Ăpisode 1 - BPJEPS Animation culturelle
rĂ©seau dĂ©dale anime Ă partir de septembre 2019 les UC 3 et 4 de spĂ©cialitĂ© du BPJEPS Animation culturelle de Trajectoire Formation (https://www.trajectoire-formation.com/). Chaque mois, les formateurs SIAM ANGIE et porte renaud rĂ©digent un Ă©pisode du Journal de bord pour revenir sur les expĂ©riences vĂ©cues. Pour notre blog ici-mĂȘme, nous vous proposons un extrait sous la forme dâun article autonome. Cette partie a Ă©tĂ© proposĂ©e par porte renaud et concerne donc le premier regroupement, en septembre 2019. NâhĂ©sitez pas Ă lire lâintĂ©gralitĂ© sur le journal Trans-formations :
  http://www.lestransformations.org/images/reseau-dedale2019BPJEPSACepisode1.pdf
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Si je dĂ©cide de partir 10 jours en Italie en organisant en amont chacune de mes excursions, en prĂ©voyant mon hĂ©bergement, etc..., il est abusif de dire que ces vacances sont un projet, il sâagit dâun programme. Alors que si jâambitionne de tout quitter pour vivre en Italie, on peut imaginer les nombreuses incertitudes qui en dĂ©coulent et qui vont exiger nombre dâajustements avant dâarriver au terme de lâobjectif visĂ©. Le chemin sera entrecoupĂ© dâimprĂ©vus puisquâil se situe dans une complexitĂ© Ă©vidente. DĂšs lors, si lâanimation culturelle est intrinsĂšquement fondĂ©e sur le processus du projet, Ă quelle complexitĂ© rĂ©pond-elle ?
Les Ă©changes avec les stagiaires, la matinĂ©e faisant, deviennent de plus analogiquement situĂ©s autour de la nourriture... Ainsi lâanimation culturelle serait une pizza que lâon partage. Une pizza composĂ©e de parts diffĂ©rentes Ă©tant nĂ©anmoins un partage puisque mangĂ©es ensemble : la commensalitĂ© ! Le partage peut-il se limiter Ă un contexte ? En synthĂšse des diffĂ©rentes analogies plus ou moins goutues, nous divaguons Ă imaginer que lâanimation est peut-ĂȘtre le fumet du plat qui donne envie Ă chacun·e de sâengager dans le partage...
Admettons un plat de lasagnes que lâon partage, peut-ĂȘtre alors que lâanimation est son arĂŽme qui, propagĂ©, nous rĂ©unit mais que ce qui rend son intention culturelle est que chacun·e ne sâen arrĂȘte pas Ă la simple ingestion de la pitance mais quâils Ă©changent Ă propos de ce qui compose chaque couche de ces lasagnes grĂące Ă lâincitation de qui : de lâanimateur·trice bien sĂ»r ! Si donc lâanimation culturelle Ă©tait un plat de lasagnes, quelles pourraient ĂȘtre ses couches ?
Il sâaffirme peu Ă peu au cours des Ă©changes que lâanimation culturelle implique le processus projet (rĂ©ponse de lâagir social en situation complexe) car elle touche Ă la question du commun, câest-Ă -dire du comment faire sociĂ©tĂ©. Si, par culture, souvent on ne dĂ©signe que la culture dite cultivĂ©e qui dĂ©signe un corpus dâoeuvres rĂ©sultant dâun processus artistique, il ne faudrait pas la rĂ©duire et lâentendre plutĂŽt selon la dĂ©finition que donna lâanthropologue Edward Tylor : « Ensemble complexe qui englobe les connaissances, les croyances, les arts, la morale, les lois, les coutumes, et tout autre capacitĂ© et habitude acquise par lâHomme en tant que membre dâune sociĂ©tĂ© ». La culture comme usage telle que nous la dĂ©fendons selon une perspective similaire Ă celle de Dewey est reliĂ©e Ă la question de la vie dĂ©mocratique. Lâanimation culturelle sâaffirme dĂšs lors comme la mise en partage des pratiques humaines et de leurs manifestations au profit dâune amĂ©lioration de la vie collective permettant Ă chaque individu de sâaffirmer dans sa propre existence en intĂ©grant et en participant aux pratiques humaines. Si loin de nous est lâidĂ©e de revendiquer un quelconque Ă©litisme de la culture qui la rĂ©duirait Ă la culture dite cultivĂ©e, nous ne pouvons pas nier le caractĂšre exigeant dâune dĂ©marche dâanimation culturelle qui vise Ă dĂ©construire ce qui paraĂźt donnĂ© et Ă©vident. Souvenons-nous : pĂ©nĂ©trer les lasagnes en leur coeur pour connaĂźtre leur composition. La culture ne peut jamais ĂȘtre passive, ce qui dâemblĂ©e permet dâindiquer que lâanimation culturelle par la seule mĂ©diation dâĆuvres dâart, par exemple, est vaine. Situation paradoxale et Ă©minemment complexe, lâanimation culturelle a donc pour ambition de faire avec les schĂšmes culturels des publics engagĂ©s dans lâanimation en leur donnant lâopportunitĂ© de les dĂ©construire en les mettant en parallĂšle de dĂ©couvertes culturelles qui participeront Ă renouveler leur imaginaire social. Lâanimation culturelle est une ambition politique, câest-Ă -dire la fabrication de publics plus engagĂ©s dans leur rapport au monde. Ăvidemment vue ainsi, lâanimation culturelle nâa aucune bordure, aucune frontiĂšre, rien ne saurait Ă©chapper Ă son champ, aucun tabou (le sexe, la religion) ne saurait la laisser Ă la porte de son ambition. Lâanimation culturelle est Ă lâimage de la mĂ©thode dite du « Mur parlant » : partir des reprĂ©sentations rĂ©sultantes des vĂ©cus des personnes afin dâen façonner une image collective et la nourrir dâĂ©lĂ©ments culturels qui lui sont exogĂšnes mais bien que trĂšs en lien avec les idĂ©es qui les traversent afin que chacun·e remette en question son agir social, recycle lâair de la grande maison ExpĂ©rience qui fonde son ĂȘtre. VoilĂ une ambition pour lâĂ©ducation populaire ici et maintenant.