Blondstone - All My Flaws

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Blondstone - All My Flaws

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Blondstone : Mass Solace
Il y a peu, j'ai eu la joie de recevoir dans ma boîte aux lettres le dernier album du groupe nancéien Blondstone. Le trio, que j'ai eu la chance de pouvoir découvrir en concert l'an dernier au Royal (décidément) ainsi qu'au Quai'Son,a en effet enregistré une galette de 11 titres, et il me tardait de balancer mes oreilles là dessus.
Or donc, on chauffe les enceintes et on pose la galette en question dans le grille pain (oui je sais, je cuisine bizarrement). Ce qu'il faut savoir, c'est qu'en Lorraine, on a pu voir "émerger" une flopée de groupes naviguant sous les horizons du "stoner", ou plutôt pousser de façon anarchique comme des champignons. C'est bien simple, tu cognes dans un arbre et 10 groupes tombent (5 de stoner, et 5 de metalcore). Seulement, très souvent, les groupes en question ne proposent qu'un stoner sans grande ambition et qui tombent très vite dans le cliché de la guitare lourde et lente accordée plus bas parce que wallah-vas-y-on-est--trop-ténébreux-et-fâché alors que le résultat n'est qu'une piètre imitation de musique d'ambiance pour adolescents au cheveu gras fumant des joints... quelque part, le stoner a cette fâcheuse tendance à se réduire à un genre de reggae pour blancs... mais je digresse.
Tout ça pour dire que ce n'est pas le cas de Mass Solace. Et pour cause, le groupe se qualifie de "Desert Grunge", et j'avoue que cela résume plutôt bien l'intention du groupe. Il y a deux types de stoner (je grossis volontairement le trait vous l'aurez compris) : ceux qui tentent de faire des mauvais copier/coller de Electric Wizards ou de Kyuss, et ceux qui prennent la direction de QOTSA. Blondstone tomberait dans la deuxième catégorie. Que ce soit dans les gammes et les couleurs sonores utilisées, le trio emprunte au groupe de Josh Homme l'évocation de paysages désertiques et arides. Ainsi la guitare s'envole-t-elle aussi bien dans des mélodies octavées que dans des riffs incisifs et rock'n'roll, se perdant ça et là dans quelques delays et autres effets qui ajoutent leur petit grain de folie dans ce mélange explosif (c'est que le soleil, ça tape sur la tête). Le tout fusant sur un basse/batterie énergique de vieille locomotive métallique qui fait cramer le charbon dans la chaleur d'un fourneau de fonte. La voix n'a plus qu'à se poser en autant de mélodies efficaces, voire catchy pour parachever cet album à la cohérence irréprochable.
Blondstone nous propose donc avec Mass Solace un premier album de grande qualité qui ne manquera pas de vous faire remuer vos petits culs quand vous mettrez la galette à fond les ballons dans la stéréo de votre bagnole. En plus, les beaux jours revenant, Mass Solace se fait le compagnon évident de votre prochain road trip estival. Un album bourré de qualités donc, qui ne réinvente rien, mais qui a le mérite de poser les bases de l'univers musical du groupe avec une solidité et une cohérence qui force le respect. Mais ce ne doit être que logique quand on considère la maturité et le niveau musicales des bonhommes composant le groupe.
Pour pinailler, je dirais que l'album se finit de manière un peu trop abrupt. Au vu du potentiel explosif de certains morceaux, je m'attendais à quelque chose de plus épique... du coup, on remet l'album sur la première piste et on appuie sur start. De même, le style pêche peut-être par la maîtrise trop respectueuse des recettes que le groupe emploi, comme le fait d'alterner "couplet calme / refrain énervé / couplet calme avec variation / refrain énervé" que l'on retrouve dans tout groupe de grunge. Mais bien sûr je pinaille. Quand la musique est bonne comme ça, avec en plus un potentiel de fun en concert énorme (je pense à une chanson comme Oulala), on pardonne très vite ces "défauts" qui n'en sont pas vraiment, d'autant plus lorsqu'il s'agit d'un premier album. Du coup, on les attend au tournant pour la suite et on espère que le prochain opus nous mette une baffe encore plus grande.
N'empêche, ce printemps va être très 90's : avec cet album, le prochain de Major Cooper, l'EP de So Was The Sun, et l'opus de Wonderflu (et j'en oublie sans doute), la scène indépendante française a de quoi proposer une alternative rock and roll qui fleure bon les distos crasses et le flanelle. Et ça, ça me fait bien plaisir.