Il poeta Ghérasim Luca legge “Passionnément”
Game of Thrones Daily
Noah Kahan
RMH

#extradirty
One Nice Bug Per Day

Discoholic 🪩
KIROKAZE
taylor price
I'd rather be in outer space 🛸

❣ Chile in a Photography ❣
cherry valley forever
Cosmic Funnies
NASA
Not today Justin

blake kathryn
Keni
todays bird
art blog(derogatory)
Show & Tell
seen from United States

seen from Spain

seen from Canada

seen from TĂĽrkiye
seen from United States
seen from United States

seen from Philippines

seen from Guatemala
seen from Brazil
seen from Spain
seen from Germany

seen from United States
seen from United States
seen from United States
seen from United States
seen from United States

seen from United States
seen from United States
seen from United States
seen from United States
@leslignesdedesir
Il poeta Ghérasim Luca legge “Passionnément”

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch • No registration required • HD streaming
a line is a dot that went for a walk.
paul klee (via visual-poetry)
Farah Willem, “Le Souffle Blanc”
https://www.flickr.com/photos/strombe/
La rue n’est jamais pareille. Elle est une rue rapide ou une rue lente, paresseuse à certains jours. Pour se manifester à nous dans nos demeures, elle se réfugie dans le bruit de sa circulation ou dans le ciel perforant de son ciel et de ses pierres. – Nous n’y prêtions aucune attention lorsque nous en faisions partie. Comme l’oubli – ou ses infinis échos – sur toutes choses, elle règne, absente, sur notre solitude.
Edmond Jabès, Le Livre des questions, Gallimard, 1963 (via abridurif)
Emilie Möri, from “Lines”
http://www.emiliemori.com/

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch • No registration required • HD streaming
Michal Kern, 1980′s
Sylvie Bonnot, Pointe Sèche VI, 2014
http://www.sylviebonnot.com/default.asp?lg=
Nuage de points
Déjà , quand nous marchons dans les rues de la ville, nous déambulons dans les artères des morts, puisque les noms attribués aux rues sont les noms de morts ayant fait de leur vie une œuvre, quelque chose de mémorable. Aussi, quand nous franchissons le seuil d’un cimetière, nous percevons que nous entrons dans un espace autre, un contre-espace, un espace où sont sédimentés des temps, des découpages de temps, ce que Michel Foucault nomme des «hétérotopies». Le cimetière est l’autre lieu par excellence, séparé de l’espace des vivants, situé hors l’espace de la ville proprement dite, qu’entre-temps la ville est venue insérer. Une enclave, un enclos, une succession de seuils. La promenade est d’abord une pratique, une activité solitaire, que l’on ne se regarde pas faire, un espace à soi, un moment que l’on s’accorde, un pas de côté qui implique une autre temporalité, d’autres pensées, un trajet qui nous éloigne de la frénésie quotidienne, qui exige de nous une attention flottante, un rythme comme ralenti. Nombre d’écrivains et de penseurs s’adonnent à la promenade qui entre dès lors dans leur processus d’écriture. «Seules les pensées que l’on a en marchant valent quelque chose» répond Nietzsche à la déclaration de Flaubert : «On ne peut penser et écrire qu’assis». Il est vrai que les pensées qui nous viennent en marchant sont parfois plus vives que celles que l’on voudrait coucher par écrit à sa table de travail. L’état d’esprit que suppose la marche fait naître des images, des pensées : elles nous traversent, nous les accueillons et les affinons au fur et à mesure de notre déambulation ; celles-ci se mêlent à nos observations du paysage alentour, aux éclats de conversation, aux bruits qui nous enveloppent. Au flâneur, «la ville s’ouvre comme paysage et l’enferme comme chambre», relève Walter Benjamin dans son Livre des passages : «Les Parisiens transforment la rue en intérieur.» Si Paris, aujourd’hui, ne ressemble plus au Paris - «capitale du XIXe siècle» - qu’il a connu lors de son exil, son ouvrage est une mine d’observations dont nous pouvons faire un usage fécond. Notre usage de la ville a été cependant fortement modifié ces deux dernières décennies par l’apparition du téléphone portable dans nos vies, car depuis, nous sommes sans cesse en veille et surveillés, isolés et coupés de notre environnement immédiat. Nous sommes devenus moins attentifs à l’espace que nous arpentons quotidiennement, ainsi s’estompe la frontière entre espace public et espace privé. Lors d’une promenade collective, nous sommes comme un nuage de points, une pluralité de points de vue. Ici, point de vie et point de vue se recoupent. Sont hors de portée point de vue du ciel et point de vue du sol, seul un écrivain comme Faulkner peut faire entrer dans une même phrase plusieurs points de vue, dont celui du mort. Il revient alors à chacun d’imaginer cette diffraction des points de vue qui rend compte du présent qui est le nôtre. Encore un pas, et la grille de lumière s’ouvre.
Peter Campus, “Three Transitions”, 1973
Robert Bresson, Le Diable probablement, 1977

