By Dora Abodi

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Cet après-midi, j’ai eu rendez-vous à l’hôpital pour le suivi de mon état de santé, lié à mon obésité. Cela fait maintenant deux ans que j’essaie de perdre du poids. J’ai perdu trente kilos. J’en ai repris quinze. Et je ne comprends pas pourquoi. Enfin, si. Je sais très bien pourquoi. Je suis fatiguée. Mon rythme de sommeil est chaotique. Mon alimentation manque de variété. Je ne fais plus de sport en dehors du travail, par manque de temps, d’argent et d’énergie. J’ai pourtant la chance d’avoir un métier où je ne suis pas sédentaire. Je pensais naïvement que ça aiderait. Manifestement, mon corps n’a pas reçu le mémo.
Côté nourriture, je ne suis pas parfaite. Mais je suis plus proche de la sous-nutrition que de l’excès, surtout en ce moment. Il y a aussi les pathologies, le lipœdème notamment, qui n’aident pas vraiment à faire de mon corps un allié. Bref. J’ai 27 ans, je suis obèse, et je suis sous traitement pour ça. Chaque semaine, je m’injecte un produit qui me rend malade pour m’aider à perdre du poids. Je ne sais pas combien de temps ça va durer. Parfois ça marche, parfois non. Et j’ai peur que ce soit ça, ma vie : lutter contre mon propre corps avec des aiguilles, des nausées et beaucoup trop d’espoir mal placé.
Aujourd’hui, donc, j’avais rendez-vous avec un médecin que je vois trop rarement. Une pointure dans son domaine. Je sais que j’ai de la chance d’être suivie par cet homme. Vraiment. Pourtant, quand je me suis retrouvée dans son bureau, dans cette salle blanche aux néons qui grésillent, avec une table d’examen bleue médicament à ma droite, l’angoisse assise juste à côté de moi, et un poster de Tahiti à ma gauche, donnant une illusion qui n’existe même pas, je n’avais pas spécialement envie de lui dire merci. Je n’ai pas fait médecine. Ce n’est pas moi qui porte la blouse. Des patients, il en voit toutes les vingt minutes. Le sujet, il le connaît. Il le traite. Il l’analyse. Il le découpe en protocoles, en chiffres, en courbes, en molécules. Mais il ne peut pas faire de miracles. Et c’est peut-être précisément ça que je lui reproche.
Il traite l’obésité, oui. Il la connaît, scientifiquement. Il sait ce qu’elle provoque, ce qu’elle abîme, ce qu’elle complique. Mais il ne sait pas ce que c’est que d’être obèse. Il ne sait pas ce que c’est que de porter ce poids-là . Le sien, déjà . Mais aussi celui du regard des autres. Celui d’une société qui vous rappelle constamment que vous prenez trop de place, que vous n’êtes pas adapté, que votre corps est un problème public, une faute morale, une preuve visible de votre supposé manque de volonté. Il ne sait pas ce que c’est que de se détester pour ça. D’avoir envie de disparaître pour ça. De se demander, chaque fois que des gens rient autour de vous, s’ils rient de vous. De votre corps. De votre silhouette. De l’espace que vous occupez. Il ne sait pas ce que c’est que de manger avec d’autres personnes, même des gens que l’on aime, même des gens en qui l’on a confiance, et de craindre que chaque bouchée soit celle de trop. Celle qu’on va remarquer. Celle qu’on va juger. Celle qui confirmera tout ce qu’on pense déjà de vous. Il ne sait pas ce que c’est que de redouter de se retrouver nue devant quelqu’un, au moment où l’on devrait juste être désirée. De se demander si l’on peut encore séduire, si l’on est encore regardable, si l’on est autre chose qu’un corps trop lourd, trop visible, trop encombrant. Il ne sait pas ce que c’est que d’avoir peur que ses amitiés soient factices. D’être seulement la pote drôle, celle qu’on garde parce qu’elle met les autres en valeur. Celle dont on apprécie l’humour, tant qu’elle ne demande pas à être regardée autrement. Il ne sait pas ce que c’est que de passer un entretien d’embauche en se demandant si, malgré les compétences, malgré l’expérience, malgré tout ce qu’on sait faire, on ne sera pas écartée parce qu’on prend trop de place. Il ne sait pas ce que c’est que de regarder une chaise avant de s’asseoir. De calculer. D’anticiper. De craindre le bruit, le regard, la gêne. Il ne sait pas ce que c’est que d’acheter un vêtement comme on entre dans une épreuve d’humiliation, en espérant simplement que le tissu accepte de nous laisser exister.
