"Le Gay Lab du Sphinx" (1/3)
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Dick pensait juste se dĂ©tendre avant la patrouilleâŠ
Mais un simple moment de calme aura pris une tournure inattendue, lui permettant de découvrir de toutes nouvelles sensations.
đ€ Un Bat-ordinateur beaucoup trop complice.
đż Une douche oĂč il nâaurait jamais dĂ» se trouver.
đŁ Et cette partie du corps de Bruce⊠qui occupe dĂ©sormais toutes ses pensĂ©es.
La chaleur de la rentrĂ©e sâaccrochait au terrain comme un film invisible, poisseux, quâaucun vent nâarrivait Ă chasser.
Sur le campus, ça courait, ça riait, ça sâappelait dâun vestiaire Ă lâautre.
Une agitation familiĂšre⊠celle des jours oĂč tout recommence, oĂč tout le monde file se doucher â sauf ceux qui nâont aucune raison de se presser.
Proche de la pelouse, un jeune homme musclé referma la fermeture éclair de son sac dans un geste calme, presque mécanique.
CâĂ©tait Gabriel.
La peau encore tiĂšde de lâeffort, la carrure dĂ©jĂ sculptĂ©e, une beautĂ© brute, simple, Ă©vidente â le genre de prĂ©sence qui rappelait un Bruce plus jeune, avant la duretĂ©, avant la nuit.
Il traĂźnait dans les couloirs de Gotham University, la serviette jetĂ©e sur lâĂ©paule, les pas lourds.
LâentraĂźnement venait de se terminer.
Il avait Ă©tĂ© bon â objectivement bon â mais ça ne changeait rien.
â¶ïžTouche l'image pour lancer l'animation.đ
Gabriel soupira, le regard perdu quelque part au-dessus du carrelage.
Il avait imaginĂ© autre chose : des coĂ©quipiers, des rires, des discussions aprĂšs le matchâŠ
Mais la rĂ©alitĂ©, câĂ©tait ça : un long couloir vide, et sa fatigue qui pesait plus lourd que son sac.
Il traĂźnait des pieds vers sa chambre, comme si rentrer signifiait affronter un silence quâil connaissait trop bien.
Quand le recruteur de son lycĂ©e lâavait choisi pour intĂ©grer lâĂ©quipe de Gotham U, il sâĂ©tait vu vivre une autre vie.
Une vie excitante, vibrante.
Une vie oĂč, peut-ĂȘtre, le gars du lit dâen face serait son premier grand amour.
Mais le lit restait désespérément vide.
Il sâassit dessus, les coudes sur les genoux.
Il savait pourquoi : il avait un peu trop⊠regardé⊠dans les vestiaires.
Pas de quoi tuer quelquâun, mais assez pour que personne nâose partager une chambre avec lui.
De peur dâĂȘtre âassimilĂ©â.
Gabriel poussa un long soupir â le deuxiĂšme en moins de trois minutes.
Câest lĂ quâil la vit.
Une enveloppe, juste Ă ses pieds.
DĂ©posĂ©e sans bruit, sans quâil comprenne comment.
Blanche, Ă©paisse, marquĂ©e dâun Ă©norme point dâinterrogation vert.
Intrigué, il se redressa et la décachetta aussitÎt.
Ă lâintĂ©rieur : une invitation.
Un carton rigide, élégant, presque cérémoniel.
« Salut jeune sportif.
Bravo : vous avez été sélectionné pour une expérience scientifique.
Mais avant ça, je dois vĂ©rifier un petit dĂ©tail pour mâassurer que vous ĂȘtes un bon candidat.
Veuillez ouvrir la porte.
Tout de suite, gros nigaud. »
Gabriel cligna des yeux.
Une expérience scientifique ?
Quoi ?
La consigne était claire.
La gorge un peu serrée, il se leva, posa la main sur la poignée⊠et ouvrit.
Un homme étrange se tenait devant lui.
