Je suis trĂšs heureux dâavoir fait lâacquisition â Ă trĂšs bon prix â dâun livre dĂ©sormais trĂšs rare et difficile Ă obtenir. Il sâagit de lâouvrage historique et biographique de Marie-Claire Daveluy, intitulĂ© : « Jeanne Mance (1606-1673), suivi dâun essai gĂ©nĂ©alogique sur les Mance et les de Mance ». [1] Je possĂ©dais dĂ©jĂ â depuis plus de vingt ans â son ouvrage « La SociĂ©tĂ© de Notre-Dame de MontrĂ©al » [2] qui inclut le texte complet des « VĂ©ritables motifs de messieurs et dames de la SociĂ©tĂ© de Notre-Dame de MontrĂ©al pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France ». [3] Il sâagit de deux Ćuvres importantes en ce qui a trait Ă lâhistoire de MontrĂ©al, et qui sont malheureusement trop souvent oubliĂ©es.
Pourquoi ma derniĂšre acquisition est-elle si importante pour moi ? Tout dâabord parce que ce livre fut lâune de mes premiĂšres rencontres avec Mlle Jeanne Mance, la co-fondatrice de MontrĂ©al (Ville-Marie), qui fut discrĂštement choisie en 1639 par le roi de France et le cardinal de Richelieu pour accomplir une mission spirituelle en Nouvelle-France. En effet on y apprend quâen 1639, les Langrois virent paraĂźtre sous leurs murs Louis XIII et le cardinal de Richelieu. Peu de temps aprĂšs, le 30 mai 1640, elle partit pour Paris afin de rencontrer le pĂšre Charles Lalemant qui a vĂ©cu huit ans en Nouvelle-France et qui gĂšre maintenant les affaires du Canada.
Elle fait alors la connaissance dâAngĂ©lique de Bullion, riche veuve dâun surintendant des finances, qui veut Ă©tablir un hĂŽpital au Canada dans un lieu Ă dĂ©terminer. Jeanne accepte de mener Ă bien ce projet. Mme de Bullion souhaite cependant rester dans lâombre. Câest Charles Rapine, un de ses parents, qui sera son intermĂ©diaire auprĂšs de Jeanne. Le baron Gaston de Renty veillera pour sa part Ă la gestion des fonds pour lâhĂŽpital.
Au printemps 1641, Jeanne se rend Ă La Rochelle oĂč une flotte doit partir pour la Nouvelle-France. Elle fait la rencontre de JĂ©rĂŽme Le Royer de La DauversiĂšre qui a créé, avec le soutien financier de Pierre Chevrier, baron de Fancamp, la SociĂ©tĂ© Notre-Dame de MontrĂ©al, afin de fonder une colonie dans lâĂźle de MontrĂ©al. Le chef de lâexpĂ©dition a dĂ©jĂ Ă©tĂ© choisi : Paul de Chomedey de Maisonneuve. Nous voyons donc que les Ă©vĂ©nements se sont dĂ©roulĂ©s trĂšs rapidement pour cette jeune provinciale. Y a-t-il une raison particuliĂšre qui fait de Jeanne Mance la figure de proue de lâĂ©vangĂ©lisation en Nouvelle-France ?
Nous apprenons encore dans le livre de Marie-Claire Daveluy que lâorigine du patronyme Mance en France serait Ă rapprocher de quelque nom topographique. Il existe en Lorraine, dans le dĂ©partement de Meurthe-et-Moselle, canton de Briey, une commune appelĂ©e Mance (« Alis-mantia », câest-Ă -dire la riviĂšre aux eaux blanchĂątres ou boueuses), et non loin de lĂ , Ă Anoux, un hameau appelĂ© Mancieulles; pour la commune, on trouve les formes anciennes Manis, Meinis (XIIIe s.). Pas loin de lĂ , Ă Ars-en-Moselle, Mance dĂ©nomme encore une ferme et un moulin : de ce lieu, sous le nom de Notre-Dame de Mance, fait mention une chronique du XVe siĂšcle. Mance dĂ©signe encore le ru de Mance, affluent de lâOrne et sous-affluent de la Moselle, qui arrose Mance et Mancieulles, et un autre ru de Mance, qui passe Ă Gravelotte et au moulin de Mance, rapportĂ© Ă lâinstant, et se jette dans la Moselle Ă Ars.
