est un fork de MySQL,» explique le CTO. «MySQL est en open source et nous sommes le premier contributeur Ă son dĂ©veloppement. Nous proposons mĂȘme MySQL sur notre cloud. On pourrait penser quâAurora serait alors open source. En bien non! Depuis quâelle a dĂ©veloppĂ© leur fork, AWS ne contribue pas Ă la communautĂ©. Si vous pouvez effectivement exĂ©cuter MySQL sur de trĂšs nombreux environnements, Aurora ne fonctionne que chez Amazon.»
LĂ encore, il Ă©numĂšre pourquoi Aurora aurait 20 ans de retard sur lâOLTP Oracle: pas de SQL parallĂ©lisĂ©, les clusters Aurora ne sont que des rĂ©plications en lecture non consistantes vis-Ă -vis des donnĂ©es primaires, pas de rĂ©plication distante des donnĂ©es chiffrĂ©es, lâajout de CPU pour la base de donnĂ©es nĂ©cessite un redĂ©marrage, etc. Et il conclut: «Sâil vous venait Ă lâesprit de convertir votre application pour utiliser Aurora (ce qui nâest pas simple), vous seriez pris au piĂšge et ne pourrez exĂ©cuter votre application que sur Amazon.»
Câest peut-ĂȘtre un peu exagĂ©rĂ©. Non?
Provocation supplĂ©mentaire, Larry Ellison lĂąche: «AWS est plus fermĂ©e quâun mainframe IBM ! Vous allez dire : âCâest ridicule !â Pourtant, avec les bases de donnĂ©es mainframe vous avez le choix entre plusieurs mainframes. Et ce nâest pas le cas avec Aurora. Pourtant, ce nâest pas ce Ă quoi pensent les gens quand ils pensent au cloud dâAmazon.»
Un nouveau service pour sâattaquer au prix
Bien entendu, lâargument du prix vient tout de suite Ă lâesprit. Le pilier dâOracle en profite alors pour annoncer une nouvelle offre : Exadata Express Cloud Service Ă destination des PME. Toutes les fonctions dâExadata et toutes les options matĂ©rielles et logicielles Ă partir de 175 dollars par mois (limitĂ© 20 Go de stockage et 120 Go de transfert de donnĂ©es mensuel). Une offre Ă 750 dollars par mois Ă©tend le stockage Ă 50 Go pour 300 Go de transfert. Une offre qui pourrait bien sĂ©duire des entreprises dans le cadre de dĂ©veloppement ou de tests applicatifs. Ce qui doit reprĂ©senter une part non nĂ©gligeable de ce marchĂ©. Ou encore pour de lâĂ©vĂ©nementiel limitĂ© dans le temps. Lâex-dirigeant promet que tout cela peut ĂȘtre trĂšs vite opĂ©rationnel en « appuyant simplement sur un bouton ».
Avec Cloud@customer, Oracle installe son Cloud chez les clients
Oracle fait le coq dans le Cloud : « la domination dâAWS est terminĂ©e »
Base de donnĂ©es : Oracle cloue au pilori les solutions dâAWS was originally published on JDCHASTA SAS