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100 Themes Challenge IV - 38. Abandoned
Heehee, definitely going for a Breath of the Wild vibe on this one. But also a cute little environmental world building exercise. A while ago I made a world for my stories to be set in. This is like an abandoned corner in the high fantasy continent. I enjoy making the mythology, so an abandoned overgrown place of worship was first to come to mind.
100 Themes Challenge IV - 36. Precious
Eventually Berris will come to realize how precious he is to Jay. :') My gay little bebbies.
100 THĂMES - #99: Solitude
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    Les thÚmes se basent sur la liste Variation 1, du groupe DeviantArt : 100 Themes Challenge.
    Ces extraits courts sont de simples exercices, rĂ©alisĂ©s dans l'idĂ©e de me forcer Ă une certaine discipline lorsque jâĂ©cris, Ă©crire de maniĂšre rĂ©guliĂšre et dans une limite de pages donnĂ©e.     Dâordinaire, je corrige trop le texte et jâessaie de corriger cette affreuse habitude qui mâempĂȘche de partager quoi que ce soit ou me faire effacer les dits-textes par frustration. Cette fois-ci, jâai dĂ©cidĂ© de ne rien relire pour Ă©viter une Ă©niĂšme suppression de documents word. DĂ©solĂ©e pour le cĂŽtĂ© brut du texte, et pour sa structure certainement dĂ©cousue.          Â
                             # 099 : SOLITUDE
        Une paire de perles rouges autrefois cristallines et pures, teintĂ©es par lâĂ©ther particulier de son ĂȘtre.         CâĂ©tait lĂ lâun seuls effets personnels quâil possĂ©dait : deux simples perles polies par la mer des annĂ©es durant puis colorĂ©es par sa mĂ©moire, sa magie et son Ăąme.
        Rien dans cet immense palais nâĂ©tait Ă lui ni ne le serait jamais. Du simple sous-vĂȘtement au trĂ©sor de guerre gagnĂ© lorsque son clan lâemportait sur un voisin hostile, tout appartenait Ă sa Maison. Le sabre quâil possĂ©dait Ă©tait lâhĂ©ritage de son Clan : il nâexerçait sur cette arme que le seul droit de la porter voire, dans de rares cas, de la brandir contre ceux qui menaçaient les terres de sa famille.         Les crĂ©atures quâil conjurait par caprices, avec plus ou moins de rĂ©ussite, ne lui appartiendrait jamais. Elles ne cĂ©daient Ă ses appels que parce que sa force magique dĂ©passait les leurs ; ou parce que la victoire quâil leur demandait de lui accorder leur apporterait ce que leur esprit changeant dĂ©sirait.         Elles nâappartenaient Ă rien dâautre quâĂ la PlanĂšte elle-mĂȘme.         Elles ne seraient jamais Ă lui.         Il en allait de mĂȘme pour ses serviteurs humains. Ils nâĂ©taient pas Ă lui, et ne le serait jamais. Il savait que sâil partait un jour sur un coup de tĂȘte loin de son domaine, ses gens ne le suivraient pas. Ils lâabandonneraient Ă son caprice et resteraient pour glorifier son Clan. Et sâils acceptaient de le suivre, Ukiyo savait quâils ne le feraient que dans le but de servir sa Maison. Ce ne serait jamais par fidĂ©litĂ© pour qui il Ă©tait en dehors de tous les titres quâon lui donnait.         Sa Famille Ă©tait si riche et lui, si dĂ©sespĂ©rĂ©ment pauvre.         Deux perles rouges.         Deux cailloux ridicules, montĂ©s en boucles dâoreilles pour quâil puisse les garder prĂšs de lui. Ses seules richesses, ses seuls biens. Les seules possessions quâil nâemporterait jamais sâil venait Ă mourir un jour.         Une paire de bijoux idiote.Â
        Ukiyo se garda de soupirer. Il sâĂ©tait depuis longtemps fait Ă cette idĂ©e, mais elle continuait Ă venir distiller son poison blessant dans son esprit. Elle venait sans cesse gĂącher ses rares moments dâintrospection pour apporter une ombre sur le tableau de sa vie.         Mais lâenfant des dieux Ă©tait tel le Soleil, comme il se plaisait Ă le rappeler Ă ceux qui lui Ă©taient soumis. Et il nâapprĂ©ciait pas quâune simple pensĂ©e rĂ©ussisse Ă diminuer son Ă©clat en lâattristant.         Beaucoup ne comprenaient lâimage quâil utilisait pour se dĂ©crire comme les mots arrogants dâun jeune adulte Ă©gocentrique ; et Ukiyo ne pouvait blĂąmer leurs esprits amoindris de ne comprendre quâune partie de la comparaison quâil faisait entre lui et cet astre.          Ils ne le voyaient uniquement comme un ĂȘtre flamboyant et ardent. Le centre incontestĂ© et incontestable de leur gouvernement. La suprĂȘme autoritĂ© de leur ordre hiĂ©rarchique. Ceux qui voulaient se rapprocher un peu trop de lui finissaient brĂ»lĂ©s par les flammes de ses dĂ©cisions, ceux qui sâaliĂ©naient son amitiĂ© nâĂ©taient plus la bienvenue Ă sa cour, les vouant incontestablement Ă lâoubli et Ă la ruine.          AprĂšs tout, dans ses veines  coulait le sang dâAmaterasu, leur capricieuse dĂ©esse. Il Ă©tait Ă mi-chemin entre le domaine divin oĂč Elle exerçait son pouvoir, et le domaine terrestre oĂč il Ă©tait autorisĂ© Ă gouverner en Son autoritĂ©.         Au-delĂ dâĂȘtre une image, Ukiyo ne faisait quâĂ©noncer une vĂ©ritĂ© qui remontait Ă lâorigine de son lignage.         Oui.          Il Ă©tait tel le Soleil : les gens ne voyaient jamais quâune partie de son ĂȘtre. A lâinstar des astres qui ne peuvent apercevoir quâune partie de la surface solaire dans leur lente orbite, ses courtisans nâapercevaient que la partie de son Ăąme quâil souhaitait montrer Ă leurs yeux mortels.
         Ils Ă©taient si prompts Ă ne voir que ce quâil voulait bien leur montrer, si prompts Ă occulter ce qui ne leur profitait pas chez lui. Si prompts Ă ignorer que lui, le Soleil, Ă©tait dĂ©vorĂ© et consumĂ© petit Ă petit par un feu sauvage quâil sâefforçait de garder sous contrĂŽle au plus profond de son ĂȘtre.  Le cĆur de sa magie qui menaçait dâimploser et de balayer son pays en entier, si rapidement ignorĂ© lorsquâon voulait quâil utilise ses pouvoirs pour protĂ©ger leurs frontiĂšres.         Cette force quâils craignaient mais utilisaient sans regrets, qui le tenait dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă©loignĂ© de tous ceux qui gravitaient autour de lui.
        Il ne devait sa Cour et le statut de sa Maison par-delĂ les siĂšcles quâĂ sa magie. Il ne devait sa dĂ©tresse et le manque dĂ©sespĂ©rĂ© de contact franc avec autrui quâĂ sa magie. Ukiyo nâĂ©tait rien, rien quâun rĂ©ceptacle pour cette magie mĂ©prisĂ©e mais enviĂ©e, qui lâexcluait de chaque cercle auquel il voulait appartenir.         Trop puissant et dangereux pour sâintĂ©grer parmi les Hommes, trop humain et mortel pour ĂȘtre accueilli indĂ©finiment chez les Dieux.         Dieu aux yeux des Hommes mais Homme aux yeux des Dieux.Â
        Ukiyo nâĂ©tait rien quâun paradoxe, qui nâavait mĂȘme pas le simple droit de porter un nom de famille.         Les dieux ne possĂšdent pas de patronymes, lui avait-on rĂ©pondu lorsquâenfant, il avait voulu connaĂźtre la rĂ©ponse Ă son unique prĂ©nom.          Dans son adolescence, lorsque les dieux lui avaient fermĂ© les portes de leur royaume en commençant Ă craindre son pouvoir grandissant, il en Ă©tait venu Ă se demander ⊠Quel homme ne possĂšde pas de patronyme ? MĂȘme les parias des villages les plus pauvres jouissaient de ce privilĂšge.Â
        Ukiyo nâavait rien. Pas de place ni dans un royaume, ni dans lâautre. Il rĂ©gnait pour une autre, sans jamais trouver quelquâun qui pourrait comprendre ce que son cĆur pouvait ressentir. Les hommes nây entendaient que les plaintes Ă©hontĂ©es et capricieuses dâun jeune adulte privilĂ©giĂ© depuis la naissance,  les dieux ne tendaient pas lâoreille Ă ses sentiments purement mortels quâils ne comprenaient pas et ne souhaitaient pas comprendre.         Et lĂ , Ă lâombre du mĂ©pris que tous nourissaient pour ce quâil ressentait, se formait une pensĂ©e dĂ©sagrĂ©able qui venait saisir son esprit la nuit.         Alors, lâimage du Soleil quâil utilisait parfois Ă outrance se vĂ©rifiait encore et encore sans que personne nâen saisisse la formidable ironie.
        Ukiyo Ă©tait courtisĂ© sans ĂȘtre entourĂ©.Â
Tous acceptaient dâentretenir avec lui des liens passifs, nĂ©cessaires au bon fonctionnement du pays, profitaient de sa lumiĂšre et ne donnaient rien en retour.