Une crosse Ă la main, ornĂ©e dâun point dâinterrogation.
EffĂ©minĂ©, nerveux, Ă©lectrique â comme si chaque muscle vibrait dâimpatience.
â Enfin !
Ce nâest pas trop tĂŽt. Tu mets un temps fou pour lire trois lignes.
Jâai cru que tu nâallais jamais comprendre la consigne.
Il tapota la tĂȘte de Gabriel avec sa crosse.
Le sportif resta figé, abasourdi.
â Recule dans la lumiĂšre, sâil te plaĂźt. Je dois vĂ©rifier quelque chose.
Gabriel ne bougea pas.
Trop surpris pour penser.
Lâhomme soupira, leva les yeux au ciel, puis le poussa lĂ©gĂšrement du bout de sa crosse.
Gabriel sâexĂ©cuta, docile.
Lâhomme â Edward Nygma, le seul et unique Homme-MystĂšre â prit un peu de recul, lâexamina comme un photographe Ă©value un modĂšle lors dâun casting.
â Oui⊠tu as son allure. En plus jeune. Il Ă©tait comme toi Ă ses dĂ©buts.
Tu savais que jâĂ©tais son premier super-vilain ?
Le seul Ă lâavoir vu Ă lâĆuvre quand il nâĂ©tait pas encore Batman, quand il travaillait en soloâŠ
Son sourire sâĂ©largit.
Il pressa un bouton dissimulé sur sa crosse.
Un petit âpopâ.
Un jet invisible.
Gabriel Ă©ternua â violemment.
Ses jambes se dérobÚrent.
LâHomme-MystĂšre demeura immobile un long moment, les yeux fixĂ©s sur le corps musclĂ©, Ă©tendu devant lui.
Offert.
Vulnérable.
Parfaitement placĂ© pour ĂȘtre Ă©tudiĂ©.
Il lâobserva comme on examine une piĂšce rare â avec une minutie presque dĂ©rangeante.
Son regard glissa des Ă©paules larges jusquâaux cuisses puissantes, chaque dĂ©tail analysĂ©, notĂ©, apprĂ©ciĂ© avec une prĂ©cision clinique.
La crosse effleura alors les fesses rebondies du jeune sportif.
Puis il porta une main Ă son menton, le massant lentement, pensif.
â JâespĂšre que mon casting est bon⊠murmura-t-il pour lui-mĂȘme, une lueur dâexcitation passant dans son regard.
â Et que ce candidat pour lâexpĂ©rience ne me dĂ©cevra pas.
Gabriel ne le savait pas encore.
Mais Ă cet instant prĂ©cis⊠il venait dâentrer en scĂšne.
Ce nâĂ©tait pas un "candidat" comme les autres pour le nouveau plan du Sphinx.
Et ça, mĂȘme Nygma â pourtant obsĂ©dĂ© par les dĂ©tails â ne lâavait pas vu venir.
Cet « inconnu » allait devenir lâĂ©lĂ©ment perturbateur.
Celui qui ferait vaciller lâĂ©quilibre fragile entre Batman et Robin.
Celui qui réveillerait des tensions, des désirs, des failles.
Celui qui, sans le vouloir, deviendrait un problĂšmeâŠ
pour les deux.
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Quelques heures plus tard, Ă quelques kilomĂštres de lâUniversitĂ© de Gotham, le Manoir Wayne â massif, souverain, perchĂ© sur sa colline â commençait Ă sâilluminer.
Une Ă une, les fenĂȘtres sâallumaient.
CâĂ©tait Ă©videmment un coup dâAlfred.
Il sâĂ©tait donnĂ© pour mission sacrĂ©e de faire croire, en toutes circonstances, que la vie au Manoir Wayne restait vibrante, chaleureuse, presque festive⊠dans toutes les piĂšces.
Un leurre parfaitement orchestré, puisque comme tu le sais, la seule aile réellement habitée était⊠le sous-sol.