Dans une lettre datĂ©e du 6 dĂ©cembre 1933, Jacques Laurent explique : « Le premier de ces ruisseaux, qui se jette dans lâOrne Ă Aubone, est appelĂ© au XIIe siĂšcle Amantia, et cette forme est trĂšs intĂ©ressante : elle permet de conjecturer avec une extrĂȘme vraisemblance, que les autres Mance sont des formes Ă apocope, et que Mance peut ĂȘtre rattachĂ© au genre, Ă©tendu, des hydronymes et toponymes, reprĂ©sentĂ©s par le vocable principal Alismantia qui a dĂ©signĂ© tant de cours dâeau, notamment dans lâEst de la France (Armance, Armançon, Amanse, Manson, etc.), et ça et lĂ dans le Centre (Aumance) et le Midi (Amosson). Un ouvrage explique Alismantia par la combinaison dâun suffixe avec la racine rendant le sens dâune essence vĂ©gĂ©tale particuliĂšere, : lâalisier, alisa. » Le Pr Pierre Gastal nous dit que Alismantia est un « hydronyme ligure de sens inconnu que lâon retrouve dans Aumance, Armance, Amance, etc. » [4] Dans lâintroduction Ă son Ă©dition des chartes de Montier-en-Der, lâabbĂ© Lalore Ă©crivait : « Lâabbaye de MontiĂ©render est dĂ©signĂ©e dans nos plus anciens documents âin vasta, in saltu Dervensi, super Vigera et Alsmantia, in pago Pertenseâ, câest-Ă -dire dans la solitude, la forĂȘt du Der, sur la Voire et lâAumance, dans le comtĂ© de Perthois. » [5]
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Relique prĂ©sumĂ©e (tibia) de Marie-Madeleine â DĂ©tail du reliquaire de Sainte-Baume dans le Var, oĂč lâon voit Marie-ââMadeleine transportant un corps entourĂ© de bandelettes vers le port de Marseille (Massalia).
La LĂ©gende DorĂ©e et Joseph dâArimathie
Vitrail reprĂ©sentant Joseph dâArimathie tenant le Graal Ă lâĂ©glise St John, Glastonbury
Il y a de cela trente ans, jâavais dĂ©jĂ notĂ© que le vocable Alismantia duquel dĂ©rive le nom de Mance est tout-Ă -fait similaire au vocable Alimathie duquel dĂ©rive â selon certains auteurs â le nom de Joseph dâArimathie, un notable juif, membre du SanhĂ©drin, qui procĂšda Ă la descente de croix et Ă lâinhumation de JĂ©sus. La tradition provençale, appuyĂ©e par un Ă©crit de Raban Maur, Ă©vĂȘque de Mayence au IXe siĂšcle, inclut ce personnage dans lâarrivĂ©e miraculeuse des amis du Seigneur sur la cĂŽte provençale, dans le sud de la France. Plusieurs disciples vinrent partager le sort de Marie Madeleine et Lazare : les deux âsoeursâ Marie JacobĂ©, mĂšre de Jacques le Mineur, Marie SalomĂ©, mĂšre des apĂŽtres Jacques et Jean, Maximin, Sidoine lâaveugle, et Joseph dâArimathie « qui avait emportĂ© le calice avec lequel le Christ cĂ©lĂ©bra sa derniĂšre CĂšne et dans lequel il recueillit son sang sur la croix » : le Saint Graal. [6]
ChassĂ©s de Palestine et placĂ©s dans « un vaisseau de pierre » sans voile ni rame, ils furent poussĂ©s par les courants vers le delta du RhĂŽne oĂč ils sâĂ©chouĂšrent. LĂ , ils furent accueillis par Sarah la noire, qui devint la servante des Maries. Seules resteront sur place Marie SalomĂ©, Marie JacobĂ© et Sarah. Elles y moururent, et lâendroit oĂč elles furent ensevelies, traditionnellement situĂ© aux Saintes-Maries-de-la-Mer, devint un important lieu de culte et de pĂšlerinage chrĂ©tien ainsi quâune halte sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, fils de Marie SalomĂ©. Marie Madeleine se retira dans le massif de la Sainte-Baume, Lazare devint le premier Ă©vĂȘque de Marseille, Maximin, celui dâAix et Sidoine, celui du Tricastin, tandis que Marthe sâen fut Ă Tarascon, oĂč, dâaprĂšs la lĂ©gende, elle terrassa la terrible Tarasque.
