Cela fait un moment que je nâai pas Ă©crit. TrĂšs longtemps mĂȘme. Il sâest passĂ© beaucoup de choses et il y a eu une trĂšs longue pĂ©riode ou je ne me sentais vraiment pas bien. Vraiment, je nâai pas souvenir de mâĂȘtre sentie aussi mal, ce nâĂ©tait pas facile facile Ă gĂ©rer mais bon, avec la dĂ©termination on arrive au bout de tout. Je nâavais plus internet en octobre aussi...
Il y aura moins dâimages cette fois, pour ainsi dire pas du tout. Hey, si vous voulez aller les voir, jâavais mis le lien vers le dossier Drive. Vous avez trois mois de photos. Nan⊠Du texte, beaucoup de texte car jâai tant Ă raconter. Il mâest arrivĂ© quelque chose dâintense, quelque chose de puissant. Je ne vous demande pas de me croire, dâailleurs quâest-ce-que ça changerait ? Câest ma rĂ©alitĂ©, mon histoire je ne fais quâexprimer mes ressentis. Ă vous ensuite dâaccepter, rejeter, rĂ©flĂ©chir ou mĂȘme rire. Mais mon regard est diffĂ©rent aujourdâhui par rapport au moment oĂč je lâai vĂ©cu ce qui est complĂštement normal. Vous comprendrez en parcourant cet article.
Passons, reprenons les choses Ă peu prĂšs oĂč je les avais laissĂ©es : lâĂ©vĂ©nement Miko CafĂ©, peu avant le Speech Contest. Jâai Ă©tĂ© trĂšs heureuse de pouvoir enfin porter ma tenue, certaines photos se sont mĂȘme glissĂ©es sur Facebook. Jâai parlĂ© Ă de nombreuses personnes en leur servant Ă manger ou du thĂ©, jâai fabriquĂ© de nombreux omamoris (Porte bonheurs) en imprĂ©gnant mon Ă©nergie Ă lâintĂ©rieur et en ressentant lâĂ©nergie de la personne. Cela mâa permis de deviner Ă©normĂ©ment de choses sur les personnes en question. Par exemple, jâai ressentis quâune personne Ă©tait dâune certaines maniĂšre liĂ©e Ă lâĂ©tĂ©, elle mâa rĂ©pondu quâelle est nĂ©e en juillet. Puis, quâune autre personne, trĂšs raffinĂ©e, Ă©tait liĂ©e Ă la noblesse. Il me rĂ©pondit que câĂ©tait bel et bien le cas. Plus je vivais, plus je me connectais Ă des Kamis, plus mon Ă©nergie et mes capacitĂ©s Ă©voluaient, plus je mâĂ©panouissais.
Au final, câĂ©tait vraiment une bonne semaine car Jâai rencontrĂ© Ă©normĂ©ment de personnes et jâentendais les grelots des omamori que jâavais confectionnĂ©s aux sĂ©minaires du mercredi matin avec le sourire. Mais le stress du Speech Contest qui sâapprochait Ă©tait intense, je nâallais pas trĂšs bien, jâavais si peur ! Pour ĂȘtre honnĂȘte, je nâai pas vraiment rĂ©ussi Ă rĂ©viser mon texte.
Puis, le jour du Speech contest est arrivĂ©, jâai mis mon haut blanc et ma jupe rouge afin de garder les couleurs dâune Miko. Nous sommes arrivĂ©es Ă Kumagaya en voiture avec Akiko, elle mâa lĂąchĂ©e lĂ devant le bĂątiment et je suis rentrĂ©e puis ai Ă©tĂ© accueillie par une des dames du cours de japonais. Puis, jâai Ă©tĂ© guidĂ©e jusquâĂ une salle oĂč se trouvaient 17 autres participants qui comme moi, avaient trĂšs peur. Il y avait du matĂ©riel devant nous dont le nom, un stylo, un sac avec Ă©galement une feuille dĂ©taillant les diffĂ©rents sujets des divers participants. Jâallais passer en troisiĂšme, pas le temps de stresser rĂ©ellement enfin⊠Un peu quand mĂȘme.