Je ne dis pas qu’il n’a pas de problèmes. Je ne dis pas que tous les médecins devraient être obèses pour comprendre leurs patients. Évidemment que non. Ce serait absurde. Je sais bien que c’est ma mauvaise foi qui parle. Mais voilà que la seule personne réellement en capacité de m’aider, celle qui cherche des solutions, celle qui me permet d’avancer, je réussis quand même à la blâmer. Parce que ça ne marche pas assez vite. Parce que je suis frustrée. Parce que je suis fatiguée. Parce que j’ai encore toute la vie devant moi, paraît-il, mais que j’ai surtout l’impression qu’il va falloir changer vite. Très vite. Avant que ce corps ne prenne encore plus de place. Avant que cette fatigue ne gagne. Avant que je ne finisse par confondre ma vie avec un traitement à renouveler.
Je n’accepte pas ce corps. Je n’accepte pas cette vie. Je suis fatiguée de porter tout ce poids, dans ma chair, dans ma tête, dans le regard des autres, dans chaque geste banal du quotidien. Alors me voilà , encore une fois, assise face à lui. Je me tais. J’acquiesce. Il me propose une nouvelle solution, de nouvelles injections, un nouveau protocole, une nouvelle tentative de dompter ce corps qui semble toujours avoir un train de retard sur mes efforts. Et moi, je repars avec mes questions, mes doutes, mes peurs. Et cette impression épuisante de devoir encore faire confiance à un traitement, à un médecin, à un corps qui, jusqu’ici, ne m’a jamais vraiment fait la faveur de me rendre la pareille.
Si je suis difficile en amour, la vérité, c’est surtout que je suis une immense arnaque émotionnelle. Je fais genre je suis prudente, exigeante, rationnelle, alors qu’en réalité je suis un petit cœur d’artichaut. Une fleur bleue avec un détecteur de green flags défectueux et une capacité absolument scandaleuse à m’emballer pour trois messages bien placés.
Il y a un peu plus d’un mois, j’ai matché avec un mec sur Hinge. Sur le papier, tout allait bien. Le type coche les cases, il est gentil, sain, stable, intéressant. Que des green flags. Vraiment, le dossier est propre. Et moi, évidemment, j’ai paniqué. Parce que pourquoi accepter simplement quelque chose de sain quand on peut se créer un labyrinthe émotionnel ? Donc j’ai pris peur. Puis je me suis lassée. Encore. Comme si mon cerveau avait un abonnement premium à l’auto-sabotage.
Et là , évidemment, parce que le timing est un clown, j’ai « rencontré » quelqu’un d’autre. Pas sur une appli de rencontre, non. Ce serait trop logique. Pas quelqu’un qui habite à côté, évidemment. Ce serait trop simple. Non, quelqu’un rencontré par Internet, dans un contexte pas prévu pour ça, avec tous les ingrédients parfaits pour me faire partir en vrille. Et le pire, c’est que ça marche.
Ce type me rend toute chose. Et ça m’énerve. Mais vraiment. J’ai envie de secouer mon propre cerveau pour lui rappeler qu’on a encore un peu de dignité. Sauf que non. Mon cœur, lui, a décidé de redevenir une collégienne. Je guette ses messages. Je souris bêtement. J’ai chaud pour rien. Mon cœur fait des claquettes dès qu’il est là . J’ai envie de lui parler, de relancer la conversation, de voir s’il répond, de décortiquer des détails qui ne veulent probablement rien dire. Bref, ridicule. Pathétique. Très humain, mais ridicule.
Et ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas ressenti ça que je crois que ça me prend encore plus fort. On a plein de points communs. Le même genre de centres d’intérêt, des façons de penser qui se répondent, des discussions qui coulent toutes seules. Il y a un feeling, un vrai truc agréable, fluide, naturel. Le genre de truc qui donne envie de dire “oh non” avant même de dire “oh oui”. Parce que soyons honnêtes, je ne le connais pas vraiment. Je connais ce qu’il me montre. Ce qu’il veut bien dire. Sa voix, quelques détails, des conversations, des bouts de lui à travers un écran. Et moi, avec mon petit cerveau beaucoup trop romanesque, je suis probablement en train de monter une saga émotionnelle en trois tomes à partir d’un résumé quatrième de couverture. Donc forcément, je flippe.
Je me demande si je projette. Si je l’idéalise. Si je suis juste en manque de frisson, de tendresse, d’attention, de ce petit truc qui fait battre le cœur et qui donne envie d’exister un peu plus fort. Je me demande si je ne suis pas en train de fuir un mec objectivement bien pour courir après une silhouette floue qui me fait vibrer parce qu’elle reste justement floue. Et je n’ai pas envie de ça. Je n’ai pas envie de m’embarquer dans un crush Internet potentiellement à sens unique, avec un type que je ne verrai peut-être jamais, et pour qui je ne suis peut-être qu’une personne sympa avec qui discuter. Je n’ai pas envie de vivre en mode “il est connecté ? il a répondu ?” comme si j’avais seize ans.
