Suggestions pour les thĂ©rapeutes â Eveiller le gĂ©ant endormi
Texte publié sur le lien suivant: http://www.talentdifferent.com/eveiller-le-geant-endormi-par-elaine-jacobsen-1011.html par Elaine Jacobsen
Publié le 13 juin 2011 par Cécile
ExtrĂȘmement intĂ©ressant
Arousing the Sleeping Giant: Giftedness in Adult Psychotherapy (Eveiller le gĂ©ant endormi) rĂ©digĂ© par Mary Elaine Jacobsen est lâun des articles les plus cĂ©lĂšbres sur le sujet des adultes surdouĂ©s.
Câest aussi lâun des plus bienveillants, qui donne de lâespoir.
Le texte paru dans la Roeper Review en 1999 compte 6 pages (⊠15 pages en mode word). A lâexception de deux cas (lâexemple de lâhistoire de deux clients) jâai fait une traduction de cet article, que voici :
« Quand le terme surdouĂ© est employĂ© dans une conversation courante, il est gĂ©nĂ©ralement admis que ceci concerne quelquâun qui a moins de 18 ans. Pourtant, les spĂ©cificitĂ©s et prĂ©occupations des surdouĂ©s ne disparaissent pas Ă lâĂąge adulte ; Ă certains moments clĂ©s de sa vie, ces mĂȘmes spĂ©cificitĂ©s et prĂ©occupations peuvent devenir un point critique pour le bien ĂȘtre dâun individu.
DĂšs lors que les adultes passent par diffĂ©rentes Ă©tapes de dĂ©veloppement personnel, ils cherchent inĂ©vitablement un sens plus clair Ă leur identitĂ©, Ă leur intĂ©gration, Ă ce quâest leur place. De telles tĂąches sont dĂ©jĂ remplies de difficultĂ©s, particuliĂšrement pour les adultes dont la dynamique de rĂ©alisation personnel est entravĂ©e par une conception erronĂ©e de ce quâils sont.
Sâil est bien un dĂ©fi pour un thĂ©rapeute, câest celui  de recevoir en consultation des clients qui ont Ă©tĂ© identifiĂ©s comme surdouĂ©s alors quâils Ă©taient enfants et qui sont persuadĂ©s que leur capacitĂ©s ont « expirĂ© » avec lâĂąge ; des clients qui nâont jamais Ă©tĂ© correctement identifiĂ©s comme surdouĂ©s ou mĂȘme sensibilisĂ©s Ă ce quâest le surdon, et qui souffrent dâanxiĂ©tĂ©, de dĂ©pression, ou de problĂšmes relationnels et qui ignorent que tout ceci est liĂ© au surdon par manque dâinformation ou de soutien.
Cet article offre donc un apercu de lâexpĂ©rience rĂ©vĂ©latrice quâest dĂ©couvrir son surdon pour un adulte, et suggĂšre quelques mĂ©thodes pour explorer et accompagner la rĂ©union avec son soi surdouĂ©.
Les personnes viennent en gĂ©nĂ©ral en consultation pour faire le point, parce quâelles ont le vague sentiment quâil y a quelque chose qui ne va pas, qui est incomplet, inexpliquĂ© ou bien quâils sont en train de nĂ©gliger un facteur vital dans lâĂ©quation de leur bien-ĂȘtre.
Les clients arrivent avec rarement plus quâune liste de symptĂŽmes et de plaintes qui sont, bien sĂ»r, trĂšs exactement une base de tri nĂ©cessaire pour le portrait psychologique qui va ĂȘtre dressĂ©. Pour autant, se limiter Ă une liste de symptĂŽmes est loin dâĂȘtre adĂ©quat pour un adulte surdouĂ©.
Se focaliser simplement sur les symptĂŽmes, câest ne pas complĂštement prendre en compte le client surdouĂ© qui nâa pas Ă©tĂ© correctement identifiĂ© en tant que tel, et qui nâa donc aucune mĂ©thode pour aborder un sujet dâaussi grande signification pour lui, ou pour expliquer lâangoisse existentielle que gĂ©nĂšre le fait dâĂȘtre vaguement conscient dâune disparitĂ© entre potentiel et rĂ©alisations.
Ainsi que Linda Silverman le rappelle (Silverman, 1993, p. 644), pour les surdouĂ©s, « lâaccompagnement est essentiel, parce que partir Ă la dĂ©couverte de ce quâon a de mieux en soi est prĂ©caire et que ceux qui embarquent pour ce voyage chancĂšlent et se perdent en chemin ».
Le thĂ©rapeute est dans la position unique dâoffrir Ă lâadulte surdouĂ© une information prĂ©cise sur  les spĂ©cificitĂ©s des surdouĂ©s et ce que signifie vraiment ĂȘtre surdouĂ© tout au long de la vie.