Puis nous sommes descendus dans la grande salle vide pour faire des essais de procĂ©dure et dĂ©but de prĂ©sentation. Il y avait de nombreuses chaises vides donc signe quâil y aurait beaucoup de monde⊠BrrrâŠ. Les tests finis, nous sommes remontĂ©s pour finir de nous prĂ©parer avant de descendre Ă nouveau pour le grand moment, il y avait Ă©normĂ©ment de monde⊠200 personnes Ă peu prĂšs. Jâai gardĂ© la tĂȘte haute et suis allĂ©e mâasseoir Ă ma place en stressant comme jamais. Le premier est passĂ©, puis le deuxiĂšme⊠Mon coeur battait Ă tout rompre. Puis, jâai entendu mon nomâŠ
Je me suis levĂ©e, ai marchĂ© comme un automate, me suis postĂ©e derriĂšre le micro en gardant une posture bien droite et un regard dĂ©terminĂ©. Sujet : âLa Voie dâune Miko Ă©trangĂšreâ CapacitĂ© de communication : Entre 55% et 60%. Je nâai, selon moi, jamais autant ratĂ© une prĂ©sentation de ma vie. Inversion de mots, instants dâhĂ©sitation, dĂ©tournement de regard, voix qui tremble Ă des moments. Dur, trĂšs dur. Mais je lâai fait et je me suis rassise en respirant un bon coup.
Ă la pause, une personne mâa dit que ma posture et façon de parler Ă©taient parfaites malgrĂ© tout. Dâailleurs, un Kannushi (PrĂȘtre supĂ©rieur en gros) Mâa approchĂ©e et devinez de quel sanctuaire il Ă©tait le Kannushi ? Le Sanctuaire Hodosan de Nagatoro. Et oui ! Celui oĂč jâĂ©tais en grand stress car câĂ©tait la premiĂšre fois que je voyais des Miko en chair et en os ! Il mâa invitĂ©e Ă passer au sanctuaire, jâai acceptĂ© avec joie. Une autre fille, a Ă©galement essayĂ© de me recruter chez les Mormons. LĂ , jâai pas compris. Au final, le Speech Contest ne sâest pas si mal passĂ© que ça, les gens ont quand mĂȘme compris mon message, Ă©taient touchĂ©s et mâont encouragĂ©e dans ma voie.
Puis, la semaine suivante, comme convenu avec Akiko, jâai dĂ©mĂ©nagĂ© chez Yumi pour le mois dâoctobre. La propriĂ©taire de la maison dâAkiko allait peut-ĂȘtre vendre sa maison et elle ne savait pas vraiment comment cela allait se finir alors elle prĂ©fĂ©rait avoir une personne de moins Ă gĂ©rer ce qui est comprĂ©hensible. Le dĂ©mĂ©nagement fĂ»t assez rapide et je vivais dĂ©sormais dans cette magnifique et grande maison Ă moitiĂ© dĂ©labrĂ©e, vĂ©ritable rĂ©sidence de YĂŽkai la nuit hĂ© hĂ©. CâĂ©tait aux alentours du 10 octobre.
La cohabitation avec Yumi allait bien, parfois un peu difficile car nos idĂ©es divergaient sur certaines choses et selon moi, je trouvais ses façon de penser un peu extrĂȘme lĂ oĂč moi je prĂŽnait lâharmonie, elle prĂŽnait lâĂ©galitĂ© complĂšte et forcĂ©e. Câest louable en soi mais câĂ©tait le cĂŽtĂ© imposĂ© qui me dĂ©rangeait. Cela dit nous avons passĂ© de bon moment ensemble et sommes mĂȘme allĂ©es Ă Yamato Mizu, enfin. Je mâentrainais au sabre dans le jardin ou dans la grande piĂšce théùtre du deuxiĂšme Ă©tage et⊠En fait jâai surtout dĂ©compensĂ© du stress rĂ©cent.