        Et alors quâil cherchait comment se dĂ©faire de cette pensĂ©e hostile, les dieux et les humains lui semblaient si Ă©loignĂ©s de lui. Ils ne cherchaient son contact que pour satisfaire leurs intĂ©rĂȘts : se nourrir de son Ă©ther particulier et foisonnant pour les uns ; satisfaire leurs dĂ©sirs matĂ©riels et futiles pour les autres.Â
        Il nâĂ©tait rien dâautre quâun outil. Il avait eu beau changer les Lois qui avaient Ă©tĂ© rĂ©digĂ©es dans la crainte quâil nâutilise son pouvoir contre son propre peuple, sa situation nâavait pas changĂ©e.Â
        Il jouait son rĂŽle, et ainsi, il continuait dâĂȘtre utilisĂ©. Il nâĂ©tait rien dâautre que lâincarnation physique dâun pouvoir qui devait toujours exister pour que sa Maison garde son rang, ses richesses, son pouvoir.         Alors que lui restait-il, Ă lui, Ă Ukiyo sâil nâĂ©tait rien ? Ni richesses. Ni amis. Ni mĂȘme de nom de famille Ă lĂ©guer aux malheureux qui prendraient sa suite, sâil daignait un jour donner des hĂ©ritiers Ă sa prestigieuse lignĂ©e. Â
        Uniquement deux perles rouges insignifiantes, qui avaient perdu leur seule valeur dĂšs lors quâelles avaient absorbĂ© lâĂ©ther de leur porteur pour se faire les miroirs de son Ăąme.Â
        Et pourtant, Ă ses yeux, elles Ă©taient aussi prĂ©cieuses que la Mer dâEtoiles. Lorsquâil mourrait, peut-ĂȘtre que le peu de souvenirs Ă©thĂ©rĂ©s qui avaient teint ces pierres seraient trouvĂ©s par quelquâun. Alors, ces faux cristaux dâĂąme transmettraient peut-ĂȘtre les connaissances qui sây Ă©taient accumulĂ©es avec les annĂ©es Ă lâĂąme de la personne qui  le trouverait. Peut-ĂȘtre alors, son cĆur pourrait se lier avec celui dâun autre de maniĂšre dĂ©sintĂ©ressĂ©e ?         Quelle douce pensĂ©e quâĂ©tait celle-ci.         Ătre enfin compris dâune Ăąme qui se fichait bien de qui il Ă©tait.         Les plis du hakama prune du jeune seigneur touchĂšrent lâherbe humide alors quâil se penchait pour creuser la terre. Puis, ses doigts salis dĂ©crochĂšrent lâun des deux bijoux qui pendaient Ă ses oreilles, pour le dĂ©poser dans le trou de fortune dans un geste futile et optimiste de se lier avec un autre. Un hypothĂ©tique lien moral, dont il nâaurait jamais connaissance si la pierre venait Ă ĂȘtre trouvĂ©e et sa magie descellĂ©e.Â
        Le jeune seigneur se releva aprĂšs de longues secondes passĂ©es Ă fixer la pierre quâil abandonnait au milieu de nulle part et recouvrit de terre la perle orpheline pour la dissimuler aux yeux du tout-venant.  Il rĂ©compenserait la curiositĂ© de ceux qui viendraient remuer ce petit tas de terre aprĂšs sâĂȘtre Ă©garĂ© dans le temple naturel de la forĂȘt. Il offrirait une chance Ă lâĂąme esseulĂ©e qui viendrait se perdre jusquâici de pouvoir profiter dâune partie de son savoir, de ses espoirs, de lâamitiĂ© quâil avait Ă offrir.Â
        En attendant, cette boucle dâoreille reposerait ici, seule comme il lâĂ©tait et comme il savait quâil serait jamais.Â
        Un ultime hĂ©ritage dont il ne connaĂźtrait jamais le bĂ©nĂ©ficiaire. Un ultime appel, que toute sa Cour choisirait dâignorer lorsquâil paraĂźtrait devant eux, un masque de confiance parfait sur son visage pour tromper le sentiment qui lâaccablait.Â
        AprĂšs tout, personne nâobservait le Soleil trop longtemps. Personne ne sâapercevrait quâil manquait un bijou. Personne ne lui demanderait ce quâil en Ă©tait advenu, par crainte de le froisser certainement, ou en assumant quâil sâagissait lĂ dâune de ses lubies fantaisistes.Â
        Une ultime confirmation du sentiment qui venait le saisir au cĆur de la nuit, lorsquâil sâeffaçait de la scĂšne publique et politique pour se reposer et que personne ne se souciait plus de lâimage quâil pouvait avoir. Lorsque la vĂ©ritĂ© parvenait Ă percer lâĂ©paisse couche dâarrogance quâil portait en bouclier, et dĂ©versait dans les failles de son esprit son poison mortel pour refroidir jusquâĂ son Ăąme : ne rien avoir, ne rien ĂȘtre en soi.Â
        Ukiyo nâavait rien dâautre que la conviction dâĂȘtre seul, et la boucle dâoreille dĂ©pareillĂ©e quâil porterait dĂ©sormais le lui rappellerait tous les jours ; bien quâil nourrisse le vain espoir que les secrets de sa jumelle puissent ĂȘtre un jour confiĂ©e Ă quelquâun. Au moins, une partie de son Ăąme aurait alors rĂ©ussi Ă vaincre le venin de la solitude qui grandissait chaque jour en lui, lĂ oĂč il savait quâil Ă©chouerait.

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100 THĂMES - #67: Jouer la mĂ©lodie
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     Ces extraits courts sont de simples exercices, rĂ©alisĂ©s dans l'idĂ©e de me forcer une certaine discipline lorsque jâĂ©cris, et Ă Ă©crire de maniĂšre rĂ©guliĂšre.
                               # 067 : Playing the melody
                Chaque action sâenchaĂźnait, Ă une heure et une date prĂ©cise, sans quâil nâait jamais eu son mot Ă dire. Il Ă©tait nĂ© seigneur, alors pourquoi devait-il obĂ©ir ainsi Ă lâemploi du temps parfaitement prĂ©parĂ© par ses adjoints les plus fidĂšles ?
            Il se posait la question dĂšs quâil ouvrait les yeux, entre lâheure matinale oĂč on venait le rĂ©veiller et celle oĂč il devait ĂȘtre parfaitement apprĂȘtĂ©, dans une tenue quâil nâavait pas choisie.
            Dans sa vie rĂ©glĂ©e comme du papier Ă musique, Ukiyo nâavait jamais eu le luxe de sâadonner aux longues rĂ©flexions. Les tĂąches quâil devait effectuer de lâaube au crĂ©puscule ne devaient jamais ĂȘtre interrompues, et les pensĂ©es Ă©taient autant de parasites qui venaient gĂȘner lâemploi du temps parfait auquel il Ă©tait soumis. Chaque action sâenchaĂźnait comme une suite de notes parfaite pour crĂ©er une mĂ©lodie quotidienne enchanteresse pour les gens qui le servaient, mais qui, rĂ©pĂ©tĂ©e jour aprĂšs jour malgrĂ© quelques variations le lassait au plus haut point.
            Dans le milieu trĂšs codifiĂ© oĂč il Ă©voluait, ses serviteurs ne laissaient jamais rien au hasard. Les rares pauses accordĂ©es qui sĂ©paraient chaque pĂ©riode Ă©taient calculĂ©es pour parfaire lâharmonie qui reliait chaque phase de sa journĂ©e. Chaque phrase avait son importance, chaque mot Ă©tait soigneusement rĂ©flĂ©chi avant dâĂȘtre dĂ©clamĂ© Ă son peuple, ce curieux public, lorsquâon lâautorisait Ă sortir de son palais.
            Son esprit devait ĂȘtre tout entier consacrĂ© aux diffĂ©rentes parties de la mĂ©lodie quâon lui avait composĂ©e. Le chef dâorchestre de ses journĂ©es nâaimait pas que des pensĂ©es vagabondes viennent perturber le soliste quâUkiyo Ă©tait dans la mascarade protocolaire auquel il se soumettait. Acteur au service de lâĂ©tat, il devait se consacrer Ă ses taches corps et Ăąme.
            CâĂ©tait la rĂšgle. La seule Ă laquelle lui,  seigneur parmi les seigneurs, était soumis. La seule piĂšce de théùtre Ă laquelle on lui demandait de participer.
             Une seule rĂšgle pour rĂ©gir sa vie lui avait semblĂ© peu Ă©tant enfant et câĂ©tait pourtant avec ce peu quâon lui avait ĂŽtĂ© toute libertĂ©. Une manĆuvre habile dont il nâavait pas dĂ©celĂ© la sournoiserie, il lâadmettait sans mal, mais qui Ă lâĂąge quâil avait alors lâaurait pu ?
            Il ne sâagissait pas lĂ dâune simple loi ; lâenfant quâil Ă©tait sâĂ©tait senti honorer de pouvoir respecter le quotidien de ses ancĂȘtres. Il avait pensĂ© quâon lâintronisait Ă la vie dâadulte, aux responsabilitĂ©s Ă©chues Ă son rang. Un rang dont il nâavait pas encore compris la nature mais dont il avait dĂ©jĂ saisi lâimportance.
            LĂ oĂč ses pairs priaient pour la bĂ©nĂ©diction des dieux, lui, partageait leurs caprices. Il leur murmurait ses envies, leur chuchotait ses secrets. Lui qui tutoyait les cieux et se plaçait au-dessus des hommes avec fiertĂ© Ă©tait finalement rĂ©duit Ă ĂȘtre menĂ© Ă la baguette par un chef dâorchestre qui Ă©tait ironiquement Ă son service depuis lâenfance.
