Être fan, c'est souvent triste et épuisant pour tout le monde, à commencer par soi. Le fan ne veut jamais vraiment ce qu'on lui offre, il ve

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Qu'Olivia Rodrigo pose sur une balançoire, robe rose et jambe tendue vers le ciel, pour la pochette de son troisième album, ce n'est pas tan
Qu'Olivia Rodrigo pose sur une balançoire, robe rose et jambe tendue vers le ciel, pour la pochette de son troisième album, ce n'est pas tant une citation directe qu'un imaginaire partagé, celui de la jeune femme libre et heureuse qui survole un instant sa propre vie, un imaginaire que Jean-Honoré Fragonard avait déjà peint en 1767 dans La Balançoire, et que Courtney Love avait elle-même convoqué en 1994 sur la pochette de Live Through This, où une reine de promo s'envole, couronne et bouquet à la main, entre deuil et allégresse. Trois images séparées de deux siècles et demi, trois femmes suspendues dans les airs, et pourtant Love, qui avait déjà accusé Rodrigo de lui avoir emprunté cette imagerie sans la créditer, ne compte visiblement pas parmi ses admiratrices.
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Implacable. Une enquête de dix ans condensée en un peu moins de 400 pages, qui racontent, décryptent un système ultra précis, mais aussi l'emprise de la plateforme. Liz Pelly y montre comment le streaming a transformé notre écoute, mais aussi l'écriture, la production et la rémunération, et décortique des éléments devenus si familiers qu'on ne les questionne même plus, ou pas assez. Mais c'est bien plus encore, car Liz Pelly élargit son propos bien au-delà de la musique, et c'est toute la beauté aussi de ce texte par endroits ultra technique : au fond, c'est la place même de la musique dans nos vies quotidiennes qu'elle questionne, nos envies de mélomanes, notre désir de découverte. Comment être musicien ou musicienne en 2026, comment faire corps avec l'époque, comment lutter, évidemment ? Et nous, auditeurs et auditrices, comment penser l'avenir même de notre passion ? C'est une enquête fascinante (et, soyons honnête, qui ne concerne pas seulement Spotify), et c'est aussi une somme impressionnante de questions à se poser sur la suite, et sur nous-mêmes.
Incroyablement vrai. En 1981, Marvin Gaye, Prince déchu de la Soul, ruiné, lâché par sa maison de disques, défoncé en permanence, à moitié fou, sans aucun doute dangereux pour son entourage et lui-même, échoue à Ostende, recueilli par un bienfaiteur local, un fan, Freddy Cousaert, qui va s'improviser agent, confident, tourneur. Au terme d'un exil qui l'a mené de Los Angeles à Hawaï puis Londres, de concerts annulés en divorces prononcés, c'est en Belgique qu'il compose et enregistre, en 1982, Sexual Healing, chanson du grand retour, nouvel exploit personnel. Marvin Gaye en Belgique donc, à Ostende surtout, bien évidemment, cela ne cesse d'alimenter bien des fantasmes et mensonges. Le Bruxellois (c'est important) Serge Honorez raconte ici cette histoire, les chapitres sont courts, on peut avoir l'impression parfois que la carrière est survolée (pour tout savoir sur Marvin Gaye, lisez autre chose), mais c'est au final le portrait d'un homme en pleine réinvention autant que celui d'une chouette galerie de personnages (on y croise même Arno en cuisine, semble-t-il), c'est également, naturellement, l'histoire d'un pays magnifique, plein de contradictions. Chouette bouquin.

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Car c'est bien là tout le paradoxe de ce disque d'été qui est aussi un disque d'hiver, qui donne envie de laisser parler le corps (l’été) tout en restant accueillant, presque protecteur (l’hiver). Mizuiro habite, au sens propre, et ne cherche jamais à démontrer quoi que ce soit. Tepr connaît trop bien l'image, le cinéma, l'émotion construite par petites touches, pour avoir besoin de forcer le geste. Il laisse simplement la mélodie faire le travail, et elle le fait remarquablement bien.
https://www.goutemesdisques.com/chroniques/album/mizuiro/
Il existe une version fantôme de Just Like Fire, gorgée de samples, ambitieuse, presque trop. Elle n'existera jamais. Les ayants droits de P
On pourrait reprocher à Just Like Fire son absence de plan d'ensemble. On devrait plutôt saluer ce qu'il faut bien appeler une rare leçon d'humilité industrielle : parfois, c'est l'absence de contrôle qui produit l'œuvre la plus personnelle.