Cette pĂ©rĂ©grination est aussi racontĂ©e par le dominicain et archevĂȘque de GĂȘnes, Jacques de Voragine (~1228-1298), dans sa LĂ©gende dorĂ©e, un ouvrage rĂ©digĂ© en latin entre 1261 et 1266.
La figure de Joseph dâArimathie est introduite dans le cycle arthurien par Robert de Boron dans son roman en vers « Estoire dou Graal ou Joseph dâArimathie », Ă©crit entre 1190 et 1199. Joseph conserve le vase de la CĂšne, dans lequel il recueille un peu du sang de JĂ©sus, avant de le dĂ©poser dans son sĂ©pulcre. JetĂ© en prison par les autoritĂ©s juives, privĂ© de nourriture, il doit la vie Ă la seule contemplation du Graal. AprĂšs douze ans dâemprisonnement, lâempereur Vespasien le fait libĂ©rer. Joseph, muni de la Sainte Lance et du Saint-Graal, quitte alors la Palestine et se rend en Occident jusquâen Grande-Bretagne, Ă Glastonbury selon certains textes. Le cardinal Caesar Baronius (1538-1607), bibliothĂ©caire et historien du Vatican, a enregistrĂ© ce voyage de Joseph dâArimathie, Lazare, Marie-Madeleine, Marthe, Marcella et autres dans ses Annales ecclesiastici. [7] En voici une traduction approximative Ă partir du latin :
« Et Ananias, un disciple de la dispersion est allĂ© Ă Damas, Ă peu prĂšs Ă ce moment, oĂč il a rassemblĂ© lâĂglise. De plus, nous pouvons aussi rattacher cela au temps de Lazare, Marie-Madeleine, Marthe, Marcella et le fidĂšle serviteur, sur lesquels sâĂ©tait enflammĂ© la haine des Juifs et qui furent chassĂ©s de JĂ©rusalem avec le disciple Maximin. Ils embarquĂšrent sur un bateau sans rame, sur une mer tumultueuse. On dit que la divine providence les dĂ©barquĂšrent Ă Marseille. Joseph dâArimathie, un homme noble en danger accompagnĂ© dâun officier subalterne, mirent les voiles de la Gaule jusquâĂ la Grande-Bretagne, et lĂ , ils ont proclamĂ© lâĂvangile du jour. Cependant, chacun est capable dâun certain nombre de mĂ©thodes pour compter le fruit de la prĂ©dication de lâassemblĂ©e. En fait, mĂȘme si la porte de lâĂvangile Ă©tait encore fermĂ©e aux paĂŻens, cependant, ses confrĂšres juifs annonçaient quâil Ă©tait libre, dâoĂč Luc nous dit : « Ils partirent, et ils allĂšrent de village en village, annonçant la bonne nouvelle. »
Avant que le cardinal Caesar Baronius ne soit nommĂ© bibliothĂ©caire du Vatican en 1597, il avait accĂšs Ă du matĂ©riel et Ă des sources dans ses archives qui Ă©taient auparavant inĂ©dits ou inutilisĂ©s. Il les a utilisĂ©s dans le dĂ©veloppement de son travail. En consĂ©quence, la documentation des Annales Ecclesiastici est considĂ©rĂ©e par la plupart comme extrĂȘmement utile et complĂšte. [8] Lord Acton lâa appelĂ© « la plus grande histoire de lâĂglise jamais Ă©crite ». Mort en odeur de saintetĂ©, les travaux du VĂ©nĂ©rable Caesar Baronius peuvent donc ĂȘtre pris trĂšs au sĂ©rieux. Dans ce cas, le voyage de Marie-Madeleine et de ses compagnons vers le delta du RhĂŽne et Marseille est certainement plus quâune simple lĂ©gende.