            Sa situation paradoxale lui avait arrachĂ© un sourire en grandissant et il avait continuĂ© Ă dĂ©clamer les notes Ă©crites pour lui. Charmer le bas peuple Ă©tait alors encore plaisant. Dâune scĂšne Ă lâautre, tantĂŽt politique tantĂŽt populaire, il dansait avec les mots pour plaire Ă ceux devant qui il se produisait. Ukiyo Ă©tait parfait dans son rĂŽle : sa prestation ne devait jamais sâinterrompre et elle ne sâĂ©tait jamais interrompue jusquâici.
             Telle Ă©tait la rĂšgle. Quelle que soit la situation, quelques soient les imprĂ©vus. Le musicien soliste quâil Ă©tait devait continuer Ă jouer pour subjuguer les foules et apaiser son public capricieux. Lorsque son rĂ©cital sâachevait enfin, on lui accordait le droit de rĂ©pĂ©ter le morceau quâil devrait jouer le lendemain. Et la musique sâenchaĂźnait, encore et encore. Une suite de variations, dâaccords avec les autres acteurs de sa vie, pour crĂ©er lâharmonie dans un pays menacĂ© par le chaos.
               Quelle importance avait alors son rang ?         Quel intĂ©rĂȘt Ă ĂȘtre le confident des dieux, sâil en Ă©tait rĂ©duit Ă servir les hommes ?
            Il se posait la question chaque soir, entre lâheure Ă laquelle sonnait la fin de sa prestation et celle oĂč on venait Ă©teindre la lumiĂšre qui Ă©clairait les notes prĂ©parant la journĂ©e suivante.
            Il nâĂ©tait que lâartiste qui interprĂ©tait la composition dâun autre. Il nâĂ©tait que la marionnette bien articulĂ©e dans une piĂšce qui ne lui Ă©tait pas destinĂ©e. Il restait docile et ne posait aucune question comme on pouvait attendre dâun enfant bien obĂ©issant.
            Et pourtant, les questions quâil choisissait dâignorer revenaient sans cesse lâinterroger. Chaque matin, chaque soir, il se demandait ce qui le soumettait aux rĂšgles des autres.             NâĂ©tait-il pas Ă la fois chĂ©ri et craint des Dieux et des hommes ? Investi du pouvoir par les cieux, façonnĂ© par eux pour gouverner la terre ? Il Ă©tait nĂ© avec la puissance suffisante pour faire sâĂ©branler lâordre ancien ; et il sâĂ©tait pourtant inclinĂ© face Ă lâancienne loi créée pour rĂ©primer son pouvoir.
            La loi des hommes lâavait rendu docile, faible et servile.             La loi des hommes ne sâappliquerait donc plus Ă lui.
            Lâenfant bien obĂ©issant avait grandi pour devenir un adulte, las de rĂ©pĂ©ter chaque jour les mĂȘmes choses Ă la mĂȘme audience. Dans le silence de la nuit, il avait dĂ©cidĂ© quâil ferait sâappliquer un ordre nouveau et ferait sâappliquer ses lois. Des lois nouvelles pour rappeler au monde qui il Ă©tait.             Ukiyo Ă©tait le prince des cieux, lâenfant nĂ© de lâunion du soleil et de la pluie. Il Ă©tait la lumiĂšre qui Ă©clairait les terres de Jade, celle sans laquelle les Ăąmes de tous ceux quâil gouvernait flĂ©triraient.             Il Ă©tait tellement plus que ce Ă quoi on lâavait rĂ©duit.                         Ses yeux bouillonnant dâĂ©ther fixĂ©s sur le plafond de sa chambre, le jeune homme se rĂ©solut Ă ne plus jamais danser dans la paume dâun autre pour plaire Ă un public quâil mĂ©prisait. Il continuerait Ă jouer pour eux, mais il brillerait plus que sur les scĂšnes quâil choisirait de lui-mĂȘme. DĂšs le lendemain, il jouerait une nouvelle mĂ©lodie qui dĂ©plairait Ă beaucoup.                LâindĂ©pendance joueuse dâun solo subtil, vĂ©ritable reflet de ce que chantait son Ăąme, complexe et insoumise. Les Ă©chos de ses performances retentiraient jusquâaux confins de son empire, et mĂȘme au-delĂ . Il sâen assurerait jusquâĂ ce que sa chanson soit interrompue, par le temps ou par le fer.             AprĂšs tout, nâĂ©tait-ce pas lĂ la  seule rĂšgle Ă laquelle il avait acceptĂ© de se soumettre ? Â
100 THĂMES - #95 : Offre dâemploi
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    Les thĂšmes se basent sur la liste Variation 1, du groupe DeviantArt : 100 Themes Challenge. Le thĂšme dâorigine Ă©tant Advertisement, jâai un peu trichĂ© en le considĂ©rant au sens plus restreint de lâoffre dâemploi ( âAdvertising jobs.â ).
    Ces extraits courts sont de simples exercices, rĂ©alisĂ©s dans l'idĂ©e de me forcer une certaine discipline lorsque jâĂ©cris. Ils ont Ă©galement pour but de me forcer Ă ne pas corriger chaque mot pendant des mois.     /!\ Texte long.
Contexte : WoL!Verse. Peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme faisant suite au thĂšme #76.Â
             # 095 : Offre dâemploiÂ
            Le Miqoâte laissa retomber une mĂšche de cheveux tressĂ©e le long de sa clavicule, dans un dernier espoir pour dissimuler Ă ses futurs hĂŽtes le rythme de vie quâil avait adoptĂ© ces derniers mois.       Dâune main tremblante, il retint la fin de la tresse Ă lâaide dâun fin ruban hingashien tressĂ© de perles et auquel Ă©taient rattachĂ©es quelques plumes sauvages aux teintes blanches et carmines. Il fallait sauver les apparences, bien quâil sĂ»t quâil aurait fallu un philtre dâillusion pour cacher aux yeux du monde dans quelle misĂšre il sâĂ©tait laissĂ© aller il y avait de cela des mois.
     Avec le temps, il avait pris lâhabitude de ne plus reconnaĂźtre son visage dans le miroir et il sâen Ă©tait accommodĂ©. Sa chevelure si proprement coiffĂ©e dâordinaire Ă©tait devenue une masse capillaire indisciplinĂ©e terne et sĂšche, Ă la longueur incertaine par endroits. TantĂŽt longue sur ses Ă©paules, tantĂŽt courte au niveau de ses tempes puis ramassĂ©e en tresses lĂąches par endroits, la coiffure quâil arborait aujourdâhui aurait fait grimacer celui quâil avait Ă©tĂ© hier. Dâun souffle las, il tenta de repousser lâune des mĂšches qui retombaient sur son nez avant dâabandonner son combat quelques secondes plus tard ; comprenant quâil faudrait plus que les quelques coups de brosse absents quâil passait  pour rendre Ă ses cheveux gris abĂźmĂ©s un aspect bien moins nĂ©gligĂ© quâaujourdâhui.
     Le Miqoâte sâappuya sur le petit lavabo de marbre de la piĂšce dâeau de son appartement et fixa un peu plus ce reflet quâil ne reconnaissait pas. Sa main gauche remonta inconsciemment vers sa joue et lâeffleura, suivant de lâindex la ligne verticale parfaite qui marquait sa joue depuis lâincident dont il avait Ă©tĂ© victime.
     Il Ă©tait des choses qui ne disparaĂźtraient jamais malgrĂ© le temps passĂ© et parmi celles-ci; certaines laissaient des cicatrices qui peinaient Ă cicatriser.  Un bruit Ă©touffĂ© fit sâagiter ses oreilles fatiguĂ©es mais Spectral ne sortit pas pour autant de sa contemplation absente. Ses griffes peintes de noires encore posĂ©es sur le bas de sa joue, il sâaperçut en dĂ©taillant son image quâune simple toilette nâaurait pas raison de ce quâavaient laissĂ©s les derniers mois.
     Son regard vif et perçant avait vu son Ă©clat diminuer au fil des mois, Ă©touffĂ© dans les gonflements de ses yeux rougis par trop de pleurs et sâĂ©tait finalement perdu derriĂšre le voile de cheveux fins qui retombait sur lui. â Les yeux sont le miroir de lâĂąmeâ disait-on ; un adage que le chasseur avait eu tout le loisir de le vĂ©rifier. Aujourdâhui, il aurait aimĂ© pouvoir briser ce miroir - Ă cette pensĂ©e un sourire releva les commissures de ses lĂšvres - mais il Ă©tait Ă©vident quâil nâaurait jamais pu briser plus encore ce qui lâĂ©tait dĂ©jĂ .
     Brisé.
     Il nâaurait jamais cru utiliser ce mot si facilement pour dĂ©crire ce quâil ressentait. AprĂšs des mois passĂ©s sans lumiĂšre Ă vivre enfermĂ© dans son appartement pour nâen sortir quâĂ la faveur des nuits les plus sombres, Spectral avait eu tout le loisir de penser Ă ce quâil cherchait Ă Shirogane.
     La rĂ©ponse avait Ă©tĂ© simple au dĂ©but, puis elle sâĂ©tait rapidement complexifiĂ©e. Il avait dâabord voulu que quelquâun mette un terme au flux ininterrompus de pensĂ©e importunes, avant de rĂ©flĂ©chir Ă un moyen pour le faire lui-mĂȘme. Il avait ensuite voulu endiguer ces murmures incessants et les enterrer au plus profond de lui. Il avait ensuite retrouvĂ© une paix temporaire en apprenant Ă retourner au-dehors, et en se forçant Ă communiquer avec les petits commerçants de Kobai goten.
