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LâĂąge de raison
On rĂȘvait... On avait 20 ans et on rĂȘvait de gloire. On rĂȘvait de scĂšne et de studios dâenregistrement, de bureau dâĂ©criture et de nuits blanches encore et encore, Ă composer des riffs et des poĂšmes sublimes Ă la virgule. On rĂȘvait de route, dâasphalte Ă nâen plus finir, des litres de cafĂ© et des mĂštres cubes de fumĂ©e compactĂ©es dans un tour bus pour deux personnes.
On avait 20 ans, et on rĂȘvait de trousser des romans comme Ann Scott ou Lolita Pille, et dâĂ©crire des romans comme Brian Molko Ă©talait son mal-ĂȘtre dans la presse. Avec classe et arrogance.
On rĂȘvait, mais ça nâa pas suffit. Mes poĂšmes sont maintenant enfermĂ©s dans des Moleskine qui prennent la poussiĂšre, je nâai pas touchĂ© de clope depuis 6 mois, je caresse mes guitares encore moins que ma meuf, et mon frigo est rempli de trucs plus sains que je ne le serai jamais.
Jâai un appartâ de 75m2 au centre de lâEurope, un chat, un boulot et de la thune pour les vacances.
Mais je nâĂ©cris plus. Je ne compose plus. Ni riff, ni vers, ni rien du tout. Jâai lâimagination atrophiĂ©e, bouffĂ©e par le manque de stimuli et des angoisses vaguement claustrophobiques, enfermĂ© dans mon propre corps. Je me suis fait tatouer des ailes, mais comme Icare je nâai pas voulu Ă©couter mon pĂšre et jâai pĂ©chĂ© par orgueil, par ivresse de libertĂ© je suis tombĂ© de trĂšs haut. OĂč vais-je ? Je nâen sais rien. On est en 2018, tous mes hĂ©ros sont morts, comme chantait lâautre, et jâai oubliĂ© qui jâĂ©tais sous des tonnes de lubrifiant social.
Ou vais-je ? Probablement travailler, probablement chez moi. Maintenant que le monde est plus beau sur mon écran 27 pouces que dans la réalité, il y a peu de chances que vous me croisiez autre part que dans le diptyque métro-boulot.
Mais puisque vous me le faites remarquer, la question la plus pertinente que vous pouviez me poser nâest dâailleurs pas dâordre spatial, mais temporel. Quand vais-je ? Vers un autre Ăąge. Pour voir si les rĂȘves, ça se rallume. Ou si Ă dĂ©faut de rĂȘver, je sais y vivre.
âOn reste lĂ , dans le froid. CourbĂ©es sous trois mĂštres de boue. Nos mains aux ongles noirs, crispĂ©es sur nos fusils. Inutiles. Personne n'ose lever la tĂȘte vers le rose de l'aurore qui poind, lĂ -bas, Ă l'est. Ici l'horizon est couleur de tombe. Ici pas de chants d'oiseaux dĂšs le matin ; que la cannonade mĂ©tronome. Pas de sifflement du vent dans les branches ; que celui des balles au-dessus de nos tĂȘtes.
Cette nuit, comme parfois, les canons se sont tus. Le début d'une trÚve ? On l'espÚre. On la redoute. La paix un jour. La reprise des combats le lendemain. Sans prévenir se retrouver face-à -face avec l'ennemi, dans cette tranchée sordide. Sortir les baïllonettes dans un combat de gueux, sale, moche, vaincre ou mourir sans savoir lequel est le plus à craindre, finalement.
On profite de l'accalmie pour prendre un peu de calme. Personne ne parle. Nos mots ont été fauchés par la mitraille. Pendant que le café fume, on nettoie les armes, on fait de la place pour circuler entre les casemates. On trie les blessés et on évacue les morts.
Comme d'habitude je me porte volontaire pour aller chercher le courrier à distribuer. Je marche, courbée entre les brancards, me bouchant le nez, glissant sur des membres inanimés, pour rejoindre le poste de communications. Sans espoir, car voilà plusieurs semaines que nos lignes sont coupées, que le courrier n'arrive pas, et que le monde nous a oublié dans cet enfer. Mais alors que je me rapproche, j'entends le cliquetis du récepteur morse, comme un rire mécanique un peu cynique. Je me précipite et tout le monde se tait. Fin de la transmission. Une seule nouvelle. La guerre est finie. Depuis une semaine déjà , l'ennemi a capitulé.