Dans une atmosphĂšre chargĂ©e de bienveillance, le client peut â souvent pour la premiĂšre fois â se sentir pleinement compris et reconnu. Face Ă quelquâun qui le comprend, une opportunitĂ© comme il y en a si rarement, sâoffre aux adultes surdouĂ©s de discuter ouvertement de leur vie intĂ©rieure et de leurs questionnements existentiels, pouvant enfin parler librement et sans la retenue habituelle.
Quand une solide compĂ©tence psychologique est mĂ©langĂ©e Ă une relation thĂ©rapeutique qui apporte un vrai soutien et une vraie dynamique, ainsi que beaucoup de mes clients lâont clamĂ©, lâeffet est que « ça change tout ». Les clients qui sont capables de reconnaĂźtre et dâaffirmer leurs spĂ©cificitĂ©s et leurs talents, qui peuvent se rĂ©aligner avec une perception plus vraie de ce quâils sont en tant quâindividus surdouĂ©s, sont prĂ©parĂ©s Ă se dĂ©barrasser des contraintes dâune construction dĂ©fensive en faux self mise en place dĂšs lâenfance comme un rempart contre les pressions Ă la conformitĂ©.
A partir de lĂ , les besoins, les intensitĂ©s, les vulnĂ©rabilitĂ©s, les intuitions et les idiosyncraties du surdon peuvent ĂȘtre revisitĂ©s comme autant de forces personnelles,  la source de la confiance en soi, de lâautonomie, de la rĂ©alisation dâun haut potentiel et ĂȘtre enrichies par de nouveaux contacts auprĂšs dâautres surdouĂ©s.
Sur la base dâanecdotes et dâobservations issues dâune pratique clinique et dâune vaste recherche, je dĂ©cris
â    une mĂ©thode dâinvestigation pour le thĂ©rapeute qui soupçonne quâil y a surdon non identifiĂ©
â    les Ă©lĂ©ments caractĂ©ristiques du processus de dĂ©couverte du surdon par lâadulte surdouĂ©
â    affect concomittant et rĂ©ponses comportementales chez le client et le thĂ©rapeute
â    des suggestions pour accompagner le client vers la stabilitĂ© et le dĂ©veloppement aprĂšs sa thĂ©rapie.
Aperçu des caractéristiques
Une revue de la littĂ©rature clinique et dâĂ©ducation rĂ©vĂšle certaines caractĂ©ristiques dâidentification connues pour ĂȘtre des indicateurs de surdon qui relĂšvent plus du domaine des traits de personnalitĂ© et/ou des besoins que dâun rĂ©sultat quantitatif Ă un test de QI.
Ceci est tout particuliĂšrement important pour le thĂ©rapeute qui travaille avec des adultes qui arrivent sans aucun prĂ©alable en consultation, mais aussi avec des clients pour qui la passation dâune batterie de tests dâintelligence est en gĂ©nĂ©ral refusĂ©e, improductive, et parfois, sur un plan Ă©thique, injustifiable.
DĂšs lors que lâidentification  du surdon Ă lâĂąge adulte est en gĂ©nĂ©ral recherchĂ©e pour des raisons de dĂ©veloppement et dâefficacitĂ© personnels (par opposition Ă tout ce qui peut relever de la recherche dâemploi Ă la sortie de lâĂ©cole ou une demande de soutien pour des services particuliers), une approche par investigation est souvent ce quâil ty a de plus pertinent.
Jamais, tout au long de ma pratique mĂ©dicale, un client ne sâest prĂ©sentĂ© Ă moi en Ă©voquant directement le surdon, un haut potentiel ou encore une crĂ©ativitĂ© inhabituelle comme Ă©lĂ©ments importants Ă explorer. En effet, pourquoi un thĂ©rapeute devrait il sâattendre  à une telle demande compte tenu de ce que lâon connaĂźt des surdouĂ©s, dont bon nombre ont appris Ă vivre dans le dĂ©ni et tentent de raboter les traits et spĂ©cificitĂ©s qui les caractĂ©risent afin de gĂ©rer au mieux la pression à « ĂȘtre normal ».
A cause de la nature cachĂ©e du surdon Ă lâĂąge adulte, il est essentiel que le thĂ©rapeute sâattache Ă Ă©tudier son client sur deux plans distincts, tout en le questionnant attentivement pour Ă©tablir un examen clinique destinĂ© Ă dĂ©celer et spĂ©cifier des donnĂ©es diagnostiques.
A cĂŽtĂ© des questions directes, il faudra au thĂ©rapeute se poser sur un registre parallĂšle et plus subtil, ĂȘtre particuliĂšrement attentif aux comportements particuliers, aux attitudes, aux expĂ©riences passĂ©es, aux plaintes qui pourraient suggĂ©rer quâil y a un surdon non identifiĂ©.
Parmi les tĂ©moins du surdon Ă lâĂąge adulte il y a une vaste base de culture gĂ©nĂ©rale trĂšs interconnectĂ©e et se connectant facilement Ă de nouvelles informations(Coleman & Shore, 1991; Larkin, McDermott, Simon & Simon, 1980; Resnick, 1989; Shore & Kanevsky, 1993).