     Une paix Ă©phĂ©mĂšre, pour rĂ©apprendre Ă sourire aux inconnus et rĂ©apprendre Ă interagir avec la sociĂ©tĂ©. Solitaire de nature, il avait pourtant pris goĂ»t Ă la vie citadine, oĂč, malgrĂ© la foule qui lâentourait au quotidien, un individu pouvait demeurer seul jusquâĂ la fin de sa vie.
     Câest alors quâil sâĂ©tait rĂ©solu Ă reprendre sa vie en main, et sâĂ©tait dirigĂ© vers la citĂ©-Ă©tat de Kugane. Pour y faire ce pourquoi il Ă©tait sur place depuis des mois : travailler.
     Le travail avait toujours Ă©tĂ© une bonne Ă©chappatoire pour le Miqoâte. S'il n'arrivait pas Ă occulter les pensĂ©es qui le perturbaient, alors il les remplacerait par d'autres.Â
     Du moins c'est ce qu'il voulait tenter aujourd'hui. AprÚs tout le temps passé à ne donner aucun signe de vie, hormis à quelques rares privilégiés à Ishgard, la branche hingashienne de Kugane ne souhaitait plus recevoir ce chasseur sur lequel elle n'avait pas pu compter auparavant.
     MandatĂ© de maniĂšre expresse par les dignitaires Centurio d'Ishgard, il aurait dĂ» les aider Ă Ă©liminer une bĂȘte fĂ©roce qui terrorisait les villages de la Mer de Rubis depuis quâelle y avait pondu. Une opportunitĂ© en or qu'il avait acceptĂ©e pour voyager dans cette lointaine Orient, pourtant sous domination Garlemaldaise.
     Un passe-droit exceptionnel qu'il n'avait pas remboursé en ignorant le contrat de chasse duquel il avait été chargé. Sans emploi pour avoir manqué à ses engagements, incapable d'accepter les travaux comme les aventuriers le faisaient, trop fragile pour repartir dans le Coerthas.
     Aujourd'hui il devrait tenter de plaire à nouveau à ses employeurs, et de leur montrer que cette faute ne se reproduirait plus.
     Mais alors, comment séduire lorsque tout chez lui hurlait que rien ne différait à avant ?
     Comment les convaincre que ses qualités et son passif n'étaient pas volés quand le chasseur implacable qu'on leur avait vendu ne ressemblait plus qu'à un loup de l'Abalathia auquel on aurait enlevé les crocs ?
     Spectral laissa s'Ă©chapper un rire nerveux. Il Ă©tait plusieurs choses dont le Miqoâte Ă©tait persuadĂ© depuis son enfance. Parmi celles-ci, il savait que plaire n'avait jamais fait partie de ses capacitĂ©s. MalgrĂ© tous les efforts dĂ©ployĂ©s pour masquer son rythme de vie dĂ©sastreux aux Ă©missaires du clan Centurio ce soir, il savait quâaucun artifice ne changerait ce quâavouait son regard.
-Â Â Â Â Â Â â MaĂźtre Daarâjen ?â
      Les cheveux clairs de Janneloix se reflĂ©tĂšrent dans le miroir et lâadulte tourna sa tĂȘte vers son cadet. Ah oui, il y avait le gamin aussi. Peut-ĂȘtre pourrait-il sâen servir comme dâune excuse, lorsquâon lui demanderait des comptes sur son absence des derniers mois.
      Il faudrait juste convaincre le trĂšs jeune ElĂ©zĂ©en de mentir pour lui. Et ça, ça nâĂ©tait pas gagnĂ©.
-      « Vous avez une mine affreuse, sĂ©rieusement, câest ça que vous appelez vous changer ? » le rabroua-t-il en venant poser sur un meuble en acajou sombre une pile de vĂȘtements clairs.
     Face Ă lâair renfrognĂ© et la moue dĂ©sapprobatrice de lâadolescent qui le jugeait de ses yeux bleus, le Miqoâte ne put empĂȘcher ses lĂšvres de sâĂ©tirer en un lĂ©ger sourire. DĂ©cidĂ©ment, les choses avaient bien changĂ© depuis la premiĂšre fois quâil lâavait rencontrĂ©.
-      « Je peux savoir ce qui vous fait sourire ? » lui reprocha lâIshgardais. -      « Tu as grandi, câest tout. »
            Lâorphelin arqua un sourcil avant de piquer un fard, comme Ă son habitude lorsque le chasseur lui faisait une remarque personnelle :
-      « JâespĂšre que vous serez plus Ă©loquent face aux Seigneurs que vous recevrez tout Ă lâheure. Et mieux habillé ! On nâa pas idĂ©e de âŠÂ »
      Le Miqoâte cessa dâĂ©couter les reproches juvĂ©niles de lâenfant quâil accueillait depuis plusieurs mois. Il nâĂ©tait pas certain du pourquoi ni du comment de la prĂ©sence de cet enfant dans son appartement, si loin des terres qui les avaient vus tous les deux naĂźtre.
     Ce quâil savait toutefois, câĂ©tait quâaujourdâhui il Ă©tait presque reconnaissant dâavoir quelquâun Ă ses cĂŽtĂ©s. Sans prĂȘter attention au dĂ©luge de mots de Janneloix, Spectral se dĂ©tourna du miroir pour prendre les vĂȘtements que le jeune garçon lui avait amenĂ©s.       Si clairs ⊠Spectral nâavait plus portĂ© de vĂȘtements blancs depuis quâil avait troquĂ© ses vĂȘtements de voyage il y avait dix ans de cela. Il nâĂ©tait pas sĂ»r dâavoir jamais apprĂ©ciĂ© cette couleur de toute maniĂšre, il lui prĂ©fĂ©rait les teintes sombres et discrĂštes qui le dissimulaient lors de ses expĂ©ditions nocturnes.
-      « Ăa vous plait ? »
     Spectral allait rĂ©pondre « non » par habitude pourtant il fit lâeffort dâobserver avec plus dâattention les vĂȘtements que Janneloix lui avait choisis. Mal choisis Ă vrai dire, mais que savait ce gamin de lui au final ?
     Peut-ĂȘtre bien trop de choses, puisquâil lâavait vu tel quâil Ă©tait une fois les projecteurs Ă©teints et dĂ©pouillĂ© de lâĂ©tiquette quâon se plaisait Ă lui coller en EorzĂ©a.
     Dâun soupir, le Miqoâte sâassit Ă mĂȘme le sol en se gardant de grimacer dâinconfort lorsque sa peau nue rencontra le carrelage froid de la piĂšce dâeau. Il passa sa jambe gauche puis bientĂŽt la droite dans un pantalon blanc quâil resserra au niveau des cuisses et de la taille grĂące aux fines ceintures et attaches de cuir sombres prĂ©vues Ă cet effet. Ses pieds furent entiĂšrement couverts et maintenus jusquâaux genoux par une paire de bottes noires, discrĂštement rehaussĂ©es dâargent au niveau des lacets et des talonnettes qui grandissaient avec discrĂ©tion la taille du Miqoâte.
     Devant lui, un manteau de fourrure immaculĂ© sâouvrit, lâinvitant Ă le passer sur ses Ă©paules ;  ce que Spectral fit avec lassitude et un manque dâentrain certain. Il vit passer et repasser devant puis derriĂšre lui lâElĂ©zĂ©en qui ajustait le manteau comme sâil venait vĂ©rifier lâarmure dâun chevalier sâen allant en guerre.
-      « Tu es devenu un vrai petit Ă©cuyer, dis-moi âŠÂ » -      « Il faut dire que vous ne vous habilliez pas vraiment correctement jusquâĂ hier messire. » -      « Quâest-ce que tu peux ĂȘtre insolent âŠÂ » souffla lâautre, amusĂ© mais lĂ©gĂšrement vexĂ©.
            Il Ă©tait vrai que sans Janneloix, Spectral aurait fini par ne plus changer dâhabits pendant des jours et des nuits durant. Ce qui nâexcusait tout de mĂȘme pas lâaplomb de lâenfant. -      « Bon, ça vous plait ou non ? » -      « ⊠pas vraiment, mais on fera avec. » avoua le Miqoâte en sâobservant dans la psychĂ© prĂšs de son bain.
      Tant de miroirs, tant de reflets. Chaque fois que ses yeux dâambre se plongeaient dans lâun deux, le chasseur Ă©tait sĂ»r de voir une image diffĂ©rente lui ĂȘtre renvoyĂ©e.      Tant de masques et tant de mensonges.
     Spectral ignora Ă nouveau la moue boudeuse de son protĂ©gĂ© et quitta la piĂšce sans lui accorder plus dâattention. Du regard, il chercha dans la piĂšce Ă vivre en dĂ©sordre une de ses lances pour rallier Kugane mais la tenue quâil portait ne se prĂȘtait pas rĂ©ellement Ă lâusage de cette arme.
      Mais quâavait bien pu penser Janneloix  ?
     Il allait sâen enquĂ©rir auprĂšs de lâintĂ©ressĂ©  lorsque celui-ci apparut Ă nouveau devant lui, en lui prĂ©sentant une rapiĂšre Ă lame courte et fine, ornĂ©e dâor et Ă la lame noire gravĂ©e de symboles hingashiens.