La France semble avoir conservĂ© le souvenir de Joseph dâArimathie dans ses hydronymes et toponymes, dans le Midi (Amosson), dans la DrĂŽme (Le Manson), dans lâEst de la France (Armance, Armançon, Amanse, Manson, etc.), dans la Haute-Marne (Le Haut Manson), dans le Centre (Aumance), jusquâen Grande-Bretagne oĂč il sâinstalla Ă Glastonbury pour y fonder la premiĂšre Ăglise dâAngleterre. De ce vocable « Alismantia », jâĂ©met donc lâhypothĂšse que le sang de Joseph dâArimathie coulait dans les veines de Jeanne Mance, ce qui expliquerait en grande partie la mission spirituelle qui lui Ă©tait impartie et qui fut aurĂ©olĂ©e de mystĂšre. Jây reviendrai Ă©ventuellement dans un prochain ouvrage qui sera consacrĂ© au pĂ©riple du Saint Graal, de lâAncienne Europe et au-delĂ , jusquâĂ Ville-Marie en Nouvelle-France.
Ă propos de Marie-Claire Daveluy
Marie-Claire Daveluy (1880-1968)
Louise Bienvenue Ă©crit : « Qui se souvient aujourdâhui de Marie-Claire Daveluy et de sa « plume dâhistorienne » ? Les passants qui traversent le petit parc nommĂ© en son honneur, au nord-est de MontrĂ©al, ignorent probablement tout de cette femme de lettres qui vĂ©cut de 1880 Ă 1968 et qui Ćuvra sur plusieurs fronts : bibliothĂ©caire, enseignante, romanciĂšre et historienne. [9] Pourtant, Daveluy Ă©tait une personnalitĂ© reconnue de son temps : deux fois rĂ©cipiendaire du prestigieux prix David (1924, 1934), elle reçut Ă©galement un prix de lâAcadĂ©mie française (1934), un doctorat honoris causa de lâUniversitĂ© de MontrĂ©al (1943) et fut dĂ©corĂ©e de la MĂ©daille du centenaire de la SociĂ©tĂ© historique de MontrĂ©al (1958). » [10]
Marie-Claire Daveluy (nĂ©e le 15 aoĂ»t 1880 Ă MontrĂ©al, morte le 21 janvier 1968 Ă MontrĂ©al) est une bibliothĂ©caire, historienne, et Ă©crivaine quĂ©bĂ©coise. Elle est surtout reconnue pour ses romans pour la jeunesse oĂč elle marie histoire canadienne et fiction dâaventure.
Elle est la fille de Georges Daveluy et de Maria Lesieur Desaulniers et la petite-fille de Louis LĂ©on Lesieur DĂ©saulniers. Elle fait des Ă©tudes au couvent dâHochelaga Ă MontrĂ©al.