Le silence est la seule rĂ©ponse. Comme dans un rĂȘve, je tourne les talons, hĂ©bĂ©tĂ©e, et je sors pour annoncer la nouvelle aux autres. Je veux crier. Je n'y arrive pas. Je fais la tournĂ©e des corps abĂźmĂ©s, diminuĂ©s par la faim et la fatigue. Je les touche, je veux parler, aucun son ne sort. Je les rassemble prĂšs de moi. Alors dans un souffle, je murmure. Beaucoup pleurent. Peu y croient.
BientÎt il ne me reste que le poste de sentinelle, là -bas, au bout de la tranchée. J'accélÚre prudemment. Plus qu'une dizaine de mÚtres. Soudain un coup de feu, loin, suivi d'un bruit mat. Proche. Je cours, trop tard, pour la trouver inanimée, un trou dans le front, les yeux écarquillés.
- Elle a voulu voir le soleil se lever, me dit sa collÚgue, en haussant les épaules.
Je m'agenouille, et murmure. Trop tard. Et je repars comme je suis venu. En courbant le dos.â
LĂ , dans ma tĂȘte, aux premiĂšres lignes du front, depuis quelques temps, les canons se sont tus. Je vais enfin pouvoir reconstruire. Mais il faut encore faire gaffe aux balles perdues. Trop souvent, mes pensĂ©es les plus tĂ©mĂ©raires se font descendre sans mĂȘme savoir d'oĂč est parti le coup de feu.

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Respect.
Le sommeil permet d'oublier, mais la douleur se réveille à l'aube, insoutenable, car pendant un bref instant, on ne se rappelle pas qu'on a souffert.
Amy Engel - The Revolution of Ivy
It's not what you think. #butitsgoodforyou #amsterdam #vegan #veganfood #dutchweedburger (Ă The Dutch Weed Burger Joint)

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Kleenex Théorie
Je suis celui qui teste la solidité des verrous sur les portes du passé, celui qui se rassure de pouvoir encore les crocheter.
C'est dans ces moments-lĂ tu sais. Ceux oĂč je n'existe plus pour moi-mĂȘme que je te recherche. Tu es la facilitĂ© prĂ©visible, la certitude d'une glorification immĂ©diate. Aucun discernement pour un shoot de dopamine direct dans mon ego. Tu te vois sans doute mystĂ©rieuse et intouchable, toi qui prends l'air de ne pas en vouloir mais qui Ă©cartes systĂ©matiquement les cuisses pour garder le prince charmant au fond de ton lit. Il partira quand mĂȘme tu sais, il est comme moi, il est moi et tous les autres, il n'a jamais vraiment Ă©tĂ© autre chose que de passage.
Aujourd'hui je vais mieux. Je n'ai plus besoin de toi, pardon et adieu.
Je viens de dĂ©couvrir que le verbe pleuvoir nâexiste quâĂ la troisiĂšme personne du singulier. Pourtant, tu pleuvras toujours sur mon coeur. Je pleuvrai toujours sur ta vie. Et jâemmerde la langue française.
And a happy New Year đđđ #vegan #veganfood #vivelespoischiches #onnemangepasdegraines
Je t'aimeâ disait-il. âC'est bon c'est rienâ disait un autre. âS'il te plaitâ me suppliait le troisiĂšme.