Je suis partie Ă la rencontre de Iwata-san, le fameux Kannushi, nous avons longuement parlĂ© et jâai assistĂ© Ă un rituel. Le hic câest que je me suis mise en Seiza (Ă genoux) au mauvais endroit sur les tatamis. Cela a fait garot et jâai eu du mal Ă me lever 20 minutes plus tard. Il mâa ensuite invitĂ©e Ă aller au vĂ©ritable sanctuaire situĂ© au sommet de la montagne en prenant un tĂ©lĂ©phĂ©rique. CâĂ©tait magique et le Kami que jâai ressenti lĂ haut Ă©tait fortement liĂ© au vent. Jâaime beaucoup ce Monsieur et il mâadore aussi, il est mĂȘme venu me voir chez Yumi et une fois Ă mon cours Ă Kumagaya, jâĂ©tais trĂšs surprise ! Nous avons briĂšvement Ă©changĂ© une passe Ă lâĂ©pĂ©e et il Ă©tait impressionnĂ©, me disant que jâallais devenir une championne. Je lui ai modestement dit que ce nâĂ©tait pas nĂ©cessairement mon but mais⊠Enfin pourquoi pas sâentraĂźner ensemble un jour Ă lâoccasion.
Jâai rencontrĂ© un ami de Yumi, Susumu, il Ă©tait trĂšs gentil, nous sommes allĂ©s Ă des sources chaudes ensemble, cela mâa vraiment dĂ©tendue. Puis, le jour fatidique du 18 octobre est arrivĂ©.
Je vous en ai dĂ©jĂ bien assez parlĂ© je crois⊠Mon appel pour le Japon est un appel de retour, comme une nostalgie, un mal du pays, je ne me suis jamais rĂ©ellement sentie Ă ma place en Suisse, jamais rĂ©ellement sentie suisse non-plus dâailleurs. Jâai depuis enfant quelques souvenirs flous de choses que je nâai pas vĂ©cues en tout cas pas en mes trente annĂ©es de vie. Mais câĂ©tait flou, rien de vraiment concret donc je nây ai pas prĂȘtĂ© importance sauf Ă cette apparence, je lâavais nommĂ©e Shades Ă un temps dans mon esprit, câĂ©tait la personnification de mon cĂŽtĂ© sombre en quelque sorte. En tout cas câest comme cela que je le voyais. Ho et aussi Miko ce que au dĂ©but je voyais comme un prĂ©nom Ă porter mais finalement une fonction que je devais exercer.
Je vous ai Ă©galement dit Ă quel point jâai pleurĂ©, Ă quel point jâĂ©tais heureuse de rentrer au Japon, Ă la maison, Ă quel point je me suis Ă©panouie, bien, Ă la bonne place.
Le 18 octobre 2018, jâai Ă©tĂ© brisĂ©e, en mille morceaux, dĂ©truite. Les ailes du Dragon se sont brisĂ©es et je me suis Ă©crasĂ©e avec violence.
Nous amenions Hide Ă lâĂ©cole avec Yumi et plein d'Ă©tudiantes Ă bicyclette me sont passĂ©es devant et lĂ , ça mâest revenu. Un des souvenir horrible que jâavais en mĂ©moire mâest revenu, dâun coup, brutalement. Sensation, image, ressentis, sons et pas odeur heureusement. Jâai pleurĂ© dans la voiture, discrĂštement. En rentrant, je me suis roulĂ©e en boule dans mon lit en pleine panique, crise dâangoisse violente puis jâai ensuite pleurĂ© dans les bras de Yumi. Je me suis rappelĂ©e de ma mort aussi atroce fĂ»t-elle. Celle de ma derniĂšre vie.
