Aujourdâhui, rentrons un peu dans le vif du sujet, avec quelques informations sur la vie quotidienne Ă Lothalor, en gĂ©nĂ©ral, et surtout du cĂŽtĂ© de la population gĂ©nĂ©rale. Seulement quelques Ă©lĂ©ments importants, comme pour le reste du monde, au fil du temps, nous viendrons sĂ»rement Ă ajouter autant de traditions que de dĂ©tails pour rythmer la vie des habitants. Mais ces principaux Ă©lĂ©ments sont censĂ©s donner une bonne idĂ©e de leur mode de vie, et de pensĂ©e, forcĂ©ment influencĂ© par leur vie quotidienne et leur sociabilisation.
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Pour mieux comprendre un Lothalorien, leur façon de vivre, et de voir le monde, il est important de comprendre leur vie au jour leur jour, leur Ă©ducation. Un sens de lâidĂ©ologie qui rĂ©git ce peuple depuis sa naissance, englobe ceux qui le rejoignent, bien diffĂ©rente de celles dâautres contrĂ©es alentours, ou ailleurs dans le monde.
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Pour se nourrir, pour se meubler, pour sâhabiller, il nây a pas trente-six solutions. Si les Lothaloriens sont habituĂ©s Ă lâentraide, sans contrepartie, les objets sont ce quâils sont, et il faut bien les trouver. Pas dâargent dans ce royaume, seulement, sous la main noble, une redistribution de tout ce qui est créé dans le pays.Â
Ainsi, les diffĂ©rentes provinces et villes redistribuent Ă lâĂ©chelle locale les denrĂ©es pĂ©rissables. On peut venir chercher tout le nĂ©cessaire, autant que voulu, dans des lieux de vie frĂ©quentĂ©s, dans les chĂąteaux ou des entrepĂŽts, ou demander Ă ce quâil soit apportĂ© directement devant sa porte, lors de tournĂ©es de livraisons.Â
Les autres productions suivent le mĂȘme systĂšme, mais Ă lâĂ©chelle nationale, transitant par la capitale, Grehatiel, Tergham, la ville-grenier, ou les entrepĂŽts de Clerveil. Ainsi, on fait circuler les spĂ©cialitĂ©s dâautres provinces, autant quâon organise lâexport Ă lâinternational.
Il est possible, en temps de guerre ou de disette, que certains Ă©lĂ©ments soient rationnĂ©s. La chose nâest pas arrivĂ©e depuis bien des siĂšcles maintenant, mais si la situation venait Ă se prĂ©senter de nouveau, les aliments, ou objets seraient dĂ©posĂ©s Ă chaque habitant de façon Ă©quitable, selon leurs besoins, quel que soit leur apport Ă la communautĂ©, qui nâest, de toute façon, pas mesurĂ©.
Quant aux logements, il suffit dâen faire la demande. Dans les villes, il y a souvent assez de logements vacants pour que ceux-ci soient accordĂ©s de façon immĂ©diate, en fonction des demandes de chacun. Dans certains villages, ou si la chose nâest pas immĂ©diatement possible, la communautĂ© mettra en Ćuvre ce qui est possible pour rĂ©pondre Ă la demande, crĂ©er de nouveaux lieux de vie pour que chacun ait le toit dĂ©sirĂ©. Â
crĂ©er, mettre la main Ă la pĂąte.Â
Quâon se dĂ©cide Ă travailler la terre, fabriquer des meubles, Ă ĂȘtre dâune tournĂ©e de livraisons, Ă peindre ou soigner, autant quâĂ devenir verrier, le systĂšme est similaire. Il suffit de signaler son envie de participer Ă la vie de la communautĂ©, Ă la vie du royaume, et dâajouter son nom Ă la liste pour faire ce qui peut intĂ©resser.Â
Si aucune obligation dâinscription nâexiste, il est trĂšs mal vu dâajouter son nom pour ne jamais venir, sans la moindre excuse. La parole, le devoir sont autant de choses chĂšres aux Lothaloriens, autant de choses quâils cherchent Ă tenir. Et si certains vivront leur vie de leur cĂŽtĂ©, grande majoritĂ© viendront mettre la main Ă la pate, que ce soit pour aider, pour sâoccuper les mains ou pour faire ce quâils aiment. Une certaine idĂ©e du collectif qui leur colle Ă la peau.