Sans cette chorĂ©graphie quotidienne, la bĂątisse resterait plongĂ©e dans un noir intimidant â une obscuritĂ© lourde, profondĂ©ment assortie Ă son propriĂ©taire.
Mais ce soir-là , quelque chose avait changé.
La grande bibliothĂšque venait de sâĂ©clairerâŠ
et ce nâĂ©tait pas Alfred.
Il nâĂ©tait plus dans la grotte.
Le jeune homme flùnait, sans but réel.
Il ne savait mĂȘme pas pourquoi il Ă©tait venu traĂźner ici⊠peut-ĂȘtre lâespoir de croiser Bruce au dĂ©tour dâune Ă©tagĂšre.
La piĂšce, immense, avait surtout des airs de sanctuaire intellectuel : une bibliothĂšque vivante, respirante, oĂč chaque livre semblait vibrer dans la pĂ©nombre.
Pas dâĂ©cran.
Pas de télévision.
De toute façon, leur vie de justiciers leur laissait rarement le temps de regarder quoi que ce soit.
Le seul Ă©cran quâils fixaient vraiment⊠câĂ©tait celui du Bat-ordinateur.
Et depuis quelques heures, cet écran-là avait pris une dimension complÚtement différente pour Dick.
Il lui parlait.
Il réagissait.
Il voulait lâaider Ă sĂ©duire Batman.
CâĂ©tait insensĂ©.
ComplĂštement fou.
Et pourtant⊠terriblement réel.
Alfred avait laissĂ© un feu crĂ©piter dans la cheminĂ©e, diffusant une chaleur douce et lâodeur du bois brĂ»lĂ©.
Dick sâaffala dans un fauteuil, ferma les yeuxâŠ
Le crépitement du feu se fit plus lointain, étouffé.
Les sons se dissolvaient un à un : sa propre respiration, le froissement léger du fauteuil et le murmure des braises...
En quelques instants, le jeune homme sombra complĂštement.
Un sommeil profond, lourd, protecteur.
Un bruit de porte qui sâouvreâŠ
Un souffle dâair, presque imperceptible, glissa dans la bibliothĂšque.
Dick remua Ă peine.
Son corps savait dĂ©jĂ quâil sâĂ©tait passĂ© quelque choseâŠ
lui, pas encore.
Il ne remarqua pas non plus le lĂ©ger courant dâair provoquĂ© lorsque quelquâun prit place en face de lui.
Non⊠ce nâest pas ça qui lâavait rĂ©veillĂ©.
Ce nâĂ©tait pas non plus le crĂ©pitement du feu.
Un contact.
Infime.
Un effleurement sur sa jambe â lĂ©ger, prĂ©cisâŠ
Dick ouvrit lentement les yeux.
Bruce Ă©tait lĂ . Face Ă lui. Ătendu.
Son pied glissait contre la jambe du jeune homme avec une lenteur assumée.
Il sourit en constatant que Dick revenait Ă lui.
â Ah⊠tu te rĂ©veilles enfin.
La voix de Bruce Ă©tait basse, grave, presque rauque â un timbre chargĂ© dâune intimitĂ© quâil ne se permettait jamais.
â Jâavais dĂ©jĂ rĂ©ussi Ă rĂ©veiller autre choseâŠ
(il appuya son pied contre la queue tendue de Dick.)
â âŠmais pour te rĂ©veiller toi, entiĂšrementâŠ
il sourit, un peu carnassier.
â il a fallu un peu plus de travail.
Dick sursauta légÚrement.
Quelque chose chez Bruce avait changé.
Radicalement.
Il avait la chemise entrouverte, révélant ses abdos sculptés, encore tendus de son entrainement.
Le justicier glissait lentement sa main sur eux, du bout des doigts, comme sâil testait sa propre tension⊠ou celle de Dick.
Son regard restait verrouillé au sien.
Fixe.
Intense.