Il est courant dâobserver une habitude rĂ©currente dâauto contrĂŽle et dâauto coaching, de mĂȘme quâune forte introspection avec mĂ©tacognition. (Flavell, 1976; Meichenbaum, 1980; Shore & Kanevsky, 1993; Coleman & Shore, 1991).
Les clients surdouĂ©s ont tendance Ă faire montre dâune pensĂ©e flexible et dâune perceptivitĂ© inhabituelle, dâune capacitĂ© Ă percevoir en mĂȘme temps tous les aspects dâune mĂȘme problĂ©matique et les conflits de vision quâelle peut gĂ©nĂ©rer, et dâune capacitĂ© Ă pouvoir rapidement cerner les problĂšmes et les rĂ©interprĂ©ter au-delĂ des Ă©vidences, combinant leurs forces intellectuelles pour trouver des solutions rĂ©alistes et efficaces (exemple des mĂ©taphores). (Clark, 1992; Davidson, 1986; Dover & Shore, 1991; Getzels & Csikszentmihalyi, 1976; Kay, 1991; Lewis, Kitano, & Lynch, 1992; Lovecky, 1986; McCrae, 1987; Piechowski,1986).
Le thĂ©rapeute astucieux saura percevoir lâinclination de son client pour tout ce qui est complexe, pour des rĂ©ponses originales, pour la nouveautĂ©. Il sera aussi attentif Ă un penchant ou Ă une tolĂ©rance prononcĂ©e pour lâambiguitĂ©. (Bowen, Shore, & Cartwright, 1992; Piechowski,1991; Roeper, 1991).
Une tendance Ă lâexcitation, avec de hauts niveaux dâĂ©nergie (Ă ne pas confondre avec lâhyperactivitĂ©), est typique de ces profils de personnes. Ceci pourra ĂȘtre mis en Ă©vidence par une expressivitĂ© marquĂ©e, par un amour pour la discussion et le dĂ©bat, par une capacitĂ© Ă se concentrer sur de longues pĂ©riodes de temps, des centres dâintĂ©rĂȘts multiples tout autant que des potentiels multiples et par le fait de se plaindre de sâennuyer facilement (Clark, 1992; Freed, 1990; Gallagher, 1985; Lewis, Kitano, & Lynch, 1992; Lovecky, 1986; Meckstroth, 1991; Piechowski, 1979, 1986, 1991; Schiever, 1985; Silverman, 1983a; Whitmore, 1980).
Les clients mentionnent souvent un passĂ© chaotique ou par un dĂ©veloppement intellectual, Ă©motionnel, psychomoteur, langagier, et/ou social assynchrone (par exemple un raisonnement qui dĂ©passe les capacitĂ©s langagiĂšres, une capacitĂ© Ă penser de façon complexe qui dĂ©passe celle de savoir sâextĂ©riorise, maturitĂ© Ă©motionnelle en retard par rapport Ă la maturitĂ© de raisonnement).
Beaucoup donnent Ă©galement des signes chroniques dâune intelligence exceptionelle, de rĂ©ussites acadĂ©miques Ă©levĂ©es ou au contraire de sous rĂ©alisatinos inexplicables au regard dâexceptionnelles capacitĂ©s (Kerr, 1991; Page, 1983; Piechowski, 1991; Roedell, 1980; Silverman, 1991; Terrassier, 1985; Tolan, 1994; Webb & Kleine, 1993; Webb, Meckstroth & Tolan, 1982).
Ils sont enclins Ă sâimposer des standards de qualitĂ© exagĂ©rĂ©ment Ă©levĂ©s pour eux-mĂȘmes et pour les autres, une orientation vers la perfection, une intolĂ©rance pour les tĂąches quelconques, de lâidĂ©alisme et une habitude prĂ©judiciable dâauto-critique.
ParticuliĂšrement chez les femmes, il nâest pas inhabituel de rencontrer une perception de soi distordue par des sentiments dâĂ©chec, dâĂȘtre un imposteur, ou la croyance que ce sont les autres qui sont vraiment surdouĂ©s (Bell, 1990; Bell & Young, 1986; Clance, 1985; Clance & Imes, 1978; Dweck, Davidson, Nelson & Enna, 1978).
En gĂ©nĂ©ral, les surdouĂ©s prĂ©sentent une sensibilitĂ© sensorielle et Ă©motionnelle, une difficultĂ© Ă accepter la critique, une empathie et une compassion extraordinaires, un dĂ©vouement passionnĂ© pour telle ou telle cause, une prĂ©occupation et une inquiĂ©tude profondes, des sentiments accablants Ă se sentir responsable du bien-ĂȘtre des autres et du progrĂšs de lâhumanitĂ©, et ils sont facilement outragĂ©s par les injustices et les actes inhumains (Dabrowski, 1972; Lovecky, 1986, 1990; Piechowski, 1979, 1991; Post, 1988; Roeper, 1991; Silverman, 1993b).
Il nâest donc pas surprenant que les adultes surdouĂ©s soient sujets Ă des pĂ©riodes de dĂ©pression existentielle.