En 1917, elle est la premiĂšre femme membre de la SociĂ©tĂ© historique de MontrĂ©al. « Ă cette Ă©poque, devenir membre de cette sociĂ©tĂ© savante nâĂ©tait pas le moindre des accomplissements. Lâhistoire comme discipline universitaire nâen Ă©tant quâĂ ses balbutiements et câest grĂące Ă de tels regroupements dâĂ©rudits que circulaient les connaissances archivistiques et mĂ©thodologiques. » [11] PassionnĂ©e dâarchives, elle publie au cours de sa vie plusieurs romans et Ă©crits historiques dont une histoire de Jeanne Mance qui reçoit le prix David et de lâAcadĂ©mie française en 1934. Sâajoutent Ă ses Ă©crits historiques des piĂšces de théùtre et de nombreux Ă©crits publiĂ©s dans des pĂ©riodiques comme La Bonne Parole, LâAction Française et La Revue dâhistoire de lâAmĂ©rique française.
De 1917 Ă 1920, elle Ă©tudie Ă lâuniversitĂ© McGill oĂč elle reçoit un diplĂŽme en bibliothĂ©conomie en 1920. Ă la BibliothĂšque municipale de MontrĂ©al, elle est bibliothĂ©caire adjointe de 1920 Ă 1943 et chef de catalogue de 1930 Ă 1941. En 1937, elle est co-fondatrice, avec Aegidius Fauteux, Ămile Deguire, Paul-AimĂ© Martin, de lâĂcole de bibliothĂ©caires de lâUniversitĂ© de MontrĂ©al. Elle est directrice gĂ©nĂ©rale de cette Ă©cole de 1942-1953. En 1943, elle participe Ă la fondation de lâAssociation canadienne des bibliothĂ©caires de langue française.
Elle est la premiĂšre Ă©crivaine quĂ©bĂ©coise de littĂ©rature jeunesse. Son Ćuvre marque lâavĂšnement tardif de la littĂ©rature jeunesse au QuĂ©bec. En 1921, elle publie le premier roman quĂ©bĂ©cois Ă©crit spĂ©cifiquement Ă lâintention des enfants, « Les Aventures de Perrine et Charlot ». LâĆuvre paraĂźt au dĂ©part comme un feuilleton de commande dans « LâOiseau Bleu », une revue créée pour les jeunes par la SociĂ©tĂ© Saint-Jean-Baptiste. Ce premier rĂ©cit, Ă lâĂ©criture novatrice, raconte lâhistoire de deux orphelins français embarquĂ©s clandestinement pour la Nouvelle-France.
PubliĂ© sous forme de livre en 1923, ce premier titre sera suivi de cinq autres mettant en scĂšne ces mĂȘmes personnages et qui paraĂźtront jusquâen 1940.Pendant des dĂ©cennies, on considĂšre la saga de Perrine et Charlot comme un modĂšle Ă suivre, que ce soit pour la prĂ©sentation des enfants comme des hĂ©ros modĂšles, forts des valeurs canadiennes-françaises de vertu et de piĂ©tĂ©, ou pour la « moralitĂ© parfaite et [la] haute Ă©lĂ©vation » quâon lui accorde.
Plusieurs autres titres pour la jeunesse dont des contes de fĂ©es seront publiĂ©s pendant la mĂȘme pĂ©riode. Lâobjectif est autant dâĂ©difier, de vulgariser des connaissances historiques que de divertir. On y dĂ©fend lâidĂ©al français Ă une Ă©poque oĂč lâinfluence du cinĂ©ma et des magazines amĂ©ricains est grandissante. Ces ouvrages, qui conviennent aux instances gouvernementales autant quâau clergĂ©, seront largement diffusĂ©s. Sa sĂ©pulture est situĂ©e dans le CimetiĂšre Notre-Dame-des-Neiges, Ă MontrĂ©al.
La sépulture de Marie-Claire Daveluy (1880-1968), dans le cimetiÚre Notre-Dame-des-Neiges (R861), Montréal.