Et quand il se pinça doucement la lÚvre inférieure, le geste était tellement contrÎlé, tellement calculé et pourtant tellement instinctif, que Dick sentit un frisson lui traverser le corps.
Bruce ne disait rien.
Il le dévorait simplement du regard.
â Je vois que tu es Ă l'Ă©troit maintenantâŠ
Bruce laissa son regard descendre, lentement, comme pour confirmer ce quâil venait dâĂ©noncer.
Dick suivit son regard et rougit.
Le bout de son gland, gonflĂ© et dĂ©jĂ dĂ©calottĂ©, apparaissait sous la bande Ă©lastique â rouge, luisant, offert malgrĂ© lui.
Et sous leurs yeux, le gland pulsa encore, une petite secousse chaude, impossible Ă nier.
Un sourire en coin étira la lÚvre de Batman.
â Mets-toi Ă lâaise. Tu as trop de vĂȘtements sur toi, petit.
Il ouvrit un peu plus sa chemise, sans le quitter des yeux.
Batman désséra sa ceinture et glissa son pantalon le long de sa jambe, lentement.
Quand le tissu quitta enfin sa hanche, sa queue â Ă©norme, dĂ©jĂ dure â se redressa dâun coup, venant claquer contre ses abdos dans un bruit sourd qui fit tressaillir Robin.
Bruce observa la rĂ©action du jeune homme comme sâil lâĂ©tudiait.
Puis il poursuivit, calmement, délibérément.
Le pantalon glissa jusquâĂ ses chevilles.
Il sâen dĂ©barrassa dâun simple mouvement de piedâŠ
terriblement lent.
Une provocation assumée.
Il savait exactement ce quâil faisait â et ce que ça Ă©veillait chez Dick.
Lâattirance du jeune homme pour ses pieds ne lui avait clairement pas Ă©chappĂ©.
Et il sâassurait que Dick ne rate rien.
Son regard resta posĂ© sur lui, calme en surfaceâŠ
mais son corps disait tout le contraire.
â Ne joue pas au timide, Robin.
Déshabille-toi. Maintenant.
Dick en avait envie.
Ăvidemment quâil en avait envie.
Mais il resta figé. Une seconde.
Son cerveau nâarrivait pas Ă suivre.
Quelques instants plus tÎt, Bruce l'avait totalement ignoré.
(En partant du principe que Batman avait compris, dĂšs la premiĂšre seconde, que Dick lâĂ©piait.)
Et maintenantâŠ
Maintenant, il le fixait avec une intensité qui ne laissait aucune place au doute.
Un regard qui disait tout.
Un regard qui brûlait.
Comme sâil le voulait.
Comme sâil allait lui sauter dessus.
Ă nâimporte quel moment.
Robin sentit un vertige lui couper les jambes.
Quel changementâŠ
Quel retournementâŠ
Quâest-ce qui venait de se passer dans la tĂȘte de Bruce ?
Il nâen savait rien.
Mais il savait une chose :
il ne laisserait pas filer cette occasion-ci.
Il inspira et se ressaisit comme il put.
Ses doigts agrippĂšrent le bord de son jogging â trop fort.
Il le retira en vitesse, gestes saccadés, nerveux, presque fébriles.
Le vĂȘtement glissa le long de ses cuisses et tomba au sol.
Dick tremblait légÚrement.
Pas de peur.
De désir.
â Ola, RobinâŠ
La voix de Bruce descendit dâun ton, grave, posĂ©e, mais aussi un peu amusĂ©e.
â Calme-toi. Prends le temps. Profite.
Le cĆur du jeune homme battait Ă lui briser la poitrine.
Il ne savait mĂȘme pas quoi faire en premier :
lâembrasser, le toucher, le sucer ?
Il déglutit, incapable de hiérarchiser ses propres pulsions.
Bruce rit doucement en voyant son trouble.
â Et si tu la touchais ?
Un sourire quâil ne sortait jamais en plein jour.
â Tu nâas pas envie de me branler, Robin ?