Ils sont trois, trois Ă avoir abusĂ© de moi, sans mĂȘme s'en rendre compte, ils m'ont pris mon ĂȘtre, ils m'ont arrachĂ© tout ce que j'avais acquis pendant ces longues annĂ©es. J'ai 17 ans. à 14 ans je suis sortie avec mon premier copain, c'Ă©tait le grand amour, ça a durĂ© 11 mois, j'avais confiance en lui. J'aurais pu retourner ciel et terre pour le retrouver lorsque qu'il m'a quittĂ©e. Presque un an aprĂšs je suis sortie avec un autre garçon. Il Ă©tait devenu mon meilleur ami puis mon copain. Notre relation Ă durer 1 mois et demi, ça n'allait pas. Quand il Ă©tait dĂ©foncĂ©, il Ă©tait violent, il me parlait mal, et me respectait pas. Je l'ai donc quittĂ©, pour ces diverses raisons et aussi parce que mes sentiments n'Ă©taient plus lĂ . J'avais garder de trĂšs bonnes relations avec mes exs, le premier aussi Ă©tant donner que nos parents Ă©tait maintenant trĂšs amis. Deux semaines aprĂšs en avoir fini avec cette relation intenable, il est venu dormir chez moi, en bon ami. Le soir mĂȘme, je lui ai parler, dis tout ce que je pensais, je lui ai dis que je ne voulais plus avoir de rapports sexuels avec un garçon pour je ne sais quelle raison, je ne me voyais plus en couple avec un garçon (je suis bisexuelle) et que je ne voulais plus qu'un mec me touche, je m'Ă©tais crĂ©e une sorte de carapace, j'Ă©tais devenue presque insensible. Mais j'Ă©tais devenue heureuse et j'Ă©tais tellement bien dans ma peau. Je pensais qu'il avait compris, qu'il m'avait Ă©coutĂ©e. Le lendemain matin, je me rĂ©veille sous ses caresses. Il me caressait le dos. Ăa allait, c'Ă©tait gĂȘnant mais ça allait. Mais il est descendu, encore et encore. Je me suis paralysĂ©e, paralysĂ©e Ă l'idĂ©e de recoucher avec lui, qu'il me retouche, je l'ai repoussĂ© lentement, mais il a pas compris, alors il a continuĂ©, et j'ai laisser tomber. Il est montĂ© sur moi. âOh non, il va pas faire çaâ me suis-je dis. Et si, il commençait Ă faire des vas et viens. Il m'a dĂ©shabillĂ©e, lui aussi, et on a couchĂ© ensemble, enfin, il a couchĂ© avec moi. J'ai eu mal. Je me suis senti pas bien. Je me suis senti sale. Il est parti dans l'aprĂšs-midi. Je n'avais pas tellement rĂ©alisĂ©, c'Ă©tait normal non ? Il voulait, alors on l'a fait, mĂȘme si je lui avait dis non, puis, c'est rien, c'Ă©tait pas la premiĂšre fois que je couchais avec lui, c'Ă©tait pas nouveau. Mais ce sentiment de honte si, il Ă©tait nouveau. Alors j'ai commencĂ© a rĂ©aliser, un peu. Quelques semaines aprĂšs, j'ai invitĂ© 4 potes chez moi: ma meilleure amie, le copain de ma sĆur, mon premier ex et un de mes meilleurs amis. Ce soir lĂ j'avais bu, pas beaucoup, mais j'ai fais une crise d'angoisse, et l'alcool Ă accentuĂ© la douleur. J'ai hurlĂ© de douleur, je respirais trĂšs vite et je pleurais toutes les larmes de mon corps. Puis j'ai avouĂ©, j'ai dis ce qu'il c'Ă©tait passer ce matin lĂ avec lâautre. Mon premier ex et mon meilleur ami Ă©taient trĂšs Ă©nervĂ©s contre lui, et ils m'ont soutenue, comme les autres personnes ce soir lĂ . Mais ce soir lĂ , j'ai dormi Ă cotĂ© de mon 1er ex. Je me disais que, lui, il me ferais rien, que je pouvais avoir confiance en lui, que aprĂšs cette rĂ©vĂ©lation il ne me fera rien. Mais je me suis trompĂ©e. J'Ă©tais dos Ă lui, j'ai senti des mains parcourir mes hanches et mes cuisses. J'ai commencĂ© Ă trembler, de peur. Il n'a rien remarquĂ©, et a continuĂ©. Il m'a touchĂ©e. S'est installĂ© sur moi. J'ai fais un mouvement pour l'enlever, il est descendu mais a pas compris. Et il a continuĂ©, j'avais les larmes aux yeux, j'avais peur, peur qu'il me fasse quelque chose, et peur que quelqu'un entende. J'avais honte. Le lendemain il s'est levĂ© comme si de rien Ă©tait, comme d'habitude. âPuis au fond, je l'ai peut ĂȘtre cherchĂ© ? Je ne lui ai pas dit non oralement.â âC'est de ma faute, c'est rien.