Dâun autre cĂŽtĂ©, lâun des traits les plus remarquables et Ă©bluissants du surdon est cette orientation permanente vers un objectif qui coexiste avec une curiositĂ© incessante. Le challenge semble relever plus du besoin que de la volontĂ©, et les sentiments dâĂȘtre poussĂ© ou mis sous pression pour comprendre et exceller sont les compagnons du succĂšs.
LâentĂ©lĂ©chie (du grec entelekheia qui signifie rĂ©alisation pleine et entiĂšre, une force vital qui pousse quelquâun Ă se rĂ©aliser) est Ă la fois le rĂ©sultat et la substance de la remarquable auto-motivation et persĂ©vĂ©rance des surdouĂ©s (Lovecky, 1986, 1990; Piechowski, 1991; Roeper, 1991; Rocamora, 1992).
Contrairement Ă la croyance populaire et Ă des attentes erronĂ©es de nerdisme (un individu enfermĂ© dans une activitĂ© obsessionnelle), lâadulte surdouĂ© fait preuve en gĂ©nĂ©ral dâune maturitĂ© psychosociale inhabituelle, de popularitĂ©, de charisme, dâun ajustement social et dâune compĂ©tence relationnelle qui font que câest quelquâun en qui on a confiance.
Pour beaucoup dâentre eux, le leadership est un rĂŽle naturel qui est soutenu par une rĂ©assurance personnelle et un excellent sens de lâhumour (Hollingworth, 1931; Mönks & Ferguson, 1983; Olszewski-Kubilius, Kulieke, & Krasney, 1988; Robinson & Noble, 1991; Silverman, 1993b, 1993c; Terman, 1925).
MalgrĂ© leurs compĂ©tences, les surdouĂ©s font malgrĂ© tout lâexpĂ©rience de sentiments rĂ©currents dâisolation et dâincomprĂ©hension.
La plupart savent depuis leur enfance quâils sont fondamentalement diffĂ©rents , bien quâils puissent ne pas forcĂ©ment savoir en quoi ils le sont, et pensent typiquement que leurs diffĂ©rences sont condamnables, Ă corriger.
De la mĂȘme façon, ils peuvent en arriver Ă admettre souffrir chroniquement de lâexpĂ©rience dâune solitude profonde bien quâen mĂȘme temps prĂ©fĂ©rant travailler seul(e).
De surcroĂźt, beaucoup ont Ă©tĂ© accusĂ©s dâĂȘtre trop mĂ©ticuleux, perfectionniste, ou dâĂȘtre un maniaque de lâordre, tout simplement parce que ni le thĂ©rapeute ni son client ne rĂ©alisent quâil est normal pour un surdouĂ© de chercher la sĂ©curitĂ© dans la systĂ©matisation.
Les adultes surdouĂ©s peuvent oublier de respecter leurs propres besoins de sâisoler un moment, de rĂ©flĂ©chir, de prendre le temps de rĂȘver ou de jouer avec des concepts et des idĂ©es.
Ils peuvent se fustiger quand leur forte capacitĂ© Ă ĂȘtre autonome les transforme en fortes tĂȘtes, alors que la plupart ne se sont jamais entendu dire que sâils remettent en cause les traditions, câest tout simplement Ă cause de valeurs personnelles profondes et dâun respect pour la vĂ©ritĂ© et lâauthenticitĂ© (Clark, 1992; Dabrowski, 1972; Gallagher, 1985; Krueger, 1988; Lewis, Kitano, & Lynch, 1992; Piechowski, 1979, 1986; Silverman, 1983).
Par dessus tout, lâadulte surdouĂ© est Presque complĂštement inconscient que les soit-disants excĂšs de leur nature sont en fait les traits caractĂ©ristiques de ce qui sous-tend lâexcellence. Avec une aide appropriĂ©e, quand les adultes surdouĂ©s dĂ©couvrent leur vĂ©ritable identitĂ©, ils peuvent alors revisiter leur histoire personnelle en terme dâatouts plutĂŽt quâen termes de faiblesses.
Ils peuvent arriver Ă comprendre que les larmes et la rage de lâenfant surdouĂ© face Ă lâinjustice ou sa façon de pointer les vĂ©ritĂ©s politiquement incorrectes Ă©taient des signes prĂ©coces dâun leadership moral. Beaucoup finissent par rĂ©aliser que harceler professeurs et parents avec des questions et ĂȘtre capable de se lancer dans nâimporte quelle bĂȘtise occulte souvent des talents entrepreneuriaux ou dâinnovation.
Ils peuvent aussi dĂ©couvrir que ce qui Ă©tait extrĂȘme susceptibilitĂ© chez lâenfant surdouĂ© Ă©tait un prĂ©sage de profonde empathie, le type dâempathie que lâon retrouve typiquement chez les rĂ©formateurs sociaux et chez ceux qui dĂ©fendent les pauvres et les nĂ©cessiteux. Alors, une histoire personnelle remise dâaplomb est fondamentale pour enfin sâapprĂ©cier, un prĂ©-requis pour embarquer en toute confiance pour de nouvelles aventures dans un monde qui est encore engluĂ© dans des considĂ©rations stĂ©rĂ©otypĂ©es au sujet des surdouĂ©s.