L’immense talent de Charlie Sheen est avant tout d’avoir survécu et c’est aussi la force de ce documentaire en deux parties, de ne rien cacher, de raconter la déchéance davantage qu’une carrière finalement très anecdotique du fait de cette même déchéance, de cette haine de lui-même qui a tout emporté. C’est honnête, émouvant parfois, c’est le portrait d’un junkie qui tente de s’en sortir, rien de plus et rien de moins, mais c’est aussi la parole donnée, d’entrée de jeu, d’une sale gosse, la parole que tout ira mieux, que tout cela est derrière lui. Lui-même n’est pas certain d’y croire, lui-même n’est pas certain d’y croire, mais cela ne rend ce document que plus précieux.
Ah-shih n'a que huit ans lorsque sa mère se donne la mort, accablée par la honte d'un corps vendu pour un peu de riz. Orpheline, elle grandit chez son oncle, jusqu'au jour où sa famille la pousse dans les bras de Chiang Shui, un homme violent, dominateur. Avec une caméra au plus près de la chair, le film dénonce la violence patriarcale et le silence complice d'un monde où la femme n'est que propriété. Réalisme cru, sans fioriture ni misérabilisme, c’est le Portrait d’une femme broyée, une charge féroce contre un ordre social qui écrase les plus faibles au nom de la tradition, le miroir impitoyable d'une époque et d'une société.
Chef-d'œuvre monumental signé Akira Kurosawa, plongée vertigineuse dans l'âme humaine, réflexion brillante sur le capitalisme et la responsabilité individuelle face à un dilemme cornélien insoutenable, lorsque Gondo, industriel prêt à hypothéquer sa fortune pour racheter les actions de sa société, apprend que le fils de son chauffeur a été kidnappé à la place du sien, le forçant à choisir entre son ambition dévorante et le salut d'un enfant qui n'est pas le sien. Une mise en scène d'une efficacité folle où chaque plan devient un piège à haute tension, les deux monstres sacrés que sont Toshiro Mifune et Tatsuya Nakadai livrent des interprétations immenses et au-delà du suspense haletant, le film interroge notre propre rapport à l'argent et à la compassion, nous tendant un miroir sans concession où l'horreur du crime n'est jamais aussi glaçante que l'indifférence des puissants. Tout cela dans un noir et blanc sublime et dans un coffret qui l’est également. Chef-d’œuvre encore une fois.

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Cela fait désormais plusieurs saisons que Christopher Storer, me semble-t-il, surestime grandement notre amour pour ces personnages et notre
Nous sommes en 2009 et comme la terre entière, je me prends pleine face l’immensité de Merriweather Post Pavilion, huitième, certes, album des géniaux Animal Collective, mais le premier à atteindre d’autres sphères, publics. 2026, Panda Bear a eu le temps de pondre pas mal de chefs-d’œuvre depuis, et il livre la suite de Reset, grand disque en collaboration avec Sonic Boom, très grand monsieur. Je ne vais pas en parler des heures ou écrire un pavé, mais l’album est merveilleux, il sort le 10 juillet, et ce soir j’ai eu la chance d’animer une session d’écoute et de questions avec le public. Il faisait atrocement chaud mais Peter et Noah ont été magnifiquement… cool. Merci à eux. Merci à Lithium et Domino pour tout cela. Grand disque encore une fois. A ? Of When, 10 juillet, disque labyrinthe, album plein de trésors.