Certains choisiront de rester toute leur vie dans le mĂȘme domaine, y formeront dâautres, de nouveaux arrivants, devenant autant de spĂ©cialistes. Dâautres papillonneront, allant aider lĂ ou le vent les porteront, emmagasinant bien des connaissances. Peu importe quâils suivent les annonces dĂ©crivant certains besoins, encore une fois gĂ©rĂ©s par les mains nobles, ou simplement leurs envies. Des motivations diverses, quâon soit animĂ© par lâenvie de dĂ©couvrir ou lâenvie dâĂȘtre utile aux autres. Et personne nâest jugĂ© sâil ne peut pas, et aucun travail nâest vu comme ayant moins de valeur, quâon parle dâart ou de manufacture.
Le volume de travail, comme le domaine, comme le rythme, est lui aussi, choisi par ceux qui se portent volontaire pour donner du leur. Par les travailleurs. Ils produisent ce quâils veulent, ce quâils peuvent, et sâil est possible de leur faire des requĂȘtes spĂ©cifiques, dâinventer, ou de crĂ©er, en collaborant avec ceux-lĂ , ce sont bel et bien eux qui choisiront dans quels temps ils rĂ©aliseront ces idĂ©es, sâils choisissent mĂȘme dây travailler.
A Lothalor, on prend simplement soin de son prochain, autant que de son prĂ©sent. Il est dâusage dâaider, sans rien attendre en retour. Quelque chose dâancrĂ© dans les mĆurs, tant la communautĂ©, collectivement, rend en mille ce quâon peut donner individuellement.Â
LâĂ©ducation est considĂ©rĂ©e comme des plus importantes, et son accĂšs ne sâarrĂȘte pas une fois arrivĂ© Ă lâĂąge adulte. Les lieux de culture sont ouverts Ă tous, comme les lieux dâĂ©ducation.Â
Entre quatre et seize ans, les enfants doivent se rendre dans des Ă©coles, les plus proches de chez eux. Des structures simples, ou lâon créé des groupes par niveau, non pas par Ăąge. On y apprend dâabord la lecture, lâĂ©criture, la langue Apadrie, le calcul, le systĂšme civil et civique, comme un socle commun. Et pas question quâun adulte se retrouve face Ă vingt ou trente petits Ă©lĂšves, ces groupes seront composĂ©s de trois Ă cinq Ă©lĂšves au maximum. Si certains y dĂ©dient leur vie, ou une partie de leur vie, on encourage les parents Ă venir participer Ă lâĂ©ducation de leurs enfants, au moins de temps en temps, pour transmettre leurs savoirs, autant aux leurs quâĂ ceux des autres.
Une fois ce socle commun acquis, le savoir devient plus larges, et lâenseignement plus horizontal. On sâappuie sur des livres, sur des Ćuvres, autant que sur les travaux manuels ou sur lâartisanat, en laissant enfants et adolescents se pencher vers ce qui les intĂ©ressent le plus, chaque jour, les encourageant Ă diversifier leur socle de connaissance. Les adultes ne composent plus de groupes, ils les composent eux-mĂȘmes, sous certains regards bienveillants, pour rĂ©pondre Ă leurs questions, mais Ă partir de ce moment, câest Ă eux de mener la danse.
Les bibliothĂšques et les galeries sont des lieux de partage, ouverts Ă tous. Que ceux-ci soient des bĂątiments Ă part entiĂšre dans des villes, ou des piĂšces dans les chĂąteaux, ils se doivent dâĂȘtre ouverts au peuple Ă toute heure du jour ou de la nuit. La mĂȘme chose sâapplique aux théùtres, ou lâon demandera juste Ă chacun de sâinscrire par avance pour assister Ă une reprĂ©sentation.
