Voilà, c’est fini… Plus que les monuments visités, les paysages inspirants et les activités trépidantes, c’est l’expérience de vie qui nous a transformée : voyager simplement, longuement et ensemble.
Ensemble, cela nous a permis d’observer nos enfants, d’énormément échanger, de partager nos plaisirs et nos angoisses, de s’aventurer ensemble et de découvrir au même moment qu’eux des nouveaux horizons ou des rencontres enrichissantes, de s’inspirer de leur facilité à s’adapter et à avancer. Ensemble nous avons embrassé les mêmes sentiments et tour à tour fumes animés, curieux, apaisés, ébahis, joyeux, fébriles, intéressés, exténués, révulsés, réjouis, vivants !
Simplement, il a nous a fallu nous dépouiller de nos attaches, renoncer au confort et à la sécurité de ce qui est familier pour aller vers l’incertain. Parents, nous l’avions choisi, mais cela était nettement moins évident pour les enfants. Ils furent admirables ! Nous sommes si fiers d’eux qui ont du abandonner du jour au lendemain copains et jouets, ont perdu leurs repères temporels et ont renoncé au déroulement ordinaire de leur temps. Mais ils se sont adaptés, ont développé leur imagination, se sont énormément ouverts aux autres, nous ont faits entièrement confiance, se sont protégés mutuellement. Sortir de sa zone de confort, aller toujours de l’avant, affronter beaucoup de petites difficultés et les aplanir les unes après les autres est palpitant : être secoué par un vigile au petit matin et devoir déguerpir de son campement illégal, vite décider d’emmener un enfant à l’hôpital et vite trouver comment et où aller, passer commande dans un restaurant sans parler la langue ni déchiffrer le menu..! Nous revenons plein d’admiration envers son conjoint avec qui nous avons partagés en plus du quotidien, ces moments drôles ou angoissants et qui l’ont rendu encore plus courageux, patient, serein…
Voyager au long cours change l’odyssée résolument. Tout devient possible : visiter au meilleur moment (après la pluie, après les gens…), faire durer le plaisir en refaisant une activité, être toujours reposé, rester plus longtemps que prévu, découvrir des sites méconnus car moins accessible, se tromper dans les heures d’ouverture ou l’intérêt d’un monument, visiter lentement pour prêter attention aux détails, se mêler aux habitants voir perdre son temps… ce qui est extra-ordinaire et la fabuleuse richesse d’un tel périple ! Voir le monde posément permet de vivre avec la nature : s’endormir en écoutant le bruit de crécelle des crapauds et se réveiller au son du coq , sentir le soleil sur la peau, voir jusqu’à l’horizon, goûter aux plaisirs simples de marcher ou de nager, toucher du doigt les changements climatiques. Maintenant que nous connaissons mieux notre planète nous voulons plus la protéger.
Car oui, nous furent amener à réfléchir ! Approfondir ses notions d’économie ou de géopolitique, penser à notre Terre, se regarder lucidement, écouter sa vie intérieure, prendre du recul… et réaliser que nous sommes très chanceux d’habiter une vraie démocratie, riche et stable, mais aussi décider de petits changements maintenant : installer un composteur, réutiliser et recycler d’avantage, réduire drastiquement nos déchets et donc consommer différemment, impliquer d’avantage les enfants dans les tâches ménagères, ralentir le rythme. Mais ces bonnes résolutions sont elles solubles dans le quotidien ? Affaire à suivre !