-      « Elle se prĂȘtera mieux Ă votre rendez-vous, messire. » -      « Je ne suis ni mage ni escrimeur, Janneloix. » lui rappela sĂšchement Spectral. -      « Vous devez leur prouver que vous nâĂȘtes pas celui que je connais surtout. Alors prenez cette arme et faites-moi confiance. »
      Avec aplomb, le garçon insista et mit presque lâarme dans les mains de son futur porteur avant de dĂ©crocher de sa ceinture un rĂ©servoir dâĂ©ther et de lâaccrocher lui-mĂȘme Ă celle de Spectral. Â
-      « Là . Vous serez parfait. » -      « Un parfait menteur surtout. » -      « Au moins vous serez parfait dans un domaine.  »
      Le Miqoâte opina silencieusement du chef malgrĂ© la pique. AprĂšs tout, quâimporte.      Lui qui voulait changer de vie, il avait dĂ©sormais aussi changĂ© de spĂ©cialitĂ©. De guerrier de renom Ă la lance, il devenait une sorte de mage bien apprĂȘtĂ© avec une rapiĂšre dont il ne comprenait pas plus lâusage que lâintĂ©rĂȘt de la discipline. -      « Ne gĂąchez pas tout ce soir, Messire. » le pria Janneloix, comprenant la lueur Ă©trange qui brillait dans les yeux de celui sur qui il veillait depuis des mois. -      « Je ne gĂącherai plus rien. »
     Sur ces mots, le Miqoâte quitta lâappartement, caressant distraitement et briĂšvement les cheveux clairs de lâadolescent lorsquâil passa devant lui.
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      Kugane Ă©tait une ville que Spectral dĂ©testait et admirait. Elle faisait naĂźtre chez lui des sentiments contradictoires, en totale oppositions avec ses goĂ»ts personnels ordinaires. Son bruit le rebutait, ses lumiĂšres lâagaçaient et pourtant, toute la foule attirĂ©e par ces qualitĂ©s citadines le passionnait. SâĂ©loigner de la foule captivĂ©e par les lanternes rouges de la citĂ©-Ă©tat comme autant dâinsecte face Ă la flamme dâune bougie Ă©tait un plaisir coupable. Il apprĂ©ciait alors errer dans les quartiers boudĂ©s par la majoritĂ©, baignĂ©s dans les Ă©chos Ă©touffĂ©s dâune vie plus animĂ©e et plus bruyante Ă quelques mĂštres Ă peine.
      DĂ©couvrir en solitaire tous les charmes discrets et secrets de la grande citĂ©. Errer au hasard des rues malgrĂ© lâheure tardive, loin des personnes qui habitaient la citĂ© et Ă©changer avec ceux qui avaient tant Ă raconter mais qui ne trouvaient jamais dâoreilles attentives pour leurs histoires. Un plaisir uniquement permis par la population nombreuse de la citĂ©.
      Assis sur le tatami dâune des chambres de lâauberge du Bokairo oĂč il attendait son interlocuteur du Clan Centurio, Spectral observait par la fenĂȘtre en papier de riz ouverte les feux dâartifices lancĂ©s au loin, prĂšs du port. Perdu dans le spectacle de couleur et de forme qui prenait vie dans le ciel nocturne, il sursauta presque lorsquâil entendit la porte coulisser et la douce voix dâune employĂ©e introduire celui auprĂšs de qui il devrait plaider sa cause.
     Discret comme la premiĂšre brise du printemps, lâĂ©missaire du Clan pĂ©nĂ©tra dans le petit salon et sâassit en face du Miqoâte, avant que ce dernier ne dĂ©croche ses yeux des fleurs de feux colorĂ©es. Il tendit alors sa main vers le Hyur quâil recevait, sa tĂȘte lĂ©gĂšrement baissĂ©e dans un signe de salutations :
-      « Câest un honneur de vous rencontrer Monsieur. » -      « Ne soyez pas si formel, Spectral. » le coupa lâautre, ses mots soufflĂ©s dans un murmure amusĂ©. « Nous savons tous deux pourquoi cette rencontre a lieu, alors ne perdons pas plus de temps. »
     Les sourcils du chasseur se froncĂšrent lĂ©gĂšrement, et la mĂąchoire serrĂ©e, il se contenta dâopiner du chef : -      « Toutes les excuses que jâaurais Ă vous prĂ©senter ne suffiraient pas Ă racheter ma faute. Jâen ai conscience. Pourtant, jâaimerai Ă nouveau Ćuvrer dans lâintĂ©rĂȘt du Clan CentâŠ. »
      Lâhomme face Ă lui leva sa main gantĂ©e sans un mot dans un geste intimant le silence, un sourire ineffaçable sur ses lĂšvres fines. ImmĂ©diatement, le chasseur se tut et patienta.
-      « LâĂ©lu du Cristal a des tĂąches importantes Ă rĂ©gler â et celles-ci nous dĂ©passent. Il nây a pas de fautes Ă pardonner.  Pas dâexcuses Ă fournir. »
     Spectral allait rĂ©pliquer mais lâautre ajouta dâun air doucereux :
-      « Et câest la seule version qui prĂ©vaudra lorsque jâirai vous excuser auprĂšs des reprĂ©sentants du Clan. »
     Sans comprendre, le Guerrier de la LumiĂšre resta muet. Il observa chaque geste de cet homme aux cheveux roses clairs, pĂąle et froid comme la mort elle-mĂȘme.
-      « Je suis lĂ pour vous proposer autre chose que de travailler pour Kugane, Spectral. Un homme comme vous a besoin de bien plus que de crĂ©atures banales pour exercer tout son talent ; et EorzĂ©a toute entiĂšre a besoin dâhommes et de femmes aussi douĂ©s que vous pour la libĂ©rer des flĂ©aux qui lâaccablent. Aussi, jâirai droit au but : jâaimerai que vous vous chargiez de quelques contrats sensibles pour le Clan. »
     Dans un geste de mĂ©fiance, les oreilles du Miqoâte sâabaissĂšrent lĂ©gĂšrement vers lâarriĂšre et sa main se porta sans quâil ne se rende compte sur la garde de la rapiĂšre quâil portait Ă sa ceinture ; ce qui fit malgrĂ© tout rire son vis-Ă -vis :
-      « Soyez certain, Messire Daarâjen, que je ne vous veux aucun mal. Bien au contraire. »
     Il appuya son menton contre la paume de sa main en plongeant ses yeux gris hypnotiques dans ceux remplis dâanimositĂ© du Miqoâte :Â
-    « Tout comme vous, je travaille pour le Clan et suis ici pour le reprĂ©senter. Toutefois, je me moque Ă©perdument des contrats que vous nâavez pas honorĂ©s en arrivant ici. Perdre un combattant de votre envergure pour un malheureux incident me dĂ©plairait beaucoup. Je sais dans quel contexte vous avez quittĂ© Ishgard, je lâai quittĂ©e pour des raisons similaires. »
       Il marqua enfin une pause, un soupir triste trahissant le masque offert par son sourire :
-      « Ce que je sais Ă©galement, câest que le Clan a une pile de contrats qui sont rarement pris â et encore plus rarement remplis. Seul un petit groupe â trop petit si vous voulez mon avis â de personnes peut prĂ©tendre Ă abattre les cibles dĂ©licates que ces documents nous demandent de chasser ⊠et le nombre de ces contrats ne cesse dâaugmenter. En tant que Chevalier, câest une situation que je trouve plus que discutable. Les chasseurs se terrent, craintifs. Les soldats ignorent les douleurs du peuple qui subit les caprices de ces cibles trop ⊠dangereuses. »
      Cessant son monologue dans lâattente dâune rĂ©ponse qui ne vint pas, le Hyur reprit sĂšchement aolrs que Spectral continuait de le dĂ©visager, incertain de comprendre ce qui Ă©tait sous-entendu : -      « Je suis favorable Ă votre retour, quelle que soit votre dĂ©cision, si câest cela qui vous inquiĂšte. Ce que je dĂ©sire savoir, en revanche, câest si vous accepteriez de faire partie du petit groupe de personnes qui pourraient nous dĂ©barrasser des cibles dâĂ©lite les plus dangereuses qui pourrissent la vie de nos chers concitoyens en Othard et au-delĂ . La paie est plus quâĂ la hauteur, et le dĂ©fi Ă relever bien plus satisfaisant que la chasse Ă lâIxal. »
     Le mĂ©tisse termina son monologue, attendant patiemment la rĂ©ponse de celui quâil tentait dâembaucher. Ses iris clairs posĂ©s sur le Miqoâte, il se contenta de lui sourire Ă nouveau lorsquâil le vit commencer Ă sâagiter en silence.
     Sentant que son vis-Ă -vis pesait le pour du contre, lâĂ©missaire du Clan sâempĂȘcha dâafficher un air satisfait quâil devinait pouvoir ĂȘtre contrariant pour le Miqoâte.
-      « ⊠Imaginons que votre offre mâintĂ©resserait. AuprĂšs de qui devrai-je mâadresser pour prendre connaissance de ce genre de cibles ? » Le sourire rĂ©primĂ© Ă©tira finalement les lĂšvres du Hyur lorsquâil rĂ©pondit : -      « Demandez Ser Eligos. »
100 THĂMES - #76 : Restes brisĂ©s
âą Masterlist âą Masterlist ( mobile )
    Les thÚmes se basent sur la liste Variation 1, du groupe DeviantArt : 100 Themes Challenge.