J’espère sincèrement que c’est passager. Que c’est hormonal, que c’est la fatigue, que c’est mon cerveau qui a voulu se faire un petit festival de papillons dans le ventre sans me demander mon accord. Dans deux semaines, j’espère être redevenue normale. Mais là , en attendant, il me plaît. Beaucoup trop. Et moi, comme une idiote, je suis là , à faire semblant de ne pas déjà le savoir.
Je dois avouer un truc. J’adore l’odeur des cheveux après le rinçage d’une teinture
Bon et bien ça y est, on me propose le contrat de gestionnaire de scolarité pour sur à pourvoir au premier septembre 🎉

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Bon et bien après des nuits d’angoisses, un psoriasis qui me pourrit la peau, probablement une angine somatisée, j’ai le poste ✨
Vous pouvez pas imaginer le soulagement que j’ai eu. Mais celui ci n’a été que de courte duré car : « En revanche, je ne suis pas en mesure, à ce stade, de vous faire une proposition salariale, car nous sommes actuellement dans l’attente d’un cadrage interne. ». En gros si y’a de la place je suis prise, sinon c’est ciao. Donc bon.
Devinez qui a une angine en pleine canicule..?
Actuellement en train de mourir d’angoisse par apport à l’attente d’une réponse pour le poste que je vise.
J’ai aucune autre piste. C’est un enfer mental.
J’ai du mal à manger, j’ai mal au ventre, envie de vomir. Tout me prend la tête. Je ne sais plus penser de manière normal. Tout me parait dramatique en fait. J’angoisse tellement qu’un rien prend des proportions totalement démesurées. Et je me mets à angoisser pour tout. Mais principalement pour ce poste.
Actuellement en train de mourir d’angoisse par apport à l’attente d’une réponse pour le poste que je vise.
J’ai aucune autre piste. C’est un enfer mental.
Hier, j’ai eu un entretien qui s’est bien passé. Du moins, c’est l’impression que j’en ai. Je devrais avoir une réponse d’ici une semaine. Et j’ai peur. Vraiment peur.
Parce que, finalement, gestionnaire de scolarité, ça me tente vraiment. Parce que, pour l’instant, je n’ai que ça. Aucun autre entretien prévu. Rien de concret ailleurs. Et je panique.
Je ne sais pas quoi faire. C’est l’enfer, les montagnes russes de l’angoisse. Si je n’ai pas ce poste, qu’est-ce que je vais faire ? Là , je n’ai rien d’autre. J’ai postulé dans des mairies, dans des universités, dans des lycées… et rien. Juste cette possibilité-là .
Et en même temps, je n’arrive même pas à m’investir à 100 %. Ces derniers temps, je suis épuisée par le travail, rongée par le stress et l’angoisse. J’ai l’impression d’être à bout, mais de devoir continuer à avancer quand même, parce que je n’ai pas vraiment le choix.

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Je ne sais pas qui sont Michel et Augustin, mais entendez-moi bien quand je vous dis que j’épouse les deux sans hésiter, tant leur mousse au chocolat est divinement bonne !
Demain j’ai un entretien pour être gestionnaire de scolarité en université. J’espère que ça va marcher. C’est ma seule piste pour l’instant.
Outre ça en ce moment j’ai le temps de rien. A peine de répondre aux texto. Je suis dans un état de fatigue rarement atteint
Mood de ma vie ces derniers temps
Les gens qui, le matin, voyant d’autres personnes courir après le tram, retiennent les portes le temps qu’elles montent dedans, méritent tout le bonheur du monde.

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J’ai rencontré un mec sur Hinge. Premier match, et franchement, le mec est grave cool. On s’entend bien, on parle bien, et on s’est datés samedi. Le date était assez banal, mais sympa. Et honnêtement, je ne demande pas un truc grandiose, je n’aime pas vraiment ça.
Mais depuis ce premier date, je ne sais pas trop. Je le trouve « collant », alors que factuellement, il ne l’est pas. Il est normal. Il est présent, il répond, il discute. Rien d’excessif. Sauf que moi, je le ressens comme trop. Trop présent, trop là , trop… tout.
Je crois que j’ai tellement pris l’habitude de ne plus vraiment parler aux gens, de garder de la distance, que dès que quelqu’un montre un minimum d’intérêt, ça me paraît énorme. C’est une cata.
Et il faut dire qu’en ce moment, je suis HS. Mais vraiment HS de chez HS. Donc forcément, tout m’énerve, tout m’irrite, je suis à fleur de peau en permanence. C’est un enfer.
Alors peut-être que ce n’est pas lui. Peut-être que c’est juste moi, la fatigue, le stress, le trop-plein. Peut-être que j’ai juste besoin de souffler avant de décider si quelqu’un est vraiment trop présent… ou si c’est moi qui n’ai plus la place pour personne, là , tout de suite.
C’est fascinant comment je passe de aigrie à aigrie surprême juste avec un mal de crâne. J’ai envie de dévisser la tête de tout le monde, même les personnes qui sont sympa avec moi.