Jâaimerais voir si tu maĂźtrises ça aussi bien que moi.
Dick se mit Ă genoux, sâapprochaâŠ
Mais Bruce posa un pied sur son torse.
Un geste parfaitement calculé.
Sensuel. Autoritaire.
â Non. Stop.
Batman enchaßna, son regard planté dans le sien.
â Pas avec tes mains. Tu vas me toucher avec tes pieds.
Branle-moi avec tes pieds, Dick.
Robin écarquilla les yeux.
Il nây avait mĂȘme pas pensĂ©.
Mais⊠oui.
CâĂ©tait terriblement sexy.
Il se réinstalla face à Bruce.
Le sourire de lâhomme Ă©tait dâune assurance dĂ©sarmante â charme, contrĂŽle, sensualitĂ© pure.
Dick attrapa la queue de Bruce avec ses pieds et débuta des mouvements lents, hésitants.
CâĂ©tait Ă©trange, maladroit, difficile Ă exĂ©cuterâŠ
mais la vision de ses propres pieds sur le sexe de Batman le submergea dâun frisson violent.
Il devait bien sâen sortir : Bruce gĂ©missait, et Dick sentait sa verge se durcir davantage sous la pression.
La sienne, par contreâŠ
Elle Ă©tait Ă deux doigts dâexploser.
Dick la saisit instinctivement.
Bruce le remarqua aussitĂŽt.
â Oh, oh, oh⊠La voix claqua doucement.
â Quâest-ce que tu fais, petit ?
Câest moi qui te dirai quand tu pourras te toucher.
Et ce nâest pas encore le moment.
(Son regard se fit plus profond.)
â On vient Ă peine de commencer.
Ăa te dirait dâaller encore plus loin ?
Dick déglutit.
Quelle question.
Bien sĂ»r quâil en avait envie.
Il rĂȘvait de se faire prendre par cet homme depuis longtemps.
Bruce sourit, un sourire lent, chargĂ© dâune assurance presque dangereuse.
â Non⊠Pas comme tu lâimagines, pas encore.
Oui, jâai envie de toi, Robin.
Plus que tu ne le réalises.
Mais pas comme ça. Pas dans la prĂ©cipitationâŠ
Et pour notre premiÚre fois... Je veux quelque chose de différent.
Quelque chose que tu nâoublieras jamais.
Un silence, lourd, électrique.
â Jâai envie de te faire lâamour avec mon pied⊠si tu es dâaccord.
Dick sentit la chaleur lui monter jusquâaux oreilles.
Le pied de BruceâŠ
Immense. Puissant.
La queue de Batman en érection était déjà impressionnante.
D'ailleurs, plus dâune fois, Dick sâĂ©tait demandĂ© comment son propre corps pourrait encaisser une telle masseâŠ
Mais un pied ?
Son pied !!!
LâidĂ©e Ă©tait folle.
Absurde.
Et pourtant, terriblement excitante.
Il savait que câĂ©tait impossible.
Que ça le déchirerait.
Que ça ferait mal â trĂšs mal.
â Pas tout mon pied, prĂ©cisa Bruce, un lĂ©ger sourire au coin des lĂšvres, clairement amusĂ© par lâexpression de Dick.
â Juste ce quâil faut.
Robin ignorait oĂč Bruce voulait en venir.
Lâhomme continuait dâexpliquer⊠SĂ©rieux, imperturbable.
â Je vais te pĂ©nĂ©trer avec mon gros orteil.
Il laissa la phrase sâinstaller entre eux, chaude, provocante.
â Et tu vas commencer par le prĂ©parer.
Sa voix baissa dâun ton, plus grave, plus intime.
â Tu vas le mouiller⊠pour quâil glisse bien dans ton cul.
Il marqua une pause, observant chaque frisson qui traversait Dick.
â Comme ça, tu nâauras pas mal.
(Un souffle.)
â Et il ne restera que le plaisir.
