Nous serons rois demain
Mon amour toi et moi
J'irai trouver de l'or
Pour chacun de tes doigts
Et quand les océans
Viendront noyer nos terres
Nous suivrons les printemps
Nous suivrons la lumiĂšre
Saez - Rois Demain

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Nous serons rois demain
Mon amour toi et moi
J'irai trouver de l'or
Pour chacun de tes doigts
Et quand les océans
Viendront noyer nos terres
Nous suivrons les printemps
Nous suivrons la lumiĂšre
Saez - Rois Demain

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On se refera quai de Seine, on se redira, oui, qu'on s'aime. On sera comme au premier jour, tu seras mon premier amour.
Amours noyés, quais des métros, nous les prendrons, oui, ces bateaux. Et tu verras, les chrysanthÚmes auront le parfum des "je t'aime".
Mon amour, quand tu reviendras, je porterais Ă bout de doigts le monde, Ă tes doigts j'offrirai des chansons qui auront ton nom.
Saez - Quai de Seine
L'univers est fascinant.
Il peut ĂȘtre trouvĂ© partout, pour qui veut bien le voir. Mais surtout, il est comme l'amour, le vrai : infini, ou bien peut-ĂȘtre qu'il a une fin, mais personne n'a eu l'occasion d'y arriver. Le vĂ©ritable amour est infini. Il ne peut pas ĂȘtre Ă©phĂ©mĂšre, il est gravĂ© dans nos cĆurs, et lorsqu'on le trouve, alors c'est l'univers tout entier qui s'empare de notre Ăąme.
Enfin... C'est ce qu'on m'a toujours répété lorsque j'étais mÎme.
C'est faux.
Je n'ai jamais trouvĂ© cet univers. Et pourtant, le mien ne semble pas s'arrĂȘter.
L'infinitĂ© me fait peur, parce qu'elle ne dit rien : on ne sait jamais quand ça s'arrĂȘtera, si ça s'arrĂȘtera un jour. Et lorsqu'on pense avoir trouvĂ© l'infini, c'est l'Ă©phĂ©mĂšre qui prend place.
Pourquoi alors croire en un quelconque univers ?
Je ne crois que ce que je vois. Mais comme la rĂ©alitĂ© me fait peur, je prĂ©fĂšre me rĂ©fugier dans les rĂȘves.
Je cherche ces putain de pays, mais y'a rien. Du vide. Il faudrait que je le regarde un peu, peut-ĂȘtre que j'aurai moins le mal du pays d'ailleurs. La vie c'est un pays, un pays en guerre, en guerre des idĂ©es, des mĂ©lancolies, des pharmacies ambulantes, et puis de l'amour.
Le grand challenge que les faibles redoutent dĂšs qu'ils comprennent que la vie c'est pas trĂšs dĂ©mocratique quand on est pas comme tout le monde. Alors elle nous plaque par terre, la gueule dans la poussiĂšre on Ă©touffe, on se prend des briques et on se retrouve en pleine tempĂȘte, et les phares, ils fonctionnent plus. Y'a plus personne, plus rien, plus de lumiĂšre pour nous guider, plus que des rochers et des dĂ©chets pour nous faire tanguer, puis couler. Et si on sait pas nager, alors c'est la fin. La fin de tout.
J'hĂ©site Ă Ă©crire la suite de mon monologue inutile et dĂ©nuĂ© de sens. En mĂȘme temps je parle de la vie, pourquoi mes paroles auraient elles un quelconque sens logique ? Comment former des phrases logiques si on rĂ©flĂ©chit ?
Parce que ça doit venir tout seul, sinon c'est malhonnĂȘte, ça pue la mauvaise foi. C'est pour ça que j'aime pas trop rĂ©flĂ©chir. Les adultes, ils rĂ©flĂ©chissent tout le temps. Alors je fais le gamin. Et je tente de rĂ©flĂ©chir avec mon coeur plutĂŽt qu'avec ma tĂȘte.
Dans un long soupir, mon cĆur s'ouvre autant que mon esprit ravagĂ© par mes pensĂ©es tordues, que je laisse lentement s'Ă©chapper au son de ma voix.
Mon univers se ferme, et ma voix résonne dans la piÚce vide d'émotions. Elle s'en remplit lentement, comme des poumons se remplissent d'air, comme mes yeux se remplissent d'eau salée.
Je rĂ©flĂ©chis trop. Mon manĂšge tourne encore, toujours plus vite, un peu trop, ça donne mal au crĂąne et je vois dĂ©jĂ quelques vis se barrer aussi vite que mes moments de joie, alors j'en deviens mĂ©lancolique. Ăa devrait ĂȘtre mon deuxiĂšme prĂ©nom ça... MĂ©lancolie... ça fait prĂ©nom de fille. Le prĂ©nom d'une fille super jolie mais qui se trouve dĂ©gueulasse, et surtout super paumĂ©e, qui comprend pas ce qui lui arrive, qui n'a mĂȘme pas envie de comprendre. Elle est juste comme ça, et c'est joyeux et triste en mĂȘme temps, c'est le genre de fille qui sourit pour un rien et qui pleure pour n'importe quoi, qui se drogue aux mĂ©docs et dessine des univers sur un carnet Ă quatre-vingts-dix centimes, qui danse toute la nuit sur des morceaux de piano en criant le nom de ses amours mortes.
Putain de monde, sans dĂ©conner... Quel bordel, il ressemble Ă mon esprit. Peut-ĂȘtre qu'il tourne Ă l'envers le monde, ou alors il est plat, ou carrĂ©, c'est peut-ĂȘtre pour ça que le vide nous attire tant.
Crédit : Jennlamelancholia
Combien tu vends ta liberté, dis, combien tu vends ta poésie ?
Moi j'ai mĂȘme vendu mon Ăąme au Diable pour ton sourire.
Saez - Il y'a ton sourire
Mélancolie.
Je ne sais pas si c'est le bon mot, je ne suis pas douée pour m'exprimer. Mais j'essaye, je fais de mon mieux pour essayer d'écrire quelque chose de potable et avec le moins de clichés possible, mais la vie est un cliché à elle toute seule.
Pourquoi un Artiste devrait toujours tout faire parfaitement dans les rĂšgles de l'art ? J'ai toujours pensĂ© qu'un Artiste en Ă©tait un parce qu'il ne pouvait rien faire d'autre. Un Artiste peut ĂȘtre peintre, dessinateur, Ă©crivain, chanteur, musicien, danseur, cuisiner, acteur, sans avoir Ă ĂȘtre connu du grand public. Un Artiste peut ĂȘtre un Artiste sans vraiment en avoir l'air. Pas besoin d'ĂȘtre David Bowie pour ĂȘtre un Artiste. Juste Ă faire les choses avec honnĂȘtetĂ© et vivre de son art.
L'art est une forme d'expression, il permet de crĂ©er ce que d'autres ne peuvent interprĂ©ter comme nous l'avons fait, parce que chacun est diffĂ©rent et que chacun imagine l'art de diffĂ©rentes maniĂšres. Je ne veux pas que les gens sachent pourquoi et dans quelles circonstances j'ai Ă©crit telle ou telle chanson, car ça gĂącherait la magie de l'interprĂ©tation personnelle. Il n'y a pas forcĂ©ment de sens concret. Je veux qu'ils sachent penser par eux-mĂȘmes. Pas comme moi. Surtout pas comme moi.
Il y a une chose qu'on ne peut pas changer chez l'Artiste : il est libre. Libre de penser. C'est ça un Artiste, non ? Ătre libre. Penser par soi-mĂȘme, et penser, c'est ĂȘtre libre.
Et je suis une Artiste libre. Probablement. Parce que je ne suis pas heureuse. Pourquoi les Artistes ne sont jamais heureux ? Parce qu'ils sont trop lucides. Alors ils se créent leur propre monde. Jusqu'ici, tout va bien. C'est lorsqu'ils sont forcés de revenir à la réalité que ça devient difficile.
Etrangement, ĂȘtre « heureuse » me rend banale, tellement que j'ai l'impression de ne rien ressentir. D'ĂȘtre morte, sans vie.
La tristesse me rend vivante. Ăa peut paraĂźtre triste Ă dire, mais elle me donne l'impression de mourir, mais pas entiĂšrement. Comme si je vivais ma mort. Ainsi, je souffre, j'ai mal. Et je ressens autre chose que du vide. Parce que lorsque je ne ressens rien, je suis une coquille vide. Il faut que je souffre.
En fin de compte, c'est moi le problĂšme.
Crédit : Jennlamelancholia