Sur la trace du moi surdouĂ© : un processus stratĂ©gique dâinvestigation
Une fois muni des informations de base sur les traits caractĂ©ristiques des surdouĂ©s, le processus dâĂ©valuation qui marque le dĂ©part de la psychothĂ©rapie va inclure, au moins en pĂ©riphĂ©rie, le passage en revue dâun surdon non reconnu ou rabaissĂ©.
Avec de lâentraĂźnement et de lâexpĂ©rience, le thĂ©rapeute ou lâĂ©valuateur peut dĂ©velopper intuitivement sa capacitĂ© Ă dĂ©tecter un surdon non identifiĂ©. Ceci est essentiel dans la mesure oĂč les adultes abordent rarement le sujet directement.
Ecouter et ĂȘtre attentif aux indices, aux indicateurs verbaux et comportementaux des caractĂ©ristiques prĂ©sentĂ©es plus haut est un bon moyen dâinvestigation.
Pourtant, il me semble important que le client soit questionnĂ© plus directement, afin de provoquer plus de rĂ©ponses, ce qui permet de dĂ©cider si des points non rĂ©solus sur le surdon doivent faire lâobjet dâun focus particulier au cours de lâaccompagnement. De plus, ceci ne manquera pas de piquer la curiositĂ© du client si le thĂ©rapeute est sur la bonne piste.
Selon mon estimation, il y a trois raisons critiques pour procĂ©der avec prĂ©caution et par dĂ©duction quant Ă toute dĂ©claration directe relative Ă un surdon possible. De telles prĂ©occupations chez un client doivent ĂȘtre traitĂ©es avec respect et prises au sĂ©rieux.
Parce que le terme de surdouĂ© est Ă©motionnellement chargĂ© de connotations potentiellement incompatibles et dâimages stĂ©rĂ©otypĂ©es qui peuvent susciter une rĂ©sistance intense, trop tĂŽt trop vite peut sĂ©rieusement affecter tout progrĂšs ultĂ©rieur (Lovecky, 1990; Piechowski, 1986; Rocamora, 1990).
MĂȘme si les rĂ©ponses du client, son histoire, ses comportements et les traits caractĂ©ristiques de sa personnalitĂ© correspondent aux critĂšres du surdon, il lui appartient au final de dĂ©cider si le surdon doit ĂȘtre au centre de sa thĂ©rapie.
Une exploration en profondeur de la psyche et de la vie de la personne surdouée est central pour le traitement thérapeutique quand la notion de surdon résonne à un certain point avec la façon dont le client se comprend ; alors, la relation thérapeutique est renforcée par le pouvoir de référence sociale du thérapeute. (Kerr & Claiborn, 1991; Kerr, Olson, Claiborn, Bauers-Gruenler, & Paolo,1983; Strong & Claiborn, 1982; Strong & Matross, 1973).
Les suggestions suivantes relatives Ă lâinvestigation auprĂšs dâun client chez qui on soupçonne le surdon, peut-ĂȘtre articulĂ© de diffĂ©rentes façons, toujours avec lâintention dâouvrir un canal qui permette une rĂ©flexion personnelle orientĂ©e vers la construction. (Petty & Cacioppo, 1986).
De plus, étalées avec respect dans le temps, elles peuvent fournir un chemin balisé au moi surdoué enfoui, et elles peuvent également fournir une fondation pour un dialogue ultérieur et un accompagnement thérapeutique qui conviennent aux besoins du client.
Demandez au client comment il explique Ă la fois ces problĂšmes rĂ©currents et anciens de bien ĂȘtre et les obstacles Ă la gratification. Quand il en sera Ă essayer dâavancer des raisons, ne soyez pas impatient Ă lui rĂ©vĂ©ler des traumatismes  dâenfant qui nâont peut ĂȘtre jamais eu lieu.
Passez en revue rapidement les assises intellectuelles, Ă©ducationnelles et crĂ©atives de votre client, Ă la recherche dâindicateurs dâun dĂ©veloppement prĂ©coce, dâune progression assynchrone (conceptualisation mentale prĂ©cĂ©dant les moyens de formaliser un produit fini), prĂ©cĂ©dents de remarques dâadultes sur des questionnements prĂ©maturĂ©s, curiositĂ© tenace, talents artistiques, musicaux ou spatiaux, sens de la moralitĂ© sâĂ©tant manifestĂ© trĂšs tĂŽt, capacitĂ© rapide Ă sâopposer aux figures en charge de lâautoritĂ©, intolĂ©rance Ă lâinjustice.