Il leva la jambe, son pied pointĂ© vers Dick, puis fit bouger son orteil dâun geste lent, parfaitement maĂźtrisĂ©.
Le genre de geste qui ne laissait aucun doute sur ce quâil voulait.
De sa main, il lui fit signe dâapprocher.
Le mĂȘme signe quâil adressait parfois Ă un malfrat juste avant de lâĂ©tendre au sol :
un âviensâ silencieux, pur Batman, saturĂ© dâassurance et de puissance.
Sauf que cette fois⊠ce nâĂ©tait pas pour se battre.
Son ton tomba dâun cran, grave, irrĂ©sistible.
â Suce-le. Mouille-le bien.
Dick obéit, déjà pris dans quelque chose qui le dépassait.
La voix de Batman devint plus basse et autoritaire.
â Voilà ⊠câest bien. Maintenant Ă©coute-moi.
Il sâapprocha juste assez pour que Dick sente sa prĂ©sence, son autoritĂ©, sa chaleur.
â Je vais te guider.
Tu vas faire exactement ce que je te dis.
Sa voix nâĂ©tait pas forte.
Elle était sûre.
Implacable.
â Je veux que tu sois prĂȘt quand je te prendrai⊠avec mon pied.
Sans hésitation.
Sans retour en arriĂšre.
Si on commence, on ne sâarrĂȘte plus.
Et si tu recules, ça mâĂ©nervera.
Il fixa Robin plus intensément.
â Tu vas jouir comme jamais, je te le promets, Robin.
Dick rougit. Bruce poursuivit ne le lachant pas du regard.
â Maintenant, crache dans ta main et mets de la salive dans ton cul. Pousse un doigt et puis un deuxiĂšme pour t'ouvrir.
Lorsque Dick passa deux doigts sur sa rondelle, il constata quâil Ă©tait dĂ©jĂ bien ouvert.
â Ne dĂ©tourne pas les yeux, petit. Regarde-moi.
â Je veux voir dans ton regard que tu as envie que je te pĂ©netre. Que tu brĂ»les pour ça. Voila... maintenant... Tu es prĂȘt.
Tu jouis quand je te le dirai. Pas avant. Compris ?
Dick hocha la tĂȘte. Son cĆur battait de plus en plus vite.
Face Ă lui, Bruce restait parfaitement calme⊠comme sâil contrĂŽlait chaque seconde.
Ce qui était exactement le cas.
Dick eut un instant peur dâavoir mal.
Une vraie crainte â brĂšve, serrĂ©e, douloureusement lucide.
Son corps hésita, se crispa⊠il plaça mal sa position, glissa un peu, maladroit, pas sûr de lui.
Puis il ajusta.
Lentement.
Sa rondelle vint toucher le bout du gros orteil de Batman.
Le contact était froid, lourd, intimidant.
Et quand lâorteil commença Ă sâenfoncer, centimĂštre aprĂšs centimĂštre, son cul sâĂ©carta davantage.
Une seconde de panique pure.
Presque un blocage.
Mais la douleur attendue ne vint pas.
Juste un tiraillement, puis une chaleur â Ă©trange, profonde â qui se dĂ©ploya dâun coup.
Le plaisir monta aussitĂŽt.
Rapide. BrĂ»lant. Ătourdissant.
Sa respiration se brisa en un soupir quâil nâavait pas prĂ©vu.
Dick se dĂ©tendit sans mĂȘme sâen rendre compte.
Ses cuisses cessĂšrent de trembler.
Ses doigts glissĂšrent contre ses propres hanches.
Tout son corps sâouvrait, guidĂ© par la sensation, par cette intrusion improbable qui devenait soudain⊠bonne.
Beaucoup trop bonne.
Il laissa tomber ses paupiĂšres, cherchant Ă savourer chaque nuance, chaque millimĂštre qui entrait.
Il voulait sây abandonner entiĂšrement.
Et finalementâŠ
Dick ferma les yeux, laissant la vague de plaisir monter, sâĂ©tirer, lâenvahir un peu plus.
