Jour de PĂąques... comme hier, le rituel, sans aucune dimension religieuse, est respectĂ© : les Ćufs en chocolat cachĂ©s dans le jardin, la recherche par la plus jeune de nous trois, le plaisir de la dĂ©couverte au milieu de la verdure, la pointe de lassitude au bout dâun moment, les oublis, la seconde phase de recherche avant que le soleil ne fasse fondre le prĂ©cieux butin... trop tard. Immuablement, annĂ©e aprĂšs annĂ©e, les phases sont les mĂȘmes, et je revois ce film super 8 datant de 1971 ou 1972, oĂč un petit bonhomme en rouge sâaventure au milieu dâun jardin luxuriant dans la lumiĂšre du printemps provençal, sâaccroupissant, concentrĂ©, et tendant son bras vers le prĂ©cieux trĂ©sor pascal... La douceur de cette journĂ©e dâavril, malgrĂ© le confinement, fait remonter les souvenirs Ă la mĂ©moire, souvenirs de joies familiales, souvenirs gourmands, souvenirs de chasse aux Ćufs dans des jardins, sur des balcons, dans des appartements, souvenirs dâune famille Ă quatre, cinq, six, puis cinq, souvenirs de PĂąques en couple, puis Ă trois, Ă quatre, et cette annĂ©e de nouveau Ă trois, souvenirs de famille quoi quâil arrive, et toujours de doux souvenirs. La douceur de cette journĂ©e dâavril, câest aussi le repas pris dehors, dans la fumĂ©e du barbecue, et le fumet du cafĂ© accompagnĂ© des quelques Ćufs en chocolat. Câest la douceur de la tempĂ©rature incitant au jardinage, avec la satisfaction de voir nos efforts rĂ©compensĂ©s par une profusion de plantes et de fleurs multicolores et gĂ©nĂ©reuses. Câest aussi la douceur des Ă©changes familiaux, conversations amusĂ©es, jeux dâextĂ©rieur, puis jeux de sociĂ©tĂ©, musiques Ă©coutĂ©es en commun, joie de manger une des derniĂšres tartiflettes de lâannĂ©e, Ă la faveur de la petite fraĂźcheur du soir. La douceur dâaujourdâhui, douceur dâĂ©veil Ă la vie, douceur de sortie de tombeau en ce moment pascal, douceur vitale en cette pĂ©riode mortifĂšre, nous installe un peu plus encore dans le confort de notre bulle familiale dont il sera difficile de sortir...