Ne supposez pas systĂ©matiquement que le client a raison quand vos premiĂšres suggestions de surdon non identifiĂ© sont vigoureusement niĂ©es. Ne pensez pas, comme lâopinion collective le dit pourtant, que le surdon est rare, ou bien que, parce que votre client vient dâune famille quelconque et/ou avec peu de formation et de culture, il ne peut y avoir de possibilitĂ© de surdon.
Efforcez vous de ne pas penser que la façon dont votre client peut se mettre en position de dĂ©fense, son autonomie affichĂ©e, son exigence et mĂȘme les soupçons quâil peut montrer Ă votre Ă©gard sont une insulte Ă votre intĂ©gritĂ© ou Ă votre autoritĂ© professionnelles. Voyez plutĂŽt sous ce vernis de lâapprĂ©hension, de lâirritabilitĂ©, de la mĂ©fiance et de la rĂ©sistance Ă une peur sous-jacente.
Rappelez vous que la vulnĂ©rabilitĂ© qui accompagne le surdon lâemporte souvent sur les avantages que celui peut apporter. ConsidĂ©rez ces dĂ©fenses Ă©tablies comme des produits lĂ©gitimes et intelligents, vestiges dâune vie qui sâest bĂątie dans un environnement social indiffĂ©rent voire hostile. Veillez Ă rĂ©vĂ©ler judicieusement (en respectant leur anonymat) certaines expĂ©riences personnelles ou des histoires vĂ©cues par dâautres personnes surdouĂ©es afin dâaider votre client Ă normaliser ce que lui-mĂȘme vit ou a vĂ©cu.
Instillez dans cette Ă©valuation une recherche relative Ă un ressenti dâincomplĂ©tude ou un dĂ©sir inassouvi tel que âImaginons que tout dâun coup, vous seriez complĂštement libre de faire ce que vous voulez, que vous avez tout ce quâil faut en matiĂšre de compĂ©tences et dâexpĂ©rience pour faire ce que vous voulez vraiment dans la vie. A quoi ça ressemblerait ? Quâest ce que ça signifierait pour vous ? â
Abordez le sujet de se sentir fondamentalement diffĂ©rent, seul et incompris par des questions qui permettent dâobtenir lâinformation, mais de telle façon quâil y ait empathie afin que votre client puisse percevoir quâil a votre soutien si nĂ©cessaire.
Par exemple  âY a t-il jamais eu un moment dans votre vie oĂč vous vous ĂȘtes senti(e) pleinement compris(e) ? » Ou encore «  Depuis combien de temps nâavez-vous pas eu le sentiment dâĂȘtre vraiment vous-mĂȘme, sans vous cacher, sans vous ralentir, sans vous retenir ? »
Sans ĂȘtre essentiel, le fait dâĂȘtre vous mĂȘme surdouĂ©  est inestimable pour le success de la thĂ©rapie.
Cette population spĂ©ciale que sont les adultes surdouĂ©s demande des thĂ©rapeutes qui soient prĂ©parĂ©s Ă leurs attentes : suivez les expressions dâintense intĂ©rĂȘt du client avec enthousiasme et intĂ©rĂȘt, mĂȘme si le sujet abordĂ© est abstrait complexe et/ou prĂ©sentĂ© dâune façon quelque peu itĂ©rative ou tangentielle ; intervenez Ă lâoccasion (avec respect) en faisant montre dâhumour et de curiositĂ© pour complĂ©ter les interrogations de votre client, Ă©vitez lâĂ©coute inactive (excessive) et les rĂ©ponses de routine ; soyez un collaborateur comprĂ©hensif qui sait ĂȘtre subtil dans lâaccompagnement sur les chemins du dĂ©veloppement psychologique, la rĂ©alisation de soi et la comprĂ©hension du surdon ; ne vous placez pas en compĂ©titeur ou quelquâun qui a toutes les rĂ©ponses ; montrez vous sincĂšre avec une authentique prĂ©fĂ©rence pour les particularitĂ©s relatives aux personnes surdouĂ©es ; discutez, explorez, discutez plus avant encore, sous plusieurs angles dâapproche et Ă diffĂ©rents niveaux de comprĂ©hension ; formalisez des idĂ©es abstraites et proposez Ă votre client du travail Ă la maison (que ce soit directement ou de façon plus subtile), de façon Ă continuer le processus entre deux sĂ©ances (Kerr & Claiborn, 1991; Lovecky, 1986).
Assurez vous que votre client sait que vous le (ou la) valorisez comme une personne unique, quel que soit sa capacitĂ© Ă crĂ©er/produire quelque chose qui lâinsĂšre dans la sociĂ©tĂ©.
Travaillez avec votre client de façon collaborative, nĂ©gociez la direction que vous allez prendre, le rythme, lâapproche utilisĂ©e pour la thĂ©rapie, et posez des limites claires si nĂ©cessaire. Il faut que votre client sache que vous comprenez ses besoins et que vous avez des idĂ©es concrĂštes sur la façon dont vous pouvez lâaccompagner, mais veillez Ă laisser Ă votre client le temps nĂ©cessaire pour quâil puisse raconter son histoire en ayant le sentiment dâĂȘtre compris.