â Robin⊠regarde-moi.
La voix était basse, précise, presque trop calme.
â Je veux quâon soit connectĂ©s.
Un battement.
â Reste immobile. Câest moi qui bouge.
Batman fit lentement des va-et-vient avec son pied.
La pression, le rythme, la chaleur⊠tout se mélangeait.
Dick lùcha un gémissement brut, arraché à sa gorge.
Sa main glissa vers sa queue, rĂ©flexe incontrĂŽlĂ©, cherchant Ă lâempoignerâ
â Pow, powâŠ
Bruce fronça légÚrement les sourcils.
â ArrĂȘte ça tout de suite, Robin.
Un calme glacé.
â Je tâai dit que câĂ©tait moi qui te donnerais le signal pour te branler.
â Batman⊠je suis au bord, lĂ âŠ
La voix de Dick tremblait, suppliant malgré lui.
â Retiens-toi.
Le ton était sans appel.
â MaĂźtrise-toi. Je veux que tu exploses quand je te le diraiâŠ
Il accentua un va-et-vient, précis, maßtrisé.
â pas avant.
Bruce sâinterrompit, toujours allongĂ©, son regard glissant soudain vers quelque chose Ă cĂŽtĂ© de lui.
Une idĂ©e venait de lâatteindre â une idĂ©e qui fit vibrer lâair autour dâeux.
Sans bouger le reste de son corps, il tendit le bras, ses doigts cherchant Ă tĂątons jusquâĂ saisir lâobjet.
Quand il le ramena dans son champ de vision, sa bouche sâĂ©tira lentement.
Un sourire.
Un sourire coquin.
Un sourire que Dick nâavait jamais vu sur ce visage-lĂ .
Dans sa main : la claquette.
La mĂȘme.
Celle oĂč Bruce avait joui quelques heures plus tĂŽt.
Bruce leva la claquette Ă hauteur de leurs visages.
â Place ta bite dans la laniĂšre.
Sa voix, posée, allongée comme un fil tendu, vibra entre eux.
Son pied, en mĂȘme temps, appuya un peu plus profondĂ©ment en Dick â juste ce quâil fallait pour lui couper le souffle.
â Branle-toi avec.
Et tu me fixes.
Pas une seconde ailleurs.
Compris ?
Dick ne répondit pas tout de suite.
Ses lĂšvres sâentrouvrirent, mais aucun son nâen sortit.
La surprise lui avait bloquĂ© la gorge â ou peut-ĂȘtre lâattente.
â Allez, Robin.
(Sa voix, basse, exacte, frappa juste sous la peau.)
â Je sais que ça tâexcite.
(Un souffle.
Un ordre déguisé.)
â Tu en as envieâŠ
Dick hocha la tĂȘte, tremblant.
Tout son corps était traversé de pulsations chaudes, coordonnées par le pied de Bruce qui glissait en lui avec une lenteur terriblement étudiée.
La claquette attendait.
Bruce attendait.
Dick glissa sa queue dans la laniĂšre.
Il se mit à se branler, le mouvement de son poignet cherchant le rythme imposé par les mouvements du pied de Bruce.
Car Bruce bougeait.
TrĂšs lentement.
TrĂšs consciemment.
Son orteil pivotait, sâenfonçait, se retirait dâun millimĂštre â juste assez pour faire monter Dick au bord du vertige.
Bruce le regardait, allongé, dominant.
Dick inspira fort, un gémissement étouffé lui échappant malgré lui.
La sensation du gros orteil de Batman qui sâenfonçait en lui â lentement, mĂ©thodiquement â le consumait de lâintĂ©rieur.
Mais ce nâĂ©tait rien comparĂ© au reste.
Il se branlait avec la claquette.
Le plastique dur glissant sur sa queue tendue, combinĂ© Ă la prĂ©sence Ă©crasante de Batman, crĂ©ait une montĂ©e de dĂ©sir quâil nâavait jamais connue.