     Ces extraits courts sont de simples exercices, rĂ©alisĂ©s dans l'idĂ©e de me forcer une certaine discipline lorsque jâĂ©cris. Ils ont Ă©galement pour but de me forcer Ă ne pas corriger chaque mot pendant des mois.
Contexte : WoL!Verse. AprĂšs avoir libĂ©rĂ© Ishgard et vengĂ© un ami cher, le Guerrier de la LumiĂšre craque. EndeuillĂ©, brisĂ© par les pertes subies et par lâabsence de soutien de ceux qui lui sont le plus proches, il prend une dĂ©cision radicale et quitte les HĂ©ritiers. Notes : Se passe aprĂšs la Guerre du Chant des Dragons et peut donc contenir des spoilers relatifs Ă cette partie de lâHistoire.       Câest un long machin, sans dĂ©but, sans fin qui commence bizarrement et finit de maniĂšre tout aussi Ă©trange.
              # 076 : Broken pieces
     Janneloix observa tour Ă tour son MaĂźtre puis lâaventurier de renom quâils Ă©taient venus rencontrer.  Le jeune Miqoâte nâavait pas rĂ©agi Ă leur entrĂ©e dans la piĂšce plongĂ©e dans la pĂ©nombre oĂč il sâĂ©tait rĂ©fugiĂ©. Il avait mĂȘme semblĂ© Ă lâadolescent que leur hĂŽte nâavait pas remarquĂ© leur entrĂ©e.
     Il Ă©tait restĂ© adossĂ©, lĂ , contre un mur de pierre typique des bĂątisses ishgardaises, assis Ă mĂȘme le sol devant lâĂątre Ă©teint dâune cheminĂ©e froide. Ses oreilles fines Ă©taient restĂ©es figĂ©es, couchĂ©es vers le sol que ses pupilles vides fixaient.
     On avait donnĂ© Ă cet homme bien des titres depuis quâil avait vaincu les menaces primordiales en EorzĂ©a, repoussĂ© Garlemald, et mĂȘme sauvĂ© la Sainte-citĂ©, on murmurait mĂȘme quâil prĂ©parait un voyage vers le lointain Orient pour reprendre Ala Mhigo aux griffes de lâEmpire.       Partout, on le surnommait de bien des maniĂšres. Il avait Ă©tĂ© dâabord Ă©tĂ© le Pourfendeur de Primordiaux, puis Ă©tait vite devenu le sauveur dâEorzĂ©a, le Champion du Cristal voire lâElu dâHydaelyn. Ici, il Ă©tait la main armĂ©e dâHalone. Janneloix avait mĂȘme entendu dire quâil avait mĂȘme rĂ©ussi Ă maĂźtriser les arts perdus de la magie rouge et dĂ©truit lâun des dĂ©mons qui dormait dans le Gouffre des HĂ©rĂ©tiques. Il Ă©tait le cauchemar de Svara, lâami de Virdofnir, le charmeur de dragons. Le conquĂ©rant de lâarche du NĂ©ant.
     Tant de surnoms lui Ă©taient donnĂ©s ça et lĂ Â mais bien quâils Ă©taient tous diffĂ©rents, tous attestaient du mĂȘme statut que les habitants de cette planĂšte chuchotait aprĂšs son passage dans leurs citĂ©s : Il Ă©tait le HĂ©ros.
     Ce Miqoâte au regard dâun orange si vif Ă©tait aux yeux de tous lâincarnation de ces lĂ©gendaires Guerriers de LumiĂšre qui les avaient dĂ©jĂ sauvĂ©s Ă la chute de Dalamud. Ce dernier titre venait sâajouter Ă sa collection impressionnante de surnoms prestigieux, malgrĂ© tous les efforts dĂ©ployĂ©s par le concernĂ© pour que ses compatriotes Ă©orzĂ©ens cessent de lui donner ce statut.       Depuis plusieurs annĂ©es, il avait Ă©tĂ© le flambeau de lâespoir pour les populations oppressĂ©es de tout EorzĂ©a et au-delĂ . Il Ă©tait de notoriĂ©tĂ© publique que ce gardien de la Lune aidait chaque peuple, hommes-bĂȘtes ou humains.
     Il incarnait la lumiĂšre vive qui venait bannir les tĂ©nĂšbres de la guerre amenĂ©es par les troupes Magitech Garlemaldaise, la flamme purificatrice qui levait le voile obscur de la religion dans laquelle sâĂ©tait piĂ©gĂ©e Ishgard et on murmurait quâil serait la vive Ă©tincelle qui viendrait enfin raviver lâĂąme rĂ©volutionnaire des Mhigois.
Comment cet homme Ă lâimage flamboyante pouvait-il ne faire quâun avec la masse avachie contre ce mur, repliĂ©e sur elle-mĂȘme et perdue dans un ailleurs oĂč ni Janneloix, ni son maĂźtre ne semblaient ĂȘtre entrĂ©s ici ?Â
-      « Nous avons besoin de ton aide, HĂ©ros. » -         « Il y a suffisamment dâaventuriers qui souhaiteraient aider votre aimable seigneurie. » rĂ©torqua faiblement le Miqoâte toujours prostrĂ© dans la mĂȘme position avant de poursuivre, la voix emprunte dâune lassitude que Janneloix nâaurait jamais imaginĂ© chez un aventurier de la trempe du Guerrier de LumiĂšre : « Allez donc leur proposer une tasse de lait dâĂ©tagne chaud et votre mission, Messire. Ils seront enchantĂ©s de pouvoir Ćuvrer dans votre intĂ©rĂȘt contre un bon repas. »
     Les traits du visage Ă©maciĂ© du seigneur ElĂ©zĂ©en se contractĂšrent en entendant le lancier dĂ©cliner une offre de travail quâil nâavait mĂȘme pas daignĂ© Ă©couter. Le regard dur du MaĂźtre dâarmes se dĂ©tourna de la silhouette sombre du Gardien de la Lune pour venir croiser les pupilles encore enfantines de lâadolescent quâil formait depuis plusieurs mois dĂ©sormais.
-         « La flamme qui lâanimait autrefois sâest Ă©teinte, Janneloix. Il est inutile dâessayer de faire reprendre un feu sur un tas de cendres froides. »
      Le plus jeune entendit son prĂ©cepteur se dĂ©tourner du Gardien de la Lune quâils Ă©taient tous deux venus chercher puis le son rĂȘche de la porte de bois qui se refermait sur eux.
     Janneloix se trouvait donc seul avec le Miqoâte quâil admirait depuis quâil avait entendu son nom se murmurer dans Brouillasses quelques annĂ©es auparavant, dans une des chansons dĂ©clamĂ©es par un mĂ©nestrel Ă la voix enchanteresse. Des exploits relatant la maniĂšre par laquelle il avait Ă©liminĂ© les puissants Primordiaux conjurĂ©s par  les tribus barbares de la Sylve ou des Profondeurs dâOâGhomoro.
     Combien de fois depuis lors avait-il rĂȘvĂ© du moment oĂč il pourrait rencontrer son idole ? Les premiers quâil Ă©changerait avec ce guerrier accompli Ă lâapparence si particuliĂšre, la maniĂšre dont ses joues rosiraient de honte lorsque le regard dâambre si vif du Miqoâte se poserait sur lui, silencieux. Les paroles brĂšves et maladroites du lancier Ă son Ă©gard, et peut-ĂȘtre mĂȘme â qui sait ? â lâhonneur de le voir lui faire une dĂ©monstration des mouvements de combat les plus basiques lorsque Janneloix lui confierait sâentraĂźner au combat pour un jour parcourir les terres du Coerthas et de Dravania pour aider ses compatriotes. Comme le Miqoâte le faisait, jour aprĂšs jour.
     Il avait tant de fois caressĂ© lâespoir de voir de plus prĂšs la magnifique armure en chromite dâun noir abyssal quâil portait. Cet espoir sâĂ©tait Ă demi-rĂ©alisĂ© le jour de la libĂ©ration dâIshgard du joug de leur EvĂȘque, quand le Miqoâte avait fait cette apparition encore critiquĂ©e Ă dos de dragon dans les murs de leur Sainte-CitĂ©. Janneloix avait rĂ©ussi, malgrĂ© la foule qui sâĂ©tait pressĂ©e en voyant entendant les lourds et menaçants battements dâailes au-dessus dâeux, Ă apercevoir le bout de la lance bouillonnante dâune Ă©nergie Ă©thĂ©rĂ©e inconnue.
     Dans ses rĂȘves les plus fous, son idĂŽle lui faisait mĂȘme lâhonneur de le laisser la toucher et la prendre en main pour quâil puisse lâobserver Ă loisir. Un sourire amusĂ© courbait alors les commissures des lĂšvres peintes de lâaventurier qui laissait Ă©chapper un rire discret Ă mesure des remarques et questions que poserait Janneloix sur cette arme Ă©trange, trĂšs Ă©loignĂ©e de la facture des Brionacs quâils utilisaient Ă Ishgard.
      La rencontre quâil vivait enfin aujourdâhui avec cet illustre aventurier commençait dâune maniĂšre moins enjouĂ©e que toutes les situations que le jeune ElĂ©zĂ©en avait pu imaginer durant les longues nuits dâhiver froides.
     Les prunelles dâambre quâil avait voulu croisĂ©es lui Ă©taient cachĂ©es, voilĂ©es par les mĂšches dĂ©faites dâune coiffure peu entretenue.