Approuvez la rĂ©flexion, la mĂ©ditation et lâinvestigation transpersonnelle mĂȘme si aux yeux des autres ça peut ressembler Ă une recherchĂ© trop radicale pour se comprendre soi-mĂȘme ; encouragez les moments de plaisir improductif rĂ©guliers, lâentraĂźnement Ă la relaxation pour contrebalancer les effets dâun travail douloureux ; rĂ©compensez le succĂšs, les moments de retraite, le dĂ©veloppement des relations avec des pairs ou des Ăąmes sĆurs. NâhĂ©sitez pas Ă aborder ouvertement et directement les prĂ©occupations dâordre spirituel, quitte Ă vous faire aider dâautres professionnels si nĂ©cessaire.
Ne nĂ©gligez pas lâirruption dâune conscience transpersonnelle naissante, de rĂȘves qui laissent un souvenir marquant, et le rĂŽle important de la symbolique. Encouragez les efforts Ă sâengager dans de nouveaux dĂ©veloppements intellectuels, Ă©ducationnels, musicaux, sociaux, de loisirs ou encore spirituels tout autant que les opportunitĂ©s Ă sâoccuper des autres.
Le bon Ă©quilibre (qui reste Ă dĂ©terminer individuellement) renforcera de façon marquĂ©e la confiance en soi de lâadulte surdouĂ©, se focalisera intelligemment en accordant la prioritĂ© Ă de multiples passions, restaurera une Ă©nergie disparue, renforcera la crĂ©ativitĂ©, et augmentera profondĂ©ment lâintĂ©gration et la rĂ©alisation de soi.
Aidez le client Ă trouver un Ă©quilibre qui lui permettra de gĂ©rer temps et Ă©nergie de façon Ă pouvoir sâimpliquer intensĂ©ment dans autant dâactivitĂ©s quâil lui sera nĂ©cessaire pour se sentir en forme et satisfait (vous constaterez dâailleurs que ce nombre dâactivitĂ©s est gĂ©nĂ©ralement largement supĂ©rieur Ă celui dâune personne dans la norme). Soyez pleinement conscient du fait que la sous-stimulation peut ĂȘtre, sur le plan Ă©motionnel, aussi prĂ©judiciable que la surstimulation.
Nâoubliez pas de questionner votre client sur ses efforts quand il ou elle semble ĂȘtre un peu trop dispersĂ©(e) en lui rappelant que câest une chose dâavoir des idĂ©es (mĂȘme les celles qui font le plus envie) et câen est une autre de les mettre en pratique.
Attendez vous Ă une variĂ©tĂ© de rĂ©actions de la part de votre client surdouĂ© : dĂ©ni, ennui, colĂšre, ressentiment, apprĂ©hension, doute, sĂ©vĂšre auto-apprĂ©ciation, joie, soulagement, le tout mĂ©langĂ© Ă des pics dâĂ©nergie subitement revenue et de grande dĂ©termination.
Attendez vous aussi Ă des rĂ©actions particuliĂšres de votre part, tells quâirritation, fatigue, frustration, envie, rĂ©jouissance, fascination, affinitĂ©, protection et Ă devoir travailler Ă les dĂ©passer chaque fois quâelles apparaĂźtront.
FaĂźtes appel, chaque fois que nĂ©cessaire, Ă des coaches professionnels ou des consultants en ressources humaines, Ă une formation en leadership, Ă des groupes de parole, Ă un mentor, Ă des opportunitĂ©s dâapprentissage supplĂ©mentaire, Ă des journaux ou tout autres ressources disponibles sur le sujet de lâaccompagnement des surdouĂ©s, de la littĂ©rature en psychologie aussi bien que religieuse ou encore en Ă©sotĂ©risme, et enfin toute documentation solide destinĂ©e Ă ceux qui font des recherches sur le raisonnement et la rĂ©alisation de soi.
Evaluer et conseiller des adultes surdouĂ©s est aussi stimulant et gratifiant que câest ardu et demandant un vrai dĂ©passement de soi. Dans le contexte du surdon le caractĂšre unique de la personnalitĂ© tout autant que les diffĂ©rentes facettes dâun haut potentiel sont, peut-ĂȘtre, encore plus intensĂ©ment Ă©vidents.
Les thĂ©rapeutes qui veulent accompagner des clients surdouĂ©s doivent ĂȘtre au prĂ©alable prĂ©parĂ©s Ă lire entre les lignes de la communication dans le domaine de lâapprĂ©ciation psychologique.
Un processus dâinvestigation directe et indirecte peut faciliter lâapprĂ©hension de son surdon par lâadulte, et ce que ceci signifie quand cette dĂ©couverte libĂšre des sentiments de culpabilitĂ©, de remords, de regret, de colĂšre, et mĂȘme de peurs quant aux attentes que le fait dâĂȘtre surdouĂ©(e) peut gĂ©nĂ©rer.
