Dimanche, Les Yeux Dans La Hune Ă©taient prĂ©sents avec grand plaisir au ramassage de dĂ©chets organisĂ© par Nature Libre, association qui sâinvestit depuis 2007 dans le nettoyage des plages du Boulonnais et la prĂ©vention contre la pollution des ocĂ©ans et dont nous avions dĂ©jĂ rencontrĂ© un membre Ă la fĂȘte de la mer en 2015.
Quand nous arrivons, lâambiance est dĂ©jĂ conviviale : les gens se saluent, discutent, plaisantent. Surtout, beaucoup viennent au ramassage pour la premiĂšre fois. Au total, lâĂ©vĂ©nement rĂ©unira plus de 120 personnes sur la journĂ©e.
Et puis, il faut commencer Ă retrousser nos manches ! On nous distribue les gants. Thomas, le prĂ©sident de lâassociation, nous rassemble avec le matĂ©riel sur la plage dâAmbleteuse et commence par faire un point sur les raisons de notre prĂ©sence.
« Chaque année, 8,5 millions de tonnes de déchets sont déversées dans les océans. 6,5 milliards de tonnes se sont déjà agglutinées pour former non seulement un « 7Úme continent », mais plusieurs ! Pacifique nord, Pacifique sud, Atlantique nord, Atlantique sud, océan Indien⊠»
Alors, dâoĂč viennent ces dĂ©chets ? Thomas nous pose la question et surprend plus dâun collecteur !
« Seulement 10% des dĂ©chets sont issus du tourisme. Encore 10% viennent de lâactivitĂ© maritime. Le reste, ce sont nos dĂ©chets qui sâenvolent avec le vent, ruissellent dans les cours dâeau jusquâĂ arriver dans la mer. Ce quâon y retrouve Ă 80%, ce sont des dĂ©chets qui peuvent
venir de 30, 40 kilomĂštres ou mĂȘme beaucoup plus en amont ».
Ainsi, comme le dit Thomas dans sa prĂ©sentation puis dans lâentretien que nous avons avec lui, il sâagit dâun geste politique.
« Mobiliser sur la question de la pollution, câest un geste politique. Au sens noble du terme. Câest la vie de la citĂ©, qui concerne tout le monde. Il faut sensibiliser les gens aux problĂšmes posĂ©s par la pollution des ocĂ©ans, qui est un vĂ©ritable cancer. Nous avons une dĂ©marche Ă©co-citoyenne : pour lutter, il faut sensibiliser, dĂ©mocratiser, partager et agir. »
Mais, en plus des ramassages, quelles sont les autres solutions qui permettraient dâarranger les choses ?
« Nous avons des actions de sensibilisation auprĂšs des Ă©coliers, principalement. Quand un enfant dit Ă un adulte de ne pas jeter ses dĂ©chets et peut lui expliquer pourquoi, câest dĂ©jĂ beaucoup ! Ils prennent de bonnes habitudes. Mais il faudrait aussi revoir notre façon de consommer, et pour ça, faire pression pour quâon arrĂȘte le suremballage de produits individuels, pour quâon utilise et rĂ©utilise mieux les produits, pour quâon utilise plus ce quâon appelle les bioplastiques⊠Il faut aussi pousser nos industriels et nos politiques vers une meilleure application du principe pollueur-payeur. »
Lâavenir de lâassociation ?
« Hier sâest tenue la premiĂšre rencontre nationale des collecteurs de dĂ©chets. Le mouvement prend de lâampleur et nous dĂ©veloppons nos liens, entre autres avec des associations comme 1 dĂ©chet par jour, de Marseille, ou Racines Profondes, une association française qui collecte des dĂ©chets en Afrique, continent trĂšs touchĂ© par la pollution des ocĂ©ans. Et puis, on sâaccroche et on grandit. En 2007, on a commencĂ© Ă une dizaine, et maintenant, voir 120 personnes venir, câest gĂ©nial ! »
A la fin du ramassage, un temps convivial est organisĂ©. On mange et on boit un peu (et tout en bio, sâil-vous-plaĂźt!), et on chante ! Du haut dâun tas de plus de 300 kilos de dĂ©chets rĂ©coltĂ©es, il ne nous reste quâune question : quand est-ce quâon se revoit ?
Le prochain rendez-vous, câest le 17 avril Ă lâestuaire de la Slack !
Pour contacter Nature Libre et sâinformer :
http://assonaturelibre.wix.com/assonaturelibre
https://www.facebook.com/assonaturelibre/
Et un grand salut à leurs copains :
http://www.1dechetparjour.com/
http://www.racinesprofondes.com/
Et encore un grand merci à Nature Libre pour cette journée !
Un dimanche Ă la plage avec Nature Libre Dimanche, Les Yeux Dans La Hune Ă©taient prĂ©sents avec grand plaisir au ramassage de dĂ©chets organisĂ© parâŠ