Bruce, torse massif contractĂ©, abdos dĂ©coupĂ©s, son regard dominateur plantĂ© en lui comme un ordre silencieuxâŠ
Dick nâavait jamais Ă©tĂ© aussi bandĂ©.
Et cette claquette â celle qui avait retenu le sperme de Batman â amplifiait tout.
Chaque va-et-vient se mĂȘlait Ă la pĂ©nĂ©tration lente de lâorteil, et son corps se cambrait malgrĂ© lui, cherchant plus de pression, plus de contrĂŽle⊠plus de lui.
Bruce sâavança encore, dominant tout lâespace, son ombre couvrant le jeune homme.
Il approcha son visage si prĂšs que Dick sentait son souffle chaud lui frĂŽler les lĂšvres.
Sa voix tomba alors, grave, posée, irrésistible :
â Regarde-moi.
Pas la claquette. Pas ta queue. Moi.
Câest moi qui te fais ça.
Dick, tremblant, obéit immédiatement.
Il nâĂ©tait plus quâun nĆud de nerfs, de chaleur, de dĂ©sir retenu.
Bruce appuya un peu plus fort son orteil en lui, comme pour sceller sa prise.
Il se pencha encore, presque contre sa bouche.
Un murmure autoritaire glissa entre ses dents :
â Et maintenant⊠tu vas jouir pour moi.
Son pied effectua une pression précise, calculée, qui fit trembler tout le corps du jeune homme.
Les yeux de Bruce se plissĂšrent.
Un mĂ©lange dâautoritĂ©, de plaisir et de contrĂŽle absolu.
Et il ordonna d'une voix tranchante :
Dick hurla de plaisir , son regard verrouillé dans celui de Batman.
Et puis soudian, tout se dissipa dâun coup â le feu, la chaleur, BruceâŠ
â Voulez-vous du thĂ©, MaĂźtre Dick ?
Ses yeux se rouvrirent dâun coup.
Alfred était debout juste à cÎté de lui, impeccable comme toujours.
â Oh⊠excusez-moi. Je nâavais pas vu que vous dormiez.
Dick inspira profondément.
Il était sur le canapé. Dans le salon.
Aucun Bruce nu. Aucun pied. Aucune Adilette.
Il venait de rĂȘver.
Batman entra précisément à ce moment-là , concentré.
â Dick. Mets-toi en tenue. La soirĂ©e commence.
Il dĂ©signa le mur oĂč, dâhabitude, la lumiĂšre rĂ©flĂ©chie projetait le Bat-signal, lorsque le commissaire Gordon les contactait pour une mission.
Mais ce soir, ce nâĂ©tait pas le symbole habituel qui illuminait le mur.
Un point dâinterrogation.
Pas besoin dâanalyse poussĂ©e : le message Ă©tait Ă©vident.
La signature du Sphinx.
Bruce posa les yeux sur Dick.
Le corps du jeune homme parlait pour lui :
respiration encore heurtĂ©e, cheveux en bataille â davantage que dâhabitude â et la peau moite.
Batman comprit immédiatement.
Il venait de sortir dâune sieste.
â Ăa ira, petit, murmura-t-il.
Robin cligna des yeux, encore englué entre sommeil et réalité.
â Oui⊠faut juste que je me rĂ©veille.
Batman fronça légÚrement les sourcils.
â Ressaisis-toi, Dick. Va savoir quel plan tordu lâHomme-MystĂšre a encore prĂ©parĂ© pour nous mettre au dĂ©fi.
En un instant, Dick sentit lâadrĂ©naline reprendre sa place.
Le poids des paupiĂšres disparut.
Le corps se réactiva.
La mission reprenait â et Robin aussi.
Batman avait vu juste.
Le plan du Sphinx sâannonçait Ă©pique.
Assez tordu, assez audacieuxâŠ
pour marquer durablement lâhistoire de Batman et Robin.