Louise Bienvenue Ă©crit sur le site internet HistoireEngagee.ca : « Bien que Marie-Claire Daveluy fut reconnue en son temps comme « un historien vraiment Ă©rudit », elle nâa pourtant laissĂ© quâune faible empreinte dans notre mĂ©moire historiographique. Lorsque son nom est Ă©voquĂ© de nos jours, câest le plus souvent pour tĂ©moigner de son rĂŽle de pionniĂšre dans le domaine de la littĂ©rature de jeunesse ou pour reconnaĂźtre ses contributions au monde de la bibliothĂ©conomie. Une partie du silence qui entoure sa carriĂšre dâhistorienne sâexplique probablement par le fait que Daveluy nâa jamais bĂ©nĂ©ficiĂ© dâun ancrage institutionnel (chaire universitaire, dĂ©pĂŽt dâarchives important) lui servant de lieu lĂ©gitime de production de lâhistoire. Ses conditions dâĂ©criture Ă©taient donc bien diffĂ©rentes de plusieurs de ses contemporains des milieux historique et archivistique avec qui elle Ă©tait en rapport : Lionel Groulx, Ădouard-Zotique Massicotte, Pierre-Georges Roy, Olivier Maurault, GĂ©rard Malchelosse, Albert Tessier, Aegidius Fauteau, SĆur Maria Mondoux et Marcel Trudel, par exemple. »
La professeure titulaire au DĂ©partement dâhistoire de lâUniversitĂ© de Sherbrooke termine son article ainsi : « Pendant cinq dĂ©cennies, la femme de lettres devait rester fidĂšle Ă cet engagement en sâimposant comme une rigoureuse disciple de Clio. Cent ans plus tard, on peut lui reconnaĂźtre Ă bon droit un rĂŽle de pionniĂšre en tant que femme dans le domaine de la pratique historienne. »
Marie-Claire Daveluy : Jeanne Mance, 1606-1673, suivi dâun Essai gĂ©nĂ©alogique sur les Mance et les De Mance, par M. Jacques Laurent, ancien Ă©lĂšve de lâĂcole des chartes et auxiliaire de lâInstitut, 2e Ă©d., MontrĂ©al, Fides, 1962 [1934].
Marie-Claire Daveluy : La SociĂ©tĂ© de Notre-Dame de MontrĂ©al, 1639-1663 : son histoire â ses membres â son manifeste. MontrĂ©al, Fides, 1965. 553 p.
[1643] â Les vĂ©ritables motifs de messieurs et dames de la SociĂ©tĂ© de Notre-Dame de MontrĂ©al pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France. PubliĂ© en 1880.
Pr Pierre Gastal : « Ătymologie des cours dâeau de la DrĂŽme: Le Manson ». Lieux et RiviĂšres de France.
AbbĂ© Charles Lalore : « Cartulaire de lâabbaye de la Chapelle-aux-Planches. Chartes de MontiĂ©render, de Saint-Etienne et de Toussaints de ChĂąlons, dâAndecy, de Beaulieu et de Rethel », Paris-Troyes, 1878 (Collection des principaux cartulaires du diocĂšse de Troyes, IV), p. XX [citĂ© Lalore] : « Domno sacro sancte basilice S. Petri, id est monasterio in Dervo constructe in pago Pertense super fluvium Vigera et Alismantia, quod donnus Bercharius edificavit » (Le cartulaire de Montier-en-Der, 666-1129).
Joseph Gazay : « Ătude sur les lĂ©gendes de sainte Marie-Madelaine et de Joseph dâArimathie ». Annales du Midi, annĂ©e 1939. 51-201, pp. 5-36 et 51-203, pp. 225-284.