Jâavais 17 ans, je vivais dans le Kansai soit Kyoto, Osaka ou dans la rĂ©gion (Souvenez-vous, cette rĂ©gion mâa toujours appelĂ©e pour une raison bien prĂ©cise.) et jâĂ©tais une fille dâune famille de sanctuaire, je pratiquais dĂ©jĂ le sabre Ă lâĂ©poque. CâĂ©tait aprĂšs la seconde guerre mondiale, 1945-1950. Lâhiver Ă©tait vraiment froid je venais de finir lâĂ©cole alors jâĂ©tais sur le chemin du retour lorsque quatre homme forts, des marines (Soldats amĂ©ricains) mâont attrapĂ©e et entraĂźnĂ©e Ă lâabri des regards pour me forcer Ă faires choses que je ne voulais pas. Puis ils me passaient Ă tabac lorsque je me dĂ©battais. Ils se sont tous amusĂ©s avec moi, chacun leur tour et lorsquâils ont fini de sâamuser, ils mâont laissĂ© sur le sol glacĂ©, mourir de froid Ă moitiĂ© dĂ©vĂȘtue, la neige sâest mise Ă tomber et je ne me souviens de rien dâautre si ce nâest une haine intense et profonde. Cette haine, que jâai en moi depuis toujours, jâai enfin pu comprendre dâoĂč elle venait. Mourir ainsi, se faire arracher si jeune Ă la vie, Ă son chez soi. Jâavais des rĂȘves, des espoirs des gens que jâaimais, une famille, des amis⊠Et tout me fut arrachĂ© en une soirĂ©e. Je pouvais encore sentir leurs mains glacĂ©es sur mon corps et entendre mes hurlements de dĂ©sespoir. Ce souvenir retrouvĂ© mâa anĂ©antie.
Jâen ai eu dâautres, des plus heureux, comme celui du kotatsu (la table chauffante) Jâadorais dormir dessous quand jâĂ©tais gamine, haute comme trois pommes. Jâadorais Ă©galement m'entraĂźner au sabre dehors sous le clair de lune, je lâai dâailleurs fait devant chez Yumi, jâai fermĂ© les yeux et ne faisais quâun avec mon passĂ©, je pouvais sentir mon ancien corps, plus rien nâavait dâimportance, seul le moment lâinstant comptait. Les Sakura mochi Ă©galement, je connaissait ce goĂ»t, jâai adorĂ© en manger dans cette vie mais cela fait depuis longtemps que jâaime ça, câest profond et je le ressens. Je sens que je vais me rappeler dâautres choses encore en fonction du contexte, lieu, etc. Mais je ne suis pas focalisĂ©e lĂ dessus.
Le reste du sĂ©jour chez Yumi sâest passĂ© normalement des sorties Ă gauche Ă droite, des rencontres toutes plus incroyables les unes que les autres. Cette expĂ©rience mâavait profondĂ©ment changĂ©e et mon niveau en japonais a continuĂ© dâescalader Ă une vitesse hallucinante jusquâĂ atteindre une capacitĂ© de communication de 75% en fait, jâai rĂ©alisĂ© que je n'apprends pas le japonais, je le re-apprends, tout comme des maniĂšres qui me sont revenues et choses que je faisais instinctivement. Lâimmersion a certes aidĂ©, mais il nây avait de loin pas que cela.
Au dernier sĂ©minaire du matin, jâai parlĂ© de mes souvenirs, de mes ressentis devant 32 personnes jâai Ă©tĂ© fĂ©licitĂ©e, les gens Ă©taient impressionnĂ©s et mâont accueillie comme une enfant du pays. Avant de partir jâai dit ittekimasu et ils mâont rĂ©pondu itterasshai câest ce quâont dit en partant de la maison pour le travail, les cours ou autres quoi, je vais, je reviens. Cela mâa fait rĂ©ellement chaud au cĆur. Oui⊠En mon for intĂ©rieur, je me suis toujours sentie japonaise, jâĂ©tais Ă ma place au Japon.
