29-11-05 // The Budos Band
PUTAIN, 12 ans!
Puisque câest la fĂȘte des Saturnin (et que du coup tout le monde sâen fout), on va plutĂŽt Ă©voquer un label jeune, mais vieux. Jeune par son Ăąge - 2001, câest jeune pour un label, oui gamin - vieux par ses mĂ©thodes: aujourdâhui je voudrais vous causer dans le casque de Daptone Records. Pourquoi vieux? Parce quâil sâagit en rĂ©alitĂ© dâun petit studio familial avec un panel de zicos "maisonâ adepte de lâĂ©changisme musical inter-formations. Vous avez dĂ©jĂ pu en entendre parler au dĂ©tour dâun son ou dâune Ă©mission musicale tardive, ne serait-ce que par le truchement de feu Amy Winehouse et son album âBack to Blackâ, en partie conçu et enregistrĂ© dans le studio de Brooklyn. En revanche, pas sĂ»r du tout que le groupe au menu du jour vous parle: âThe Budos Bandâ.
Si?... Ouais. Câest bien câque jâme disais... [se ressert un peu de whisky 15 ans dâĂąge, en prend un sip et se lĂšche les babines en se replongeant dans le sofa vintage]
BON! Comment dire... Par oĂč commencer... Jâavoue, je suis aussi tombĂ© sur les âBoudossesâ par hasard, au milieu dâun fatras dâalbums rĂ©cupĂ©rĂ© au printemps 2012 dans ma musette 2.0 (OK mon iPod Classic, sic), avec dâailleurs dâautres pĂ©pites âmade in Daptoneâ dont je vous reparlerai en temps voulu - si la faucheuse âO.P.â mâa pas emportĂ© avant. Cette trouvaille, je la dois aux presque-lĂ©gaux conseils de mon ancien voisin du dessous - on va lâappeler "Alex les bons tuyaux", des fois quâHadopi vienne fouiner par ici (LOL!). Au milieu de ce maĂ«lstrom de divers espace-temps, donc, je me prends un uppercut venu tout droit du bayou... HELLO âUp from The Southâ, sa basse chaude, enrobĂ©e de rythmes cadencĂ©s et de notes de clavier qui viennent se combiner parfaitement aux riffs sautillants de la guitare. Et comme ça, sans prĂ©venir, voilĂ que je mettais Ă 30 berges et quelques un premier pied dans lâafrobeat. Sachant que jusque-lĂ le seul lĂ©ger vernis que jâavais en la matiĂšre Ă©tait 2-3 albums de Fela Kuti⊠câest-Ă -dire en fait 2-3 morceaux de Fela Kuti.
Puis, au bout de 35 secondes dâambiançage qui auraient tout aussi bien pu durer 30 minutes, le juge dâinstruction vient prononcer la sentence. Je suis reconnu officiellement accro Ă un album et un groupe 100% instrumentaux. âDeu F*ck!â, imaginez un peu mon dĂ©sarroi. Certes, pour un dĂ©rivĂ© dâafrobeat, les morceaux sont courts, vont Ă lâessentiel, en oubliant pas de faire remarquer que les gars sont pas lĂ pour animer un mariage: câest sĂ©rieux, distanciĂ©, implacable. Non mais Ă©coutez-moi cette section de cuivre surgie dâoutre-tombe les kidzâ! Quelque chose de grave embrume aussi cette musique Ă lâorigine plutĂŽt festive et revendicative, bien quâenvoĂ»tante. Peut-ĂȘtre le spectre acoustique dâAmy, va savoir...
Sans trop savoir pourquoi, jâen ai redemandĂ© encore et encore, jusquâĂ ne plus savoir quel morceau ni mĂȘme quel album jâĂ©coutais. Ăa ne mâest venu que plus tard, mais lâatmosphĂšre Ă©manant des âBoudossesâ nâĂ©tait pas sans rappeler celle - en moins dark, hein - des Black Sabbath, pĂ©riode âParanoidâ. En fait, câest mĂȘme carrĂ©ment ça. Histoire de se dĂ©tendre entre 2 enregistrements pour leurs autres groupes respectifs, les mecs sâamusent Ă balancer un genre dâafro-mĂ©tal psychĂ©dĂ©lique. Ils se sont rangĂ©s tout seuls comme des grands dans la case âreprĂ©sentant moderne de lâafro-soulâ, mais je crois que je vais quand mĂȘme garder ma dĂ©finition... Et si tu me crois pas, tâas quâĂ Ă©couter ce live parisien de 2011 riche en larsens:
Peace & love all over afrobeat and The Budos Band <3
Francis Skeud B-)
PS : et bonne fĂȘte aux Saturnin quand mĂȘme.
La note complĂštement arbitraire de HBD pour âThe Budos Band ep. Iâ: 8.5/10