Mgr Caesar Baronius : « Annales ecclesiastici a Christo nato ad annum 1198 ». Tome Premier. Barri-Ducis, Ludovicus GuĂ©rin. Paris-Bruxelles, 1864. Jesu Christi Annus 35, page 208 : « Hac ipsa dispersione Ananias discipulus profectus Damascum, collegit Ecclesiam. Insuper colligere possumus , hoc quoque tempore Lazarum , Mariam Magdalenam , Martham , et Marcellam pedissequam , in quos JudĂŠi majori odio exardescebant, non tantum Hierosolymis pulsos esse, sed una cum Maximino discipulo , navi absque remigio impositos , in certum periculum mari fuisse creditos ; quos divina providentia Massiliam tradunt appulisse , comitemque ferunt ejusdem discriminis Josephum ab ArimathĂŠa nobilem decurionem, quem tradunt ex Gallia in Britanniam navigasse , illicque post prĂŠdicatum Evangelium diem clausisse extremum. Sed quis valeat singulorum hic recensere vias, et fructus numerare ex prĂŠdicatione collectos? Nam etsi nondum Gentibus reseratum erat ostium Evangelii , tamen contribulibus JudĂŠis illud annuntiare liberum erat, unde et Lucas : âIgitur, inquit, qui dispersi erant, pertransibant evangelizantes verbum Dei.â »
Annales Ecclesiastici (titre complet Annales ecclesiastici a Christo nato ad annum 1198 ; âAnnales ecclĂ©siastiques de la nativitĂ© du Christ Ă 1198â), composĂ© de douze volumes in-folio, est une histoire des 12 premiers siĂšcles de lâĂglise chrĂ©tienne. Les Annales ont Ă©tĂ© publiĂ©es pour la premiĂšre fois entre 1588 et 1607. Cet ouvrage a fonctionnĂ© comme une rĂ©ponse officielle aux Centuries de Magdebourg luthĂ©riennes. Dans ce travail, les thĂ©ologiens de Magdebourg ont Ă©tudiĂ© lâhistoire de lâĂglise chrĂ©tienne afin de dĂ©montrer comment lâĂglise catholique reprĂ©sentait lâAntĂ©christ et sâĂ©tait Ă©cartĂ©e des croyances et des pratiques de lâĂglise primitive. Ă leur tour, les Annales ont pleinement soutenu les revendications de la papautĂ© de diriger la vĂ©ritable Ă©glise unique.
Câest en 1987 que la Ville de MontrĂ©al a nommĂ© ce parc en hommage Ă Daveluy. Pendant une courte pĂ©riode de temps, du dĂ©but des annĂ©es 1980 jusquâen 1997, la BibliothĂšque nationale du QuĂ©bec a eu un pavillon nommĂ© en reconnaissance de Marie-Claire Daveluy (au 125, rue Sherbrooke Ouest, Ă MontrĂ©al, dans lâancienne Ăcole des Beaux-Arts). Lorsquâun dĂ©mĂ©nagement sur la rue Holt fut envisagĂ©, lâinstitution nâa plus soulignĂ© sa mĂ©moire. Jean-SĂ©bastien SauvĂ©, « Le pavillon Marie-Claire-Daveluy de la BibliothĂšque nationale du QuĂ©bec », confĂ©rence prĂ©sentĂ©e lors de la journĂ©e dâĂ©tude « Marie-Claire Daveluy », Maison Bellarmin, 29 septembre 2017.
Louise Bienvenue : Marie-Claire Daveluy (1880-1968), historienne des femmes. Histoire sociale/Social History, Vol. 51, No 104, novembre 2018, pp. 329-352.
Louise Bienvenue : Il y a cent ans, une premiÚre femme entrait à la Société historique de Montréal : Marie-Claire Daveluy (1880-1968). HistoireEngagee.ca, 18 décembre 2017.
« Jeanne Mance (1606-1673), suivi dâun essai gĂ©nĂ©alogique sur les Mance et les de Mance », par lâhistorienne Marie-Claire Daveluy Je suis trĂšs heureux d'avoir fait l'acquisition â Ă trĂšs bon prix â d'un livre dĂ©sormais trĂšs rare et difficile Ă obtenir.