6 jours avant mon dĂ©part jâai pleurĂ©, encore et encore et encore, je ne voulais pas ĂȘtre arrachĂ©e Ă chez moi, pas encore, pas un jour nâa passĂ© sans que je pleure. Puis, le dernier jour est arrivĂ©. Jâai rencontrĂ© Kaiya ce jour lĂ , mon amie prĂȘtresse amĂ©ricaine. CâĂ©tait intense, nous avons beaucoup discutĂ© et je lui ai parlĂ© de mon passĂ© elle comprenait, Ă©tait compatissante. Pour ĂȘtre honnĂȘte je nâarrivais pas Ă parler en anglais, le japonais venait automatiquement.
Ă un moment je lui ai dit quelque chose que je ressentais comme puissant : âJe suis fiĂšre que tu sois devenue prĂȘtresse, en tant que amĂ©ricaine.â Et câest moi, avec ce que jâai vĂ©cu de la main dâamĂ©ricains qui te dis ça, câest un pas vraiment incroyable vers une comprĂ©hension mutuelle et une paix durable. Avant que les portes ne se referment elle m'a dit, âKami-sama needs you!â (Les kamis ont besoin de toi et le train est parti.) Puis, jâai pris lâavion et ai pleurĂ©, beaucoup.
Mais jâai Ă©tĂ© bien accueillie, la maman de Fanny, Didi, est venue me chercher et nous avons pu discuter un peu dans la voiture.JâĂ©tais trĂšs heureuse de la revoir malgrĂ© ma douleur intĂ©rieur et mon Ă©tat brisĂ©. ArrivĂ©e Ă la maison, mon nouveau petit chez moi provisoire, ils mâavaient prĂ©parĂ© une petite chambre dans le bureau de Franck avec des Tatamis au sol pour ne pas trop me dĂ©payser jâĂ©tais tellement touchĂ©e et aujourdâhui encore, jâen pleure en Ă©crivant ces lignes, ma reconnaissance dĂ©passe tout ce que vous pouvez imaginer. JâĂ©tais trĂšs heureuse de retrouver tout le monde, Valentin, Fanny, Franck, Didi, mais cela va ĂȘtre provisoire, mon but Ă©tant maintenant dâentrer Ă lâuniversitĂ© au Japon, devenir Kannushi et avoir mon sanctuaire. Jâaimerais devenir un pont entre les gens, les gens et les kamis. Pour moi, les gens sont comme des Ă©toiles alors jâaimerais les aider Ă luire et faire la plus grosse constellation possible !
Novembre, pas un sou, un Ă©tat au plus bas entre mes allergies revenues, une phobie du froid (Je partais en crise dâangoisse dĂšs que jâavais froid.) Je me suis inscrite aux CSR en cherchant du boulot. Mon Ăąme Ă©tant en morceaux, je souriais, je faisais croire que jâallais bien mais jâavais mal Ă lâintĂ©rieur, plus mal que jamais. Jâaime bien visualiser lâimage du soldat qui continue dâavancer avec dĂ©termination mĂȘme avec une jambe et un bras en moins et qui se bat, encore et encore. Ho et je me suis rappelĂ©e de mon ancien prĂ©nom, Yoshiko, le truc amusant vous savez, câest que les Kanjis se lisent aussi Miko. HĂ© oui, la boucle est bouclĂ©e.
DĂ©cembre, jâallais un tout petit peu mieux, le froid me dĂ©rangeait un peu mais plus de phobie, je nâallais quand mĂȘme pas bien du tout, obsĂ©dĂ©e par ce souvenir frais, je faisais de mon mieux pour me diriger vers mon futur en gardant la tĂȘte haute. Mais câĂ©tait difficile, trĂšs difficile. Chose amusante, si avant je voyais ma ligne de vie dâaujourdâhui Ă ma naissance, maintenant, je vois au delĂ . Je suis tombĂ©e sur la photo dâune fille qui mâa fait littĂ©ralement buguer car elle ressemble Ă la personne que jâĂ©tais comme deux gouttes dâeau. Jâai aussi rĂ©alisĂ© que Shades, que je prenais pour mon cĂŽtĂ© sombre, nâĂ©tait nulle autre que mon ancienne apparence. Un tout petit peu fĂąchĂ©e Ă cause⊠Enfin pas besoin de vous faire un dessin.
