ESCAPE FROM CANNIBAL FARM (2017)
Avec sa promotion profitant allègrement de la présence d’un de ses personnages portant un masque et armé d’un tronçonneuse, CANNIBAL FARM -on raccourcit- attire le chaland avec cette soi-disant version “à l’anglaise” d’un MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE -THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE (1974)-. Donc, pas de Texas ici, remplacé par une campagne anglaise changeant un peu nos habitudes: on y retrouve une famille partant en camping-car pour le weekend, composée d’un jeune couple, de deux frères et d’une mère divorcée soumise à l’humeur massacrante -et constante- de son compagnon. Le tribu va bien sûr se perdre, et demander son chemin à la mauvaise personne: terrain connu? Pas vraiment, car avant de présenter ces évidentes victimes, le réalisateur Charlie Steeds choisit d’introduire CANNIBAL FARM avec une longue séquence dramatique, tragique, expliquant les origines des cruels antagonistes que la famille viendra à rencontrer: une “exagération” assez surprenante, et peu commune, comme l’avait si bien fait Rob Zombie en créant l’empathie envers ses bad guys de THE DEVIL’S REJECTS (2005). Sauf que CANNIBAL FARM rend la chose étrange, avec ses acteurs qui déclament de longues tirades visant à mettre en avant des dialogues trop sérieux: on ne sait que penser de ce rendu, renforcé à grands coups de musique presque épique par moments. Mais curieusement, ça passe: CANNIBAL FARM rend simplement un petit hommage -et non une redite photocopiée- à Leatherface, se constituant malgré tout son identité propre à travers sa storyline violente. Des mains explosent, des têtes, ça brûle et fond les chairs, on passe de l’étable à la grange en échappant aux coups de fusil et autres maniaques attaquant avec des scies... Long-métrage horrifique oblige, on a droit à pas mal de scènes gore, violentes, et malsaines, qui contrastent avec ce lyrisme poussif lors de ces fameuses discussions entre les personnages: sur ce point, CANNIBAL FARM souffre d’un montage affreux à trois reprises, rendant le visionnage presque épileptique. Lors de ces phases amères, la caméra change de plan -un par protagoniste- toutes les secondes, une torture rétinienne qu’on attribue à un monteur en herbe. Pourtant, le film tient bon, notamment grâce à l’interprétation assez dingue de l’acteur Barrington De La Roche (ça ne s’invente pas), incarnant le père yokel-vengeur Kurt Hansen, accompagné de son fils difforme: son faciès unique et son jeu se démarquent du reste, rendant chacune de ses apparitions sympathiques. Séquestration, retournements de situation osés, torture, course-poursuite sont au programme de ce CANNIBAL FARM inégal mais qui dépayse à tous les niveaux: cette série B honnête malgré de rares -mais graves- défauts séduit, ce genre de longs-métrages se déroulant la majeure partie du temps aux U.S.A. Un atout considérable qui faisait partie des points forts d’un MUM AND DAD (2008) qu’on a trop tendance à oublier: imparfait mais plus violent et différent de ce à quoi on pourrait s’attendre, CANNIBAL FARM, moins cannibale que son titre, fait son boulot de “pause violence gore british” moyennement sérieuse. Un choix idéal pour accompagner une soirée pizzas/bières/potes.
HANSEN FAMILY /20