     Ce Miqoâte misĂ©rable ne pouvait pas ĂȘtre le hĂ©ros quâil avait fantasmĂ©. Il devait forcĂ©ment y avoir erreur sur la personne. Â
-         « MaĂźtre Daarâjen ? » se risqua Janneloix, incertain de se trouver face au bon aventurier.
     Les oreilles du gardien de la lune sâanimĂšrent enfin, rĂ©agissant au nom prononcĂ© en se levant lentement quand la voix encore immature de lâadolescent brisa le silence entre eux. Pourtant, Spectral ne s'intĂ©ressa pas plus Ă cet enfant et ses oreilles fĂ©lines se rabaissĂšrent aussitĂŽt la voix de lâIshgardais retombĂ©e.
     RĂ©solument ancrĂ© sur les dalles de pierres froides, son regard ne sâautorisa pas Ă se tourner vers son jeune interlocuteur.
     Janneloix avait ouĂŻe dire que lâaventurier Ă©tait peu loquace, si ce nâĂ©tait quâil Ă©tait taciturne mais un sentiment dâinjustice le prit au cĆur alors quâil se confrontait au mutisme dĂ©libĂ©rĂ© du Miqoâte.
     Lui, Janneloix le petit gosse parvenu de Brouillasse ne lui avait rien fait.
     Il ne comprenait pas les raisons de son silence dĂ©libĂ©rĂ©, aussi tenta-t-il de forcer son hĂ©ros Ă lui rĂ©pondre ; mĂȘme si cette rĂ©ponse devait signifier la fin de toute conversation entre eux. Il souhaitait uniquement que sa voix rĂ©sonne dans cette piĂšce, pour lui et uniquement pour lui.      Un dĂ©sir Ă©goĂŻste et puĂ©ril : il en avait parfaitement conscience, mais il savait que cela lui serait pardonnĂ©. Ă lâheure oĂč lâĂąge de Janneloix croisait malicieusement la fin de lâenfance et le dĂ©but des responsabilitĂ©s de la vie dâadulte, il Ă©tait libre de pouvoir agir comme bon lui semblait : avec lâinsolence des plus jeunes ou avec la maturitĂ© de lâhomme en devenir quâil Ă©tait :
-         « MaĂźtre Daarâjen. » rĂ©pĂ©ta Ă nouveau lâElĂ©zĂ©en, laissant un air assurĂ© masquer le trouble Ă©trange quâil ressentait Ă en adressant la parole Ă Spectral. « Câest un vĂ©ritable honneur de vous rencontrer. »
      Un reniflement de mĂ©pris amusĂ© de la part du concernĂ© accompagna la rĂ©vĂ©rence de lâIshgardais et aucune politesse ne vint Ă la rencontre de celles que lâadolescent venait de lui prĂ©senter. Les sourcils fins de Janneloix se froncĂšrent, et les traits de son visage se muĂšrent en une expression qui se voulait contrariĂ©e mais qui aurait paru ridicule si le gardien de la lune avait daignĂ© poser ses yeux sur son visiteur.
      Lâadolescent vint sâasseoir nĂ©gligemment prĂšs de lâaventurier tout en prononçant rĂ©solument ces mots :
-         « Soit. Puisquâil en est ainsi. »
       Quand il rencontra le sol froid de la pierre, le jeune homme se garda de faire une grimace surprise. Il lui fallait rester sĂ©rieux face au lancier, bien quâil doutait que Spectral se soit rendu compte de la prĂ©sence qui venait dâĂ©lire domicile Ă quelques centimĂštres de lui.
      Le Miqoâte Ă©tait dĂ©sespĂ©rĂ©ment figĂ© dans cette position inconfortable quâil avait adoptĂ©e, laissant les seuls mouvements de sa cage thoracique trahir la vie qui lâhabitait encore. Â
      De longues minutes passÚrent ainsi sans que le protégé de Midgarsormr ne bouge.
     Il Ă©tait dĂ©sormais certain pour Janneloix que cet homme nâen nâavait rĂ©ellement que faire quâil soit lĂ . Toutefois, Janneloix ne partirait pas de cette piĂšce sans avoir obtenu ce quâil Ă©tait venu chercher : un seul mot Ă son Ă©gard ; quâil fĂ»t une injonction de quitter les lieux, un simple salut ou tout ce que le Miqoâte pourrait dĂ©cider de lui dire.
     EntĂȘtĂ©. CâĂ©tait peut-ĂȘtre la seule chose dont il Ă©tait fier chez lui, et quâil ne changerait pas malgrĂ© les nombreuses remarques que son maĂźtre dâarmes lui adressait Ă ce sujet.
     Son entĂȘtement lui servirait Ă coup sĂ»r aujourdâhui, voire demain, ou les jours suivants. Il resterait sur ce sol aussi longtemps quâil le faudrait pour que lâaventurier lui dĂ©croche deux mots.
      Un seul serait dĂ©jĂ bien, se prit-il Ă penser quand il tourna la tĂȘte pour observer son interlocuteur, figĂ© comme les immenses statues GyrâAbaniennes.
     Le voile obscur de la nuit qui tombait commença Ă les plonger tous deux dans lâobscuritĂ© la plus totale, et Janneloix se rĂ©solut Ă allumer le feu Ă©teint avant quâil ne meure rĂ©ellement dans le froid et dans le noir. Si cette perspective ne semblait pas incommoder lâaventurier, Janneloix lui, souffrait de la tempĂ©rature malgrĂ© ses habits chauds et il Ă©tait hors de question pour lui quâil passe la nuit Ă©veillĂ© sans un bon feu.Â
     Qui plus est, le jeune garçon dĂ©testait rester dans une piĂšce entiĂšrement sombre, cela lui Ă©tait inconfortable depuis lâenfance et personne ne lâavait jamais aidĂ© Ă vaincre cette peur infantile. Il avait dâabord Ă©tĂ© trop seul pour trouver Ă qui en parler et par la suite, trop fier pour lâavouer Ă qui que ce soit. Il justifiait sa crainte par sa frilositĂ© maladive et il se contentait dâallumer un feu rassurant.
       Voyant que la nouvelle source de lumiĂšre nâavait pas fait rĂ©agir lâaventurier, Janneloix commença Ă sâinquiĂ©ter sĂ©rieusement. Il nâarriva pas Ă faire taire lâhypothĂšse loufoque que son esprit encore enfantin lui susurrait. Spectral Daarâjen ferait-il parti de ces personnes qui dormaient les yeux ouverts ?
      Les yeux bleus azur de Janneloix se baissĂšrent, curieux sur la tĂȘte dĂ©coiffĂ©e de son vis-Ă -vis, cherchant Ă croiser le regard dâambre voilĂ©. Certes, cette idĂ©e Ă©tait loufoque, mais rassurante. Elle justifierait le manque de rĂ©actions Ă©tonnant du Miqoâte. Elle excuserait son silence dĂ©sespĂ©rant.
-         « Vous dormez messire ? » chuchota-t-il, comme pour ne pas troubler le sommeil dans lequel il pensait plongé Spectral.
       Une dĂ©sagrĂ©able rĂ©ponse lui vint Ă lâesprit alors que la derniĂšre syllabe murmurĂ©e sâĂ©vanouissait dans la piĂšce : il Ă©tait Ă©vident que lâaventurier ne rĂ©pondrait pas. Sâil dormait, alors rien ne franchirait ses lĂšvres sombres et sâil Ă©tait bel et bien Ă©veillĂ©, alors il se contenterait dâignorer son visiteur. Ă nouveau.
      Une nouvelle grimace tordit la bouche de lâElĂ©zĂ©en aux cheveux clairs et celui-ci tira une chaise prĂšs du feu pour sây asseoir, tournant le dos au Miqoâte. Ainsi si le gardien de la lune daignait enfin lâobserver, il ne le verrait pas se fustiger intĂ©rieurement ni mĂȘme les mouvements que des mots silencieux animeraient sur les lĂšvres de lâadolescent.
     AprĂšs une durĂ©e incalculable, alors que ses paupiĂšres tentaient de se clore pour trouver le sommeil contre lequel il luttait, un bruit lĂ©ger se fit entendre derriĂšre lui. La fatigue disparut quelques instants au profit de lâengouement : le jeune garçon se tourna rapidement pour voir si le Miqoâte sâĂ©tait enfin dĂ©cidĂ© Ă se dĂ©placer.
     Il nâen fut rien, mais il avait au moins bougĂ©. Un regard un peu plus observateur lui fit remarquer que Spectral nâavait jamais fait quâĂ©tendre sa jambe jusquâalors repliĂ©e contre lui. Ce nâĂ©tait quâun dĂ©but de mouvement infime, un geste anodin, mais câĂ©tait un signe de vie comme un autre. Cela le confortait dans son attente interminable.      Il sâĂ©tait Ă peine retournĂ© pour faire de nouveau face au feu lorsquâil crut entendre lâadulte lui ordonner en un souffle Ă©touffĂ© :
-         « Rentre chez toi petit. »
       Janneloix nâĂ©tait pas sĂ»r dâavoir rĂ©ellement entendu quelque chose. Lâenvie et le dĂ©sir trompaient les sens, et lui fantasmait depuis si longtemps un semblant dâĂ©change avec Spectral quâil craignait que ses oreilles nâaient imaginĂ© ce murmure. Mais ...  Et si ces paroles nâĂ©taient pas un tour de son esprit ?      Janneloix ne laisserait pas passer lâoccasion dâune discussion avec son hĂ©ros sâĂ©vanouir comme les premiĂšres neiges face au soleil dâĂ©tĂ©. Le doute persistait tout de mĂȘme, et craignant que cette injonction ne soit une illusion causĂ©e par la somnolence et lâattente, lâenfant nâosa pas se retourner :
-         « Personne ne mâattend chez moi, Messire. »
      Son aveu se heurta Ă nouveau Ă un silence gĂȘnant. Lâadolescent se mordit la lĂšvre : il se trouvait stupide dâavoir rĂ©pondu Ă des mots quâil venait de fantasmer, sa rĂ©ponse sonnant comme une plainte soudaine Ă un hĂ©ros intouchable qui ne souhaitait dĂ©finitivement aucun contact avec lui.