Janvier, jâai trouvĂ© du boulot, des cours et commencĂ© Ă bosser. Je fais le mĂ©nage dans des EMS. Cela me plaĂźt, câest tranquille et jâarrive Ă mettre massivement de lâargent de cĂŽtĂ©. Ălodie, une amie avec qui jâaime beaucoup parler de spiritualitĂ© et Ă©nergies mâa conseillĂ© de lire le livre âLa boĂźte de Pandoreâ de Bernard Werber, effectivement, trĂšs parlant et appropriĂ©. Mon Ăąme et mon cĆur Ă©taient toujours en morceaux mais⊠Disons que jâĂ©tais en voie de guĂ©rison. Je suis retombĂ©e dans pleins de travers comme, jouer massivement aux jeux vidĂ©os Ă nouveau. Enfin bon, tant que je mets de lâargent de cĂŽtĂ©, oĂč est le problĂšme finalement ?
FĂ©vrier, Jâai presque recollĂ© tous les morceaux grĂące Ă des discussions et mĂȘme certains jeux qui mâont rappelĂ©e Ă mes valeurs, ce pour quoi je me bats. Mes ailes et ma dĂ©termination sont revenues. Je vais fiĂšrement de lâavant mais je suis transformĂ©e Ă jamais. Je suis encore en phase que je nomme chrysalide mais câest en bon chemin mĂȘme si le moral fait parfois le yoyo.
Ă la Japan Impact jâai pu porter ma tenue de Miko, jâĂ©tais heureuse, bien, jâirradiais de mille feux. Jâavance, fiĂšrement, lentement, mais jâavance. CoĂ»te que coĂ»te.
Maintenant la question est, que vais-je faire de mon passĂ© ? Et bien je me visualise comme un arbre voyez-vous ? Mes branches, feuilles,fleurs sont mon futur. Mon tronc est mon prĂ©sent. Mes racines, ma mĂ©moire et tous ces petits fragments de mĂ©moire du passĂ©. Mon terreau, car chaque plante a besoin dâun terreau spĂ©cifique pour croĂźtre et sâĂ©panouir, le Japon. En Suisse, je suis pas bien, je me sens crever Ă petit feu. Je veux juste rentrer au Japon et faire ma vie. Aller de lâavant.
AprĂšs, je souhaite quand mĂȘme aller dans le Kansai car je sens que je dois le faire, câest mon appel aprĂšs tout. Imaginez si je rĂ©ussi Ă retrouver ma famille dâavant⊠à quel point cela serait⊠Intense. Mais rassurez-vous, je ne suis pas bloquĂ©e et focalisĂ©e lĂ dessus. Je vais laisser les choses venir Ă moi petit Ă petit sans forcer. Si cette occasion se prĂ©sente, je la saisirai. Sinon, tant pis. Vers le futur.
Dâailleurs, je vous lâavais dit il y a longtemps mais, mĂȘme si je chĂ©ri le prĂ©nom Yoshiko par dessus tout car quand vous vous adressez Ă moi par ce prĂ©nom, vous vous adressez directement Ă mon Ăąme et cela me fait vraiment plaisir, jâarbore fiĂšrement le prĂ©nom Shanoa car, grĂące Ă Franck, il porte dĂ©sormais une signification extrĂȘmement appropriĂ©e âCiel Nouveauâ. Je ne pouvais pas rĂȘver mieuxâŠ
Hey⊠Le chemin du retour depuis lâĂ©cole est long pas vrai ? Aller ça fait combien ? environ 69 ans et quelques kilomĂštres ? Mais je rentrerai Ă la maison hĂ© hĂ©. MĂȘme si fondamentalement, notre maison câest cette planĂšte alors ça nâa aucune rĂ©elle importance⊠Mais moi je me sens bien au Japon, câest pas la premiĂšre fois alors je veux juste y rentrer, câest tout.
