“My heart’s in my hand, and my hand is pierced, and my hand’s in the bag, and the bag is shut, and my heart is caught.”
— Jean Genet, Our Lady of the Flowers

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“My heart’s in my hand, and my hand is pierced, and my hand’s in the bag, and the bag is shut, and my heart is caught.”
— Jean Genet, Our Lady of the Flowers

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“My heart’s in my hand, and my hand is pierced, and my hand’s in the bag, and the bag is shut, and my heart is caught.”
— Jean Genet, Our Lady of the Flowers
“To Les… from Lyle…”
The Thief’s Journal by Jean Genet (Penguin, 1967 edition). Cover image: Alberto Giacometti - Head on Stand (1947).
Cover of Jean Genet’s Funeral Rites (Castle Books, 1969).

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(Demain audience.) Libre, c’est-à-dire exilé parmi les vivants. Je me suis fait une âme à la mesure de ma demeure. Ma cellule est si douce. Libre : boire du vin, fumer, voir des bourgeois. Alors demain, que sera le jury ? J’ai envisagé la condamnation la plus forte dont il puisse m’atteindre. Je m’y suis préparé soigneusement, car j’ai choisi mon horoscope (selon ce que j’en peux lire dans les événements passés) comme figure de la fatalité. Maintenant que je sais lui obéir, mon chagrin est moins grand. Il est anéanti devant l’irrémédiable. Il est mon désespoir et ce qui sera, sera. J’ai résigné mes désirs. Moi aussi, je suis “déjà plus loin que cela” (Weidmann). Que toute une vie d’homme, donc, je demeure entre ces murs. Qui jugera-t-on demain ? Quelque étranger portant un nom qui fut mon nom. Je peux continuer à mourir jusqu’à ma mort au milieu de tous ces veufs. Lampe, cuvette, règlement, balai. Et la paillasse, mon épouse.
Je n’ai pas envie de me coucher. Cette audience, demain, c’est une solennité pour laquelle il faut une vigile. C’est ce soir que je voudrais pleurer comme un qui reste - pour mes adieux. Mais ma lucidité est comme une nudité. Le vent, dehors, se fait de plus en plus féroce et la pluie s’en mêle. Ainsi, les éléments préludent aux cérémonies de demain. Nous sommes bien le 12, n’est-ce pas ? A quoi vais-je m’arrêter ? Les avertissements, dit-on, sont de Dieu. Ils ne m’intéressent pas. Déjà, j’ai le sentiment de ne plus appartenir à la prison. Est brisée la fraternité épuisante, qui me liait aux hommes de la tombe. Je vivrai peut-être… Par instants, un éclat de rire brutal, né de je ne sais quoi, m’ébranle. Il résonne en moi comme un cri joyeux dans le brouillard, semblant vouloir le dissiper, mais n’y laissant nulle autre trace qu’un regret de soleil et de fête. Et si je suis condamné ? Je revêtirai la bure et ce vêtement couleur de rouille aussitôt m’obligera au geste monastique : mes mains cachées dans mes manches, et suivra l’équivalente attitude de l’esprit : je me sentirai devenir humble et glorieux, puis, tapi sous mes couvertures - c’est dans Don Juan que les personnages du drame revivent sur la scène et s’embrassent - je referai, pour l’enchantement de ma cellule, à Mignon, Divine, Notre-Dame et Gabriel, d’adorables vies nouvelles.
“Tâche de reconnaître le pointillé” J’ai lu d’émouvantes lettres, bourrées de merveilleuses trouvailles, de désespoir, d’espoirs, de chants ; et d’autres plus sévères. J’en choisis une, qui sera cette lettre que Mignon écrivit à Divine, de la prison :
“Ma chérie, Je t’envoie cette petite lettre, afin de te donner de mes nouvelles, qui ne sont pas bonnes. J’ai été arrêté pour vol. Tâche donc de voir un avocat pour qu’il me défende. Arrange-toi pour le payer. Et arrange-toi aussi pour m’envoyer un mandat, car ici tu sais comme on la pète. Tâche aussi d’avoir un permis pour venir me voir et m’apporter du linge. Mets-moi le pyjama de soie bleue et blanche. Et des maillots de corps. Ma chérie, je suis bien fâché de ce qui m’arrive. Je n’ai pas de pot, reconnais-le. Aussi je compte sur toi pour m’assister. Je voudrais bien pouvoir t’avoir dans mes bras pour te caresser et te serrer bien fort. Rappelle-toi le plaisir qu’on avait. Tâche de reconnaître le pointillé. Et embrasse-le. Reçois, ma chérie, mille bons baisers de ton Mignon.”
Ce pointillé dont parle Mignon, c’est la silhouette de sa queue. J’ai vu un mac bandant en écrivant à sa môme, sur son papier sur la table poser sa bite lourde et en tracer les contours. Je veux que ce trait serve à dessiner Mignon.
- Prison de Fresnes, 1942. Jean Genet, Notre-Dame-des-Fleurs
Jean Genet.
His eyes grew softer and softer, until there was no gaze left, until they were merely two holes through which the sky passed.
Jean Genet (via clitoridien)
Jean Genet and Allen Ginsberg NYC

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Michel Foucault and Jean Genet
By stretching language, we’ll distort it sufficiently to wrap ourselves in it and hide, whereas the masters contract it.
Jean Genet, The Blacks (via scowlofminerva-blog)
Giacometti and Genet
Paris, October 14th 1956
Roger Parry - Jean Genet, Paris, 1960.
A man must dream a long time in order to act with grandeur, and dreaming is nursed in darkness.
Jean Genet (via drakontomalloi)

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L'Atelier d'Alberto Giacometti | Jean Genet, photographies d'Ernest Scheidegger, Marc Barbezat - L'Arbalete, 1958-1963
Portrait of Jean Genet by Edward Kinsella