â VoilĂ ce que je me disais. Mais je me sentais affreusement salie, hideuse et pas respectĂ©e. 5 jours aprĂšs, je suis aller dormir chez mon meilleur ami. J'avais aussi confiance en lui, je savais, et je pensais qu'il ne ferait rien. On est partis dormir. Et il m'a touchĂ©e. Je me suis paralysĂ©e, comme les autres fois, de honte, d'horreur. Il est montĂ© sur moi, a fait des mouvements. Il allait se dĂ©shabiller, et je lui ai dis ânonâ, j'avais enfin rĂ©ussi Ă dire ce que je pensais. Il a continuĂ© 2-3 min puis s'est enlevĂ© en s'excusant, et en disant qu'il ne le refera plus. C'est idiot mais ses excuses m'ont touchĂ©e, mais ça ne m'a pas permis de me sentir mieux. Aujourd'hui, 1 mois et demi aprĂšs tout ça, je culpabilise vraiment. C'est pas de leur faute, ils ne savaient pas, si ? Je ne sais plus ce que je dois penser, mon cerveau rĂ©flĂ©chit trop, et pour moi c'est pas normal ce qu'il m'est arrivĂ©e. Ce sentiment de culpabilitĂ©, ce sentiment de honte, de peur constante quand un garçon me regarde ou me fait un cĂąlin, cette gĂȘne lorsqu'on parle de rapports sexuels. Au jour d'aujourd'hui, mes amis proches sont au courant, ma sĆur et mon pĂšre. Seulement, pour la plupart d'entre eux, j'aurais dĂ» me dĂ©fendre, que inconsciemment j'ai voulu tout ça. On m'a dit: âc'est rien, ça passeraâ ; âTu iras mieux dans pas longtemps tu verras!â ; âDans deux semaines tu en rigolerasâ ; âExagĂšre pas, t'es pas morte non plusâ ; âSi rĂ©ellement tu lâavais pas voulu, tu te serais dĂ©battueâ ; âC'Ă©tait un mauvais momentâ ; âC'est pas un viol ce que tu as subiâ ; âUn viol c'est avec un garçon que tu ne connaĂźs pas et quand il te porte des coupsâ ; âc'est mieux ce qui t'es arrivĂ© par rapport aux vraies victimes de violsâ ; âCe qui est fait est fait, passe Ă autre choseâ ; âTu sais le mot viol est un grand mot..â.
Comment voulez vous que j'aille mieux avec tous ces reproches, avec toutes ces personnes qui me disent que j'en fais trop, que c'est de ma faute et que ce qui c'est passé est totalement normal. Je passe mes weekends à pleurer en y repensant, ça me bouffe de l'intérieur, ça me hante et j'en souffre, j'en souffre réellement. Je me sens pas bien dans ma peau, j'ai envie de vomir en me voyant dans un miroir, je déteste mon corps, j'ai envie de le détruire pour qu'il n'attire plus personne. Je me déteste. Je me hais. Et je hais encore plus ces garçons, ces garçons en qui j'avais confiance, à qui j'avais tout dis, et qui savaient que je voulais plus rien faire. Mais aprÚs tout. Je l'ai pas dit oralement, j'ai pas dit non sur le moment. Mais j'avais peur, peur d'eux, de ce qui pouvait dire ou faire par la suite. Quant aux garçons:
Le premier lui ne sait toujours rien, mais il dit Ă ma sĆur qu'il m'a rien fait, et quâil m'a toujours demandĂ© si je voulais dans ces moments. Le deuxiĂšme vit normalement, il dit culpabiliser de m'avoir fait subir ça, que je lui avais pas dis non, qu'il n'a rien vu d'anormal. Mais il me dit que c'est fait donc maintenant je dois passer Ă autre chose. Le dernier aussi ne sait pas ce que je vis et ai ressenti Ă ce moment. Il ne se doute de rien. Et moi, j'ai des envies de crever parfois. Encore aujourd'hui je n'arrive pas Ă mettre des mots sur ce qu'il s'est passer. Viols, abus ou attouchements, ces mots sont violents et m'agressent, mais j'aimerais savoir ce que j'ai vĂ©cu pour pouvoir me reconstruire. Tous ce que je sais, c'est que ces trois garçons ont rĂ©ussi Ă me ruiner, ils m'ont achevĂ©e chacun leur tour. Et j'ai personne Ă qui en parler.
(via payetoncouple)
Quand est-ce que la honte changera de cÎté, bordel ?
Le manteau dâhiver
Jâai fait tomber mes pleurs prĂšs dâune petite plaque avec ton nom gravĂ© de marbre. Je les ai fait tomber Ă©tonnĂ© car je les avais pourtant bien attachĂ©s, bien enfouies dans les poches de ce manteau de pluie. Alors, puisque sans eux il ne faisait plus si froid, je lâai accrochĂ© Ă une patĂšre de bois quâils appellent une croix, mais qui ne sert quâĂ soutenir nos poches trop remplies, pour quâelles ne crĂšvent pas sous leur poids.Â
Et si jâaurai toujours froid sans toi, je te laisse quand mĂȘme mon manteau. Je nâen aurai besoin que lorsque je reviendrai te voir.

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I crave space. It charges my batteries. It helps me breathe. Being around people can be so exhausting, because most of them love to take and barely know how to give. Except for a rare few.
Katie Kacvinsky (via saetern)