Pour permettre au client dâarriver Ă se reconnecter avec son moi surdouĂ©, le thĂ©rapeute doit acquĂ©rir des compĂ©tences spĂ©cifiques et une posture dâapproche particuliĂšre qui imprĂšgne la relation, qui affirme un regard bienveillant, de la sagacitĂ©, et un soutien Ă la crĂ©ativitĂ© et Ă lâindividualitĂ© de son client ou de sa cliente.
Avec un surdouĂ©, câest tout un art de savoir semer les graines de la suggestion, pour les laisser sâĂ©panouir, ce qui permet en mĂȘme temps de respecter les capacitĂ© de discernement et dâauto-analyse de son client.
Le thĂ©rapeute compĂ©tent sera sensibilisĂ© aux ressources Ă offrir aux surdouĂ©s et sera prĂȘt Ă Ă©mettre des suggestions qui permettront une meilleure comprĂ©hension et une meilleure efficacitĂ© personnelle, dirigeront le client vers des opportunitĂ©s de rencontres avec des pairs ou des opportunitĂ©s de rĂ©alisation de son potentiel.
De la mĂȘme façon, le thĂ©rapeute doit pouvoir mettre Ă disposition de son client une profusion dâinterventions cliniques sensĂ©es, efficaces et crĂ©atives. Il lui faudra aussi se tenir prĂȘt Ă challenger les perspectives erronĂ©es et dĂ©faitistes de son client sur la base de faits Ă©tablis, et grĂące Ă lâapport de connaissances (nouvelles pour le client) sur ce quâest et nâest pas le surdon et de mĂ©thodes Ă©prouvĂ©es pour gĂ©rer sa vie en tant que surdouĂ©(e).
Dans tous les cas, la thĂ©rapie doit ĂȘtre menĂ©e de telle façon quâelle ne soit pas le reflet des attentes exprimĂ©es ou implicites de la sociĂ©tĂ© pour modifier la personnalitĂ© surdouĂ©e et de sanctionner ce qui est haut potentiel.
Les adultes surdouĂ©s ont besoin dâun champion pour dĂ©fendre leurs diffĂ©rences, pas de quelquâun qui involontairement se fait lâinterprĂšte dâexhortations inadaptĂ©es à « ralentir et arrĂȘter dâĂȘtre aussi susceptible, passionnĂ©, exagĂ©rĂ©ment responsable, et intense », afin de satisfaire Ă la norme sociale.
A la longue, de façon progressive, et par approche concentrique, le thĂ©rapeute fait Ă©voluer la perception que son client a de lui-mĂȘme comme « personne qui pose problĂšme » Ă celle de « personne surdouĂ©e avec quelques problĂšmes », avant de pouvoir atteindre lâĂ©tape ultime qui est « une personne surdouĂ©e prĂ©parĂ©e Ă anticiper les problĂšmes qui pourraient venir entraver son bien ĂȘtre ».
Les rĂ©sultats dâune thĂ©rapie adaptĂ©e pour un surdouĂ©s relĂšvent parfois du subtil, parfois du brutal, mais dans presque tous les cas parlent dâĂ©mancipation.
Cette expĂ©rience rĂ©demptrice de se dĂ©couvrir surdouĂ© peut ĂȘtre rĂ©sumĂ©e par le tĂ©moignage dâun ancien client : toutes ces annĂ©es pendant lesquelles jâai pensĂ© quâil Ă©tait honteux dâĂȘtre aussi sensible, aussi mĂ©ticuleux, aussi Ă©motif⊠Vous ne pouvez pas savoir le nombre de fois oĂč jâai priĂ© le ciel pour ĂȘtre « normal ». Ca change tout. Je ne suis pas bizarre en fin de compte. Peut-ĂȘtre que maintenant je peux me rĂ©concilier avec moi-mĂȘme malgrĂ© le temps perdu ; je peux peut-ĂȘtre mâencourager Ă atteindre mes objectifs et Ă changer. Je ne sais pas sâil fait que je rie ou que je pleure. Tout ce que je sais, câest que je suis de retour. Ma vitalitĂ© mâest revenue et lâespoir avec. Je peux ĂȘtre moi-mĂȘme, Ă ma façon, avec mes diffĂ©rences et tout le reste. Quel soulagement dâhabiter ma vie !
Quand enfin un adulte surdouĂ© rentre en possession dâune identitĂ© authentique et dĂ©barrassĂ©e de ses chaĂźnes, un changement radical intervient, une sorte de « coming out », une rĂ©vĂ©lation de lâindividu en pleine possession de ses moyens qui peut respirer librement, crĂ©er avec vigueur, et dont les talents peuvent murir sans honte et sans dĂ©fiance Ă©puisante.
Alors, et seulement alors, lâadulte surdouĂ© peut rĂ©veiller le gĂ©ant endormi du haut potentiel et, en Ă©vitant adroitement les obstacles le conduire vers le bonheur et la rĂ©alisation de soi. A son tour, les legs rĂ©volutionnaires de lâadulte surdouĂ© Ă lâhumanitĂ© contribuent Ă nous enrichir tous.