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch • No registration required • HD streaming
En me promenant longuement, il me vient mille idées utilisables, tandis qu’enfermé chez moi je me gâterais et me dessècherais lamentablement. La promenade pour moi n’est pas seulement saine, mais profitable, et pas seulement agréable, mais aussi utile. Une promenade me sert professionnellement, mais en même temps elle me réjouit personnellement ; elle me réconforte, me ravit, me requinque, elle est une jouissance, mais qui en même temps a le don de m’aiguillonner et de m’inciter à poursuivre mon travail, en m’offrant de nombreux objets plus ou moins significatifs qu’ensuite, rentré chez moi, j’élaborerai avec zèle. Chaque promenade abonde de phénomènes qui méritent d’être vus et d’être ressentis. Formes diverses, poèmes vivants, choses attrayantes, beautés de la nature : tout cela fourmille, la plupart du temps, littéralement au cours de jolies promenades, si petites soient-elles. Les sciences de la nature et de la terre se révèlent avec grâce et charme aux yeux du promeneur attentif, qui bien entendu ne doit pas se promener les yeux baissés, mais les yeux grands ouverts et le regard limpide, si du moins il désire que se manifeste à lui la belle signification, la grande et noble idée de la promenade.
Robert Walser, La Promenade, Gallimard, 1987 (via abridurif)
Comme la ligne de la carte, la ligne du récit oral décrit un trajet. Les événements rapportés par le récit arrivent plutôt qu’ils n’existent ; chaque chose représente un moment d’activité continue. Pour le dire autrement, ces choses ne sont pas des objets mais des thèmes. Situé à la confluence des actions et des réactions, chaque thème est identifié en fonction des relations qu’il entretient avec les choses qui lui ont ouvert la voie, qui coïncide ensuite avec elle et l’accompagne. Ici, le sens du mot « relation » doit être entendu au sens littéral, non comme une connexion entre des entités pré-localisées mais comme un passage tracé dans le territoire de l’expérience vécue. Au lieu de raccorder des points à l’intérieur d’un réseau, chaque relation est une ligne dans un maillage de pistes entrecroisées.
Tim Ingold, Une brève histoire des lignes, Zones Sesibles, 2011-2013 (via abridurif)
Raconter une histoire, c’est établir des relations entre des événements passés, en retraçant un chemin dans le monde. C’est un chemin que les autres peuvent suivre en reprenant le fil des vies passées et en faisant défiler le leur. Mais comme dans la technique des boucles et du tricot, le fil qu’on déroule et le fil qu’on reprend font tous deux partie de la même fibre. Entre la fin du récit et le début de la vie, il n’y a pas de point.
Tim Ingold, Une brève histoire des lignes, Zones Sensibles, 2011-2013 (via abridurif)
Comme la ligne qui part se promener, on peut, dans les histoires comme dans la vie, toujours aller plus loin. Et dans le récit comme dans le trajet, le savoir s’intègre par le mouvement d’un lieu vers un autre – ou d’un thème à un autre.
Tim Ingold, Une brève histoire des lignes, Zones Sensibles, 2011-2013 (via abridurif)
Désir, d’Annette Messager (1943, France) fils de fer et filets noirs, 165x207 cm

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch • No registration required • HD streaming
Jannis Kounellis (1936-2017)
Liu Bolin, “Shadow No. 1″