-         « Personne ne mâattend non plus. »
       Les grands yeux bleus clairs de Janneloix sâĂ©carquillĂšrent quand il entendit Ă nouveau ce murmure rauque et Ă©touffĂ© poursuivre ce qui semblait ĂȘtre un dĂ©but de conversation. Une Ă©trange conversation certes, mais enfin le dialogue sâouvrait entre eux. Cette opportunitĂ© naissante de converser avec le Miqoâte conforta lâadolescent dans les derniĂšres heures passĂ©es Ă attendre que la langue de son hĂ©ros se dĂ©lie.
      Avec plus de rĂ©serve quâauparavant il se retourna Ă nouveau vers lâaventurier avant de placer son siĂšge face Ă lâaventurier - une position plus confortable que celle quâil adoptait Ă force de pivoter vers lâaventurier ou vers la cheminĂ©e au grĂ© de ses Ă©motions immatures.
      Mais âŠ
      Que lui fallait-il répondre à ce que Spectral venait de lui dire ?
     Y avait-il seulement une rĂ©ponse Ă fournir Ă ce genre de dĂ©clarations hormis le âAhâ un peu bĂȘte qui venait de franchir ses lĂšvres.
      Ses pupilles se rĂ©tractĂšrent Ă nouveau, se rendant compte que la rĂ©ponse venait de se donner sans son accord. Lâadolescent piqua un fard et tenta dâarticuler ensuite des paroles sans sens, sâenfonçant dans sa confusion avant de se taire dĂ©finitivement, honteux et stupide.
      Face au peu de rĂ©actions de son vis-Ă -vis, Janneloix quitta son siĂšge et partit dans les salles voisines, la tĂȘte rivĂ©e vers le sol pour se dissimuler au regard pourtant toujours rivĂ© sur le sol de Spectral.       Des bruits aigus de vaisselle et de coupe au couteau rĂ©sonnĂšrent jusquâĂ ce que le son sâarrĂȘte pour laisser place Ă un silence parfumĂ© dâune odeur familiĂšre au Miqoâte. Janneloix revint enfin, deux bols fumants Ă la main.       Il posa le premier sur la table de la piĂšce, et sâapprocha de Spectral pour lui tendre le second bol. -         « Vous nâavez rien avalĂ©, jâen suis certain. Ce nâest pas grand-chose, mais ... »
     Il enchaĂźna la suite trĂšs rapidement : -         « Câest du ragoĂ»t,  jâespĂšre que vous aimez parce que je ne sais faire que ça ! »
      Si Spectral nâacceptait pas vite le bol, Janneloix se sentirait trĂšs bĂȘte de rester le bras tendu vers lui, et les quelques secondes qui sâĂ©coulĂšrent avant que le Miqoâte ne libĂšre lâElĂ©zĂ©en de ses craintes furent certainement les plus longues de sa jeune vie.
     Le lancier baissa les yeux sur le bol quâil tenait entre ses deux mains, puis - enfin - il les releva vers son interlocuteur. -         « Il nây a pas de cuiller. » dit-il simplement.
       La remarque sâĂ©tait faite sans mĂ©chancetĂ© et pourtant, Janneloix Ă©tait parti aussi vite quâune draconide pourchassant son repas dans le dĂ©sert de Sagolii, les joues plus rouges encore que le cĆur dâun Ă©lĂ©mentaire de feu. Rapidement, lâoubli fut corrigĂ© et le couvert fut mis sous le nez du Miqoâte, restĂ© neutre : -         « Merci. »
       Le repas se passa, sans quâils ne sâadressent plus la parole. Le premier demeurait interdit la tĂȘte baissĂ©e vers  son bol de soupe Ă Ă©carter les morceaux de viande et de lĂ©gumes qui sây trouvaient, et le second Ă©tait bien trop occupĂ© Ă observer son invitĂ© pour rĂ©ussir Ă manger quoi que ce soit. Â
      Curieusement, Spectral arrĂȘta de fouiller dans son bol et remplit sa cuiller de bouillon pour finalement lâobserver, tomber goutte Ă goutte dans le bol brĂ»lant dâun air absent. MĂ©caniquement, il rĂ©pĂ©ta ce geste sous le regard interdit de Janneloix, avant de relever la tĂȘte dâun mouvement presque puĂ©ril vers lâadolescent. -         « Messire ? » demanda le jeune garçon, inquiet de ce brusque changement dâattitude.
      Mais dĂ©jĂ , lâĂ©clair de vivacitĂ© qui avait animĂ© les yeux du guerrier disparut de son regard, et ses orbes orangĂ©es se voilĂšrent Ă nouveau. Le goutte Ă goutte chanta Ă nouveau de concert avec le cliquetis discret de la vieille horloge de bois sans que rien ne vienne perturber la scĂšne qui se jouait.
-         « Messire, est-ce que j... » -         « Jâai connu quelquâun qui adorait ce ragoĂ»t. (*) » avoua le Miqoâte, sa voix Ă©touffĂ©e se brisant Ă la derniĂšre syllabe prononcĂ©e. « Il disait que câĂ©tait utile pour les jeunes Aventuriers - et quâelle permettait aux plus aguerris dâentre eux de rester robustes. »
      Spectral releva sa cuiller au niveau de ses yeux et inclina le couvert, laissant à nouveau retomber le liquide jusque dans le bol, un sourire navré se formant sur ses lÚvres :
-         « Ce  ne sont que des fadaises. Un potage ne te rendra pas plus robuste que tu ne lâes dĂ©jĂ . Tu pourrais en manger une quantitĂ© quâune lance en plein coeur te tuerait toujours. »
      Janneloix ne savait que rĂ©pondre face Ă la soudaine loquacitĂ© de son interlocuteur. Ses lĂšvres sâĂ©largirent pour entamer un dĂ©but de rĂ©ponse vaine :  rien ne rĂ©ussit Ă sortir de sa gorge. Il se contenta dâĂ©couter, surpris et hĂ©bĂ©tĂ©.
-         « Je nâaime pas ce plat. » termina le gardien de la lune, en dĂ©laissant le bol Ă ses cĂŽtĂ©s.
       Les Ă©paules du Miqoâte sâaffaissĂšrent Ă nouveau, et il sâadossa Ă nouveau contre la pierre pour laisser ces yeux contempler le plafond plutĂŽt que le sol cette fois-ci - ce qui dĂ©plut fortement Ă lâadolescent. Il avait maintenant la preuve quâil Ă©tait possible de faire parler cet aventurier aussi nâallait-il pas passer le reste de son temps avec une Vodoriga !
-         « Manger, ne serait-ce que le bouillon, vous rendra toujours plus fort que si vous nâavaliez rien du tout messire. » lui fit-il remarquer.
     Touché.
     La tĂȘte de Spectral pivota lĂ©gĂšrement vers son interlocuteur, comme pour lui concĂ©der quâil avait raison, mais il nâavait pas lâair de vouloir adopter une autre attitude pour le moment.
     Janneloix se demanda soudain si son hĂ©ros se laisserait mourir de faim ici, si jamais personne ne venait le forcer Ă se sustenter. Quelques secondes de rĂ©flexion Ă contempler la silhouette misĂ©rable du lancier lui suffirent pour comprendre que cet homme nâavait certainement rien avalĂ© avant sa venue, et nâavalerait certainement rien aprĂšs son dĂ©part.
     Le jeune ElĂ©zĂ©en prit sur lui de ramasser le bol de potage tiĂšde malgrĂ© le sommeil qui alourdissait ses paupiĂšres. Si le Guerrier de la LumiĂšre nâaimait pas ce plat, alors il lui en prĂ©parerait un autre, et encore un autre.      CâĂ©tait le seul gage de reconnaissance quâil pouvait lui offrir, la seule aide quâil pouvait donner, en remerciement de tout ce qui avait Ă©tĂ© fait pour son peuple.
     Il raviverait la flamme. Il balayerait les cendres pour nourrir un nouveau feu. Petit Ă petit, il recollerait ce qui semblait sâĂȘtre brisĂ© dans lâesprit du Miqoâte qui avait tant fait pour Ishgard, et quâIshgard mĂ©prisait pour ne pas vouloir continuer Ă la servir.                          ---------------------------
(*) :  RĂ©fĂ©rence Ă lâun des plats servis au Eorzea CafĂ©, la « Soupe dâHaurchefant », ainsi quâĂ sa description : « Une recette chĂ©rie par le cĂ©lĂšbre PNJ Haurchefant, la Lame dâArgent ! AprĂšs la SeptiĂšme Ere Ombrale, le Coerthas Ă©tait enveloppĂ© dans le blizzard. Ce qui sâavĂ©ra idĂ©al pour rĂ©chauffer les corps glacĂ©s par le froid ⊠Oui, le ragoĂ»t ! Partager un ragout lorsquâon est entourĂ© par un groupe dâaventuriers chevronnĂ©s câest ⊠fantasqtique ! Tout bonnement fantastique ! »