Si la cellule familiale nuclĂ©aire, ou chacun Ă©lĂšve ses enfants avant quâils ne prennent leur envol dâeux-mĂȘmes est assez commune, Ă Lothalor comme dans le reste du monde, elle peut quand mĂȘme varier. Le format hĂ©tĂ©rosexuel nâest pas plus normalisĂ© quâun autre, et si les mariages nobles, pour se conformer Ă certaines doctrines gĂ©nĂ©rales dans le monde se font entre deux personnes et sont supposĂ©ment exclusifs ( mais ont tendance Ă ĂȘtre plus traitĂ©s comme des accords commerciaux que comme des mariages Ă proprement dit ), il nâest pas rare de voir des relations entre plus de deux adultes cĂŽtĂ© peuple, leurs unions Ă©tant dĂ©finies par eux, par leurs besoins, plus que par des rĂšgles préétablies.
Les anciens auront tendance Ă pouvoir garder leur indĂ©pendance assez longtemps, grĂące Ă lâaide de la communautĂ©. Des bĂątiments leurs permettant de se retrouver, et de vivre ensemble sont Ă©galement dĂ©diĂ©s Ă ceux qui le dĂ©sirent, mĂȘme sâils ressemblent Ă tout sauf Ă des mouroirs, parfaitement ouverts sur le monde. Il est trĂšs mal vu de laisser ses aĂŻeux sans nouvelles, ou dans la moindre solitude, les liens communautaires dĂ©coulant des liens familiaux, et dâun certain respect des racines de chacun. Mais il ne sont jamais vraiment seuls, tant tous les plus vieux sont considĂ©rĂ©s comme la responsabilitĂ© de tous, et pas seulement celle de leurs enfants.
Lothalor est un pays ou lâart, autant que la science, ont leur libertĂ©s. La chose a pu mener Ă des avancĂ©es autant quâĂ des dĂ©bats importants, au fil de lâhistoire du royaume. Ce nâest pas le cas partout, comme dâautres royaumes nâacceptent pas forcĂ©ment la contradiction politique. Et ce royaume-lĂ a bien une tradition, qui semble rester toujours - celle dâaccueillir ceux quâon a pas voulu, ceux quâon a chassĂ©, ou persĂ©cutĂ©.Â
De lieu perdu sous les eaux Ă vĂ©ritable Nation, les lĂ©gendes le disent clairement : ce qui a fait la diffĂ©rence fut les bras ouverts de BrisĂ©is aux Apadries, peuple marin chassĂ© de partout. Et la tradition subsiste, et aura fait grandir le peuple au fil des siĂšcles. Les Lothaloriens ont beau avoir leur idĂ©ologie, ont beau pouvoir, parfois, se montrer obtus face Ă la logique capitaliste ou Ă ce quâils ne connaissent pas, ils sont ouverts aux autres peuples, aux autres gens, aux nouveaux arrivants, traitĂ©s comme les plus anciennes familles du cru, et gagnant, dĂšs leur demande citoyenne faite, les mĂȘmes droits.
Il arrive bien souvent que ceux dont on ne veut plus ailleurs, ceux quâon peut rechercher, ceux qui ne plaisent plus dĂ©cident de laisser derriĂšre eux leurs anciennes vies pour en commencer de nouvelles ici. Laisser derriĂšre eux leurs biens, pour se faire Ă et se fondre dans cet amas de communautĂ©s. Ce nâest pas Ă Lothalor quâon leur reprochera dâavoir parlĂ© contre quelque noblesse que ce soit, tant chaque plainte est Ă©coutĂ©e. Un tremplin, une nouvelle chance pour autant de possibles, si tant est que lâon soit prĂšs Ă laisser derriĂšre soi ses anciennes propriĂ©tĂ©s.