Mars, Parce que jâai continuĂ© Ă travailler dur et jouer pour ne plus trop penser, je nâai pas pris le temps de corriger ce que jâavais Ă©crit et ne lâai pas postĂ© non-plus. Jâai eu des cours mais rien de rĂ©ellement Ă©panouissant.
Ha oui, jâai appris quâil me fallait un solde de compte de 20â000 francs pour mâinscrire dans lâĂ©cole de Kumagaya. La limite dâinscription Ă©tant fixĂ©e Ă fin avril, jâai abandonnĂ© et me suis tournĂ©e vers une agence de sĂ©jour linguistique qui me permettrait dâaller dans une autre Ă©cole Ă Kobe. Le Kansai, ma rĂ©gion. Rien nâarrive par hasard. Me voilĂ donc avec un nouvel objectif : Mettre de cĂŽtĂ© 20â000 francs pour partir pour le plus vite possible pour le Kansai.
Avril, Boulot boulot, jouer jouer et puis, jâai eu des vacances chez mes grands parents que je dĂ©sirais vraiment revoir avant de partir au Japon. Ils habitent en France dans le Gard, jâai passĂ© une trĂšs bonne semaine, reposante, pleine de bonheur et jâai mĂȘme rĂ©alisĂ© quâun endroit oĂč j'Ă©tais dĂ©jĂ allĂ©e par le passĂ© dans la mer de Rochers Ă©tait un sanctuaire. Il sâagit dâun cercle de pics Rocheux oĂč se trouve un arbre particulier en son centre (Le cĆur du sanctuaire, jâai pris la photo depuis un des pics.) Nouvelle connexion et la fatigue qui sâensuivi.
Puis, jâai fini le livre âLa BoĂźte de Pandoreâ de Bernard Werber. Effectivement il mâa parlĂ©, il mâa touchĂ©e, vraiment. AprĂšs lâavoir fini je suis restĂ©e songeuse mais profondĂ©ment connectĂ©e et dans un Ă©tat de plĂ©nitude.
Je digĂšre encore ce que jâai lu mais je pense que je vais Ă©crire Ă Bernard Werber.
Yoshiko nâĂ©tait quâune vie parmi tant dâautres⊠Jâai encore tant Ă dĂ©couvrir, câest grisant en un sens. Mais la plupart de nos peurs profondes, prĂ©fĂ©rences et de nos choix, sont irrĂ©mĂ©diablement influencĂ©s par notre passé⊠Nos passĂ©s.
Je le savais dĂ©jĂ sur le plan thĂ©orique mais, nous somme bien plus quâune simple personne ou vie, nous sommes une Ăąme, manifestation de la vie qui coule en toute chose. Maintenant je le ressens au plus profond de moi.
Dâailleurs cela fait un moment que... Mon intuition, mon instinct ainsi que dâautres capacitĂ©s comme lâapprentissage de certaines tĂąches ou mes sens se sont accrues. Cela vient de lâexpĂ©rience accumulĂ©e entre autre et pas seulement dans cette vie.
VoilĂ voilĂ , ça faisait pas mal de choses Ă Ă©crire mais⊠Jâavais Ă©galement beaucoup sur le cĆur et je ne savais pas comment vous lâexprimer⊠Peut-ĂȘtre que certains dâentre vous me prendront pour une allumĂ©e ou que sais-je mais⊠Comme citĂ© au dĂ©but de cet article, câest ma rĂ©alitĂ©, je ne peux pas faire autrement, câest comme si quelquâun venait vous dire âHey mais toi tâes roux !â alors que vous ĂȘtes blond.
Je vais continuer à écrire de temps-en-temps sur le blog, pour que vous puissiez continuer à suivre mon chemin si cela vous intéresse toujours.