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J'ai eu longtemps un visage inutile, mais maintenant j'ai un visage pour ĂȘtre aimĂ©, j'ai un visage pour ĂȘtre heureux.
Paul Eluard (Poésies 1913-1926)
Je ressens toujours ce manque.
Et c'est un manque dĂ©chirant, il me transperce le cĆur et les entrailles. Ma vie est supposĂ©e continuer sans toi. Mais pas la tienne. Et pourtant tu es toujours lĂ , quelque part dans ce monde, au milieu de tous ces ĂȘtres qui puent la dĂ©sespĂ©rance. Au milieu des astres peut-ĂȘtre, sĂ»rement avec d'autres martyrs.
Les mĂȘmes questions, la mĂȘme culpabilitĂ©, la mĂȘme rancĆur, et toutes ces Ă©motions qui ont traversĂ© mon corps depuis ces quelques annĂ©es. Je trouve des bouts de toi, toujours, partout, dans l'odeur du cafĂ© noir, la lumiĂšre des abat-jour, la fumĂ©e de mes clopes. Dans les paroles des gens, dans leurs regards surtout, ainsi que dans leurs mensonges. Je pense Ă toi toujours, devant un bon vieux livre, puis chaque fois que je suis ivre. Dans chaque chanson que j'Ă©coute, dans tous ces visages que je croise et dans lesquels je trouve une similitude avec le tien. Quand je suis seule dans mon cinquante mĂštres carrĂ©, Ă chercher ta voix dans le silence. Ă chercher l'espoir dans la dĂ©tresse que je ressens chaque jour, ce sentiment de vide qui n'est dĂ» qu'Ă l'absence de ton ombre.
C'est lorsque tu es parti que j'ai rĂ©alisĂ© que mĂȘme l'amour infini pouvait se passer de l'Ă©ternitĂ©. Mon empire s'est Ă©croulĂ© lorsque j'ai rĂ©alisĂ© que tu n'en ferais plus partie.
Crédit : Jennlamelancholia
Au plaisir, au désir de tout quitter sur un soupir
Aux adieux, aux toujours, aux promesses, aux amours
Aux noirceurs Ă nos cĆurs
Aux lueurs, Ă nos peurs
Ă ton cĆur fatiguĂ©
à nos travers, nos libertés
Saez - Les Fils d'Artaud (Messina, 2012)