La mort est venue Ă l'improviste, car je l'ai voulue. Je me suis dit que je ne voulais plus vivre. Je n'ai vĂ©cu que six mois. On m'a dit que j'Ă©tais fou. Je croyais que j'Ă©tais vivant. On ne me laissait pas tranquille. Je vivais dans la joie, mais les gens disaient que j'Ă©tais mĂ©chant. J'ai compris que les gens avaient besoin de la mort, et j'ai dĂ©cidĂ© de ne plus rien faire, mais je ne pouvais pas. J'ai dĂ©cidĂ© d'Ă©crire sur la mort. Je pleure de chagrin. je suis trĂšs affligĂ©. Je mâennuie, car tout est vide autour de moi. Je me suis vidĂ©. Je sais que Louise, la servante, pleurera demain, car elle sera dĂ©solĂ©e de voir cette dĂ©vastation. Jâai enlevĂ© tous les dessins et les tableaux que jâai faits au cours de ces six mois.
Vaslav Nijinski, Cahiers, 1918-1919