Trois types qui hochent la tête au rythme de What Is Love. Jim Carrey en invité du jour, Will Ferrell et Chris Kattan en habitués. Trois minutes, un tic, une chute. Rien d'autre. En 1998, quelqu'un a décidé que ce tic méritait 82 minutes et un scénario, Une nuit au Roxbury en est sorti, et le box office a tranché tout de suite, Chris Kattan ne s'en relèvera jamais, Will Ferrell si, allez savoir comment et pourquoi. Les frères Butabi existent sur une seule posture, deux silhouettes qui hochent la tête devant une boîte qui refuse de les laisser entrer ou une femme qui se refuse à eux. Aucune psychologie sous le tic, aucun projet de vie au-delà du geste, du mouvement. Comparé à eux, les Coneheads ont une vraie idée, ratée mais réelle, une allégorie de l'immigration grossière mais habitée. Le sketch fonctionnait parce que les Butabi échouaient sans fin et sans conséquence. Aucune morale, aucune fin, juste un running gag increvable parce qu'il ne menait nulle part. Leur donner un film, c'est leur donner ce que le format refusait depuis le début, logiquement, un arc, une évolution, une victoire. Ils finissent par entrer dans la boîte, par obtenir ce qu’ils souhaitent, par être ce qu’ils veulent être réellement. Le film tue le sketch en lui offrant exactement ce qu'il n'avait jamais voulu. Wayne et Garth, Wayne’s World donc, n'ont jamais eu ce problème, ils ne partent pas du manque mais de la victoire déjà acquise, leur sous-sol, leur émission, leur public, Wayne's World ne fait que tester cette identité contre une menace extérieure et les laisser gagner en restant eux-mêmes. Le videur du Roxbury, lui, incarnait un seuil censé rester infranchissable. Le film le franchit. Et avec lui disparaît la seule raison d'être de ces deux idiots : ne jamais y arriver. Aussi, c’est atrocement mal écrit.
Pendant la deuxième moitié des années 90, Will Ferrell devient une star du Saturday Night Live. Pendant toute la décennie suivante, il règne sur la comédie américaine, celle d'Elf, d'Anchorman, des Frangins malgré eux. Puis viennent les années 2010, et avec elles le doute. Les échecs s'enchaînent et cet humour gueulard, gras, convaincu de sa propre finesse, semble soudain en retard sur son époque, presque embarrassant. On pouvait logiquement se demander si Ferrell allait seulement survivre à la décennie. Will & Harper n'a certainement pas été conçu pour réparer cette image. C'est pourtant ce qui se produit, et c'est bien là l'un des tours de force discret du film. Car le postulat, lui, ne tient pas plus de trois minutes (et c'est tant mieux). En 2021, Will Ferrell reçoit un mail de Harper Steele, son amie et collègue depuis les années SNL, qui lui annonce sa transition. Deux ans plus tard, ils partent ensemble en road trip à travers les Etats Unis, en commençant par un passage au Studio 8H, entouré d'anciens de l'émission. On s'attend à une amitié à reconstruire, à des silences gênés, à de la pédagogie laborieuse. Rien de tout cela n'arrive, leur lien n'a jamais bougé. C'est là même tout le véritable cœur du film, une amitié dont les fondations ne tremblent pas, ou à peine, même quand l'une des deux personnes qui la composent change. Ce qui change, en réalité, ce sont les autres. Un dîner filmé où le couple est scruté comme une attraction de foire, des tweets immondes, lus à voix haute, des lois anti trans votées au fil de la route, comme un rappel que le pays traversé est moins accueillant que ce road trip ne le laisse croire. Le sujet, l'amitié bouleversée, devient un non sujet. Et c'est tant mieux : c'est précisément ce non événement qui finit par être bouleversant. Reste un dernier basculement, presque sournois. Will Forte les rejoint en montgolfière, Kristen Wiig écrit une chanson pour la route, Molly Shannon les retrouve dans un salon de manucure à Los Angeles. Chacune de ces apparitions, prise seule, n'est qu'un clin d'œil de fan, un Easter egg, mais mises bout à bout, elles dessinent autre chose, tout un écosystème, toute une génération de comédiens qui viennent, l'un après l'autre, valider quelque chose chez ce duo. Pas leur courage mais finalement leur constance, et une humanité, une douceur, une intelligence qu'on ne leur reconnaissait sans doute pas assez, déjà , à l'époque.

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N’importe quel rappeur belge digne de votre respect vous le dira : si Zwangere Guy parlait la langue de Molière, il serait une star en Franc