Bonjour Ă toi lecteur. Aujourdâhui je mâen vais te narrer briĂšvement un somment de ma carriĂšre artistique et musicale : mon concert Ă la fĂȘte de la musique. Car oui, je joue de la musique. Mais tu dois te dire : comment fais-tu pour ĂȘtre aussi gĂ©nial, tu Ă©cris un blog hilarant, tu joues de la musique, tu tournes une web-tv qui dĂ©chire, quel est ton secret ? RĂ©ponse : Le prozac et les anabolisants.
En dĂ©cembre, un ami, ou plutĂŽt Ă lâĂ©poque une vague connaissance lance un appel sur facebook : « Notre groupe, Anger In The Reward System, recherche quelquâun pour jouer des claviers. Mais il doit avant tout avoir la classe ». Ni une ni deux, je me prĂ©cipite, lâannonce est faite pour moi.
Il me file une partition, je me pointe, je joue mal mais comme je suis sympa, ils me prennent. Puis je pars deux mois en stage. Ils cherchent quelquâun dâautre en attendant, mais ne trouvant personne, jâintĂšgre le groupe Ă ma rentrĂ©e de stage.
Et aprĂšs quelques mois de rĂ©pĂštes acharnĂ©es, on a une date : la scĂšne principale de la fĂȘte de la musique dâAubagne (autant vous dire que câĂ©tait le zĂ©nith pour moi, qui nâai presque jamais jouĂ© sur scĂšne).
Que je vous rĂ©sume un peu la soirĂ©e sans exagĂ©rer les choses : en dĂ©but dâaprĂšs-midi je commence Ă avoir mal au ventre, vers 16 heures jâai dĂ©jĂ essayĂ© de faire caca plusieurs fois sans rĂ©sultat, vers 19 heures jâai appelĂ© ma mĂšre en lui disant que je lâaime, et vers 22 heures, avant le concert, je suis derriĂšre la scĂšne, allongĂ© par terre, en train de me demander si jâaurais dĂ» ou pas me faire porter pĂąle. Tout compte fait on monte sur scĂšne, je vomis mais je ravale, et jâinstalle tant bien que mal mes claviers, mon ordi et mon fatras de cĂąble. Une fois tout en place, je jette un rapide coup dâĆil au public. Jâaperçois quelques amis, jâessaye de leur faire signe mais Ă la place mon bras gigote et je me prends ma main dans la gueule. Je souris en espĂ©rant que personne nâait remarquĂ©, ce qui est impossible, parce que je suis bien visible.
Le concert dĂ©marre, et lĂ commence le vrai spectacle de mon angoisse. Dâabord, les 6 premiĂšres mesures que je joue, je suis seul Ă jouer sur scĂšne. Et câest bien sĂ»r celles-lĂ que je loupe de maniĂšre grandiose. PhĂ©nomĂ©nale mĂȘme. Je reprends contenance, et continue. La chanson se termine.
Je continue le concert, ça va mieux, sauf que jâentends pas vraiment ce que je joue. Je passe donc le quart dâheure qui suit Ă faire de grands gestes dĂ©mesurĂ©s pour que lâingĂ© son monte mes retours. Au final jâabandonne, parce que de toute façon mon clavier nâen fait quâĂ sa tĂȘte et parfois dĂ©cide de ne plus marcher. Je lui balance deux trois bras dâhonneur, et je continue Ă jouer pour de faux. AprĂšs une panne informatique majeure qui provoque un entracte forcĂ©, le concert se termine, je termine ma bouteille dâeau en priant pour que ce soit en fait de la cigĂŒe.
Je vais juste vous faire un portrait des mecs de mon groupe.
-le batteur, et compositeur de la plupart des morceaux, est un type avec de lâembonpoint, bien sympa, qui joue Ă la double pĂ©dale, parce que câest pas une fiotte.
-le guitariste, câest la rĂ©incarnation de nâimporte quel mec avec une coupe de cheveux improbable, faites votre choix. Cheveux frisĂ©s mais longs, trĂšs denses, rabattus en arriĂšre. Mais comme il joue bien on lui pardonne.
-le bassiste : imaginez une tronche de portoricain tout le temps morte de rire, qui joue plutĂŽt vraiment bien de sa basse Ă six cordes. Le bassiste, hein, pas juste sa tronche (dĂ©solĂ© Ă toi si tu me lis, jâespĂšre que tu vas pas mâen vouloir).
-moi : Bon ben voilà quoi.
-Le chanteur : en mode nĂ©o-punk tendance post-apocalyptique, qui est tout le temps en cosplay dâaviateur de la guerre 39-45, qui se fend la poire et se taille la barbe en favoris.
En vrai jâai pas appelĂ© ma mĂšre Ă 19 heures, pardon maman / on mâa dit quâune vidĂ©o du concert existait, mais je veux pas la voir, alors je la chercherai pas Ă la mettre ici. Nâinsistez pas⊠Hm ? Personne nâinsiste ? MĂȘme pas un peu ? bon⊠eh ben⊠bon.